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Avec Natur’Jalles, le temps de la recherche n’est pas perdu…

Il n’est que de chercher pour trouver que le temps n’est pas perdu. Des champignons bien sûr. Prestement et non proustement. Bis repetita ce samedi 13 novembre (édition précédente le samedi 9 octobre) avec Natur’Jalles. Dans les bois communaux du Taillan-Médoc comme la dernière fois. La veille,Martine Leblond, la dynamique présidente  de l’association Saint-Médardaise avait effectué des repérages

et photographié (ci-dessus) quelques espèces rencontrées.

Le lendemain, accompagné par « A la poursuite des champignons » le groupe d’inscrits à la sortie (en partie ci-dessous) était donc guidé par Martine vers les endroits propices aux pousses.

En mycologie, les mois se suivent et ne se ressemblent pas tout à fait. Ainsi, les Boletus edulis aperçus en octobre n’étaient plus visibles en même lieu. En revanche, Craterellus lutescens abondait sous les aiguilles des pins et

quelques paniers reçurent leur lot de Chanterelles à pied jaune pour une dégustation ultérieure.

De même que des enfants du groupe furent ravis de recueillir quelques jaunes Girolles prètes pour la poèle. A chaque espèce rencontrée et commentée les enfants questionnaient sur sa comestibilité ou pas. L’occasion de rappeler les consignes de sécurité sur la consommation de champignons.

L’occasion aussi de montrer, in situ, les critères de reconnaissance d’une Coulemelle (ci-dessus) bien qu’elle n’ait plus son anneau. Reconnaître à cent pour cent l’espèce réputée comestible et la récolter dans un endroit non pollué reste la première règle à respecter.

Ce qui n’empêche pas de trier par genres et poser sur une table le produit de la balade pour celles et ceux qui pouvaient rester encore un peu et commenter les trouvailles. Parmi ces dernières quelques Lycoperdon perlatum dont certains très matures permettant à l’enfant joueur (de dos) de les presser pour que s’envole un nuage de spores. Un peu de temps perdu? Un gain de plaisir.

Michel Pujol

Les lutescens sont de sortie

Elles commençaient, saintement , à poindre dans le bois d’à côté. Dimanche 7 novembre elles prêchaient pour leur paroisse Saint Pierre

cela en petit comité qui laissait présager une grande foule de fidèles. Dimanche aussi nous retrouvions de nombreuses Amanite citrine et toujours autant de Collybie du chêne.

Nous ne pouvions résister au plaisir de photographier l’Hypholome en touffe dans sa forme adulte (ci-dessus à gauche) et plus jeunette (ci-dessus à droite). Mais, mardi, en allant vers la station des Craterellus lutescens

nous constations qu’elles avaient véritablement pris leur envol (ci-dessus)

et qu’elles paradaient en rangs serrés.

Aussi convenait-il d’en faire la quète. Pièce par pièce mais sans sébille. Plutôt en leur tranchant leur long pied jaune délicatement au ciseau ne serait-ce que pour éviter un nettoyage par trop humidificateur ensuite. Un peu longuet ce type de cueillette mais, en même temps, du temps gagné d’autant qu’il n’était pas question de tout ramasser mais de trier sans perturber le biotope et d’en laisser pour plus tard et … pour les autres.

Toutes proprettes les Chanterelles remplissaient le plateau.

Cette vue de profil atteste de la masse fongique récoltée alors que vue du dessus elle semble toute plate. Les très anciens avaient dû observer leur Terre de très haut bien avant Erathostène et Galilée.

Michel Pujol

Par tous les saints, les revoilà!

Un temps de Toussaint? Pas tout à fait à la mode ancienne. Pas de réplique au papier carbone et il paraît qu’ils en causent en Ecosse alors que les champignons, comme toutes les espèces encore vivantes, doivent filer à l’anglaise mais certaines, à l’instar des Cyclamen, continuent à marquer l’automne en abondance dans nos bois. Seront-elles aussi nombreuses  que les années passées ces Craterellus lutescens? Dissimulées sous les aiguilles, nous avons revu avec grand plaisir les Chanterelles à pied jaune ce premier novembre en un endroit où elles se plaisaient, bien resserées à l’abri de fougères et d’arbustes près d’un chemin mais hors des regards semble-t-il.

Encore jeunettes, elles n’avaient pas encore connu leur crise de croissance et il fallait les dégager des brindilles environnantes pour une photo de groupe dans leur écrin de verdure.

Rappellons que, comme les Girolles, du genre Cantharellus, les Chanterelles, du genre Craterellus, portent plis sous chapeau

alors que les « fausses grirolles » Hygrophoropsis aurantiaca (en haut à gauche du montage ci-dessus) rencontrées le même jour arborent des lames. Ces dernières sont très larges chez Megacollybia platyphylla (en haut au centre), plus serrées chez Collybia dryophilla (en haut à droite), plus frèles chez les Mycènes et épaisses chez l’Amanite citrine (en bas). Autant d’espèces rencontrées en nombre ce premier novembre

de même que le Lactaire dit délicieux, Lactarius deliciosus

et le Plutée couleur de cerf, Pluteus cervinus, pité sur sa branche avec un jeune congénère qui semblerait lui faire la courte échelle.

Cette maigre récolte a été appréciée à midi après passage en cocotte en fonte avec huite d’olive, oignon, échalotte, ail et bien sûr sel et poivre.

Michel Pujol

Et s’il n’en reste qu’une c’est bien celle-là

Certes, elle n’a pas été décrite par Victor Hugo qui, pourtant, a dessiné  un champignon. Ce n’était pas une Russule. Cela ressemblait plutôt à un Bolet. Parodier le célèbre poète aussi dessinateur, drôle d’idée mais le « S’il n’en reste qu’un je serai celui-là » nous vient à l’esprit quand nous retrouvons, en plein hiver, la Russule noircissante.

Elle était encore là hier dimanche dans le bois d’à côté, en grand nombre. Elle n’avait alors plus l’aspect du neuf observé quand nous l’avions recontrée, en novembre et décembre, non loin des ses « cousines » Russula cyanoxantha et Russula vesca. De Russule vieux rose hier point ni de charbonnière. En revanche le gris du chapeau jeune de Russula nigricans s’était mué en charbon très noir quand, pourtant âgée, elle ne veut pas disparaître et garder lames noires sans rendre tout à fait l’âme.

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Persistaient encore hier quelques chanterelles là où nous en avions trouvé le 18 décembre.  dernier.

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De quoi remplir une boîte pour dégustation non sans avoir vérifié qu’elles n’avaient pas subi une congélation-décongélation-détérioration sur place avec les épisodes récents de froidure.

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Russula nigricans , trônait en plusieurs endroits du bois. La veuve noire avait perdu ses cousines russules et perdurait sous une forme étrange, repeinte et momifiée. Car comme il est indiqué notamment sur le site ChampYves , une « caractéristique très particulière de Russula nigricans est de se dessécher sans pourrir, de devenir totalement noire » , « et finalement » -est-t-il ajouté- « d’héberger un champignon parasite : Nyctalis agaricoides syn : Nyctalis asterophora « . Nous n’avons pas rencontré de champignon parasite hier sur les « cadavres » désséchés de russules noircissantes mais nous reviendrons plus tard les observer encore.

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Quand on déterre un exemplaire (photo ci-dessus) on constate que ce champignon s’est desséché en entier. Au toucher il parait comme sec-spongieux toujours solide malgré pluies et froid. Comme l’observent plusieurs auteurs les lames sont « très espacées, horizontales, épaisses ». Un champignon de légende des siècles durant? Poète, dessinateur, nous aurions bien aimé un Hugo aussi mycologue.

Michel Pujol

Petite bibliographie:

Bon Champignons de France et d’Europe occidentale (2004) p.55; Courtecuisse & Duhem Guide des champignons de France et d’Europe (2011) n°1345; Eyssartier & Roux Le guide des champignons France et Europe (2017) p.170

MycoDb, ChampYves, MycoCharentes.

Chanterelles: les deux font la paire

La mi-décembre et voilà revenu le temps des chanterelles. L’année dernière, nous en avions trouvé en février. Aussi en janvier. Même en novembre d’une autre année elles aparaissaient. Nous guettions leur présence dans le bois d’à côté et, hier vendredi, un petit tour vers les stations habituelles nous a fait constater qu’il s’en était cueilli. Les pieds coupés en témoignait mais, en cherchant bien, il en restait encore pour la photo et, peut-être, pour un peu de cuisine à la crème.

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Nous allions retrouver des chanterelles en tube, Craterellus tubaeformis, assez développées

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et des chanterelles à pied jaune, Craterellus lutescens, plus « fluettes », sans doute plus récentes et en plus petit nombre. 

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On remarquera les différences les plus apparentes entre ces deux espèces comestibles: le stipe épais en tube et les plis bien affirmés chez C. tubaeformis (à gauche) alors que le pied est jaune et frèle chez C. lutescens et les plis sous le chapeau sont presque lisses (à droite). Une paire qui s’entend bien dans l’assiette et décembre, janvier, février, si les conditions sont favorables, devraient permettre de jouer la carte des Chanterelles et espérons que cela ne fera pas un pli!

Michel Pujol

Les « rescapées » de février

 

Elles semblent avoir la vie dure ces Chanterelles plutôt girondes! A la mi-janvier puis autour de Noël nous avions signalé ces champignons de saison. Retour à Martillac ce 4 février pour en retrouver d’autres bien plantées dans le sol sous les pins et quelques chênes mais l’entonnoir qui leur sert de chapeau paraissait quelque peu troué par endroits. Qu’importe, elles ne manquaient pas de fierté et ça ne faisait pas un pli, plusieurs…

                                                                      M.P.

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Brrr. Il fait froid et s’il n’en reste qu’un…

 

Ce 18 janvier, autour de Bordeaux, quelques périodes de gel après « nos chanterelles qui enchantent autour de Noël » , le temps n’est plus à la récolte. Il n’en reste que quelques unes à dévorer … des yeux seulement. Cueillette microscopique par rapport à celle que nous avions faite en même lieu le jour de la Saint Sylvestre. Justement, nous nous contenterons, le lendemain, de ne les observer qu’au microscope (voir plus loin).

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En effet, ces champignons de solide texture semblent résister à la froidure mais on observe que leur chair n’est plus aussi saine que dans leur jeunesse après gel. Les plis sont moins nets et quelques taches et points noirs sous le chapeau laissent suspecter quelques risques quant à leur consommation éventuelle. Les pousses fraîches sont rares. Autant tout écarter. Nous ne sommes pas sur la côte océane où le climat est plus tempéré et où Craterellus lutescens peut avoir encore de beaux jours devant elle.

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Côté microscopie (planche ci-dessus), nos mesures des spores ovoïdes sont proches de ce que l’on peut lire chez Essartier&Roux: 8,5-12,5 x 6,5-8,5 µm (4ème édition p.614); 9,3-11,9×6,5-8,4 pour notre récolte. Comme l’indique Pierre Roux (Mille et un champignons p.1117) nous avons aussi observé des basides à (2) 4 spores.

Autre espèce de basidiomycètes résistante au froid encore présente ce 18 janvier, le Bolet des bouviers.

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Ceux-ci semblaient, de loin, « tenir le coup » mais, en les soulevant, nous avons constaté leur état de tubes déliquescents.

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En revanche, à côté d’un autre Suillus bovinus, au chapeau très mou imprimé par la végétation, se tenait un exemplaire au pied encore dur recouvert, à la base, de mycélium épais tout blanc et dont les tubes étaient encore un peu durs.

                                                                                                          Michel Pujol

Ces Chanterelles qui enchantent autour de Noël

 

Saviez-vous que Lanza del Vasto surnommait son épouse Chanterelle? Née Simone Gébelin en 1908 d’une célèbre famille musicienne elle avait une voix très pure. Elle l’accompagnera dans le monde entier pour chanter avec lui. La chanterelle, la corde la plus aigüe d’un instrument … à cordes comme par exemple celle, entre six d’une guitare, source des sons les plus hauts de sa gamme. Et puis allons faire un tour chez les Grecs qui ne manquent pas de mycologues: Kantharos la coupe à boire, trait commun du groupe des Cantharellaceae dont l’hymenium est porteur de plis et non de lames. Ecartons le sous-groupe des Cantharellus dont C. cibarius, la Girolle souvent nommée chanterelle et arrivons, dans le sous-groupe des Craterellus, à nos « Chanterelles qui enchantent autour de Noël ». Plus précisément Craterellus lutescens (la Chanterelle jaune) et Craterellus tubaeformis (la Chanterelle en tube).

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On retrouvera notamment une précédente chronique consacrée aux girolles pour écarter la confusion avec les Chanterelles s.s.

S’agissant de la période des pousses de C. lutescens et C. tubaeformis , cette année comme les précédentes, elles sont apparues, en nombre, fin novembre et courant décembre et nous nous attendons, comme d’habitude à quelques présences en janvier. En somme, largement autour de Noël.

craterellus  tubaeformis, craterellus lutescens, chanterelle en tube, chanterelle jaune

Fin novembre les Chanterelles jaune « fleurissaient » par exemple dans la pinède littorale du Porge (33) et début décembre

craterellus  tubaeformis, craterellus lutescens, chanterelle en tube, chanterelle jaune

nous les rencontrions à Saint Genès de Castillon d’où l’on pouvait apercevoir, au loin, la Tour de Michel de Montaigne en terre périgourdine.

craterellus  tubaeformis, craterellus lutescens, chanterelle en tube, chanterelle jaune

C’est à Martillac (33), récemment, que poussaient, côte à côte, Chanterelles en tube et Chanterelles jaune. On remarquera combien les plis chez la première espèce sont affirmés et, au contraire, subnuls chez C. lutescens.

craterellus  tubaeformis, craterellus lutescens, chanterelle en tube, chanterelle jaune

Pour les récolter, armez vous de patience et d’une (petite) paire de ciseaux. Coupez vers le milieu du pied pour les avoir proprettes et, éventuellement, après nettoyage (qui sera plus rapide) passage au micro-ondes pour en réduire le volume. Egouttez bien sûr. Et cuisinez de suite en partie pour dégustation. Eventuellement, après refroidissement, congelez le reste en prévision , par exemple du menu de Noël. Bonnes fêtes à toutes et à tous.

                                                                                                Michel Pujol

Des champignons toute l’année…

Nous empruntons le titre « Des champignons toute l’année » à l’ami Paul Pirot* car ce 19 janvier 2019, parti voir, à pied à Gradignan (33), dans le bois d’à côté si quelques Craterellus lutescens poussaient encore nous avons rencontré notamment, outre les Chanterelles, trois autres espèces. Mais c’est bien sûr l’ami Paul: toute l’année on en trouve des champignons! nous disions-nous, le bonnet de laine vissé sur la tête.

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De petites taches blanches rondes de moins de deux centimètres de diamètre attiraient l’œil au pied d’ajoncs et sur leurs brindilles sèches. Des Crépidotes aux lames plus rosées sur le sec. L’examen des spores au microscope (cylindriques et verruqueuses) nous orienta vers Crepidotus variabilis (cf; Eyssartier&Roux p. 986). Ce Crépidote variable poussait en nombre, toujours sur ajonc, en différents endroits.

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Et puis, bien que ce ne soit pas encore le printemps, loin s’en faut, des … jonquilles. Vraiment l’espèce que nous rencontrons presque tout au long de l’année, à fleur de terre.

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Notre but premier en ce 19 janvier était de retrouver quelques chanterelles et point de déception sur une station habituelle à deux pas de chez nous.

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Un peu de patience et quelques coups de ciseaux plus tard la récolte plutôt proprette allait satisfaire le palais du soir avec un brin d’huile d’olive, un peu de sel, de poivre et d’ail non sans une réduction au micro-ondes avant passage à la poêle. Très sapides les lutescens.

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Enfin, sur le retour avant de quitter le bois, ce magnifique Géastre s’offrait trois fois à notre vue à lui tout seul. Triple et troisième espèce outre les Chanterelles. Cela dit, nous avons ignoré les croûtes et autres aphyllos qui auraient abondé la liste. Pirot est bien le meilleur notamment à un titre: « Des champignons toute l’année » deux fois bien sûr.

M.P.

 * Paul Pirot mycologue Belge que nous avions reçu en Gironde il y a une dizaine d’années et avec qui nous avions partagé amitié et mycologie est l’auteur du CD-rom intitulé « Des champignons toute l’année » édité en 1999. Vingt ans déjà et un précurseur des moyens « modernes » mis en œuvre pour le partage des connaissances mycologiques.

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Après les cèpes d’autres comestibles: quatrième volet LES CHANTERELLES

« Tout ce qu’il faut savoir avant d’aller chercher des cèpes (et en trouver)« , publié sur le site du journal Sud Ouest dans le Cercle des idées la suscité l’année dernière un certain engouement. Nous avons repris cet article  en version plus longue sur le site « A la poursuite des champignons ».

D’autres comestibles? Après quelques conseils avant cueillettes ,  un focus sur les Coprins , un autre sur les Girolles , voici un quatrième volet consacré aux Chanterelles.

Munis des quelques conseils de prudence évoqués lors du premier volet allons à leur rencontre.

 Nous appelons Chanterelles (genre Craterellus) d’autres champignons que les Girolles (genre Cantharellus). Une distinction qui a évolué dans le temps. Dans l’édition 2004 du Marcel Bon (Champignons de France et d’Europe occidentale), par exemple, la Chanterelle en tube (aujourd’hui Craterellus tubaeformis ) se nommait Cantharellus tubiformis. De quoi y perdre … son latin mais l’important n’est-il pas de savoir de quoi l’on parle ?

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Donc quid des Chanterelles ?

  Plusieurs espèces, toutes comestibles, à plis plus ou moins prononcés sous le chapeau. Les deux plus fréquemment récoltées en Nouvelle Aquitaine sont la Chanterelle jaune et la Chanterelle en tube (à gauche et à droite ci-dessus). Les deux apparaissent plutôt en fin d’année, en octobre, novembre, décembre et même en janvier si les gelées les ont épargnées.

La première, assez connue des cueilleurs, fréquente les pinèdes et s’épanouit en grand nombre sur la Côte océane. Sous le chapeau, en entonnoir brun jaune plus ou moins foncé, les plis ne sont pas très marqués voire presque … lisses, veinés. Le pied fragile et élancé est d’un jaune éclatant. La seconde, plus terne, est bien plus charnue. Sous le chapeau, toujours en entonnoir un peu plus aplati que la précédente, les plis fourchus sont bien plus affirmés. Son pied de plus en plus tubulaire en grandissant l’a fait nommer Chanterelle en tube. Elle se plait aussi sous les pins mais on la trouve également sous les feuillus, souvent dans des endroits moussus.

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 Bien d’autres espèces sont gustativement intéressantes dans le genre Craterellus telle la Chanterelle cendrée (ci-dessus, trouvée en altitude). La plus connue des Craterellus et très recherchée parce qu’elle peut être conservée séchée et agrémenter les plats en sauce ressemble un peu à la photo ci-dessus mais est bien plus noire avec le dessous du chapeau lisse. Vous avez trouvé bien sûr. Il s’agit de la Trompette des morts (Craterellus cornucopioides).

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Il parait difficile de confondre nos deux Chanterelles avec d’autres espèces. Le risque est de se précipiter sur ces petits champignons et, en même temps, d’en ramasser d’autres qui poussent entre et à côté. Ainsi des cortinaires sont parfois mélangés dans le panier et passent à travers les mailles d’un tri indispensable en toutes circonstances. La fausse Girolle, avec des lames et non des plis, peut être confondue avec C. lutescens qu’elle voisine -dans les mêmes biotopes- mais Hygrophoropsis aurantiaca  n’est généralement pas toxique. Signalons toutefois que des cas d’allergies ont été signalés avec la fausse Girolle.

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Cueillir les Chanterelles, une à une, sur place avec des ciseaux c’est gagner du temps au nettoyage et aussi les identifier facilement. En grosse quantité ? Ne pas saccager les lieux de pousse. Par respect certes mais pensons aussi à se donner plus de chances d’en retrouver l’année suivante au même endroit. Et puis ces champignons, très riches en fibres, doivent être consommés avec modération. Pourquoi risquer avec de grosses quantités … une occlusion intestinale !

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Comment les préparer ? Sautées à la poêle, salées, poivrées, aillées. Facile et rapide. Pourquoi ne pas passer un peu plus de temps pour une recette aux petits oignons.

Chanterelles à la crème

Recette allant aussi bien avec les « pied jaune » que les « tube » qui nous avait été transmise, il y a quelques années, au pied du marbre de « Sud Ouest » par Christian Desbrosses, metteur en pages, fin chercheur et goûteur. Aucun reproche reçu de la part des amis avec qui nous  avons partagé, à notre table, ces « chanterelles à la crème ». Notre préférence va toutefois aux Craterellus lutescens à la texture plus souple et fondante mais avec les Craterellus tubaeformis (photos ci-dessous) c’est pas mal non plus.

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Ingrédients : outre les chanterelles, ail, échalote, oignons, lardons fumés, crème fraîche, vin blanc sec, cognac ou armagnac ou calvados. Il n’est pas nécessaire de saler et poivrer à cause des lardons fumés. Ne le faire qu’à la fin de la préparation si on trouve le plat peu relevé à son goût. 

Séparément :

  • – faire revenir les chanterelles à la poêle dans un peu d’huile d’arachide ou d’olive après les avoir nettoyées et fait rendre de leur eau (éventuellement au micro-ondes)
  • – dans une cocotte en fonte, faire roussir les lardons fumés puis ajouter ail, oignon et échalote coupés en petits morceaux. Laisser fondre doucement. Mouiller avec le vin blanc sec et laisser mijoter tranquillement.

Ensemble :

  • – dans la cocotte, ajouter les chanterelles à la sauce, mouiller avec un peu de vin blanc, mélanger et laisser mijoter.
  • – lier chanterelles et sauce avec de la crème fraîche. Laisser mijoter en tournant lentement à la spatule de bois.
  • enfin, jetez-y un filet d’armagnac ou de cognac ou de calvados : ça sent bon et c’est prêt à déguster.

Michel Pujol

Petite bibliographie

Outre les liens dans le texte de cette chronique invitant notamment à visiter la base de données mycodb et le blog A la poursuite des champignons citons quelques ouvrages spécialisés utiles.

-Courtecuisse&Duhem Guide des champignons de France et d’Europe p. 49, 87 et 88, n°110 à 113 (pour édition 2011).

-Eyssartier&Roux Le guide des champignons France et Europe p. 592 à 597 (pour édition 2011).

-Eyssartier&Roux L’indispensable guide du cueilleur de champignons p.32 à 37 (pour édition 2014).