Archives du mot-clé chicken of the woods

Poulet des bois, du soufre jusque dans l’assiette

Voitures à droite, cyclistes et promeneurs à gauche devaient se demander ce que pouvait bien faire ce photographe au pied d’un chêne majestueux bordant la route de Canéjan à Gradignan en Gironde. Il semblait s’intéresser à ces grosses taches jaunes à la base de l’arbre. Des champignons! Et si ça se mangeait …

soufré-1.jpg

C’est que ce n’était pas la première fois que nous trouvions Laetiporus sulphureus sur ce chêne. Le Polypore soufré, chicken of the woods  pour les anglo-américains y développe son mycélium et, peut-être, aurons-nous l’occasion de l’y récolter une prochaine fois. Ce vendredi 24 août, en passant en voiture, c’est notre épouse qui le vit et le reconnut.

soufré-2.jpg

Restait à aller sur place et examiner cette pousse, ce qui fut fait sans trop attendre et très … tendre était le bord des carpophores en console. Une pousse très récente. Nous avons souvent vérifié que quand une espèce apparaît il n’est pas rare de la retrouver en d’autres endroits. Ainsi en-a-t-il été pour ce polypore. En effet, le lendemain, sur une autre station connue (une souche tronçonnée à terre), toujours à Gradignan, nous retrouvions encore le Poulet des bois mais déjà très desséché et donc bien plus pâle, hors consommation.

Celui du bord de route, lui, se révélait très souple à ses extrémités prises entre le pouce et l’index. Après récolte (1), nous avons découpé la partie la plus tendre en lanières de l’épaisseur de frites (2) puis égoutté après un passage au micro-ondes (3). Enfin passage en poêle dans l’huile d’olive chaude pour finir de les cuire en les dorant doucement et assaisonnement sel, poivre et ail en poudre pour en exhausser la saveur (4). 

Polypore-soufré-cuisiné.jpg

A la dégustation (5), en quantité raisonnable, il évoque le goût du poulet. Bien entendu on aura bien identifié l’espèce avant la phase cuisine.

Il est intéressant de consulter la littérature à propos de la comestibilité de ce champignon. Pour des publications récentes (Guillaume Eyssartier & Pierre Roux « L’indispensable guide du cueilleur de champignons » Belin 2014 page 220 et Le guide des champignons France et Europe Belin 2011 page 1028) il bénéficie d’un logo comestible dans le second ouvrage et d’une fourchette sur une échelle de trois dans le premier. Chez André Marchand (Champignons du nord et du midi tome 3 n°277 diffusion Hachette 1975) on peut lire « Encore mous et gonflés de suc, les jeunes spécimens seraient comestibles! ». Didier Borgarino & Christian Hurtado (Le guide des champignons Edisud 2006 page 80) le donnent « Non comestible ». Sur Internet Mycodb l’estime « sans intérêt », chez champyves il est « comestible… », pour la societé d’histoire naturelle du Jura « ce champignon peut provoquer des désordres gastro-intestinaux chez certaines personnes sensibles ».

Nous ne serions donc pas des « personnes sensibles » pour avoir consommé à plusieurs reprises, en famille et entre amis, cette espèce dûment identifiée mais vous voilà prévenus.

M.P.

Publicités

Laetiporus sulphureus: poulet soufré

D’un jaune soufre éclatant, le Polypore soufré ( Laetiporus sulphureus) apparaît à fleur d’arbres les plus divers. Dans la littérature, il est le plus souvent décrit poussant sur des feuillus. Nous l’avons rencontré sur hêtre à Bellême après l’avoir vu sur robinier à la Plaine du Haillan (33). Annie Ehrsam l’a photographié sur prunus à Bossugan (33) . En Corse (septembre 2012) il s’épanouissait sur un eucalyptus. En août de la même année à   Gradignan (33) il trônait sur un châtaigner. Cette liste d’essences propices est indicative et non exhaustive.

Laetiporus-sulfureus-Hailla.jpg

Sur robinier

Donc un champignon très ubiquiste qui est (Roger Phillips , Les champignons pages 222 et 223) comestible très jeune et frais. En 1981 Phillips signale qu’il est très considéré à cet égard en Allemagne et en Amérique du nord. En surfant sur Internet on trouvera sans peine quelque recette pour accommoder ce champignon que les anglo-américains appellent chicken of the woods en référence à son goût qui rappelle celui du poulet. Bien sûr la mise en bouche se saurait se faire que si on est absolument sûr d’avoir déterminé une espèce comestible.

Laetiporus-sulphureus-Bossu.jpg
Sur prunus

Laetiporus-sulphureus-Bellê.jpg

Sur hêtre

La dernière fois (très récente) que nous avons dégusté le poulet des bois (jeune et tendre découpé en fines tranches) nous l’avons précédemment fait doucement mijoter dans un bouillon de légumes avant de le poêler. Pas mal du tout.

Polypore-soufré-MP2.jpg

M.P.

Petite bibliographie:

Mycodbmycocharentes

Bon p. 316; Eyssartier&Roux p. 1028; Borgarino&Hurtado p.80; Marchand t.3 n°277