Archives pour la catégorie balades

« A la poursuite des champignons » en ouverture du 19/20 de France3 Nouvelle Aquitaine

Balade en forêt girondine samedi 20 octobre avec des journalistes de FR3 Nouvelle Aquitaine. Point de cèpe mais l’occasion de guider les cueilleurs-consommateurs vers plus de sécurité.

Voir le reportage

Publicités

Drôles d’oiseaux: Caloboletus radicans au Teich

Le Bolet radicant, il n’y a pas si longtemps Boletus radicans et maintenant Caloboletus radicans apparaît fréquemment en ce mois d’août 2018 dans les pages Facebook dédiées à la mycologie. Le caractère thermophile de cette espèce s’y prête. En août 2013 nous l’avions « récolté » lors d’une balade dédiée … aux oiseaux. Retour sur images.                                  M.P.

boletus radicans,boletus calopus,ornithologie,le teich,calcicole,bleuissement,cema,anne-marie pujol

 La Réserve ornithologique du Teich, en Gironde, est un paradis animalier au bout des jumelles et des téléobjectifs. Les plumes naturalistes en ont décrit toutes les espèces de grande ou petite envergure. La fonge, discrète ici, n’est pas l’objet de tous les regards, tournés plutôt vers les hérons cendrés et autres échassiers. 

Quelques bolets au pied de chênes pédonculés avaient été poussés du bord du chemin par quelque pied pressé d’aller, de cabane en cabane (il y en avait vingt numérotées en 2013…) observer les volatiles du delta de la Leyre et du fond du Bassin.

boletus radicans,boletus calopus,ornithologie,le teich,calcicole,bleuissement,cema,anne-marie pujol

Autrefois du genre Boletus, radicans faisait partie de la section Calopodes tout comme Boletus Calopus en en partageant le chapeau plutôt pâle, les pores jaunes, le stipe réticulé et la saveur amère. Nous n’avions pas noté sur notre récolte d’amertume prononcée. La base est apointie d’où son nom de radicant. Les auteurs  évoquent notamment une odeur « désagréable ». Pour notre part nous avions perçu une odeur de chicorée et de sardine à l’huile.

boletus radicans,boletus calopus,ornithologie,le teich,calcicole,bleuissement,cema,anne-marie pujol

 Le bleuissement est très net à la coupe (ci-dessus) puis s’estompe progressivement (ci-dessous).

boletus radicans,boletus calopus,ornithologie,le teich,calcicole,bleuissement,cema,anne-marie pujol

Les tubes bleuissent également à la pression. La tendance des stations serait calcicole lié sans doute à sa thermophilie. Nous l’avons rencontré en effet à plusieurs reprises en période de chaleurs assez fortes.

Petite bibliographie

Internet mycodb mycocharentes

Littérature Courtecuisse n°1662, Bon page 36, Guide écologique Eyssartier&Coustillas&Lacombe page 96

Encore là après la tempête

Hier samedi 26 mai le département de la Gironde a « essuyé » des cataractes de pluie et de grêle. En fin d’après-midi les orages avaient cessé. L’occasion alors, autour de Bordeaux, de suivre quelques stations et d’entrevoir des pousses nouvelles.

Cantharellus-pallens-MP26.5.jpg

Elles avaient fait leur apparition le  19 mai . D’autres Girolles pruineuses (ci-dessus) étaient au rendez-vous hier. Très petites à cause vraisemblablement du manque d’eau.

Boletus-aestivalis-MP26.jpg

Petit aussi ce Cèpe d’été au pied creusé par les limaces. Bien moins imposant que ses congénères des 9 mai , 11 mai  et  23 mai et sur la même station que lors des deux premières dates citées.

Russula-vesca-MP26.jpg

Quelques Russules vieux-rose avaient commencé leur pousse les jours précédents et se trouvaient en plus grand nombre (une bonne dizaine) que le  9 mai ,bien entamées par les petits dévoreurs de champignons de la forêt.

Amanita-rubescens-MP26.jpg

 Cette amanite rougissait encore plus de vieillesse

Amanita-rubescens-MP262.jpg

tandis que cette jeunette se frayait un passage pour son chapeau-parapluie. Des pousses d’A. rubescens s’étaient déjà produites bien avant.

Amanita-spissa-MP26.jpg

En revanche, nous n’avions pas encore vu dans ce bois d’Amanite épaisse

Leccinum-carpini-MP.jpg

ni de Bolet des charmes. Avec toute l’eau qui est tombée les affaires devraient reprendre …

M.P.

 

Solitaire

Nous l’avions trouvé à Gradignan  une fois  le  9 mai puis retrouvé sur la même station  deux fois   ,deux jours après, en Gironde bien sûr eu égard à nos amis Belges parmi lesquels d’excellents mycologues. Il a fallu, hier 23 mai, que nous fassions plusieurs kilomètres aux alentours du  Parcours des Graves pour en découvrir un sous chênes.

Boletus-aestivalis-can2.jpg

La sécheresse des lieux due à très peu de pluie ces derniers jours a fait que sur notre parcours nous n’avons entrevu, à part ce Cèpe d’été  (Boletus aestivalis)  , qu’une Russule charbonnière bien reconnaissable à la couleur de son chapeau (R. cyanoxantha), ses lames lardacées et sa douce saveur. A part ça rien d’autre en matière de champignons. Ce solitaire a fait hier soir le bonheur de nos papilles en suivant un conseil, valable en d’autres domaines: « A consommer avec modération »…

M.P. 

Boletus-aestivalis-can3.jpg

La magie du cèpe

Momuy. La Chalosse à quelques enjambées d’Hagetmau. De ces pas de chercheurs de champignons qui longent les fossés, inspectent les sous-bois de feuillus et de résineux. Le « gouillatot qui a le diable à piter dessus » selon ma grand-mère aime la suivre, pendant les très grandes vacances des années 50, gravir avec elle la pente des prairies à  moutons et à Rosés des prés, et monter jusqu’au bois de Loustaou où poussent … les cèpes. Il y a bien d’autres coins cépus à l’époque. Il n’y aurait qu’à suivre Gaston, le chaisier du village, mais il part bien trop tôt le matin et ce cueilleur solitaire est taiseux sur ses lieux de découvertes. La magie du cèpe nait souvent de l’enfance. Merci Mouma.

Bien plus tard, les recherches et lectures personnelles, la fréquentation des sociétés mycologiques, les sessions, les sorties sur le terrain avec celles et ceux qui transmettent sans compter savoirs et expériences renforceront ma passion pour les champignons en même temps qu’une grande humilité car le domaine de la mycologie est d’une redoutable complexité et, pour se jouer bien, la petite musique sylvestre s’accompagne de pas mal de bémols, de silences et d’hésitations. Pianissimo ma non troppo.

La bande des quatre

2 Les-quatre-cèpes.jpg

On dit Le Cèpe. Quatre espèces différentes ont droit à cette appellation commerciale et, si on entre dans le détail, il y a de quoi y perdre son latin. Alors, dans le carré Cèpe sont quatre rois à la chair douce, blanche immuable qui ne se teinte pas, par exemple, de bleu à la coupe, aux tubes blancs puis verdissant. Il en est des Cèpes comme des humains, dans une même espèce on rencontre des frêles, des gros, des petits, des grands, des trapus, des jolis, des difformes, des albinos, des clairs, des bronzés. Chez les champignons, pour chaque espèce il peut y avoir plusieurs formes et plusieurs variétés.  Quatre Boletus sont Cèpe:

Boletus edulis, le Cèpe de bordeaux, chapeau gras au toucher, marron foncé puis plus clair, à la marge blanche tel un liseré, pores (sous chapeau) blancs puis jaunâtres, puis verdâtres selon maturité, pied clair la plupart du temps, orné souvent d’un réseau, tel un maillage en relief, blanc.

– Boletus aestivalis, le Cèpe d’été ou cèpe réticulé, d’aspect général proche du précédent, chapeau velouté sans liseré blanc, vite craquelé par la sécheresse, pied avec un réseau bien plus marqué que B. edulis  d’où son appellation de « réticulé ».

Boletus aereus, le Cèpe bronzé ou Tête de nègre, chapeau bronze à noir, pores blancs longtemps, chair dense, robuste, pied presque aussi foncé que le chapeau.

-Boletus pinophilus, le Cèpe acajou ou véritable Cèpe des pins, chapeau et haut du pied acajou roussâtre, revêtement du chapeau un peu rugueux (par temps sec), espèce robuste à silhouette souvent obèse.

Gagnants-gagnants

3 mycorhize.JPG

Cherchez l’arbre et vous y trouverez à proximité, si les conditions multiples sont favorables, telles espèces de champignons mycorhiziens. Ce carré d’as de la poêle est assurément à ranger dans la catégorie des gagnants-gagnants. Leur mycélium, réseau feutré souterrain, apporte au végétal eau, oligo-éléments, sels minéraux drainés bien plus loin que les racines d’un arbre. Ce dernier donne au mycélium, c’est à dire au champignon, le carbone, les sucres issus de la photosynthèse, fonction dont les animaux et les mycètes sont dépourvus. Chez les Cèpes, ecto-mycorhiziens, l’échange se fait par un manchon où ses fins filaments entourent le système racinaire de la plante. Le phosphore notamment, essentiel à la croissance de l’arbre est transmis par la mycorhize.  Cette association est bénéfique aux deux partenaires qui ne s’en portent que mieux.

Les saisons de pousses peuvent avoir des conséquences gustatives. En été l’arbre réserve une partie de ses sucres à ses feuilles. Plus tard, les feuilles jaunissent, tombent et le mycélium reçoit alors davantage d’éléments carbonés de son hôte. C’est ainsi, comme le remarque l’ami Robert Cazenave, Président de l’Association Mycologique de Bigorre, que les premiers Cèpes d’été (B. aestivalis), qui apparaissent dès le mois de mai, sont moins goûteux que le Cèpe de Bordeaux (B. edulis) ou le véritable Cèpe des pins (B. pinophilus)  dont la fructification (carpophore) est automnale voire hivernale comme nous le verrons plus loin.

Dans l’ordre d’arrivée

4 Boletus aestivalis.JPG

Sur la ligne d’arrivée du calendrier du carré des Cèpes, quand les cueilleurs ne se bousculent pas encore, par exemple, dans les clairières de chênaies-charmaies et bords de chemins, en plaine (photo ci-dessus prise un 12 mai) le gagnant est Boletus aestivalis. Thermophile (aimant la chaleur) le Bolet réticulé, pour émerger de terre, va avoir besoin de masse mycélienne pour se donner corps, d’eau (composant prédominant du carpophore) et d’un déclic « coup de chaleur » après lequel une sorte de bouton (primordium) surgit sur le mycélium et se développe plus ou moins rapidement en repoussant ce qui est au-dessus (pression osmotique) et grossit en surface. L’opération, du primordium-bébé au Cèpe taille proche de définitive, peut prendre quelques jours. L’expression pousser comme un champignon est, à tous les points de vue superficielle, puisqu’elle ne s’attache qu’au paraître et il faut être vu donc assez voyant, assez gros, pour paraître. Alors, l’œil-caméra humain vous voit vite grandir, un peu comme la médiatisation. C’est un autre débat même si champignon rime avec…

5 Boletus aereus.JPG

Autre thermophile estival (photo ci-dessus prise un 19 juin) Boletus aereus. Surtout sous feuillus en plaine et colline, le Bolet tête de nègre aime à fréquenter les terres calcaires d’où sa large présence dans le département de la Dordogne mais pas que. Sa pousse s’étale bien plus dans le temps que B. aestivalis et « le bronzé » se trouve encore en nombre en automne.

6 Boletus edulis Soulac.JPG

Celui-ci (photo ci-dessus prise à Soulac un 9 novembre) n’est pas que de Bordeaux mais presque de partout (ubiquiste). Plaine, montagne, feuillus (chênes, châtaigniers etc.), résineux (épicéas, sapins etc.), terres plutôt humides, Boletus edulis a lui, au contraire des deux précédents, besoin d’un coup de froid pour que naisse le petit bouton qui deviendra beau champignon. Plutôt automnal, voire hivernal (rares  cueillettes personnelles à Noël), il démarre quand la terre chaude est refroidie par de grosses averses, en particulier des pluies abondantes d’orages. Ainsi, en cette année 2017 dans notre région et bien ailleurs où ces conditions ont été réunies on a connu de belles pousses de Cèpes dits de Bordeaux. A l’époque moyenâgeuse et au delà , la conservation de produits frais ne pouvait durer des mois en l’état. Aussi cette légende d’un roi anglais qui se faisait livrer avec du vin de Bordeaux des cèpes de Bordeaux est bien gentille et toute bonne à vous mener… en bateau. L’appellation Cèpes de Bordeaux et de Fontainebleau apparaît, d’après Patrick Rödel, en 1855 grâce à J.H. Léveillé. Il n’est pas rare d’ailleurs de trouver à la vente dans des cageots étiquetés « Cèpes de Bordeaux » des cèpes qui, stricto sensu, n’en sont pas.

7 Boletus pinophilus.JPG

Enfin, le quatrième est plus tardif ( cela en général car un observateur nous a signalé l’avoir vu récemment apparaître avant B. aestivalis). Montagnard (photo ci-dessus prise un 3 octobre en Auvergne près de La Chapelle Geneste) Boletus  pinicola, le véritable Cèpe des pins, est présent sous conifères tels pins, sapins et épicéas (on peut l’y trouver en même temps que B. edulis) et plus rarement sous feuillus. Le Cèpe acajou est un excellent comestible.

« Culture », précautions et confusions

La connaissance des lieux et des conditions de pousse aident à la recherche de ces rois des champignons mais les facteurs sont nombreux et les équilibres fragiles. Si un plant de noisetier mycorhizé par Tuber melanosporum (la Truffe noire du Périgord autre champignon mycorhizien) a des chances, sur terrain de Ph 8,5 sans concurrence d’une autre truffe d’une espèce différente, de produire au bout de 7-10 ans et cela pendant une dizaine d’années, le « diamant noir », la recette n’est pas applicable au Cèpe. En effet, le mycélium de ce dernier se porte bien avec des arbres déjà bien avancés en âge. Ne trouve-t-on pas Boletus edulis plutôt au pied des chênes chenus? En laboratoire, les tentatives de « culture » du Cèpe n’ont pas dépassé le stade du primordium ce que confirme une rencontre girondine personnelle, récente et fortuite avec des spécialistes de l’INRA en activité.

Des bolétières expérimentales de scientifiques  ou de particuliers existent depuis plusieurs années. Le jeu consiste à faciliter les conditions de fructification sur mycélium déjà existant en éclaircissant, en contrôlant  l’hygrométrie, en évitant le piétinement etc. Mais on n’est pas en vase clos comme pour le champignons de Paris. La température, l’ensoleillement, les pics climatiques sont ce qu’ils sont et le nombre de cèpes est certes plus élevé que ce qu’il serait dans une nature livrée à elle-même mais on ne peut pas parler de culture, plutôt de facilitation de pousses.

En mangeant un Cèpe vous ingérez ce que son mycélium a pompé dans son environnement (et concentré): de bons éléments mais aussi des métaux lourds et, parfois, un peu de césium 137. Cela dit le Bolet bai (Xerocomus badius), les chanterelles à pied jaune (Craterellus lutescens) concentrent bien plus que les cèpes les matières radioactives. Fuyez pour vos récoltes les endroits pollués. Boletus sano in biotope sano.

8 B.aereus, aestivalis,Satanas.jpg

La seule règle qui vaille avant de consommer (bien cuire et ne pas se « goinfrer ») un champignon est d’identifier avec certitude l’espèce réputée comestible. Pour les bolets le bleuissement n’est pas un critère de comestibilité ou de toxicité. Et attention aux confusions source le plus souvent d’intoxications. Ainsi le Bolet de satan (Boletus satanas) très thermophile (à droite sur le montage photos ci-dessus) ainsi que des espèces proches provoquent pratiquement tous les ans des cas de désordres intestinaux (syndrome résinoïdien).

Aller aux champignons c’est magique. Communier avec la nature. Découvrir des espèces différentes. Les regarder, les toucher, les sentir et … apercevoir un cèpe, un vrai. Sachez qu’ il appartient au propriétaire des lieux. Vérifiez la réglementation avant de prélever et laissez les « mauvais » poursuivre leur travail de régénération du site. Pas de coup de pied dans leurs jambes. Ils ne vous ont rien fait.

9 panier de faim.JPG

Michel Pujol

Journal Sud Ouest Le cercle des idées

Les quatre cèpes par Jacques Guinberteau

 

En mai, cool, de col en col

D’une vallée l’autre, le col est le passeur. Selon la saison largement ouvert ou boutonné très serré par la neige. Ce début mai 2017 aucune difficulté à franchir Aspin, Azet et Hourquette d’Ancizan en croisant motos, cyclistes et, au détour de chemins adjacents, peu de champignons.

Avant de monter l’Aspin depuis la vallée de Campan, petit détour au Combas en passant par le sarrat de Gaye peu avant Payolle. En haut du chemin qui descend à La Séoube court l’eau qui rigole en toute clarté et, au bord, quelquefois des mycètes. Pas cette fois mais une floraison abondante d’orchidées bleu-violet, vraisemblablement l’Orchis mâle (Orchis mascula) plutôt que Anacamptis pyramidalis (Orchis pyramidal).

Combas-MP.jpg

Arrêt paisible au Col d’Aspin pour porter le regard à 360° et descendre vers Arreau.

Col-d'Aspin-MP.jpg

D’Arreau à Loudenvielle, le plaisir du beau temps en montagne et celui des yeux à atteindre des sommets. Y aurait-il des morilles autour du lac? L’hôtesse de l’Office de tourisme de Loudenvielle en récolte. « Vous pourriez aller, à pied, en face! C’est pas dans mes coins mais… » Effectivement dans le bois de hêtres mêlé de noisetiers, elle est là, la tête penchée. Comme fatiguée d’avoir cru sur son pied creux. Pas d’autre congénère autour ni plus loin.

Morchella-esculenta-MP1.jpg

Il convenait de redresser l’image de notre récolte.

Morchella-esculenta-MP2.jpg

Couchée (à gauche) redressée (au centre) et le batonnet arc-boutant constitué sur place (en bas à droite) n’était qu’un « Pise-allez! ». Vue du haut de la tour du porte objectif ce n’était que palliatif pour multiplier un seul exemplaire avant de passer, au retour, à la micro.

Morchella-esculenta-planche.jpg

Asques non amyloïdes (J-) octosporées, spores lisses, paraphyses septées et ramifiées

Bibliographie Morchella esculenta:  Marchand t.1 n° 90,  Bon p.326, Courtecuisse n° 13, Eyssartier&Roux p.1070, Myco Db , Breitenbach t.1 3/4/5/6

 Dans le même bois de hêtres-noisetiers on retrouvait, comme à Combas, l’Orchis mâle et, lignicoles obligent en période de faible pluviométrie, quelques Polypores ciliés (Polyporus ciliatus) identifiés sans loupe grâce à leur stipe moucheté et leurs pores très fins.

Polyporus-ciliatus-MP.jpg

La (maigre) liste du lieu serait incomplète sans cette espèce, la Collybie aqueuse, fréquente dans les Pyrénées. 

Gymopus-aquosus-MP.jpg

En fin d’après-midi, examen sous les sapins. Sol très sec tout comme ces exsiccata de Geastres. Bien difficile, dans cet état, de compter le nombre de couches de l’exoperidium pour éventuellement nous … aiguiller.

Geastrum-MP.jpg

Le lendemain il s’agissait d’aller voir si l’herbe était plus verte ailleurs. De cheminer depuis Genos vers le col d’Azet en faisant plusieurs stations au fil des chemins près de possibles stationnements automobiles. Toujours sec sous hêtres, sapins, bouleaux et point de stations … de champignons. Restait à vraiment profiter du paysage en surplombant notamment le lac de Genos-Loudenvielle. 

lac-loudenvielle-MP.jpg

Presque plus d’arbres alors. La verte prairie. Quelques taches agaricales? hygrocybiennes? Un peu de jaune à l’horizon! Un groupe de Bolbities sur bouse dans ce momentané désert sporophorique. Pas de quoi tituber mais un joli jaune d’œuf qui illumine la journée. 

Bolbitius-titubans-MP.jpg

Du col d’Azet descente vers Saint Lary puis grimpette vers le col de la Hourquette d’Ancizan pour regagner Payolle et la vallée de Campan avec un détour par Combas pour inspecter un autre lieu où nous avions trouvé l’année passée quelques espèces intéressantes dont quelques unes comestibles. Cette fois rien là. Dix sept rimerait-il avec disette? Toutefois quelques marasme des oréades laissés sur place. De col en col c’était bien cool. Avec le beau temps alors que la météo semblait incertaine mais … que la montagne est belle!

M.P.  

 

 

Un 11 novembre

Quel bonheur de découvrir quelques champignons en famille, de transmettre. Certes l’années 2017 n’aura pas été très prolixe en pousses dans la région mais repasser dans quelques endroits de Martillac (33) largements ouverts au public permet de suivre l’évolution de biotopes et de leur mycoflore et, éventuellement, de succomber au plaisir de la gastronomie avec quelques délicates chanterelles (ci-dessus).

C’est surtout au bord des chemins en zone ouverte un peu humide et éclairée que nous croiserons quelques espèces

hygrophoropsis-aurantiaca.jpg

telles ces « fausses girolle » ayant subi les affres de la sécheresse sur fond d’aiguilles de pin et quelques Amanites

Amanites.jpg

dont la citrine à l’odeur de rave, l’épaisse au pied du même qualificatif, aux squames du chapeau en « cartes de géographie » et la rougissante.

Amanites-chapeaux.jpg

Il est souvent utile d’observer sous plusieurs angles…

hydnum-repandum.jpg

Point de veaux, vaches, cochons sur notre parcours ni moutons sauf … pieds les clairs (ci-dessus) qui passent bien avec une viande blanche et les plus roux (ci-dessous) bien trop amers dit-on.

hydnum-rufescens.jpg

A s’enfoncer sous feuillus et résineux nous ne trouverons que peu d’autres espèces,

suillus-bovinus.jpg

des Bolets des bouviers entre autres et nous nous attarderons un peu entre les fougères pour prélever quelques

craterellus-1.jpg

craterellus-2.jpg

Chanterelles à pied cannelle. Avec modération bien sûr et en en laissant pour d’autres myco-gastronomes.Cuisson cocotte oignons-lardons fumés-ail puis vin blanc d’un côté, chanterelles poêlées d’un autre côté, mélanger ensemble, mijoter, lier avec crème épaisse, un trait de cognac et c’est prêt!

craterellus-fin.jpg