Archives pour la catégorie balades

Auprès de leurs arbres ils vivent heureux

Quelques peupliers sur une place herbue d’un lotissement tranquille leur est propice. Nous les y avons revus à leurs différents stades de développement  avant-hier et goûtés hier soir, sautés à la poèle, pour les tout jeunes (ci-dessus à droite). Vous aurez reconnu ce classique de la mycophagie – à consommer avec modération – Cyclocybe cylindracea ex Agrocybe aegerita pour les mycologues et Pivoulade, Pholiote du peuplier pour mycophiles et mycophages. En cliquant sur les liens précédents vous retrouverez quelques indices déjà décrits dans nos blogs.

Ainsi leur apparence selon leur degré de maturité et leur statut de lignicoles, ici sur peuplier mais pas que. Nous les avions rencontrés -entre autres – sur robinier avec l’ami Yves Mortureux sur son site fétiche du Haillan.

Plus vieux, notamment par … temps sec, ils se craquellent et dégagent alors, selon les anciens, une odeur de vieux tonneau.

Mais c’est plus jeunes, plus foncés qu’ils se prêtent, de préférence sans leurs stipes, à la dégustation et c’est ainsi, cuits, que nous les avons apprécié dans l’assiette. Et …

… vous en reprendrez bien un peu!

Michel Pujol

Ne pas rester sec sur un desséché…

Samedi, pas grand chose dans le bois d’à côté sinon ces petits carpophores jaunes sur un sol dégagé ouillé d’aiguilles de pin. 

On a bien une petite idée quand on se penche pour les identifier. Chapeaux jaunes, mamelonnés, plus sombres au centre.

Stipes droits dépourvus d’anneau. Seulement deux exemplaires rassemblés, comme en faisceau.. Retournés, les lames verdâtres apparaissent et là point de doute. Il s’agit bien d’Hypholoma fasciculare, l’Hypholome en touffes. Voilà une espèce identifiable facilement de visu mais, un peu plus loin lors de notre balade, sur un tronc où nous avons souvent observé des Collybies à pied en fuseau, nous remarquons un « individu » très desséché, une espèce d’exsiccata pourtant encore bien en jambe mais dont le chapeau est singulièrement flétri.

Dégagé de son substrat et retourné, ses lames vaguement rosâtres rappellent un genre qu’il convient de vérifier.

L’identification emprunte un peu, toutes proportions gardées, à la médecine légale. Nous n’irons pas jusqu’à la recherche de l’ADN quoique aujourd’hui c’est d’actualité mais nous pensons que les cystides observées au microscope recouperont comme un pressentiment. Il y a quelques années, grâce à Germaine Dubrana nous avions fait connaissance avec un microscope et observé des cystides cornées lors de notre première leçon. Sont-ce-elles?

Effectivement, nous retrouvons l’épaisseur de la paroi des cystides et leur extrémité en forme de cornes. Bingo, c’est bien Pluteus cervinus, le Plutée couleur de cerf. Comme un coup de jeune! et le plaisir de ne pas rester sec sur l’identification d’un champignon très … desséché.

Michel Pujol

Mix de myxos

Mercredi après-midi, dans le bois d’à coté, « nos » Chanterelles n’habitaient plus leur station. En revanche, sur un tronc à terre, jaillissait un myxomycète rappellant une gerbe de filaments noirs comme autant de vers fins en faisceau.Voisinaient , sur le même support, cet insecte à « mille pattes » (ci-dessus à droite) et un mycète (ci-dessous).

Il s’offrait au regard comme de dures feuilles zonées dont le dessous (en haut à droite) présentait des pores très serrées donnant (sans loupe) l’impression d’une surface presque plate. Trametes versicolor, le mycète  et  Stemonitis axifera, le myxomycète partageaient le même substrat feuillu et moussu en ce 3 mars.

Le myxo était loin d’être un inconnu de nos objectifs du passé. Ainsi (ci-dessous), nous l’avions rencontré en Gironde notamment le 26 juin 2010.

Il était alors bien moins mature que le noir précédent, assez marron. Stemonitis axifera  commun sur bois mort et écorces apparaît plutôt en été et automne selon Mycodb et la couleur du plasmode est d’abord blanc avant de se dresser sur des stipes noirs. Cette évolution de formes et de couleurs présente un des attraits de l’étude des myxomycètes. Nous avions eu l’occasion, par exemple en mai 2012 (montage ci-dessous) de photographier, le même jour, différentes formes de l’évolution de Tubifera ferruginosa.

La plus visible et spectaculaire est peut-être la forme boutonnante orangée (ci-dessous).

Et nous avions saisi un spectacle intéressant de partage de substrat très … animalier. (ci-dessous)

Si les myxos peuvent orner une assiette ( entre autres Tubifera ferruginosa, Fuligo septica et Lycogala epidendrum)

il convient de ne les manger que … des yeux.

Michel Pujol

Stop au spot

Si, comme l’indique le dicton « vigneron à la Saint Valentin doit avoir serpette en main », ce dimanche 14 février notre petite paire de ciseaux a fait office, sain, de serpette à Chanterelles. Nous avions envie d’aller faire un tour sur un spot où, le 8 février, perduraient quelques Craterellus tubaeformis et …

… ce jour béni de la fête des amoureux elles étaient bien là, émergeant peut-être d’une nouvelle pousse, un peu penchées sur leur stipe en tube mais bien vivantes et encore … consommables ces amours de Chanterelles. 

Michel Pujol

Et s’il n’en reste qu’une c’est bien celle-là

Certes, elle n’a pas été décrite par Victor Hugo qui, pourtant, a dessiné  un champignon. Ce n’était pas une Russule. Cela ressemblait plutôt à un Bolet. Parodier le célèbre poète aussi dessinateur, drôle d’idée mais le « S’il n’en reste qu’un je serai celui-là » nous vient à l’esprit quand nous retrouvons, en plein hiver, la Russule noircissante.

Elle était encore là hier dimanche dans le bois d’à côté, en grand nombre. Elle n’avait alors plus l’aspect du neuf observé quand nous l’avions recontrée, en novembre et décembre, non loin des ses « cousines » Russula cyanoxantha et Russula vesca. De Russule vieux rose hier point ni de charbonnière. En revanche le gris du chapeau jeune de Russula nigricans s’était mué en charbon très noir quand, pourtant âgée, elle ne veut pas disparaître et garder lames noires sans rendre tout à fait l’âme.

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Persistaient encore hier quelques chanterelles là où nous en avions trouvé le 18 décembre.  dernier.

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De quoi remplir une boîte pour dégustation non sans avoir vérifié qu’elles n’avaient pas subi une congélation-décongélation-détérioration sur place avec les épisodes récents de froidure.

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Russula nigricans , trônait en plusieurs endroits du bois. La veuve noire avait perdu ses cousines russules et perdurait sous une forme étrange, repeinte et momifiée. Car comme il est indiqué notamment sur le site ChampYves , une « caractéristique très particulière de Russula nigricans est de se dessécher sans pourrir, de devenir totalement noire » , « et finalement » -est-t-il ajouté- « d’héberger un champignon parasite : Nyctalis agaricoides syn : Nyctalis asterophora « . Nous n’avons pas rencontré de champignon parasite hier sur les « cadavres » désséchés de russules noircissantes mais nous reviendrons plus tard les observer encore.

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Quand on déterre un exemplaire (photo ci-dessus) on constate que ce champignon s’est desséché en entier. Au toucher il parait comme sec-spongieux toujours solide malgré pluies et froid. Comme l’observent plusieurs auteurs les lames sont « très espacées, horizontales, épaisses ». Un champignon de légende des siècles durant? Poète, dessinateur, nous aurions bien aimé un Hugo aussi mycologue.

Michel Pujol

Petite bibliographie:

Bon Champignons de France et d’Europe occidentale (2004) p.55; Courtecuisse & Duhem Guide des champignons de France et d’Europe (2011) n°1345; Eyssartier & Roux Le guide des champignons France et Europe (2017) p.170

MycoDb, ChampYves, MycoCharentes.

Chanterelles: les deux font la paire

La mi-décembre et voilà revenu le temps des chanterelles. L’année dernière, nous en avions trouvé en février. Aussi en janvier. Même en novembre d’une autre année elles aparaissaient. Nous guettions leur présence dans le bois d’à côté et, hier vendredi, un petit tour vers les stations habituelles nous a fait constater qu’il s’en était cueilli. Les pieds coupés en témoignait mais, en cherchant bien, il en restait encore pour la photo et, peut-être, pour un peu de cuisine à la crème.

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Nous allions retrouver des chanterelles en tube, Craterellus tubaeformis, assez développées

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et des chanterelles à pied jaune, Craterellus lutescens, plus « fluettes », sans doute plus récentes et en plus petit nombre. 

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On remarquera les différences les plus apparentes entre ces deux espèces comestibles: le stipe épais en tube et les plis bien affirmés chez C. tubaeformis (à gauche) alors que le pied est jaune et frèle chez C. lutescens et les plis sous le chapeau sont presque lisses (à droite). Une paire qui s’entend bien dans l’assiette et décembre, janvier, février, si les conditions sont favorables, devraient permettre de jouer la carte des Chanterelles et espérons que cela ne fera pas un pli!

Michel Pujol

DEUX ESPÈCES EXOTIQUES D’ORIGINE TROPICALE PRÉSENTES EN GIRONDE À L’ÉTAT NATUREL: FAVOLASCHIA calocera et FLAVIPORUS brownii

L’espèce Favolaschia calocera R.Heim (1966),Agaricales, Mycenaceae, a été découverte pour la première fois en France dans le Béarn en 2015 par Robert Cazenave (AMB). Peu de temps après, la même année Jacques Beck-Ceccaldi (CEMA) découvrait ce champignon à Lormont en Gironde. Nouvelle découverte girondine du CEMA lors d’une sortie au Bouscat. La Société Linnéenne de Bordeaux à également signalé ce taxon. Donc ce Fungi est déjà bien présent en Gironde puisque j’ai pu observer ce taxon dans trois stations sur trois communes : Virelade (2019), Saint-Léon et Espiet (2020).

Jean-Christophe Blanchard, Favolaschia calocera, Flaviporus brownii, Robinia pseudoacacias, Alnus glutinosa

Dans les deux premières communes citées chaque station est pérenne avec au moins 34 emplacements sur des branches à terre de Robinia pseudoacacias. Cet arbre étant le principal hôte de cette espèce. (Elle peut être trouvée sur Quercus, cas du Bouscat). Une seule présence à Espiet, sur cette station, toujours sur R. pseudoacacias, à surveiller les prochaines saisons pour en voir éventuellement la progression.

Jean-Christophe Blanchard, Favolaschia calocera, Flaviporus brownii, Robinia pseudoacacias, Alnus glutinosa

Originaire de l’hémisphère sud à large répartition, de Madagascar à la Nouvelle Zélande, cette espèce tropicale semble bien s’acclimater à nos sous-bois, sans doute grâce ou plutôt à cause du réchauffement climatique.

Jean-Christophe Blanchard, Favolaschia calocera, Flaviporus brownii, Robinia pseudoacacias, Alnus glutinosa

L’espèce Flaviporus brownii Humboldt, Donk (1960) (= Junghuhnia brownii), Polyporales, Steccherinaceae, est beaucoup plus rare puisque signalé que deux ou trois fois à ma connaissance sur le territoire national. J’ai eu le plaisir de découvrir ce taxon en milieu humide (aulnaie), donc sur Alnus glutinosa à terre en phase de début de décomposition dans deux stations en Entre-deux-Mers dans le canton de Branne. Connaissant cette espèce depuis 2015, j’ai pu constater son « épanouissement »en milieu favorable avec une quinzaine d’emplacements dans la première station. La découverte cette année d’une seconde station ne comporte que trois emplacements toujours dans les mêmes conditions de biotope. Bernard Rivoire, spécialiste des Polyporales, a été intéressé par cette espèce rare, aussi j’ai pu lui envoyer deux exsiccata.

Jean-Christophe Blanchard, Favolaschia calocera, Flaviporus brownii, Robinia pseudoacacias, Alnus glutinosa

Originaire de l’hémisphère sud occupant une large répartition, Venezuela, Bornéo etc. Apparemment cette espèce tropicale, pour les mêmes raisons que l’autre espèce citée plus haut,  tend à vouloir s’échapper des serres où elle a été observée sur des bois exotiques et s’acclimater à notre biotope.

 Il faudra à l’avenir surveiller ces deux espèces originaires d’autres continents afin qu’elles ne puissent pas porter préjudice à nos espèces fongiques indigènes. Par expérience, observé dans les divers règnes du vivant nous savons qu’elles peuvent être envahissantes et ainsi appauvrir la biodiversité fongique dans ce cas.

Jean-Christophe Blanchard  

Panthère n’est pas Fauve

Les Amanites ne sont pas bêtes nous disions-nous en cette veille de reconfinement. Pourquoi le seraient-elles quand leur règne n’est ni végétal, ni animal. Tout simplement fongique. Aussi, chez les champignons, la Panthère aux squames d’un blanc pur, pitée sur un bulbe et portant anneau n’est pas Fauve, pitée sur une volve et dépourvue d’anneau. Question de couleurs. Le dessus du chapeau d’Amanita fulva  (ci-dessus à droite) évoque la couleur du pelage du lion, rois des fauves, tandis que celui d’Amanita pantherina  est tacheté comme chez la panthère mais pas exactement de mêmes couleurs. Bon, les goûts et les couleurs ça ne se discute pas dit-on; alors pourquoi irions-nous chercher la petite bête..surtout chez les fauves quand on n’est pas dompteur. Ajoutons que toutes deux sont du genre Amanita (voile général menbraneux ou floconneux -environ 80 espèces- dixit R. Courtecuisse) mais la présence ou non d’anneau induit les sous-genres et sections.

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A.fulva (Amanite fauve) est du sous-genre Amanitopsis (anneau absent, marge piléique striée) et de section Amanitopsis (voile général membraneux non friable.Volve en sac et chapeau normalement nu).

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A. pantherina (Amanite panthère) est du sous-genre Amanita (anneau présent) et de section Amanita (voile général floconneux. Chapeau strié, portant des flocons. Spores non amyloïdes).

Ces réflexions autour des Amanites car le genre était très représenté lors de notre balade girondine d’avant reconfinement.

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Outre fauves et panthères, étaient présentes de nombreuses Amanita phalloides (section Phalloideae) actuellement à l’origine de nombreuses intoxications.

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Egalement de nombreuses Amanita rubescens du sous-genre Lepidella (marge piléique non striée. Spores amyloïdes) et de section Validae (voile général subnul à la base du stipe. Flocons vélaires piléiques abondants). Ces Amanites rougissantes présentaient beaucoup de nuances de brun.

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Beaucoup de nuances de jaune chez les Amanita citrina de la section Mappae (volve hemisphérique). Amanites citrines ponctuant les sous-bois girondins en grand nombre.

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Petit arrêt photo devant le spectacle de Gymnopilus spectabilis

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que nous avions admiré quelques jours avant à Illats.

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Côté panier quelques Bolets orangés proches de chênes. Une étude (non faite) du stipe nous aurait orienté vers l’espèce.

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En revanche, ici, le réseau blanc en haut du stipe sous le chapeau ne laissait planer aucun doute sur l’espèce: un Cèpe de bordeaux. Quoi de plus naturel à quelques « encablures » de la Métropole. Maintenant il faut se satisfaire d’une heure dans un rayon d’un kilomètre. Trop loin de Bordeaux mais pas forcément de Boletus edulis et d’autres espèces fréquentables et, ou photographiables.

Michel Pujol

Coulemelles et Chlorophyllum brunneum

Sur la Mycoliste apparaissent, ces huit derniers jours, 7 cas d’intoxication avec Chlorophyllum brunneum . Sur les photos postées sur ce forum par les Centres anti poison à l’intention des mycologues pour identification on observe notamment des paniers, avant consommation, où sont mélangées Coulemelles (Macrolepiota procera et M. fuliginosa) et la Lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum). Une confusion d’autant plus fréquente qu’on observe, en ce moment, beaucoup de pousses de ces deux espèces ayant un air de famille.

La grande « famille » des lépiotes fourmille, dans les petites tailles en particulier, d’espèces très nocives comme par exemple Lepiota brunneolilacea, L.brunneoincarnata, L. subincarnata; L. severiana et L. lilaceaCes dernières étant référencées mortelles ce qui n’est pas le cas, du moins jusqu’à présent, de Chlorophyllum brunneum laquelle espèce, consommée vers 18h, a provoqué diarrhées et vomissements incoercibles dès 20h (cas évoqué sur la Mycoliste le 24 octobre).

Concernant les intoxications récentes, sans doute proportionnelles aux nombreuses cueillettes de champignons sauvages actuelles, l’Anses a rappellé le 23 octobre, dans un communiqué, les indispensables conseils de base en soulignant que: « Depuis le 1er juillet 2020, les centres antipoison (CAP) ont enregistré 732 cas d’intoxication dont 5 cas de gravité forte pouvant menacer le pronostic vital. Ces deux dernières semaines, les CAP notent une forte accélération du nombre d’intoxications. »

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Revenons aux « grandes » lépiotes. Tout récemment, le 25 octobre, apparaissait dans le jardin, au pied du mur, dans un endroit riche en terreau, un chapeau ressemblant à ceux observés une année précédente.

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A l’examen, squames du chapeau, anneau, bulbe déporté, stipe plutôt blanc et safran au grattage à la base… nous orientait vers Chlorophyllum brunneumRestait à faire une sporée pour recouper: « Spores :10-12 x 7-9 µm, ovoïdes, à pore germinatif large et tronqué » figurant dans la description de l’espèce par Eyssartier&Roux (Le guide des champignons France et Europe p.318 Editions Belin 2017).

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Nous retrouvions peu ou prou (ci-dessus), concernant les spores, les caractères rencontrés lors d’une récolte effectuée l’année dernière (ci-dessous) de la même espèce dans un lieu différent. 

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Quid de la confusion de C. brunneum avec la Coulemelle? Vu de loin et idées reçues, la taille écarte les plus toxiques (voir plus haut) mais on scrutera les chinures du pied

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bien apparentes ci-dessus, lors d’une récente balade en Sud Gironde, chinures caractéristiques de la Coulemelle. Les squames-mèches du chapeau sont circulaires chez Macrolepiota procera . L’anneau double est plus épais

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que celui de la Lépiote des jardins Chlorophyllum brunneum qui, comme on l’a vu plus haut, se colore fortement à la coupe et au grattage du pied. Et, pour éviter les coups de bambou à l’estomac sachez bien reconnaître les Coulemelles! Le pied dans l’assiette mais sans le pied, indigeste.

Michel Pujol

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Un p’tit tour et puis ça va

Hier samedi. Il fait beau. Les oiseaux chantent et si dans le bois d’à côté ça enchante? Alors, un petit tour de fin d’après midi … à la poursuite des champignons. Pas de fil à la patte comme ces innombrables Megacollybia platyphylla

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qui décorent grandement le sous-bois en se dressant sur leurs épais tapis de feuilles nourriciers.

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Très décorative cette Tremelle mésentérique qui prend de la hauteur toute de jaune vêtue.

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Tout comme les Collybies, citées plus haut, les Amanites rougissantes « fleurissaient » en grand nombre. En revanche, nous allions trouver un seul exemplaire de cette espèce

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surnommée « la mère du cèpe ». Ce Clitopile petite prune, qui partage le même biotope que les rois des bolets, fleurait bon la farine fraîche et le léger rosissement de ses lames ne laissait planer aucun doute sur son identification. Donc la « mère ». Et ses « fils » donc? Il convenait donc de scruter quelques endroits « où » mais beaucoup de promeneurs ce jour-là dans le bois d’à côté parmi lesquels pas mal de chercheurs.

Tiens, là, dans le lierre, une tache marron et un pied blanc comme si c’était un bolet…

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En s’approchant, les pores présumées s’avéraient lames.

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Jugement tranchant et sans appel. Ce beau marron était une russule. A prélever pour identification ultérieure.

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Le lendemain, juste avant d’écrire ces lignes, un test au sulfate ferreux: coloration verte fonçant vers un gris vert, nous orientait vers Russula pseudomelliolens . Pas très loin de cette russule, sous la chênaie-charmée, charmante par ailleurs, deux bolets soudés l’un à l’autre.

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Ils noircirent intensément longtemps après la coupe et les « mèches » du pied nous les firent identifier avec un autre « pseudo », Leccinellum pseudoscabrum . Et puis dans un autre endroit d’habitude « cépé », sans doute déjà visité donc prelevé nous n’allions pas rencontrer de Cèpe mais d’autres Bolets rude … renversés et parfois étêtés. Les ressources du petit bois d’à côté allaient se révéler intéressantes sur le bord d’un petit chemin visiblement peu mycologiquement fouillé.

Quelques chênes, un sous-bois plus épais, des châtaigners et des fougères, un œil attentif et…

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… un chapeau marron, des pores blanches dessous. Serait-ce lui?

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Le marron foncé s’atténuant vers le bord du chapeau jusqu’à constituer un liseré blanc à l’extrémité, un réseau blanc très net en haut du stipe (photo de gauche), un pied creusé par une limace (à droite). C’était bien Boletus edulis , la limace n’étant pas bien sûr un critère pour reconnaître les comestibles. Gastéropodes et champignons participent parfois des fausses bonnes idées . Mais les limaces qui cravatent un Cèpe de bordeaux doivent y trouver du plaisir.

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A moins de trois mêtres, toujours sous chênes, un autre chapeau marron quelque peu malmené par l’âge. Vraisemblablement Neoboletus erythropus au stipe ponctué de rouge. Et quand on trouve un Cèpe de bordeaux on regarde attentivement les alentours.

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Sous les chênes, on écarte délicatement les végétaux qui masquent des regards deux jolis Boletus edulis l’un massif, l’autre élancé qui rejoindront le premier, au pied limacé, pour la photo de groupe. Utrillo aurait-il fait un tableau du trio, lui qui peignit trois moulins qui battaient de l’aile sur une île. Un petit tour aux champignons c’est aussi prendre l’air avec un peu de … zèle et , après, ça va plutôt bien.

Michel Pujol