L’effet foot!

Nous avions vu ces champignons qui peuvent atteindre la taille d’un ballon de football à la proximité de la plaine du Haillan (33) où s’entraînent les Girondins de Bordeaux. Calvatia gigantea (syn. Langermannia gigantea), la vesse de loup géante nous a semblé tout a fait adaptée pour honorer la victoire des Bleus de ce jour.

N’ont-ils pas tout au long de leur affrontement, face aux vaillants Croates à Moscou, … appuyé sur le champignon dans un match GEANT!

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A la veille du défilé, des champignons « parachutistes »

Demain 14 juillet la France défile. Après-demain soir, la finale où la France n’a pas l’intention de … se défiler. Tout rond comme un ballon, en rangs serrés comme des militaires et autant de parachutes blancs déployés autour du collarium uniforme le Marasme petite roue nous a paru tout à fait d’actualité. Nos récoltes illustrées ici (11/7/2014 et 9/7/2012) démontrent, s’il en est besoin, que cette espèce est tout a fait de saison.

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Macroscopiquement ce petit Marasme se reconnait aisément à son chapeau en forme de parachute et au pseudo collarium où s’insère son pied sombre à la fois mince et robuste et bien incrusté sur brindilles et branches de feuillus à terre ou enterrées. Ci-dessus, trouvé en nombre dans un sous-bois de feuillus.

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Microscopiquement, ce basidiomycète rentre dans le rang de nombreuses espèces aux spores ellipsoïdes. Aligné sur bien d’autres pour un défilé parfait.

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  Le dessous du « parachute » vaut à Marasmius rotula (Scop. :Fr.) Fr. le nom de Marasme petite-roue tant ses lames régulières et épaisses en rayons non fourchus rappellent une roue d’un modèle très réduit. « Ce qui est petit est beau », vérité réductrice grandement répandue n’est-il pas?

Souhaitons un atterrissage bienheureux à nos vaillants représentants bleu-blanc-rouge dans ce pays blanc-bleu-rouge face aux damiers rouge-blanc. Le bonheur et pas … le marasme.

M.P.

Petite bibliographie: 

Mycodb

Le guide des champignons France et Europe Guillaume Eyssartier & Pierre Roux page 436 

Champignons de France et d’Europe occidentale Marcel Bon page 174

Guide des champignons de France et d’Europe Régis Courtecuisse & Bernard Duhem n° 498

En étoile: Astrée hygrométrique d’un samedi l’autre

Autant est-il hasardeux, pour une récolte éventuelle, de laisser en place, dans un lieu public et fréquenté, quelques cèpes pour les regarder grandir jour après jour. Autant peut-on se livrer à cet exercice, par exemple au printemps, avec des espèces qui risquent au plus le coup de pied à défaut de coup de cœur.

Un tantinet en arrière, en avril 2012… Ils étaient en bord de chemin, posés sur les feuilles de charme et de chêne à peine humides, détachés du sol après avoir atteint leur maturité qui les fait s’ouvrir en étoile. Si ce n’était une station autrefois découverte, donc incitant à la vigilance, ils seraient sans doute passés inaperçus.

Espèce assez thermophile, l’Astrée hygrométrique est un gastéromycète dont les « pieds » se replient, en séchant, sur l’endoperidium pour ne faire qu’une boule. Un samedi après-midi, ils s’ouvraient grâce à deux jours de pluies intermittentes pour un spectacle de danseurs étoiles. 

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La microscopie de la gleba montre un capilitium banal où s’accrochent des spores globuleuses à verrues épineuses apparaissant quelquefois tronquées. Celles que nous avons mesurées allaient de 7,5 à 10 µm de diamètre.

Dans le détail, une série de spores d’une gléba vraisemblablement plus mature donnait les calculs suivants (méthode Piximètre):

8 [8,8 ; 9,2] 10 x 7,8 [8,4 ; 8,8] 9,5 µm

Q = [1 ; 1,06] 1,1 ; N = 18 ; C = 95%

Me = 9 x 8,6 µm ; Qe = 1

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Du samedi 7 avril…

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… au lundi 9 avril…

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…se refermant, en ayant séché, le samedi 14 avril

M.P.

Laetiporus sulphureus: poulet soufré

D’un jaune soufre éclatant, le Polypore soufré ( Laetiporus sulphureus) apparaît à fleur d’arbres les plus divers. Dans la littérature, il est le plus souvent décrit poussant sur des feuillus. Nous l’avons rencontré sur hêtre à Bellême après l’avoir vu sur robinier à la Plaine du Haillan (33). Annie Ehrsam l’a photographié sur prunus à Bossugan (33) . En Corse (septembre 2012) il s’épanouissait sur un eucalyptus. En août de la même année à   Gradignan (33) il trônait sur un châtaigner. Cette liste d’essences propices est indicative et non exhaustive.

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Sur robinier

Donc un champignon très ubiquiste qui est (Roger Phillips , Les champignons pages 222 et 223) comestible très jeune et frais. En 1981 Phillips signale qu’il est très considéré à cet égard en Allemagne et en Amérique du nord. En surfant sur Internet on trouvera sans peine quelque recette pour accommoder ce champignon que les anglo-américains appellent chicken of the woods en référence à son goût qui rappelle celui du poulet. Bien sûr la mise en bouche se saurait se faire que si on est absolument sûr d’avoir déterminé une espèce comestible.

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Sur prunus

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Sur hêtre

La dernière fois (très récente) que nous avons dégusté le poulet des bois (jeune et tendre découpé en fines tranches) nous l’avons précédemment fait doucement mijoter dans un bouillon de légumes avant de le poêler. Pas mal du tout.

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M.P.

Petite bibliographie:

Mycodbmycocharentes

Bon p. 316; Eyssartier&Roux p. 1028; Borgarino&Hurtado p.80; Marchand t.3 n°277

CHAUD, SHOW VERDETTE : ETOILE DES RUSSULES COMESTIBLES

Quelques pas en arrière. Les années ont passé. Si peu depuis 2009. Hier comme aujourd’hui nos cueillettes avaient un goût de … madeleine.  Neuf ans se sont écoulés:

« Elle craquelle dur depuis quelques jours dans les bois de feuillus (acidophiles), chemins et orées de bois Girondins. Russula virescens appelée ici Verdette, ailleurs Palomet ou encore plus communément  Russule verdoyante régale les yeux et les papilles. Très thermophile, ce champignon trouve ces jours-ci (juin 2009) les conditions propices à son apparition.

Chaque coup d’œil est différent mais on le reconnaît sans peine. J’aime retrouver son chapeau velouté, bombé dans sa jeunesse, étalé plus tard et sculpté, crevassé, craquelé, étoilé par la chaleur ; ses teintes de vert pâte d’amande délavé moucheté de blanc. Un vert franc au début qui est, dans la croissance,  comme gommé peu à peu et se  tachant de blanc. Les auteurs évoquent un vert « moisissure » sur fond blanc (cf. Courtecuisse*) , un vert bleuté ou vert de gris particulier sur fond blanchâtre, mat aspect moisissure verte  (cf. Bon**). Dans le genre Russule les couleurs d’une même espèce peuvent être très variables. Celles de la virescens demeurent, par comparaison, très constantes.

Ses lames blanc crème sont peu serrées. Sion a la patience de couper son pied blanc et déposer son chapeau, lames en bas, sur un papier sombre, de recouvrir le tout d’un verre large ou d’une cloche de verre avec un bout d’essuie-tout ou un coton imbibé d’eau à l’intérieur pour maintenir de l’humidité, alors, après quelques heures on obtiendra une sporée blanche. Ce « jeu » du dépôt provoqué des spores a quelque intérêt avec les nombreuses espèces de russules si bien qu’il existe un nuancier très codé pour les différencier grâce à la couleur de leurs sporées.
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Dans la chaleur qu’elle aime, la Verdette se prend pour une star et… s’étoileR.virescens MP3

Pour être un peu plus complet dans cette description, il convient d’ajouter que Russula virescens se teinte de rose orangé vif quand on gratouille le pied avec du sulfate de fer cristallisé (le fer pour les initiés) et, qu’au microscope, ses spores à ornementation variable mesurent en moyenne 9X6.µm. En poussant jusqu’à l’étude de l’épicutis, toujours au microscope, on remarquera des poils courts atténués ou subcelluleux  (cf. Bon**)  

Quant aux papilles… La Verdette est réputée, à juste titre, la meilleure dans le genre dépassant, à cet égard Russula vesca (Russule comestible) et Russula cyanoxantha (Russule charbonnière). Goût de noisette crue. Craquante à tous les points de vues cuite. »

*Guide des champignons de France et d’Europe page 380 n°1415

**Champignons de France et d’Europe occidentale page 56

Petite russule je te mangerai… ou pas

Ce tableau de chasse témoigne du peu de trouvailles, avant-hier, en matière de russules mais aussi des espèces susceptibles d’être consommées dès les premiers jours de l’été ou bien avant selon conditions climatiques et particularités des biotopes. Il n’est pas inutile de rappeler qu’outre une identification précise de l’espèce reconnue comestible aujourd’hui, l’état non dégradé du champignon, son lieu non pollué de pousse, les conditions de cuisson etc. sont autant de facteurs à prendre en compte avant d’envisager de conjuguer mycologie et gastronomie.

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Ainsi ces Russules verdoyantes appelées « verdettes » et « palomet » selon les régions ont été bien identifiées, récoltées dans des lieux sains mais leur état dégradé ne leur a pas permis de dépasser le stade de la photo. Point d’assiette.

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En revanche, dans cet état (récolte d’une année précédente), l’assiette est une destination possible.

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Ces Russula vesca (nous avons vérifié la réaction au sulfate de fer) étaient, avant-hier, en assez bon état pour les cuisiner. Certains auteurs disent de cette russule « vieux rose », « comestible » qu’elle montre les dents. Ses lames blanches débordent un peu du bord du chapeau sous un certain angle. Celui de notre prise de vue le révèle bien avant … la mise en bouche.

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Celle-ci, bien sympathique dessus et dessous, n’avait pas subi les affres de la sécheresse. A consommer avec modération.

M.P.

Pas tout à fait star, sauf du pied

On ne peut pas dire que cette Amanite monterait le grand escalier de Cannes et pourtant, avec son pied en … étoile, elle brille en ce moment par sa présence. Aux alentours de Bordeaux le manque d’humidité nous l’a fait remarquer bien seulette en bord de chemin près de chênes et de charmes.

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Comme l’ Amanite citrine Amanita asteropus sent la rave, la pomme de terre crue. On remarque, en la dégageant, un bulbe épais comme sculpté en étoile bien évident en coupe (ci-dessus).

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 Son port est assez reconnaissable avec un chapeau-bonnet un peu allongé, légèrement déporté puis étalé façon béret remodelé d’un pincement de doigts. Les taches de brun roux sont caractéristiques de l’espèce. Il n’est pas rare de la trouver quasiment en ligne en sept ou huit exemplaires sous feuillus et conifères (mélangés ici sur de la terre à bruyère lors d’une récolte de juillet 2012).

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Pour l’instant point de profusion de cette espèce sur nos chemins et sous-bois proches mais les jours à venir sans doute…

M.P.

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