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Retour Au pas du Bouc et sa rando mycologique

L’année dernière c’était fin septembre, le 28 septembre 2020 précisément. Cette année, Sports Loisirs Le Porge (SLLP) l’organisait le dimanche 10 octobre. Cette « Rando des cèpes » connaissait toujours autant de participants qui prenaient le départ du pas du Bouc une heure après les cyclistes.

Sébastien menait le groupe accompagné du représentant de « A la poursuite des champignons ». Un cheminement à travers la forêt communale sur et autour de l’ancienne piste des résiniers et le long du canal.

Quelques arrêts pour commenter les quelques espèces rencontrées, la flore, l’histoire et la géographie des lieux, échanger les expériences, répondre aux interrogations des promeneurs amateurs de champignons. Par exemple les nombreux slérodermes vulgaires témoins des biotopes plutôt « secs » cette fois. Les années se suivent et ne se ressemblent pas forcément. La dernière fois les bords immédiats du canal avaient été productifs. Ce 10 octobre ce sont surtout les terres de l’intérieur qui ont permis de rencontrer de nombreuses espèces: de la diversité dont quelques Cèpes de bordeaux.

Après les allocutions d’usage,

un apéritif était ensuite servi aux participants de la journée qui comportait d’autres activités que mycologiques, suivi d’un repas

à la fin duquel les champignons de la récolte du jour étaient disposés sur les tables et commentés avec les passionné(e)s qui n’avaient pas encore déserté les lieux pour ne pas rester sur leur faim de … mycologie.

Michel Pujol

Avec Natur’Jalles, le plaisir de se revoir en compagnie des champignons

Presque jour pour jour, un an après (c’était le samedi 9 octobre  cette année et le samedi 10 octobre 2020 l’année dernière), Natur’Jalles avait demandé à « A la poursuite des champignons » d’animer une sortie. En voici le récit que l’on peut lire sur la page Facebook de l’association présidée par la très dynamique Martine Leblond:

« Grands et petits, jeunes et moins jeunes, nous étions tous motivés ce samedi à la recherche des champignons !Quand Michel, notre guide intarissable, montre un spécimen, les petits sont au premier rang, quand il le goûte, chacun regarde circonspect et quand il parle latin, « Lactarius deliciosus », on s’incline devant son savoir, lui qui reste si modeste !Champignons comestibles ou toxiques, peut-on les mélanger? Doit-on couper le pied ou bien l’arracher? Que d’idées reçues confrontées avec la vérité !Tous les champignons sont admirés : le Lycoperdon perlé avec sa blancheur nacrée et sa rondeur de meringue et les champignons qui festonnent les vieux troncs de leurs collerettes! Enfin, sous leur manteau de feuilles , 3 cèpes se sont offerts à notre convoitise récompensant notre assiduité!Un pique-nique ensemble a clôturé ce moment de découverte et de partage où la bonne humeur n’a pas manqué ! Merci à tous !Et rappelons que les champignons doivent être consommés avec modération! »

Ces photos dont nous avons fait un montage accompagnaient le sympathique compte-rendu de la sortie sur Facebook

Versus Poursuite des champignons, ajoutons 

que le groupe de « randonneurs » était très motivé,

qu’il étudiait nos découvertes avec sourires et grande application,

les plus jeunes miraient Boletus edulis dessus-dessous,

« c’est bien ça le Cèpe de Bordeaux » semblait dire Martine,

le Cèpe de Bordeaux tenait la vedette, orné de son liseré blanc autour de son chapeau,

Lycoperdon perlatum brillait de toutes ses pierreries,

sur la table de détermination s’affichait une grande diversité,

mais la vedette du selfie c’était bien lui et y’a pas photo.

Michel Pujol

Prem. à côté: 28 juin verdettes, 8 juillet cèpe d’été

Dans les espèces que l’on guette particulièrement en cette saison, les verdettes Russula virescens et le cèpe d’été Boletus aestivalis. Parce que, notamment, elles réjouissent les papilles mais aussi parce que elles sont identifiables au sein des cortèges de champignons qui pointent leurs chapeaux dans les mêmes biotopes au même moment. Nous aimons à les retrouver chaque année en particulier dans le bois d’à côté que nous ne fréquentons pas tous les jours mais souvent.

Lundi 28 juin

Ainsi c’est ce lundi 28 juin que nous avons vu (ci-dessus) notre première verdette de la saison. Vu son état, elle avait dû sortir quelques jours avant.

En revanche, celle-ci était plutôt jeunette

alors que cette autre était plus mature. Bref, nos premières Russula virescens étaient bien là à nos pieds à portée d’objectifs photo et, éventuellement, de poêle.

Lors de cette sortie nous retrouvions quelques Girolles pruineuses, Cantharellus pallens sur la même station qu’auparavant et même un autre endroit un peu plus loin.

Première rencontre de l’année avec la Collybie du chêne, Gymnopus dryophilus pourtant très courante habituellement parmi les feuilles en décomposition.

Autre espèce saprophyte la Collybie à larges feuilles, Megacollybia platyphylla présente, elle , depuis pas mal de temps

tout comme l’Amanite fauve, Amanita fulva

et l’Amanite à pied en étoile, Amanita asteropus.

Jeudi 8 juillet

Quelques jours plus tard, le 8 juillet, en mêmes lieux, nous retrouvions

minuscules cette fois, points jaunes au pied d’un arbre et une autre plus développée (à droite) la Girolle pruineuse, Cantharellus pallens.

Puis, en très grand nombre, sous charmes bien sûr, le Bolet des charmes, Leccinellum pseudoscabrum.

En grand nombre aussi la Collybie à larges feuilles, Megacollybya platyphylla et ses fils à la patte.

Bien représentée également la Russule vieux rose, Russula vesca reconnaissable ici sans qu’il soit besoin de la gratouiller avec un cristal de sulfate de fer.

En revanche, pour cette Russule isolée, une prise en main était utile pour gratter ses lames cassantes et sentir son odeur nette de coco. Pas d’ailleurs la seule à dégager cette odeur mais allure générale, couleur, odeur, fragilité nous conduisait à Russula fragilis.

Petit arrêt objectif pour capter ces rougeoiements ravissants de Amanita rubescens l’Amanite rougissante.

Et voilà qu’un autre Bolet apparaissait bien plus seulâbre ici que ceux des charmes et c’était le premier de la saison que nous rencontrions, le Bolet chatain, Gyroporus castaneus.

Premier de la saison dans ce bois d’à côté et lui aussi tout seul malgré des recherches tout autour: le Cèpe d’été Boletus aestivalis, affichant 189 grammes sur la balance une fois son pied sain bien nettoyé.

Pas de liséré blanc au bord du chapeau, le stipe bien réticulé: pas le Cèpe de bordeaux bien que de Gradignan donc de Bordeaux Métropole. Cèpe pas possible … mais si.

Michel Pujol

Les premiers accordés: en blanc puis en jaune pâle

Ils arrivent les premiers, accordés par Dame Nature. Et, parfois, de telle manière qu’on les soupçonne de ne pas manquer d’esprit. Ainsi ce premier juin nous étions allé chez le coiffeur du centre bourg, et, dans un massif d’ornement, tout à côté du parking de notre voiture: un Coprin. Pas micacé comme nous en avions vu quelques jours auparavant au château de Malromé mais … CHEVELU! ça décoiffe grave les coïncidences. Le premier de la saison, le premier accordé un jour de tonte.

Le Coprin ne manquait pas de copains. D’autres poussaient autour et il suffisait de constituer la bande pour la photo de groupe de ces  amis de longue date.

Allions nous couper les chevelus en quatre comme suggéré par une de nos filles? En deux était suffisant pour en examiner les lames qui noircissent rapidement chez les âgés

alors que chez les jeunes elles restent blanches comme les spores qu’elles portent. Le monde à l’envers des cheveux humains en quelque sorte. Etait-ce un hasard que nous ayons trouvé ces premiers coprins d’abord …

… cinq jours avant nos premières Girolles sur un spot habituel  que nous inspections en vain depuis quelques temps alors que des récoltes étaient signalées en Médoc. Donc ce n’est que le 6 juin, qu’après le blanc de Coprinus comatus est survenu le jaune pâle pruineux de Cantharellus pallens.

Par très petits groupes de très petite taille les Girolles égayaient leur spot de prédilection. Les années précédentes elles avaient surgi en mai et juin. Quelles que soient leurs dates de sortie on peut relever leur fidélité tant que leur biotope n’est pas trop modifié.

Autre rencontre de saison ce jour là, Russula vesca

et leBolet des charmes à qui nous avons consacré nos deux dernières chroniques.

Sur notre liste du 6 juin plusieurs Megacollybia platyphylla

et un magnifique « buisson » d’Hypholoma fasciculare 

Mais la vedette du jour restera cette belle parmi les Girolles qui s’était longtemps fait porter pâle avant d’apparaître enfin.

Michel Pujol 

Sur la piste d’un Leccinum: en quête d’indices

Dans notre dernière chronique « Premiers bolets de bois verts pleins de charmes » nous évoquions un Leccinum photographié le 23 mai. Posté sur Facebook, notamment sur la page « Amateurs de champignons » cet article suscitait, de la part d’un administrateur la remarque suivante: « Merci pour le partage, mais un truc me titille les pupilles. L. pseudoscabrum avec les pores aussi jaunes? » et ce lecteur attentif ajoutait: « J’aurais été intéressé de voir une coupe. »  Aussi, quand le 6 juin nous retrouvions, sur le même spot gradignanais, au même endroit sous les charmes deux Leccinum de la même espèce issus, peut-être ?, du même mycélium, de retour à la maison toute proche, les deux individus n’échapperaient pas à la coupe!

Ainsi fut fait, l’Eyssartier&Roux (Le guide des champignons France et Europe Belin 2017) ouvert à la page 70. Suivant leur description du Bolet rude des charmes Leccinum pseudoscabrum syn. L. carpini, nous avons touché le chapeau du bolet fraichement récolté et constaté qu’il était bien « un peu gras au toucher » et de surcroît « typiquement cabossé ». Vu aussi qu’à la coupe (non réalisée le 23 mai) la chair était « blanchâtre, puis lentement violet noirâtre et enfin noirâtre ».

En revanche, ce qui avait sans doute fait réagir notre interlocuteur sur Facebook, nous ne recoupions pas tout à fait les tubes « gris puis gris brun » de la page70; la tendance était plutôt dans le jaune. Mais pourtant…

Alors, une clé pour ouvrir le genre Leccinum? Par exemple pour déterminer ceux du Périgord qui n’est pas bien loin de la Gironde. Une clé de l’Association mycologique du Périgord avec la signature d’Alain Coustillas: une référence. Ainsi nous lisions au chapitre 4 de la clé consacré au « chapeau brun plus ou moins foncé »:

o Chapeau mou, très cabossé (tesselé), brun terne, souvent petit – Pores crème 
jaunâtre, brunissants – Stipe grêle, fibreux, noircissant, à méchules grisâtres 
puis noirâtres, en lignes sur l’arête des côtes longitudinales – FeSO4 : vert 
sombre – Formol : rouge brique noircissant – Sous charmes, plus rarement 
noisetiers :
…………………………………………. Leccinum pseudoscabrum (Bolet rude des charmes)

Les « pores crème jaunâtre ». Voilà qui nous rassurait sur notre détermination maintenant « plein tubes ». Ajoutons que nous avions fait le test du « fer » (recommandé par Eyssartier&Roux notamment pour L.scabrum) avant de lire sur le site de l’A.M.P. que le Bolet des charmes se teintait de « vert sombre » au frottage avec FeSO4 et c’est bien ce que nous avions constaté avec notre cristal appliqué sur le stipe de notre présumé L. pseudoscabrum. 

Ne dit-on pas que de la discussion jaillit la lumière. En matière de mycologie certainement bien qu’il existe encore pas mal de zones sombres. C’est bien son charme.

Michel Pujol

Premiers bolets de bois verts pleins de charmes

L’Ascension allait-elle pousser les primordiums vers le haut dans le bois d’à côté? Faut pas pousser. Dix jours après, la Pentecôte posa -semble-t-il- ses langues de feu au pied des charmes. Alors parurent ces solides bolets bien liés à leurs Carpinus betulus  par leur mycélium et aussi par leur dénomination. De Boletus carpini notamment , ils optèrent, entre autres, pour Leccinum carpini et aujourd’hui, pour l’instant, ils répondent au doux nom de Leccinellum pseudoscabrum. Entendez par scabreux non une histoire tordue mais le côté rude, raboteux de cette espèce très reconnaissable.

La palette fongique s’est un peu élargie au fil du temps. Les Russula vesca, évoquées précédemment, poussaient en petit nombre le 19 mai

et de manière plus épanouie le Lundi de Pentecôte.

Sur leurs supports habituels Lycogala epidendrum commençait à poindre ses boules rouges et Polyporus tuberaster retrouvait ses vieilles branches.

Nous observions également combien Megacollybia platyphylla plonge ses cordons mycéliens dans l’humus feuillu.

Classique, pour ajouter à cette palette de Pentecôte, nous rencontrions l’Hypholome en touffes

mais revenons au sujet et à nos deux « vedettes » du titre sous leurs différents angles, à l’abri de leurs bois verts véritablement plein de charmes.

Michel Pujol

8 mai la victoire? Oui(t) mai(s) premières R. vesca

Point de pousses hors lignicoles persistants dans le bois d’à côté. Nous guettions la libération des primordiums. Alors ce 8 mai allions nous crier victoire? Un peu de pluie avait apporté un zeste d’humidité vite absorbé. Cantharellus pallens a fait une apparition ces jours derniers en Médoc et à Gradignan? Notre station est toujours muette ce jour. L’année dernière il avait fallu attendre (lien précédent) le mois de juin.

Donc pas de Girolle mais nous rencontrons, en un seul exemplaire (ci-dessus, dessus, dessous, de profil) sur sa branche moussue à terre, une espèce lignicole habituelle en cette saison et souvent à l’avant garde de bien d’autres, elles saprophytes et mycorhiziques. Ce Polypore serait-il annonciateur… de Russules par exemple?

Mai(s) oui(t) en ce huit mai nous observons notre première (ci-dessus) Russula vesca. Pas de sulfate de fer dans le sac pour tester sa réaction mais son revêtement « jambon polyphosphaté » du chapeau, ses lames blanches, son lieu de pousse et … une longue complicité ne nous font pas douter. Il s’agit bien de la Russule vieux rose.

Pas très loin, nous en trouvons une seconde en à peu près bon état (ci-dessus)

puis une troisième très « fatiguée » (ci-dessus) et nous vous faisons grâce d’une quatrième vesca en fin de vie que notre objectif a épargné.

En revanche, il n’a pas pu résister au charme de ces Trametes versicolor, dans un bois au demeurant plein de charmes mais ce jour sans Leccinum carpini qui sortiront pus tard sans doute.

Un objectif macro pour saisir ces ravissants petits chapeaux en éventails et leur face inférieure tapissée de pores fins (cf. Eyssartier & Roux p. 1050). Ces Trametes s’offraien à notre vue depuis plusieurs semaines mais les Russules n’ont montré le bout de leur chapeau vieux rose que ce jour du 8 mai commémorant la victoire de 1945. Leur jour de gloire est presque arrivé.

Michel Pujol

C’est pas sorcier? Non, plutôt sorcière

En allant voir si « nos » morilles avaient resurgi nous allions aller droit au cœur du sujet. Il est vrai que nous avions rencontré Morchella importuna le 8 avril 2018 et que nous n’étions, presque trois ans plus tard que le 18 mars. Et point de ces morilles « contrariantes » à leur station, ni en 2019, ni en 2020. Peut-être que dans quelques jours…

En revanche, près de là, en descendant vers l’Eau Bourde, en bord du chemin de la ripisylve, notre attention était attirée par une boule blanche. Comme un gros caillou. Plutôt mou le caillou qui , une fois déplacé, présentait à sa base des rhizomorphes enterrés et, pas loin du « caillou » cachés par les herbes, des choses rouges promptement dégagées pour être photographiées: des Cœurs de sorcière, Clathres rouge, Clathres en cage, Clathres grillagés, Clathrus ruber. Nous avions notamment rencontré cette espèce sur B.R.F et lui avions consacré une chronique détaillée.

On peut ajouter à cette chronique passée (cliquer sur le lien précédent) que l’appellation Cœur de sorcière viendrait, selon Wikipedia, du fait qu’au Moyen-âge, sorcières et sorciers brandissaient ce champignon pour jeter un sort. Les sorcières auraient-elles un cœur et pas les sorciers? Rodrigue doit connaître la réponse.

Diabolique? D’autres sources lui attribuent le joli nom de Lanterne du diable. Au stade de l’œuf tranché il aurait un goût de radis. Cela ne veut pas dire bien sûr qu’on peut le consommer sans crainte. D’ailleurs, mature, comme le Phallus impudique ou l’Anthurus d’Archer, son odeur nauséabonde attire les mouches qui en dispersent les spores. Bien sorcières ces mouches…

Michel Pujol

Auprès de leurs arbres ils vivent heureux

Quelques peupliers sur une place herbue d’un lotissement tranquille leur est propice. Nous les y avons revus à leurs différents stades de développement  avant-hier et goûtés hier soir, sautés à la poèle, pour les tout jeunes (ci-dessus à droite). Vous aurez reconnu ce classique de la mycophagie – à consommer avec modération – Cyclocybe cylindracea ex Agrocybe aegerita pour les mycologues et Pivoulade, Pholiote du peuplier pour mycophiles et mycophages. En cliquant sur les liens précédents vous retrouverez quelques indices déjà décrits dans nos blogs.

Ainsi leur apparence selon leur degré de maturité et leur statut de lignicoles, ici sur peuplier mais pas que. Nous les avions rencontrés -entre autres – sur robinier avec l’ami Yves Mortureux sur son site fétiche du Haillan.

Plus vieux, notamment par … temps sec, ils se craquellent et dégagent alors, selon les anciens, une odeur de vieux tonneau.

Mais c’est plus jeunes, plus foncés qu’ils se prêtent, de préférence sans leurs stipes, à la dégustation et c’est ainsi, cuits, que nous les avons apprécié dans l’assiette. Et …

… vous en reprendrez bien un peu!

Michel Pujol

Ne pas rester sec sur un desséché…

Samedi, pas grand chose dans le bois d’à côté sinon ces petits carpophores jaunes sur un sol dégagé ouillé d’aiguilles de pin. 

On a bien une petite idée quand on se penche pour les identifier. Chapeaux jaunes, mamelonnés, plus sombres au centre.

Stipes droits dépourvus d’anneau. Seulement deux exemplaires rassemblés, comme en faisceau.. Retournés, les lames verdâtres apparaissent et là point de doute. Il s’agit bien d’Hypholoma fasciculare, l’Hypholome en touffes. Voilà une espèce identifiable facilement de visu mais, un peu plus loin lors de notre balade, sur un tronc où nous avons souvent observé des Collybies à pied en fuseau, nous remarquons un « individu » très desséché, une espèce d’exsiccata pourtant encore bien en jambe mais dont le chapeau est singulièrement flétri.

Dégagé de son substrat et retourné, ses lames vaguement rosâtres rappellent un genre qu’il convient de vérifier.

L’identification emprunte un peu, toutes proportions gardées, à la médecine légale. Nous n’irons pas jusqu’à la recherche de l’ADN quoique aujourd’hui c’est d’actualité mais nous pensons que les cystides observées au microscope recouperont comme un pressentiment. Il y a quelques années, grâce à Germaine Dubrana nous avions fait connaissance avec un microscope et observé des cystides cornées lors de notre première leçon. Sont-ce-elles?

Effectivement, nous retrouvons l’épaisseur de la paroi des cystides et leur extrémité en forme de cornes. Bingo, c’est bien Pluteus cervinus, le Plutée couleur de cerf. Comme un coup de jeune! et le plaisir de ne pas rester sec sur l’identification d’un champignon très … desséché.

Michel Pujol