Archives pour la catégorie champignons

Presque rien ne pousse … sauf

Ces derniers jours pas grand chose dans le bois d’à côté. Alors ce dimanche nous espérions, un mois après,  retrouver les espèces rencontrées le 2 juin mais point de Russula virescens ni de Bolets du charme. En revanche, fidèle à sa station, la Girolle pruineuse offrait son chapeau  jaune à notre regard. En triple exemplaire. 

Ses plis bien réguliers ne laissaient aucun doute sur son identification. 

En cherchant bien à l’entour nous ne trouvions qu’une maigrichonne Collybie à larges feuilles. 

En dégageant le stipe du sol on apercevait bien le rhizome caractéristique de l’espèce. 

A proximité des trois précédentes, une quatrième Cantharellus pallens au chapeau un peu plus pâle s’offrait à l’objectif pour la photo de groupe. 

M.P.

Jubilé: champignons=jubilation?

Ce 2 juin Sa Majesté Elizabeth 2 paraît, à la télévision, au balcon de Buckingham alors que commencent les cérémonies de son jubilé de platine. Jour exceptionnel. Et qu’en est-il de nos champignons dans le bois d’à côté? Et si, après des jours d’attente (on le verra plus loin) c’était … royal? Un petit tour d’après-midi.

Première escale à notre station de Girolles pruineuses pour y découvrir de maigres exemplaires mais elles sont là! Et si, la chaleur aidant, les Verdettes commençaient à paraître?

Mais que oui. En voilà une

puis deux autres que nous acompagnons de deux notes jaune pâle recueillies quelques instants avant à 300 mètres de là. Un cèpe ne serait-il pas bienvenu pour un peu … jubiler?

Et nous le trouvons en rebroussant chemin, à découvert, après les Russula virescens, à environ quarante mètres des précédentes Cantharellus pallens.

Ce Cèpe d’été n’est plus très frais mais bien debout même si les tubes de l’Eté déchantent quelque peu. Seul Boletus aestivalis de notre randonnée mais pas le seul Bolet.

En effet, toujours à proximité, dans ce bois où chênes et charmes rivalisent de verdeur, nous rencontrons deux Bolets des charmes à ajouter à notre tableau de ce jour royal.

Il faut dire que les jours précédents, plutôt secs, ne nous avaient pas, en ces lieux, gâté en diversité fongique.

Le 19 mai étaient apparues nos premières Girolles pruineuses, toujours sur la même station que plus haut et 

cette Russule solitaire et quelque peu vieillissante que nous avions du mal à identifier. En postant son image sur Facebook des pistes de recherche étaient apparues (merci à Richard Gonzalez, Guillaume Eyssartier et Pierre-Arthur Moreau) orientant vers la section Ingrateae et sous-section Pectinatineae.

Bord du chapeau strié, pied creux à la base, saveur douce, Fer rosâtre, Gaïac vert foncé étaient nos premières observations. A la suite du passage sur Facebook étaient ajoutées quelques remarques notamment une « marge cannelée et un pied irrégulier et boursouflé », « un voile au bord du chapeau et à la base du pied ». Il était demandé la couleur de la sporée et les caractéristiques des spores.

Voilà ce que nous observions. 

Un seul exemplaire limite bien sûr les hypothèses. Nous n’avions pas ressenti l’odeur de baudruche propre à R. praetervisa. En revanche le voile jaune décrit pour R. insignis nous interpellait ainsi que la description de R. recondita

Les jours suivants précédant « the first Jubilé day », en deux endroits différents du bois d’à côté nous avions rencontré ce lignicole au pied en fuseau si caractéristique de l’espèce et

post jubilé, il y a deux jours une Amanite très classique lors de nos promenades.

Certes, la pluie a repris aujourd’hui 8 mai laissant présager quelques récoltes futures mais nous garderons le souvenir d’un sentiment de jubilation bien que d’Outre Manche. God save the mushrooms!

Michel Pujol

Petites pièces jaunes

Sec, très sec dans les bois girondins en particulier à Illats où, entre charmes, chênes et chataigners, dans des endroits plutôt aérés, nous avons le plaisir de rencontrer moultes espèces. Alors, hier un petit tour pour ne découvrir que feuilles sèches et sol idoine et puis, tout à coup, au milieu du désert mycologique, quatre points jaunes capturés au smartphone. 

Minuscules nos premières Girolles pruineuses et, au grattage, très séchées sur place. D’ailleurs, aujourd’hui, au lendemain de la collecte de ces petites pièces jaunes, nous les avons mises devant un objectif macro plus fidèle quant à leur portrait et posant avec une vraie pièce de deux euros. 

Sur fond noir , tapis de souris, la scène soulignait leur petitesse et les révélait encore plus sèches que la veille. Attendons qu’il pleuve pour retrouver bientôt sur leur station gradignanaise leurs sœurs jaunes enfarinées

Pour l’instant, notre dernière visite à l’entour date du 30 avril et s’est révélé moins prolixe que la précédente.  

En effet, outre Fomes fomentarius toujours bien accroché à son support, nous n’avons aperçu que cette Amanite moins jaune que les Girolles d’Illats mais quand même … citrine. Nous reviendrons sans nous presser.

Michel Pujol

Bande à part?

Hier, dans le bois d’à côté, nous allions vers le spot de Cantharellus pallens ayant vu sur le nombreuses pages Facebook dédiées que la Girolle pruineuse commençait à se montrer en Gironde. Las! pas de jaunette « saupoudrée de farine » mais, à proximité de notre station, se dressait fièrement (ci-dessus) ce Phallus impudicus à la tête vert foncé dévorée par les mouches qui en disséminent les spores. 

Tout près, un autre Phallus impudicus était moins convoité par les insectes zélés. Une seule mouche sur le chapeau clair ayant perdu non de sa superbe mais de son revêtement odorant. Allaient-ils être les deux seuls champignons faisant bande à part?

Que non bien sûr. A proximité, dans ce bois de feuillus, un jeune trapu (1) semblait être, décapuchonné, une sorte d’Amanite à lames blanches et à bulbe à peine rougissant (2). Tout à côté comme la tête d’une Russule (3) par trop mouchetés et nous retrouvions (4 et 5) les lames blanches et le pied bulbeux du jeune trapu. Proches d’Amanita rubescens? Mis de côté pour une prochaine étude microscopique. Donc pas de Girolle mais déjà deux espèces.

Leur présence constante ne saurait étonner. L’Amadouvier vu de dessus et un dessous ajouté, Fomes fomentarius traverse les saisons.

Egalement attaché aux arbres mais plutôt printanier ce polypore fait partie des espèces que nous trouvons en ces lieux parmi les premiers en début d’année. Vieille connaissance maintes fois photographiée Polyporus tuberaster s’identifie sans beaucoup d’efforts.

Tout comme les premiers de la bande qui, en définitive, n’étaient pas si seuls que ça.

Michel Pujol

Le printemps chante: Pézizes sous Cèdre

Nous les guettions sous les Séquoias du parc de Laurenzanne à Gradignan (33) où ils étaient notamment apparus le 13 mars 2017 et le 14 avril 2018 (cliquer sur les liens). C’est finalement au pied d’un Cèdre de l’Himalaya que nous les avons découverts ce 20 mars, veille du printemps. Toujours à Gradignan mais dans le parc de la Motte féodale qui surplombe l’Eau Bourde et qui présente de vastes espaces fréquentés par des cyclistes et des promeneurs.

Cette Pézize est appellée le plus souvent Geopora sumneriana ou Sepultaria sumneria. On retrouvera de nombreux synonymes notamment sur sa fiche de MycoDB. Ses appellations de Pézize des cèdres et Géopore des cèdres évoque combien ce champignon printanier est lié à ces arbres. Un habitat très courant mais il peut, plus rarement, cohabiter avec les Ifs et, nous l’avons vu précedemment, avec les Séquoias.

Il se présente, ouvert, en étoile à fleur de terre avec de petits poils brun foncé sur la face externe. Les pages dédiées à la mycologie sur Face Book « regorgent » de photos de Pézizes du cèdre témoignant de son apparition en ce moment.

M.P. 

Sur le Net:

SMNF

MycoDB

Wikipedia

Champyves

Gyromitres et S.L.A.

S.L.A. ? Sclérose latérale amyotrophique ou maladie de Charcot. Récemment, un article publié par Recherche & Santé # 169 1er trimestre 2022 souligne, études scientifiques à l’appui, le lien entre la consommation de Gyromitres, en particulier Gyromitra gigas et l’apparition de cette maladie.

Si des recherches sur Internet montrent que l’information n’est pas véritablement un scoop ( Chasseur français, France 3, Sud-Ouest, BFM, Ouest France, Journal des femmes, Pourquoi docteur et  ARSLA entre autres parutions) le sujet nous a paru intéressant à développer d’autant que s’approchent les pousses de Morilles à alvéoles et les confusions avec les « cérébrées » Gyromitres. 

D’ailleurs, dans les articles, parus à l’automne 2021, dont nous donnons les liens plus haut il est souvent question de « Fausses Morilles » pour parler de ces Gyromitres. On relèvera que les espèces incriminées en lien avec la S.L.A. sont Gyromitra gigas (en Savoie) et Gyromitra esculenta (en Finlande).

En 2009 une médecin généraliste alerte sur un cluster à Montchavin en Savoie près de La Plagne. Pour la troisième fois en peu de temps elle vient de diagnostiquer la maladie de Charcot. Une enquête épidémiologique est lancée qui révèle l’existence de 11 autres cas dans ce village et à Saint-Is entre 1991 et 2013. On ne note pas de lien de parenté donc pas de cause génétique de même qu’une étude (recherche de traces de toxines bactériennes ou de plomb dans l’eau, de gaz radon dans les habitations, de pollution de l’air ou de la terre par des pesticides ou des métaux lourds) écarte les causes environnementales. Il sera établi ensuite que tous, âgés de 39 à 75 ans, ont consommé Gyromitra gigas.

D’un cluster l’autre

La piste alimentaire avait été suggérée par un toxicologue américain Peter Spencer, de l’université de l’Oregon. Il avait eu vent de ces cas français de S.L.A. alors qu’il travaillait sur une plante locale de l’île de Guam, dans l’ouest du Pacifique, le cicas du Japon à l’origine aussi de la même maladie. Consommée traditionnellement la graine du cicas (appelé « petit rameau » aux Antilles) contient des toxines proches par leur mode d’action de celles contenues dans ce Gyromitre. En ce qui concerne le cicas  il s’agit d’une cyanobactérie (BMAA) alors que pour Gyromitra gigas, en Savoie, on a affaire à une neurotoxine : l’acétaldéhyde N-methyl-formylhydrazone. Un autre cluster avait été localisé en Finlande avec 227 cas de SLA identifiés entre 1919 et 1945. Là, il s’agissait de la consommation crue d’un autre type de morilles Gyromitra esculenta.La toxine incriminée est ici la gyromitrine (familles des nitrozamines) aux mécanisme toxiques similaires à ceux de l’hydrazine. Enfin, les scientifiques relèvent, aux U.S.A., dans le Middle-West, une prévalence plus élevée de S.L.A. La consommation Gyromitra gigas y serait traditionnellement importante.

Peut-on confondre Morille et Fausse morille ? Ci-dessus on remarquera l’allure toute en alvéoles de Morchella esculenta et l’aspect cérébriforme de Gyromitra gigas. Du point de vue de leur toxicité on relèvera que ni les morilles et encore moins les gyromitres ne peuvent être consommés crus.

On pourra lire avec attention sur le site de la Société Mycologique de France les caractéristiques du syndrome gyromitrien et y relever, qu’outre Gyromita gigas et Gyromitra esculenta, Gyromitra infula serait aussi responsable de ce syndrome. 

Il y est rappellé que concernant la méthylhydrazine: « Certains dérivés de cette molécule servent de carburant aux moteurs des fusées ! ». Il est à noter que certains (nous en connaissons mais n’en faisons pas partie …) avec moultes précautions ingèrent des gyromitres. La toxine serait en partie détruite par la cuisson et la dessiccation (procédé d’élimination de l’eau) du champignon. Ainsi le fait de faire bouillir intensément et de jeter l’eau de cuisson serait, entre autres, une des étapes à respecter.

Le principe de précaution commande tout simplement de ne pas consommer ces espèces interdites à la vente. On sait aussi qu’il y a encore des cas d’intoxications avec des morilles insuffisamment cuites ou bien cuites mais mangées en trop grande quantité. Alors, les champignons c’est bon, voire délicieux en étant sûr de ce que l’on mange en les ayant parfaitement identifiés, en respectant les rêgles de préparation, dont la cuisson et … en petite quantité.

Michel Pujol 

Novembre, décembre, janvier: les reines hivernales

Nous aimons à les retrouver ces Chanterelles. La saison mycologique 2021-2022 répète pour Craterellus lutescens les apparitions des années précédentes. Premières pousses vers novembre, prolifération en décembre, présence en janvier et jusqu’en février. Nous verrons, le mois prochain si ce rythme perdure en 2022.  

Le gel a, bien sûr, quelques incidences sur les carpophores et il est recommandé, si consommation, de vérifier qu’il n’y a pas eu congélation-décongélation-dégradation en site naturel ouvert aux contaminations.

Ceux découverts avant hier (ci-dessus captés au smartphone) ne semblaient pas endommagés. Le mois dernier, sur la même station, ils étaient plus « présentables » (ci-dessous avec un … bon appareil photo)

C’était peu après Noël et nos lutescens luisaient de jaune. 

Ce jour là, outre les Chanterelles nous avions rencontré d’autres espèces. 

Parmi lesquelles des Laccaires, des fausses girolles (Hygrophoropsis aurantiaca) et des Agaricus sp. Avant-hier, nous n’avons pas remarqué autant d’espèces dans l’environnement des Chanterelles qui, encore en janvier, sont sur un … plateau de croissance.

Michel Pujol   

Concomitamment

La concomitance de lieux et d’apparitions de pousses de l’Amanite tue mouches et du Cèpe de Bordeaux est loin d’être un secret. Il n’est que, par exemple, de taper sur un moteur de recherches « Muscaria et Edulis » pour que de nombreux liens conduisent vers cette constatation.

Ainsi, hier en Gironde, dans un bois de Gradignan, n’avons nous pas été surpris de rencontrer à proximité l’une de l’autre ces deux espèces. Certes en quantité différente puisque les Amanites tue mouches sortaient à foison

et que les cèpes étaient bien moins nombreux quoique certains indices laissaient à penser que quelques uns d’entre eux avaient été prélevés 

et que celui resté sur place semblait avoir été déjà « canifé » (ci-dessous).

Tout autour, quelques espèces notamment hivernales perduraient.

Entre autres l’Amanite citrine, le Lycoperdon perlé, la Collybie à larges feuilles …

Mais, tout proche des amanites rouges à points blancs, se dressait, non découvert jusqu’alors, un Cèpe de bordeaux

tout en majesté et qui le soir même nous régala alors que très près, dans le même biotope, une Coulemelle

était sur sa fin loin de notre … faim.

Michel Pujol

Avec Natur’Jalles, le temps de la recherche n’est pas perdu…

Il n’est que de chercher pour trouver que le temps n’est pas perdu. Des champignons bien sûr. Prestement et non proustement. Bis repetita ce samedi 13 novembre (édition précédente le samedi 9 octobre) avec Natur’Jalles. Dans les bois communaux du Taillan-Médoc comme la dernière fois. La veille,Martine Leblond, la dynamique présidente  de l’association Saint-Médardaise avait effectué des repérages

et photographié (ci-dessus) quelques espèces rencontrées.

Le lendemain, accompagné par « A la poursuite des champignons » le groupe d’inscrits à la sortie (en partie ci-dessous) était donc guidé par Martine vers les endroits propices aux pousses.

En mycologie, les mois se suivent et ne se ressemblent pas tout à fait. Ainsi, les Boletus edulis aperçus en octobre n’étaient plus visibles en même lieu. En revanche, Craterellus lutescens abondait sous les aiguilles des pins et

quelques paniers reçurent leur lot de Chanterelles à pied jaune pour une dégustation ultérieure.

De même que des enfants du groupe furent ravis de recueillir quelques jaunes Girolles prètes pour la poèle. A chaque espèce rencontrée et commentée les enfants questionnaient sur sa comestibilité ou pas. L’occasion de rappeler les consignes de sécurité sur la consommation de champignons.

L’occasion aussi de montrer, in situ, les critères de reconnaissance d’une Coulemelle (ci-dessus) bien qu’elle n’ait plus son anneau. Reconnaître à cent pour cent l’espèce réputée comestible et la récolter dans un endroit non pollué reste la première règle à respecter.

Ce qui n’empêche pas de trier par genres et poser sur une table le produit de la balade pour celles et ceux qui pouvaient rester encore un peu et commenter les trouvailles. Parmi ces dernières quelques Lycoperdon perlatum dont certains très matures permettant à l’enfant joueur (de dos) de les presser pour que s’envole un nuage de spores. Un peu de temps perdu? Un gain de plaisir.

Michel Pujol

Les lutescens sont de sortie

Elles commençaient, saintement , à poindre dans le bois d’à côté. Dimanche 7 novembre elles prêchaient pour leur paroisse Saint Pierre

cela en petit comité qui laissait présager une grande foule de fidèles. Dimanche aussi nous retrouvions de nombreuses Amanite citrine et toujours autant de Collybie du chêne.

Nous ne pouvions résister au plaisir de photographier l’Hypholome en touffe dans sa forme adulte (ci-dessus à gauche) et plus jeunette (ci-dessus à droite). Mais, mardi, en allant vers la station des Craterellus lutescens

nous constations qu’elles avaient véritablement pris leur envol (ci-dessus)

et qu’elles paradaient en rangs serrés.

Aussi convenait-il d’en faire la quète. Pièce par pièce mais sans sébille. Plutôt en leur tranchant leur long pied jaune délicatement au ciseau ne serait-ce que pour éviter un nettoyage par trop humidificateur ensuite. Un peu longuet ce type de cueillette mais, en même temps, du temps gagné d’autant qu’il n’était pas question de tout ramasser mais de trier sans perturber le biotope et d’en laisser pour plus tard et … pour les autres.

Toutes proprettes les Chanterelles remplissaient le plateau.

Cette vue de profil atteste de la masse fongique récoltée alors que vue du dessus elle semble toute plate. Les très anciens avaient dû observer leur Terre de très haut bien avant Erathostène et Galilée.

Michel Pujol