Archives pour la catégorie balades

En voiture: jamais 203

 

A pied, à cheval et en … En nous baladant à pied samedi dans le bois d’à côté, à cheval avec la Rocade du grand Bordeaux, la veille d’un scrutin plutôt vert, nous allions prendre nos marques pour n’en garder qu’une à l’esprit, celle d’un lion ancien toujours sur les routes d’aujourd’hui.

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Première étape au pied d’un charme où le 2 juin déjà nous avions rencontré l’espèce et, ce 27 juin, seulement deux Cantharellus pallens (ci-dessus) perduraient.

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De très petite taille « nos » Girolles pruineuses rephotographiées en disposant à côté d’elles deux Russules vieux-rose de format habituel. D’ailleurs Russula vesca figurait en grand nombre à proximité.

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Et, non loin de là, dans une clairière peuplée de chênes et de charmes où le 15 juin nous avions trouvé un de ses congénères: un Cèpe d’été d’un âge avancé certes mais une fois « retaillé » encore consommable. Et d’1!

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Quelques pas de plus, entre feuilles de lierre, un autre Boletus aestivalis. Et de 2!

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Dégagé de sa parure verte, il avait jeune allure. Le pied, entièrement réticulé était un peu rongé sur un côté mais, lors d’une découpe ultérieure, il s’avéra très sain.

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Et, très peu plus loin, entre lierre et fragon, sous charmes et chênes, le troisième Boletus aestivalis de la balade, celui-ci moins fringant certes mais encore consommable. Et de 3! C’est là où nous venait à l’esprit le dicton « jamais deux sans trois » et la marque au lion avec son ancien modèle, la 203 apparue en 1948, déclinée en plusieurs versions à Sochaux et seul modèle de la firme commercialisé jusqu’en 1954 Wiki dixit. Remarquons la 102, cyclomoteur du même constructeur lancé en 1967 et la 304 , une 7CV de 1969 à 1980. Citons aussi la 405 et la 607. Un chiffre, un zéro, le suivant du premier (jamais 3 sans 4, jamais 4 sans 5…) Quoi de commun, me direz-vous entre modèles de voiture et les Cèpes? Le champignon bien sûr avec une petite nuance: en mycologie ne pas confondre vitesse avec précipitation ne serait-ce que pour éviter quelques accidents de consommation.

                                                                         Michel Pujol

Vus aussi notamment lors de la balade de samedi Russula virescens, Gymnopus fusipes, Megacollybia platyphylla, Amanita fulva, Amanita asteropus.

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Le premier accordé!

Certains, nous pas, croient en la Lune. Dimanche soir Le Président a parlé et le lendemain après-midi, sur le bord du chemin: LE PREMIER. Le premier de cordée? Le premier accordé! Nous guettions en vain son apparition dans le bois d’à côté et ce lundi 15 juin, plutôt petit mais bien identifiable (nous le pensions mais voir plus loin) il s’offre à nos yeux.B.-aestivalis-MP-1

 

Le liseré blanchâtre à la marge du chapeau caractérise notamment Boletus edulis, le Cèpe de Bordeaux. Pousser aussi à une douzaine de kilomètres à vol d’oiseau de sa ville d’appellation rien que de très normal, parole de natif bordelais. Mais en partageant cet article sur Facebook nous recevions de « Fab Champi » cette remarque: « le liseré blanc n’est pas forcément caractéristique de Boletus edulis , certains Boletus aestivalis (reticulatus) l’ont aussi (ainsi que certains pinophilus et même aereus).
ici nous sommes en présence de Boletus aestivalis , et sur votre site la photo du « plus agé » aussi. » Dont acte. Les lecteurs de l’ancienne version verront que les photos des Cèpes présumé de Bordeaux ont muté en Cèpes d’été. Merci « Fab champi ».

L’avantage du Net c’est de pouvoir corriger sa copie après parution contrairement à la presse écrite d’avant que nous avons bien connue.

Et ce lendemain de paroles présidentielles apparaissait, peu loin du Cèpe, la première accordée de la saison que nous guettion aussi depuis au moins la mi-mai.

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Enfin une Verdette, Russula virescens, Palomet dans le Midi. Dans un endroit aéré où perce le soleil à l’orée des arbres, chênes et charmes.

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La seule de son espèce trouvée cette saison mais un début riche d’espoirs et de dégustations. Et puis, à portée de main en bordure de chemin, un peu cachés, comme cinq doigts jaunes poignés au sol…

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… ces Girolles pruineuses plus en l’état que les trois trouvées le 2 juin dans une autre station. Restait à rendre visite, pas très loin, à cette dernière station habituelle au cas où. Que nenni, pas de Cantharellus pallens chez icelle. Source tarie? Mais en revanche en même lieu deux Russules apparemment charbonnière

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bonnes pour le panier, en attente de poêle et, pas loin de là

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un autre Cèpe, bien plus épanoui que le premier, au pied rongé. Sans remord, il rejoignait le panier en compagnie de l’autre Aestivalis, des Russules et des Girolles.

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Ce Plutée, Pluteus leoninus,  toujours magnifique s’ajoutait au tableau de chasse seulement photographique.

Deux jours auparavant, le 13 juin, toujours dans le bois d’à côté, nous n’avions fait que trois rencontres mycologiques.

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Deux espèces d’Amanites. L’Amanite fauve d’abord en macro sur place puis étude micro à la maison.

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De même pour l’Amanite au pied en étoile.

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Une espèce lignicole, sur tronc de chêne à terre. Gymnopus fusipes très anciennement Collybia fusipes. Même procédure macro-micro.

A deux jours de distance, en matière de pousses intéressantes, c’était un peu … « le jour et la nuit ». Alors, deux jours de Lune? C’est bien peu mais un Discours Présidentiel qui nous demande d’appuyer un peu plus sur le champignon avec toutefois de la modération ça interroge, ne croyez-vous pas …

                                                                           Michel Pujol

 

 

 

 

Cyclocybe, Agrocybe, Pholiota etc. bref Souchette de chez nous

 

Beaucoup de champignons changent de nom au fil des ans. La nomenclature n’est pas confinée-figée et s’il est une espèce qui en témoigne c’est bien celle-là. En lisant sa fiche sur l’excellent site MycoDB on voit que la Pholiote du peuplier = Pivoulade s’appelait Agaricus pudicus Bulliard en 1793 et trente sept appellations plus tard, en 2014 son nom définitif (?) est Cyclocybe cylindracea (de Candolle) Vizzini & Angelini. Nous l’avions connu -et consommé- sous le nom d’Agrocybe aegerita (V. Briganti) Fayod. Ainsi était-il appelé chez Marchand (édition 1974) en précisant comme auteurs (Brig.) Sing. et Pholiota cylindracea (de Candolle ex Fr.) en synonyme. Egalement A. aegerita chez Bon (édition 2004); A. cylindracea (DC ex Fr.) Maire chez Phillips (reprise édition 1981); idem chez Courtecuisse & Duhem (édition 2011) avec A. aegerita et Pholiota aegerita en synonymes. Enfin notons qu’Eyssartier & Roux (édition 2011) le nomment Agrocybe Cylindrica puis actualisent en Cyclocybe cylindracea (édition 2017). Toutes proportions gardées, la mise à jour relève presque de l’actualité sur les chaînes dites en continu …

C’est sans doute le lot des espèces courantes maintes fois étudiées, réétudiées génétiquement, comparées, recomparées, mises à jour. Donc ce mercredi 13 mai, à quelques pas du domicile, le long d’une clôture avec sans doute quelque racine d’ancien saule ou peuplier ou autre s’incrustant sous le trottoir herbu nous avons rencontré un beau bouquet de ce que nous pensions être des Pholiotes dites du peuplier. La sporée déposée ce jeudi matin et la microscopie (ci-dessous)

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levait le doute si doute existait. Dimension des spores, formes basides et cystides conformes à la littérature pour cette espèce. Macroscopiquement aussi (ci-dessous)

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couleur de la chair, revêtement du chapeau, anneau, couleur, forme et insertion des lames tout correspondait. Nous avions consacré une chronique aux espèces « cueillies sur l’arbre » dont Cyclocybe cylindracea , chronique publiée précédemment dans le Cercle des idées du journal Sud Ouest . Nous y précisions sans doute que ce que nous appelons Souchette dans notre région est gustativement intéressante une fois bien déterminée. Le pied est généralement trop dur donc nous n’avons préparé et fait sauter que les chapeaux (en en gardant la moitié d’un pour la sporée et la micro) et, hier soir, apprécié la mise en bouche … avec modération.

Michel Pujol 

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Ce 7 avril et… dans le rétro de mai 2015

 

Serait-on, réchauffement climatique aidant, passé de mai en avril en cinq ans? La sagesse populaire dirait « les années passent et ne se ressemblent pas ». Aussi prenons garde aux conclusions hâtives. Toutefois, quelques espèces rencontrées ce 7 avril 2020, dans le bois d’à côté, en courte balade n’excédant pas une heure, dans un rayon d’un kilomètre, justificatif en poche en ce temps de confinement, nous interroge. Parmi les espèces, la première Russula vesca, première de l’année pour nous, un polypore, quelques fleurettes et un « truc » noir.

Petit regard en arrière. C’était le 6 mai 2015 sur le même site. Certes les espèces y étaient plus nombreuses:

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Une Amanite au pied rougissant.

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De vieux Bolets des charmes.

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Un premier Cèpe d’été (B. aestivalis) dont le stipe fourmillait de vers.

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Un Inocybe se révélant être, après micro, Inocybe cookei.

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Mais aussi

C’est là ou ce coup de rétro interroge. Le 6 mai 2015, tout comme le 7 avril 2020, nous rencontrions des Russula vesca contrôlées au « Fer ».

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Ci-dessus notre R. Vesca solitaire et quasi flétrie du 7 avril 2020, elle aussi confirmée au « Fer » au retour de la balade.

Autre rencontre du même type le 6 mai 2015, un petit Polypore (Polyporus tuberaster ou P. forquignonii)

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Et la même espèce, ce 7 avril 2020, dans les mêmes parages, sur du bois à terre, à portée de limace.

Certes, ce même jour point de Boletus aestivalis ni d’Inocybe cookei ni même de L. carpini. En revanche nous avons rencontré, sur tronc de chêne à terre, sortant de son écorce, cette masse noire gélatineuse-sèche faisant vaguement penser à Exidia glandulosa.

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Une fois « décortiqué », la base paraissait marron foncée un peu transparente.

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Réhydratée, la masse est bien gélatineuse et gagne en transparence.

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La microscopie nous fait apparemment exclure l’hypothèse du basidio Exidia glandulosa.

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Elle nous orienterait vers les ascos, peut-être vers Cheirospora Botryospora mais vraiment sans certitude aucune. C’est là pour nous l’intérêt de la mycologie. Mener l’enquête, échanger, et apprendre encore. Humilité.

                                                                             Michel Pujol

N.D.L.R. on trouvera la solution dans l’article suivant 

 

Rétro 2014: Bordeaux ascos rive gauche/rive droite

Par respect de confinement nous n’y retournons pas mais… à la même période, fin mars 2014, nous faisions un petit tour printanier dans l’agglomération bordelaise pour y retrouver de vieilles connaissances.

Nous plongions vendredi 28 mars 2014, à Bordeaux-Lac, dans la pinède.

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Les Pézizes couronnées, quelque peu écrasées par endroit, offraient leur coupes d’un bleu profond bien enterrées entre mousses et aiguilles. La pousse semblait dater de quelques jours pour les plus anciennes tachetées de gris. Bien identifiées par notre ami Yves Mortureux qui retrouvait cette espèce dans une station habituelle qui recelait une vingtaine d’exemplaires en ce début de millésime 2014. Les promeneurs que nous rencontrons alors sont intrigués. Des champignons en ce moment? ça se mange? Nous avions beau leur dire que ceux-ci étaient toxiques, ils regardaient dubitatifs le fond du panier où quelques-unes avaient été gardées pour étude.

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Outre les Sarcosphaera coronaria (= S.crassa) nous reverrons au bord du Lac de Bordeaux quelques Tricholomes proches de terreum et des Helvelles blanc et noir (leucomelaena) en remarquant que leur présence s’était déportée par rapport à l’année précédente. Il court, il court le mycélium…

De l’autre côté de la Garonne, en face à Lormont « nos helvelles » nous avaient paru bien paresseuses en cette année 2014 quand nous étions allés, peu avant, regarder au pied de la carrière à l’ombre des peupliers noirs. Ni Helvella fusca ni Helvella monachella. Il manquait alors peut-être un zeste de chaleur et un filet d’eau.

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Le dimanche 30 mars 2014 elles avaient timidement réélu domicile entre carrière et ligne de chemin de fer, sous les Populus nigra pour les fusca. Seulement deux exemplaires (ci-dessus) présents ce 30 mars là.

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Davantage de « Religieuses », les cinq ci-dessus, près des deux autres mais plus éloignées des peupliers, sur la terre nue.

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Helvella monachella (= H. spadicea) est coiffée de noir alors que H. fusca, comme son nom l’indique l’est de brun mais outre leur différence de taille (en moyenne) le stipe (pied) de la première est lisse alors que celui de la seconde est lacuneux. Aucun intérêt gastronomique, toxiques à l’état cru comme beaucoup d’ascos, comestibilité incertaine voire « risquée » une fois cuites et en tout cas, surtout pour la seconde, à préserver car assez rare.

                                                                            Michel Pujol

 

Mémoire de Truffes:3_ G. comme Goût

Le premier volet de cette série évoquait notre rencontre avec T. melanosporum chez Guy Joui début 2008 à Monflanquin. Le second s’attachait aux « cousines » Truffe d’été (T. aestivum) et Truffe de Bourgogne (T. uncinatum) en faisant un crochet par Chatin. Aujourd’hui nous faisons part de ressentis, au fil de nos rencontres, en matière de goût avec certaines espèces de truffes.

Pour l’avoir expérimenté récemment entre amis initiateurs puis en famille (à plusieurs reprises) deux belles Tuber melanosporum, issues du marché de Prayssas taillées en tout petits morceaux et mélangées à du beurre demi-sel suffisent pour la confection, sur des tranches de pain ficelle, de très goûteux et très nombreux toasts à l’apéritif.

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Le goût de la Truffe du Périgord entre dans les narines quand vous les conservez au réfrigérateur enveloppées dans du papier absorbant et que vous ouvrez la porte… PARFUM!

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Nous avions eu le plaisir de rencontrer il y a quelques années en Charente-Maritime Pascal Chautrand et Darius son Lagotto romagnolo (photo ci-dessus) ainsi que Guy Dupuy.

A propos des odeurs et saveurs des autres truffes que le « diamant noir », Pascal, spécialiste des champignons hypogés parle d’expérience:

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 » Les mésentériques qu’on peut trouver pratiquement toute l’année, n’ont pas du tout ni le même parfum ni le même goût selon l’époque et les lieux de récolte. De bitumeuses, elles peuvent aussi avoir un parfum très agréable rappelant la truffe d’été. Les brumale, elles, n’arrivent à maturité que l’hiver et supportent mieux que toutes les autres une cuisson longue. Les Tuber aestivum sont parmi toutes les truffes celles qui supportent le moins la cuisson, mais un brie ou des pâtes chaudes truffés à l’aestivum, c’est un délice. Par contre elles sont trop souvent ramassées avant leur complète maturité ce qui nuit énormément à leur qualité gustative, la meilleure période de cueillette ne commençant qu’à partir de la fin juin (on les nomme parfois truffes de la St Jean). Néanmoins, c’est vrai que dans certains biotopes, j’ai récolté des aestivum qui bien que mûres à point, n’avaient pas un parfum très agréable. Ce genre de désagrément m’est également arrivé avec des Cantharellus cibarius trouvées sous junipérus et qui avaient une odeur et un goût de terre très prononcés. Le substrat est peut être responsable mais sûrement aussi les conditions de développement des champignons qu’ils soient épigés ou hypogés. »

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Guy Dupuy (ci-dessus lors d’une sortie dans les années 2010 avec les pharmaciens sur l’île d’Oléron), par ailleurs, remarque que :

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« aestivum = incinatum (avec quelques réserves dont on a parlé et certainement des appréciations différentes suivant les « terroirs » et époques) et le commerce de la « truffe de Bourgogne » ne repose pas sur rien… mesentericum est également cultivée… donc appréciée par certains (personnellement j’ai trouvé excellent dans une quiche lorraine…ajoute-t-il) quant à la brumale elle est certes plus appréciée cuite mais il est exagéré de dire qu’elle ne peut être consommée que cuite. »

                                                                               Michel Pujol

Agarics de prés, de près

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Bien avant le confinement, le 6 mars précisément, nous voulions vérifier si les Morchella importuna que nous avions aperçues début avril 2018 refaisaient « surface ». Justement, sur des pages Facebook dédiées figuraient quelques pousses de morilles. Alors pourquoi pas sur cette station de Gradignan d’il y a deux ans? Las! là point de ces jolis ascomycètes sinon des basidiomycètes bleus comme leurs pieds (photo ci-dessous).

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Pas de morilles donc mais si, d’aventure, les pézizes dites du cèdre pointaient auprès de leurs séquoias dans un parc voisin?

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Le joli parc de la mairie de Gradignan avec ses rosettes d’orchis pas encore fleuris et ses champignons. Pieds des cèdres et séquoias scrutés: point encore de Geopora sumneriana mais d’autres espèces. La même que précédemment (Lepista cf. nuda ci-dessus au centre), ce Xerocomellus à l’allure de chrysenteron aux pores de plus en plus larges avec la vétusté et ses nuances rougeâtres sur la cuticule et plus affirmées sur le stipe (ci-dessus à gauche) et quelques inocybes (à droite). Et puis…

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… des Agarics quasi en troupe dans le pré, proches de résineux. Des jeunes (photos de tête) et un plus mature (ci-dessus). Restait à déterminer l’espèce: pas très jaune au grattage de la base du pied ni à la coupe, son anneau descendant et l’aspect « roue dentée » sous la bague fermée.

La vieille habitude de « recouper nos informations » nous amenait le samedi de la semaine suivante, le 14 mars, de nouveau sur les lieux. Au « point morilles présumé »: point de morilles ni de Lépiste, en revanche, le parc de Laurenzane, toujours sans Geopora sumneriana,

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

outre (ci-dessus) Lépistes et Inocybes (pas de bolet), abondait de « nos » Agarics (ci-dessous).

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

Quid des Lépistes? Un peu de micro nous amenait vers Lepista cf. nuda.

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

Et nos Agarics rémanents?

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

Une « roue dentée » bien apparente sur les exemplaires pas encore ouverts.

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

Un anneau descendant sur un pied glabre à base un peu arrondie et jaunissant un peu au grattage sur cet exemplaire mature.

Facebook et ses pages dédiées à la mycologie allait être bien utile pour notre identification. En effet quelques photos postées sur la page « Mycologie scientifique et champignons de France » (lien précédent Facebook) allaient susciter une première expertise de Guillaume Eyssartier: « Très difficile, voire impossible, sans microscope. C’est un Arvenses en revanche, pas un Xanthodermatei. »

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

Après avoir pris connaissance par le canal Facebook de notre étude micro, Guillaume Eyssartier nous répondait très rapidement: « Avec cette taille de spores et ce pied plutôt glabre avec la base plutôt arrondie, on reste sur Agaricus arvensis (sensu lato sachant que indistinctus et gemellatus ne peuvent pas être distingués). Nous avons bien sûr remercié Guillaume de son aide précieuse. D’ailleurs, dans son Guide de champignons France et Europe (Eyssartier&Roux) on peut lire: « L’Agaric des jachères fait partie d’un groupe d’agarics assez délicats à identifier et qui est encore à l’étude ».

Donc notre Agaricus qui pousse dans un pré, étudié de près, est un Agaricus arvensis au sens large (s.l. sensu lato). On ne louera jamais assez l’écoute, la bienveillance et la solidarité de la communauté mycologique.

                                                                                                        Michel Pujol

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

Petite bibliographie:

-Eyssartier&Roux (Belin 2017) page 288

-Courtecuisse&Duhem (Delachaux et Nieslet 2011) n°746

-Bon (Flammarion 2004) pages 278 et 279

-Marchand Tome 2 n° 106

– mycodb

Images sur le Net Agaricus indistinctus 1 A. indistinctus 2 A. indistinctus 3

Agaricus gemellatus

 

 

 

 

Les « rescapées » de février

 

Elles semblent avoir la vie dure ces Chanterelles plutôt girondes! A la mi-janvier puis autour de Noël nous avions signalé ces champignons de saison. Retour à Martillac ce 4 février pour en retrouver d’autres bien plantées dans le sol sous les pins et quelques chênes mais l’entonnoir qui leur sert de chapeau paraissait quelque peu troué par endroits. Qu’importe, elles ne manquaient pas de fierté et ça ne faisait pas un pli, plusieurs…

                                                                      M.P.

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Brrr. Il fait froid et s’il n’en reste qu’un…

 

Ce 18 janvier, autour de Bordeaux, quelques périodes de gel après « nos chanterelles qui enchantent autour de Noël » , le temps n’est plus à la récolte. Il n’en reste que quelques unes à dévorer … des yeux seulement. Cueillette microscopique par rapport à celle que nous avions faite en même lieu le jour de la Saint Sylvestre. Justement, nous nous contenterons, le lendemain, de ne les observer qu’au microscope (voir plus loin).

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En effet, ces champignons de solide texture semblent résister à la froidure mais on observe que leur chair n’est plus aussi saine que dans leur jeunesse après gel. Les plis sont moins nets et quelques taches et points noirs sous le chapeau laissent suspecter quelques risques quant à leur consommation éventuelle. Les pousses fraîches sont rares. Autant tout écarter. Nous ne sommes pas sur la côte océane où le climat est plus tempéré et où Craterellus lutescens peut avoir encore de beaux jours devant elle.

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Côté microscopie (planche ci-dessus), nos mesures des spores ovoïdes sont proches de ce que l’on peut lire chez Essartier&Roux: 8,5-12,5 x 6,5-8,5 µm (4ème édition p.614); 9,3-11,9×6,5-8,4 pour notre récolte. Comme l’indique Pierre Roux (Mille et un champignons p.1117) nous avons aussi observé des basides à (2) 4 spores.

Autre espèce de basidiomycètes résistante au froid encore présente ce 18 janvier, le Bolet des bouviers.

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Ceux-ci semblaient, de loin, « tenir le coup » mais, en les soulevant, nous avons constaté leur état de tubes déliquescents.

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En revanche, à côté d’un autre Suillus bovinus, au chapeau très mou imprimé par la végétation, se tenait un exemplaire au pied encore dur recouvert, à la base, de mycélium épais tout blanc et dont les tubes étaient encore un peu durs.

                                                                                                          Michel Pujol

Ces Chanterelles qui enchantent autour de Noël

 

Saviez-vous que Lanza del Vasto surnommait son épouse Chanterelle? Née Simone Gébelin en 1908 d’une célèbre famille musicienne elle avait une voix très pure. Elle l’accompagnera dans le monde entier pour chanter avec lui. La chanterelle, la corde la plus aigüe d’un instrument … à cordes comme par exemple celle, entre six d’une guitare, source des sons les plus hauts de sa gamme. Et puis allons faire un tour chez les Grecs qui ne manquent pas de mycologues: Kantharos la coupe à boire, trait commun du groupe des Cantharellaceae dont l’hymenium est porteur de plis et non de lames. Ecartons le sous-groupe des Cantharellus dont C. cibarius, la Girolle souvent nommée chanterelle et arrivons, dans le sous-groupe des Craterellus, à nos « Chanterelles qui enchantent autour de Noël ». Plus précisément Craterellus lutescens (la Chanterelle jaune) et Craterellus tubaeformis (la Chanterelle en tube).

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On retrouvera notamment une précédente chronique consacrée aux girolles pour écarter la confusion avec les Chanterelles s.s.

S’agissant de la période des pousses de C. lutescens et C. tubaeformis , cette année comme les précédentes, elles sont apparues, en nombre, fin novembre et courant décembre et nous nous attendons, comme d’habitude à quelques présences en janvier. En somme, largement autour de Noël.

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Fin novembre les Chanterelles jaune « fleurissaient » par exemple dans la pinède littorale du Porge (33) et début décembre

craterellus  tubaeformis, craterellus lutescens, chanterelle en tube, chanterelle jaune

nous les rencontrions à Saint Genès de Castillon d’où l’on pouvait apercevoir, au loin, la Tour de Michel de Montaigne en terre périgourdine.

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C’est à Martillac (33), récemment, que poussaient, côte à côte, Chanterelles en tube et Chanterelles jaune. On remarquera combien les plis chez la première espèce sont affirmés et, au contraire, subnuls chez C. lutescens.

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Pour les récolter, armez vous de patience et d’une (petite) paire de ciseaux. Coupez vers le milieu du pied pour les avoir proprettes et, éventuellement, après nettoyage (qui sera plus rapide) passage au micro-ondes pour en réduire le volume. Egouttez bien sûr. Et cuisinez de suite en partie pour dégustation. Eventuellement, après refroidissement, congelez le reste en prévision , par exemple du menu de Noël. Bonnes fêtes à toutes et à tous.

                                                                                                Michel Pujol