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Rando myco au Porge

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Sports Loisirs Le Porge (SLLP) organisait dimanche la Rando des cèpes . Si le titre évoquait les champignons il y avait aussi au programme cyclisme, canoë, kayac, paddle, tir à l’arc, parcours d’orientation et échasses. Le tout agrémenté d’un repas en plein air marqué du sceau de la convivialité comme toutes les activités de la journée autour de la base nautique du pas du Bouc, dans la forêt communale du Porge. Pour la partie balade myco les bénévoles de SLLP avaient demandé à « A la poursuite des champignons »  de servir de guide.

Une bonne cinquantaine de participants, dont certains après une randonnée cycliste de 15 km, prenaient le départ, à pied bien sûr, de la « rando des cèpes ». Un cheminement à travers la forêt communale sur et autour de l’ancienne piste des résiniers et le long du canal. Quelques arrêts pour commenter les quelques espèces rencontrées, la flore, l’histoire et la géographie des lieux, échanger les expériences, répondre aux interrogations des promeneurs amateurs de champignons.

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Poches et paniers s’emplissaient de carpophores pour la plupart touchés par la sécheresse des jours précédents. C’était le cas en particulier de Géastres hygrométriques exsiccatéisés en milieu de chemin. Mais de nombreuses Amanites fauve et citrine se dressaient fièrement. Quelques exemplaires divers rejoignaient le panier pour présentation ultérieure.

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Quelques lignicoles aussi tels un Phaeolus schweinitzii bordure bien jaune et dessus bien « sécot » marronas, un Ganoderme plat pour y écrire au dos; des Mycènes de de Seynes juchés sur leurs cônes de pin; des Bolets chatains dont la grosseur évoquait la forme plus toxique de Gyroporus ammophilus plus en accord avec le biotope que Gyroporus castaneus; des Paxilles à pied noir, Neolentinus lepideus, Sparassis crispa etc.

Il convenait ensuite, avant de s’attabler pour déjeuner, d’étaler quelques unes des trouvailles sur une table.

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Parmi ces « trouvailles », une vieille connaissance que nous avions prise pour un Scléroderme vulgaire quelque peu embourbé et qui, au toucher, semblait tacher les doigts. Un coup de couteau pour trancher dans le vif et … découvrir ces alignements de « graines » bien spécifiques de l’espèce pionnière de ces lieux ensablés. Nous avions bien, dans notre main teintée, le Pisolythe du teinturier autrement dit Pisolithus arhizus

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L’occasion d’expliquer combien des champignons peuvent permettre de contribuer à commencer à « peupler » les biotopes fussent-ils que de sable. Et de cèpes? point! mais « aller aux cèpes » n’est-ce pas tout simplement aller aux champignons et des champignons nous en avons bien trouvé.

Michel Pujol

n.b. difficile l’après-midi, étant pas trop loin des alentours boisés de la plage du Gressier de résister à l’appel de la forêt littorale du Porge, de vérifier les stations à cèpes, girolles, bolets bai, chanterelles antérieurement prospectées. Las, vu des endroits encore plus secs, aiguilleux aérés sans les espèces seulement rêvées. En revanche, trouvés encore, comme plus à l’intérieur le matin, beaucoup d’Amanites fauve et citrine, quelques Pisolithes du teinturier et de « vrais » Sclérodermes vulgaires, Tricholomopsis decora, Sparasis crispa etc. (photos ci-dessous)

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D. tabescens sans coup de … tabac

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Ces derniers jours, autour de Bordeaux, il y a bien eu un peu de pluie mais pas de grosse tempête, de coup de tabac bien arrosé. Sans blague, la météo semble indiquer quelques précipitations à venir les jours prochains. Alors, quelques pousses à espérer? On verra bien.

Nous avons eu l’occasion , notamment en juillet de cette année et en septembre de l’année dernière, d’évoquer une espèce lignicole, Desarmillaria tabescens que nous rencontrons quand un peu d’humidité survient en période de sécheresse et qui perdure avant de s’étioler sous les coups de chauffe estivaux. Ainsi le 9 septembre nous retrouvions l’Armillaire sans anneau, à Gradignan, en Gironde, dans son bois -sur son bois- habituel.

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11 jours plus tard, c’est à dire ce matin du 20 septembre, les touffes fournies, plutôt tabac blond (ci-dessus en haut) avaient viré au tabac gris, sec, un tantinet moisi (ci-dessus en bas).

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En gros plan (ci-dessus) on observe la différence dans le détail.

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Malgré et aussi à cause de la canicule, il y a une dizaine de jours, nous avions vu (ci-dessus), outre les Armillaires, les Amadouviers toujours présents, quelques polypores du bouleau et aussi des bolets désséchés, en piètre état, ces derniers semblant être pour l’un B. aestivalis et pour les autres proches de X. chrysenteron.

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Point de bolets rencontrés ce 20 septembre. Fomes fomentarius et Fomitopsis betulina paradaient, bien sûr encore et puis … l’Armillaire sans anneau autrefois Armillaria socialis et aujourd’hui Desarmillaria tabescens répondait présent en bonne forme (ci-dessus à gauche) et, un peu plus loin, le tronc sans doute plus exposé au soleil commençait, pour quelques uns des carpophores du groupe, à dépérir. Sans blague.

Michel Pujol

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Dans le rétro: Lépiotes jaunes dans la pelouse corse et en pot de fleurs

Ces derniers jours nous avons vu apparaître sur des pages Facebook dédiées aux champignons des petites Lépiotes jaunes. Une (des) espèce (s) décrite (s) comme apparaissant fugacement dans les pots de fleurs et les serres. Décorative en quelque sorte. Son jaune est du plus bel effet et son aspect pelucheux donne à cette mini Lépiote une robe de défilé de mode emplumé à voir à … la loupe.

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C’est en septembre 2010, en Corse, que nous avions fait connaissance (ci-dessus). Elle y  fréquentait une pelouse de bord de mer bien entretenue et embuées de rosée le matin et, de surcroît arrosée de temps en temps. Ici sans pot de fleurs et pas sous serre mais, sans doute, faut-il compter avec un apport de terre assez riche, peut-être la présence d’un mycélium résiduel à moins que des spores portées par les nuages aient ajouté leur grain de beauté à l’île du même nom.

Donc, nous sommes sur la côte orientale, juste au dessus d’Aleria, à Marine de Bravone, à cent mètres de la mer, rue Jean-Marie Pacelli, dans une pelouse. Quelques inocybes difficiles à identifier sans l’aide du microscope laissé sur le Continent et … un champignon qui, lui, n’offre pas, au premier abord, de grosse difficulté de détermination.

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Cette petite lépiote, jaune de la tête au pied semblait en effet être le Leucoprinus flos-sulfuris décrit dans « le Courtecuisse » ou Leucocoprinus birnbaumii=luteus évoqué dans « le Breitenbach ». Leucocoprinus birnbaumii-luteus.jpg

Là, il venait dans une pelouse bien entretenue en un seul exemplaire pas très bien photographié en l’absence de l’objectif macro … lui aussi laissé sur le Continent. Les jours suivants allaient démontrer la présence d’une station assez productive puisqu’ils étaient trois chapeaux alignés le lendemain.Leucocoprinus birnbaumii-trois.JPG

Le surlendemain (une feuille les avait protégés ) ces chapeaux s’étalaient.Leucocoprinus birnbaumii-trois bis.JPG

Le jour suivant, une autre Lépiote jaune perçait l’épaisse pelouse.Leucocoprinus birnbaumii=luteus=flos-sulfuris.jpg

Le jour suivant, la pelouse était rasée de près, de bon matin, par les agents d’entretien.

L. straminellus

Lors de la publication à l’époque sur le blog Myco 33, Pascal Michel, dans un commentaire, attirait notre attention sur une certaine ressemblance macroscopique de notre récolte corse avec Leucocoprinus straminellus. En effet, les illustrations de Leucocoprinus straminellus (Bagl.) Narducci & Caroti = Leucocoprinus denudatus (Rabenh.) Singer consultables notamment sur les sites d’ Yves Deneyer et de  Jean-Louis  Cheype confortent cette hypothèse; le caractère le plus marquant sur les photos étant les marges striées sur la moitié inférieure des chapeaux, la position des squames moins concentriques et l’aspect plus pelucheux, poudré et délicat de ces dernières.

D’autre part, dans une étude de quelques Lepiotaceae dont L. straminellus , Abdelkarim EL-ASSFOURI, Amina OUAZZANI TOUHAMI, Rachid BENKIRANE et Allal DOUIRA, évoquent l’aspect poudré et le collarium jaune pâle que l’on distingue sur les photos in situ de notre récolte corse.

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2011: dans un pot de fleurs

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Enfin, il était dit que l’hôte des pots de fleurs allait se rappeler à nous. L’année suivante, en 2011, notre confrère et ami Nicolas César la découvrait et la photographiait un 24 juillet dans un pot, au pied d’une plante, à Saint-Vincent-de-Paul (33). Une troupe de six Leucocoprinus à différents stades de développement qui rapellaient L. flos-sulfuris ou L. birnbaumii=luteus ou L. staminellus.

leucocoprinus flos-sulfuris, leucocoprinus birnbaumii, leucocoprinus luteus, Nicolas César, Gironde, Lépiote des pots de fleurs

Michel Pujol

Bibliographie:

Courtecuisse & Duhem n°706 et 707 (édition 2011); Bon p.288 (édition 2004); Eyssartier & Roux p.322 (édition 2017); MycoDb

 

 

 

Et s’il n’en reste qu’un …

Ce dimanche 26 juillet, avec une sécheresse qui sévit depuis plusieurs jours, pas la moindre russule dans le bois d’à côté ni d’autre espèce d’été « habituelle ». Rien si, peu de temps avant de quitter le chemin, ce n’est …

… une vieille connaissance évoquée en octobre 2018 à travers une récolte du 30 juillet 2016. Nous avions titré alors (cliquez sur le lien précédent) « Un lentin de la sécheresse ». A propos de Neolentinus lepideus , les auteurs soulignent souvent son caractère héliophile. Sur le site Champyves , par exemple, on peut lire: « Ce lentin apparaît du mois de juin et jusqu’au mois d’octobre. Peu fréquent en certaines places, il apparaît plus facilement les années de sécheresse et se complaît dans des endroits bien éclairés. »

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Il était sur tronc de pin très vieux qui avait perdu son écorce depuis bien longtemps et se décomposait au pourtour. Nous avions, peu après, un peu retourné le chapeau (ci-dessus) sans casser le stipe très coriace.

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Tel qu’il se présentait (ci-dessus) on ne voyait que le sommet qui évoquait un peu, de loin bien sûr, celui de l’Agaric auguste. Des squames brunâtres concentriques retroussées plus denses au centre du chapeau crème à bord enroulé.

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Sur le stipe, on retrouve des squames encore plus larges et plus retroussées. Les lames sont larges , serrées et denticulées. L’odeur est plutôt agréable mais on ne saurait affirmer, pour notre exemplaire des notes de cannelle ou anisées. Ce Lentin écailleux est d’une densité remarquable si bien qu’en le tapant sur la table il donne l’impression de manier un tampon lourd et épais. Un dur qui n’est pas à cuire mais qui résiste, lui, aux assauts du soleil. Ce dimanche, dans le bois d’à côté, il n’en restait qu’un!

Michel Pujol

Bibliographie:

Bon p. 122, Courtecuisse n° 140, Essartier&Roux  p.566 (4ème édition)

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MycoDb

mycocharentes

Divers d’été

Il nous aurait plu qu’il plût davantage mais bon, c’est l’été et des champignons il y en a toute l’année (clin d’œil à l’ami Paul Pirot). Retour sur deux journées à quelques pas du logis, les 4 et 7 juillet.

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Le 4 juillet, les pousses étaient bien moins éparpillées que lors de la sortie précédente . Point de cèpe d’été mais quelques russules, verdettes et vesca, dont le « vieux rose » se déclinait du pâle au plus foncé.

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Point d’Amanite au pied étoilé non plus et nous retrouvions une autre Amanite, rougissante et un peu sèche, ainsi que Gymnopus fusipes très sec sur son tronc perché et l’habituel Polyporus tuberaster qui perdure sans trop d’eau.

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La rencontre suivante allait être intéressante car source de recherches. Ce champignon au chapeau mamelonné strié nous rappelait l’allure de l’espèce que nous avions connue sous le nom d’Oudemansiella radicata, aujourd’hui Hymenopellis radicata. Une fois le stipe dégagé (et sans doute coupé un peu trop tôt) notre idée première semblait se confirmer. Le stipe était en effet très radicant mais orné de chinures rappelant celles de la Coulemelle et ces chinures nous intriguaient.

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La sporée étudiée le lendemain et la micro autour allaient dans le sens des descriptions de cette espèce dans la littérature.

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Macroscopiquement (sauf chinures) cela semblait « coller » également. Restait à échanger pour vérifier en postant ces éléments sur une page Facebook dédiée à la mycologie scientifique Gilles Wieskircher confirmait l’identification et Michel Michelet émettait l’hypothèse de la sécheresse pour les chinures sur le stipe.

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Le 7 juillet, très thermophiles comme chacun sait, les verdettes étaient sorties en plus grand nombre que trois jours avant.

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Nous retrouvions un autre Polyporus tuberaster et, sur le tronc d’un gros chêne cassé mais encore debout nous observions, là depuis très longtemps, les Amadouvier et, au pied, trois Ganodermes aplanis bien secs.

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Ornant également le pied du tronc mais en plus grand nombre (photo en tête de l’article) et plus en « fraîcheur », des Armillaires comme ceux, du même site, que nous avions décrits l’année dernière et dont nous soulignions le changement de nom au fil du temps: Armillaria socialis aujourd’hui Desarmillaria tabescens. Plût au ciel qu’il pleuve pour être moins « sec » en espèces.

Michel Pujol

 

 

 

En voiture: jamais 203

 

A pied, à cheval et en … En nous baladant à pied samedi dans le bois d’à côté, à cheval avec la Rocade du grand Bordeaux, la veille d’un scrutin plutôt vert, nous allions prendre nos marques pour n’en garder qu’une à l’esprit, celle d’un lion ancien toujours sur les routes d’aujourd’hui.

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Première étape au pied d’un charme où le 2 juin déjà nous avions rencontré l’espèce et, ce 27 juin, seulement deux Cantharellus pallens (ci-dessus) perduraient.

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De très petite taille « nos » Girolles pruineuses rephotographiées en disposant à côté d’elles deux Russules vieux-rose de format habituel. D’ailleurs Russula vesca figurait en grand nombre à proximité.

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Et, non loin de là, dans une clairière peuplée de chênes et de charmes où le 15 juin nous avions trouvé un de ses congénères: un Cèpe d’été d’un âge avancé certes mais une fois « retaillé » encore consommable. Et d’1!

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Quelques pas de plus, entre feuilles de lierre, un autre Boletus aestivalis. Et de 2!

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Dégagé de sa parure verte, il avait jeune allure. Le pied, entièrement réticulé était un peu rongé sur un côté mais, lors d’une découpe ultérieure, il s’avéra très sain.

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Et, très peu plus loin, entre lierre et fragon, sous charmes et chênes, le troisième Boletus aestivalis de la balade, celui-ci moins fringant certes mais encore consommable. Et de 3! C’est là où nous venait à l’esprit le dicton « jamais deux sans trois » et la marque au lion avec son ancien modèle, la 203 apparue en 1948, déclinée en plusieurs versions à Sochaux et seul modèle de la firme commercialisé jusqu’en 1954 Wiki dixit. Remarquons la 102, cyclomoteur du même constructeur lancé en 1967 et la 304 , une 7CV de 1969 à 1980. Citons aussi la 405 et la 607. Un chiffre, un zéro, le suivant du premier (jamais 3 sans 4, jamais 4 sans 5…) Quoi de commun, me direz-vous entre modèles de voiture et les Cèpes? Le champignon bien sûr avec une petite nuance: en mycologie ne pas confondre vitesse avec précipitation ne serait-ce que pour éviter quelques accidents de consommation.

                                                                         Michel Pujol

Vus aussi notamment lors de la balade de samedi Russula virescens, Gymnopus fusipes, Megacollybia platyphylla, Amanita fulva, Amanita asteropus.

cantharellus pallens,russula vesca,boletus aestivalis,amanita fulva,amanita asteropus,gymnopus fusipes,megacollybia platyphilla,russula virescens

 

Le premier accordé!

Certains, nous pas, croient en la Lune. Dimanche soir Le Président a parlé et le lendemain après-midi, sur le bord du chemin: LE PREMIER. Le premier de cordée? Le premier accordé! Nous guettions en vain son apparition dans le bois d’à côté et ce lundi 15 juin, plutôt petit mais bien identifiable (nous le pensions mais voir plus loin) il s’offre à nos yeux.B.-aestivalis-MP-1

 

Le liseré blanchâtre à la marge du chapeau caractérise notamment Boletus edulis, le Cèpe de Bordeaux. Pousser aussi à une douzaine de kilomètres à vol d’oiseau de sa ville d’appellation rien que de très normal, parole de natif bordelais. Mais en partageant cet article sur Facebook nous recevions de « Fab Champi » cette remarque: « le liseré blanc n’est pas forcément caractéristique de Boletus edulis , certains Boletus aestivalis (reticulatus) l’ont aussi (ainsi que certains pinophilus et même aereus).
ici nous sommes en présence de Boletus aestivalis , et sur votre site la photo du « plus agé » aussi. » Dont acte. Les lecteurs de l’ancienne version verront que les photos des Cèpes présumé de Bordeaux ont muté en Cèpes d’été. Merci « Fab champi ».

L’avantage du Net c’est de pouvoir corriger sa copie après parution contrairement à la presse écrite d’avant que nous avons bien connue.

Et ce lendemain de paroles présidentielles apparaissait, peu loin du Cèpe, la première accordée de la saison que nous guettion aussi depuis au moins la mi-mai.

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Enfin une Verdette, Russula virescens, Palomet dans le Midi. Dans un endroit aéré où perce le soleil à l’orée des arbres, chênes et charmes.

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La seule de son espèce trouvée cette saison mais un début riche d’espoirs et de dégustations. Et puis, à portée de main en bordure de chemin, un peu cachés, comme cinq doigts jaunes poignés au sol…

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… ces Girolles pruineuses plus en l’état que les trois trouvées le 2 juin dans une autre station. Restait à rendre visite, pas très loin, à cette dernière station habituelle au cas où. Que nenni, pas de Cantharellus pallens chez icelle. Source tarie? Mais en revanche en même lieu deux Russules apparemment charbonnière

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bonnes pour le panier, en attente de poêle et, pas loin de là

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un autre Cèpe, bien plus épanoui que le premier, au pied rongé. Sans remord, il rejoignait le panier en compagnie de l’autre Aestivalis, des Russules et des Girolles.

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Ce Plutée, Pluteus leoninus,  toujours magnifique s’ajoutait au tableau de chasse seulement photographique.

Deux jours auparavant, le 13 juin, toujours dans le bois d’à côté, nous n’avions fait que trois rencontres mycologiques.

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Deux espèces d’Amanites. L’Amanite fauve d’abord en macro sur place puis étude micro à la maison.

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De même pour l’Amanite au pied en étoile.

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Une espèce lignicole, sur tronc de chêne à terre. Gymnopus fusipes très anciennement Collybia fusipes. Même procédure macro-micro.

A deux jours de distance, en matière de pousses intéressantes, c’était un peu … « le jour et la nuit ». Alors, deux jours de Lune? C’est bien peu mais un Discours Présidentiel qui nous demande d’appuyer un peu plus sur le champignon avec toutefois de la modération ça interroge, ne croyez-vous pas …

                                                                           Michel Pujol

 

 

 

 

Vint le jaune en juin 20

 

Nous guettions en vain, en mai, ce jaune pruineux sur une station habituellement propice. N’étaient-elles pas apparues ici en mai 2018, le 19  et le 26 mais juin s’avérait plus fertile en pousses. Par exemple, nous avions aussi rencontré sur ce site Cantharellus pallens le 11 juin 2012, le 27 juin 2016, le 11 juin 2018 et toujours en juin l’année dernière, les 2, 18 et 22 . Donc ce mardi 2 juin 2020 nous inspections le sous-bois de charmes peuplé de davantage de fragon qu’auparavant et … trois petites taches jaunes nous interpellaient quelque peu dissimulées par de fines tiges bien vertes.

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Une fois dégagées pour mieux les photographier ces trois Girolles ne dépassaient pas la taille de deux tiers de notre auriculaire mais mettre enfin le doigt sur cette espèce nous rassurait de la pérennité de « notre » station gradignanaise.

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Juste avant d’y arriver, à trente mètres de là, nous nous étions arrêté pour admirer une jeune Amanite fauve et, peu après les girolles,

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nous observions cette Russule sans avoir besoin de la marquer au « Fer » pour l’identifier.

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En revanche il était utile de dégager les stipes de ces deux amanites pour que le « pied en étoile » précise l’espèce. L’aspect « sec » et brunissant des minuscules Girolles pruineuses témoignent de la période de sécheresse d’alors mais, depuis, il tombe des gouttes et la météo en prévoit d’autres ce week-end. Bonnes découvertes amis-cologues!

                                                                         M.P.

CLIC-CLAC/BLOG/??/CLIQUE/OK

 

Prendre une photo (CLIC-CLAC). La mettre en ligne (BLOG). Quelle est l’espèce? (??). Déjà vue, un lien (CLIQUE). C’est bien ça (OK). Alors, prête, prêt à jouer! Cinq espèces à la une à déterminer. La 1, la 2, la 3, la 4 et la 5, rencontrées en Gironde les 15 et 17 mai, espèces déjà décrites dans notre blog « A la poursuite des champignons ».

Nous vous convions à les reconnaître. Les initiales de l’espèce sont une première piste et, dans le texte les accompagnant, nous donnons au moins un lien sur lequel cliquer pour corréler l’identification. Tenté (ée) ? . Fastoche? Alors, si vous le voulez, jouez!

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Numéro 1. Qui est A.f.? Ce chapeau dont les bords sont striés n’oriente-t-il pas vers le groupe d’un genre particulier?

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Cette silhouette élancée, l’absence d’anneau, les lames et, au bas du stipe, cette volve … Vous trouverez son nom ici sans sa photo ou alors nom et photo ici ou encore ici et sa fiche détaillée ici

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Numéro 2. Qui est R. v. ? La chair non fibreuse, le marquage au « fer »…

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… la couleur « jambon polyphosphaté » du chapeau, les lames, l’absence d’anneau et cet aspect d’un jeune exemplaire lui aussi marqué au « fer ». Ce 15 mai, cette espèce était bien représentée. Son nom? C’était un 10 mai d’une autre année: ici et en juin avec une autre espèce également comestible appartenant au même genre: ici. Sa fiche détaillée ici

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Numéro 3. Qui est M. p. ?  Une des premières espèces printanières sans doute. Très saprophyte, aimant les tapis de feuilles en décomposition. Un chapeau gris fibrillé …

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… et puis ce détail qui aide à l’identification, une fois le stipe dégagé du sol: les longs et épais cordons mycéliens. Le fil à la patte ici . Sa fiche détaillée ici

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Numéro 4. Qui est C. g. ? Vu très récemment si vous suivez cette chronique. D’ailleurs, ces exemplaires ont été trouvés sur la même station que quelques jours auparavant, dans le parc de l’Ermitage à Gradignan (33). L’aspect trapu, la marge enroulée, les lames serrées … les vrais ici et ici . Sa fiche détaillée ici

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Numéro 5, le dernier. Qui est C. c. ? Comestible comme C. g. le précédent mais plutôt sapide à l’état jeune quand ses lames sont moins foncées et qu’il n’a pas encore cette odeur de « vieux tonneau ». Ici il commence à vieillir, le chapeau se craquelle, les lames brunissent. Nous l’avions trouvé plus en nombre et en bouquet les jours précédents au pied de Salix caprea (Saule marsault) ici . Une espèce intéressante parmi les lignicoles ici . Sa fiche détaillée ici

En souhaitant que vous nous aurez suivi cinq sur cinq, à bientôt pour de nouvelles aventures.

                                                                              Michel Pujol

 

Cyclocybe, Agrocybe, Pholiota etc. bref Souchette de chez nous

 

Beaucoup de champignons changent de nom au fil des ans. La nomenclature n’est pas confinée-figée et s’il est une espèce qui en témoigne c’est bien celle-là. En lisant sa fiche sur l’excellent site MycoDB on voit que la Pholiote du peuplier = Pivoulade s’appelait Agaricus pudicus Bulliard en 1793 et trente sept appellations plus tard, en 2014 son nom définitif (?) est Cyclocybe cylindracea (de Candolle) Vizzini & Angelini. Nous l’avions connu -et consommé- sous le nom d’Agrocybe aegerita (V. Briganti) Fayod. Ainsi était-il appelé chez Marchand (édition 1974) en précisant comme auteurs (Brig.) Sing. et Pholiota cylindracea (de Candolle ex Fr.) en synonyme. Egalement A. aegerita chez Bon (édition 2004); A. cylindracea (DC ex Fr.) Maire chez Phillips (reprise édition 1981); idem chez Courtecuisse & Duhem (édition 2011) avec A. aegerita et Pholiota aegerita en synonymes. Enfin notons qu’Eyssartier & Roux (édition 2011) le nomment Agrocybe Cylindrica puis actualisent en Cyclocybe cylindracea (édition 2017). Toutes proportions gardées, la mise à jour relève presque de l’actualité sur les chaînes dites en continu …

C’est sans doute le lot des espèces courantes maintes fois étudiées, réétudiées génétiquement, comparées, recomparées, mises à jour. Donc ce mercredi 13 mai, à quelques pas du domicile, le long d’une clôture avec sans doute quelque racine d’ancien saule ou peuplier ou autre s’incrustant sous le trottoir herbu nous avons rencontré un beau bouquet de ce que nous pensions être des Pholiotes dites du peuplier. La sporée déposée ce jeudi matin et la microscopie (ci-dessous)

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levait le doute si doute existait. Dimension des spores, formes basides et cystides conformes à la littérature pour cette espèce. Macroscopiquement aussi (ci-dessous)

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couleur de la chair, revêtement du chapeau, anneau, couleur, forme et insertion des lames tout correspondait. Nous avions consacré une chronique aux espèces « cueillies sur l’arbre » dont Cyclocybe cylindracea , chronique publiée précédemment dans le Cercle des idées du journal Sud Ouest . Nous y précisions sans doute que ce que nous appelons Souchette dans notre région est gustativement intéressante une fois bien déterminée. Le pied est généralement trop dur donc nous n’avons préparé et fait sauter que les chapeaux (en en gardant la moitié d’un pour la sporée et la micro) et, hier soir, apprécié la mise en bouche … avec modération.

Michel Pujol 

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