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Tirer la (les) langue (s) de soif!

 

CHAUD hier 18 septembre. Tout comme aujourd’hui. Pas de pluie depuis plusieurs jours. SOIF à tirer la langue. Un bœuf sur la langue? Plutôt langue de bœuf! P’tit tour dans le bois d’à côté. Précédemment nous avions évoqué la non résistance ou la résistance de lignicoles (Desarmillaria tabescens et Fomes fomentarius) à la chaleur. Hier donc nous n’avons rencontré que trois autres espèces (ci-dessus). G.l. traduisez Ganoderma lucidum, le Ganoderme luisant; L.s. Laetiporus sulphureus, le Polypore soufré et F.h., Fistulina hepatica, la Langue de bœuf. Tous tiraient la langue sur des chênes où, apparemment, ils vivaient … heureux.

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Sans guitare, il nous était difficile d’entonner « Auprès de mon arbre » ou bien « L’Auvergnat » mais l’appareil photo, tiré du sac, saisissait (ci-dessus) les notes rouge (surtout au toucher) de Fistulina hepatica attachée à son chêne puis désenclavée par son pied et présentant le contraste du revêtement sanguin du chapeau et des pores jaunes du dessous.

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Non loin, toujours sur chêne, cette Langue de bœuf à étages commençant à gagner en maturité entre sève du support et sécheresse extérieure. Du rouge sombre comme sang coagulé …

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…  et puis, à proximité, cet exemplaire, sur « la fin », au pied d’un arbre rongé avec sciure apparente (en bas à droite). Nous verrons plus loin qu’il est possible, quand elle est encore jeune, de tirer profit de la Langue de bœuf.

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Tout comme il eût été possible d’accommoder ce Polypore soufré selon la recette que nous avions donnée l’an passé. Mais en l’espèce, hier, ce bouquet de langues jaunes était d’un sec dur non compatible avec l’assiette. On ne retrouvait aucune élasticité au toucher des extrémités. De véritables exsiccata.

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Ces deux Ganodermes luisant étaient, ensemble, sur un autre chêne (toutes les espèces décrites dans cette chronique se trouvaient dans un rayon de 70 mètres environ) . Nous en avons détaché un pour en montrer le stipe noir très dur et les pores blanchâtres. Faites une recherche  sur Internet en tapant Ganoderma lucidum et vous découvrirez -mais ne le savez-vous pas déjà?- que le Reishi (chez les Japonais) ou Lingzhi (en Chine) « connu depuis des millénaires » est une star de ventes de gélules fabriquées à partir de ce champignon séché. Parfois on lit qu’il « est rare » -d’où cher sans doute- alors qu’on le trouve assez fréquemment dans nos régions. Certaines images de vente de ce produit « miracle » témoigne d’élevage sur bûches de chêne enterrées.

Peu de mentions dans la littérature mycologique sur les « bienfaits » supposés ou avérés de cette espèce. On trouve, par exemple, la mention « non comestible » chez Phillips, Borgarino&Hurtado, Marchand; « intérêt décoratif » chez Bon; un logo correspondant à « sans intérêt ou indigeste » chez Eyssartier&Roux. Le Guide écologique des champignons Région Périgord Quercy précise lui, à la page 294, que « Si le Ganoderme luisant est beaucoup trop coriace pour être comestible, il est toutefois cultivé en Chine et utilisé dans la pharmacopée traditionnelle. Des études récentes démontrent qu’il contient en effet des molécules actives pour soigner certaines affections. »

Parmi les données scientifiques concernant Ganadorma lucidum et d’autres champignons pharmacologiquement intéressants il est possible de consulter cette note de bonne source.

Cela dit nous n’essaierons pas de réduire en poudre notre récolte pour un usage de bien être ultérieur sinon l’utiliser éventuellement pour une recherche microscopique. En revanche il nous intéressait de regoûter la Langue de bœuf. Nous en avions fait l’expérience il y a longtemps et cela ne nous avait pas trop séduit. Donc à midi …

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… après avoir relu la veille quelques conseils de préparation culinaire de cette espèce, nous avons, dans sa partie la plus tendre, pelé la cuticule de Fistilina hepatica, tranché de petites escalopes très fines dans la chair du bas du chapeau. Sautées tranquillement à la poêle dans de l’huile d’olive, salées, poivrées, additionnées d’ail en poudre. Un peu de persil du jardin et dégustation sur le champ dans une petite assiette. C’était pas mal du tout. Pas de cheveu sur la langue et … il y avait à boire. Même pas soif.

                                                                                                      Michel Pujol

 

Non je n’ai pas changé et Nom j’ai changé

 

Nous l’avions remarqué  il y a quatre ans, en septembre à Gradignan en Gironde, luxuriant sur un tronc de feuillu envahi de lierre, à l’entrée d’un bois. Il s’appelait alors Armillaria socialis (syn. Armillaria tabescens). Nous l’avons retrouvé cette année en août dans le même bois, à quelques pas, puis en septembre. Cette dernière fois au même endroit, sur son tronc toujours orné de lierre. Et … il avait changé de nom. L’armillaire sans anneau  doit aujourd’hui porter le nom valide de Desarmillaria tabescens.

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Désarmant!

Quand Christian Rouzeau, un ancien de la Linnéenne de Bordeaux – de qui nous avons beaucoup appris en mycologie- pestait contre les changements de noms de champignons et continuait à les appeler à l’ancienne, cela nous laissait songeur. Aujourd’hui, ayant atteint peu ou prou son âge d’alors, nous le comprenons mieux.

La nomenclature restera certes toujours une difficulté mais, quelque soient les avancées scientifiques, la fluctuation de la dénomination des espèces est déconcertante. De là à penser que les noms de mycologues accolés aux nouvelles dénominations en est une clé? Ce serait regarder par le petit trou de la serrure et, jusqu’à présent nous n’avons jamais vu un carpophore (ce terme a repris du service) émerger d’une serrure…

Alors, en plagiant le bon Julio Iglesias, donnons -s’il en était besoin- la clé du titre de cette chronique. Non je n’ai pas changé (toujours l’Armillaire sans anneau) et nom j’ai changé (feu Armillaria socialis renait en Desarmillaria tabescens). C’est certainement faire beaucoup de cas d’un détail?

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Cela dit, la micro n’a pas changé. Nous avons laissé sur notre planche le nom à la date de l’étude.
En revanche, nous avons observé, au-delà du nom, non pas sur quatre ans, mais sur une quinzaine de jours la faible résistance à la chaleur de cette espèce lignicole.

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Ci-dessus, en haut, des bouquets d’Armillaires encore bien portants et, en bas, les mêmes « destroyed » seulement deux semaines après. Un manque d’eau flagrant pendant cette période.

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Toutes les espèces ne sont pas logées à la même enseigne. Prenez l’Amadouvier par exemple, une espèce présente et photographiée dans le même bois de Gradignan non loin des Armillaires pré-cités . Hors que son nom n’a pas changé « depuis Fries », cette espèce amadouée par feu l’Homme préhistorique à qui il a montré sa flamme, Fomes fomentarius donc n’a pas (ci-dessus) changé d’aspect en deux semaines. Il lui faut bien davantage.

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Quatre longues années par exemple (ci-dessus, même endroit) pour passer, sur le même arbre, du beau blanc au bien brun. Non, nom, celui -ci n’a pas trop changé!

                                                                                                         Michel Pujol

Au gré des pas à Canéjan en bord d’Eau Bourde

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Cette fin août, aux abords de Bordeaux, la sécheresse n’en finissait pas de tarir les pousses et si … en bord d’Eau … Bourde il y avait quelques frémissements? Revenir en terre connue , se garer près de la Salle Simone Signoret à Canéjan et descendre vers le moulin de Rouillac et puis poursuivre le long de la rivière vers les anciens terrains de feu IBM.

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Près du parking de départ, sous la pinède, de vieilles connaissances, en troupe serrée avec quelques carpophores desséchés. Il en restait quelques présentables (ci-dessus) pour montrer leur chair jaune, leurs pores serrés, leur stipe comme pointillés et le revêtement du chapeau plutôt « glissant » quand il fait humide. De vrais Suillus qui concentrent les terpènes du Pin en haut du béret donc qui font « aller » dans une mise en selle rapide. Comme un remède de cheval pour mines constipées.

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Non loin de là, plutôt sous feuillus cette fois, un autre laxatif quand il est pris, par erreur bien sûr, pour un Rosé des prés. L’Agaric pintade (ci-dessus) tout comme son « cousin » l’Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus) se plait dans les biotopes rudéralisés, anthropisés et, sur ce lieu canéjanais, très agréable pour se balader, la présence humaine est fréquente.

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Côté micro, l’espèce Agaricus moelleri apparaissait bien comme étant celle de notre récolte. A part deux exemplaires très desséchés de Xerocomus chrysenteron nous ne trouvions pas d’autres champignons et nous quittions le haut du parcours pour aller vers l’Eau Bourde inspecter le long du canal de dérivation du Moulin de Rouillac où, régulièrement, nous rencontrons quelques Amanites phalloïdes. Las, pas une seule. En revanche, plus tard …

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… après avoir franchi le pont du canal de dérivation puis celui de l’Eau Bourde, au pied d’un talus ce Bolet (ci-dessus) se détachant du tapis de lierre.

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Dégagé du sol, il présentait des tubes orangé se tachant à la pression, un stipe non réticulé dont la base laissait présager l’espèce (ci-dessus à gauche). Restait à trancher la question (ci-dessus à droite). La couleur betterave du pied du pied plaidait bien en faveur du Bolet de Quélet.

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Restait notamment à jeter un œil dans une dépression, logiquement plus humide, prolixe certaines fois en Lactaires dits délicieux. Là point de lactaires mais (ci-dessus) ces Amanites à bulbe étoilé très ubiquistes. Tout près d’elles, une tache verte (ci-dessous).

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Une Russule? Que non! De fil en aiguille (s) -beaucoup la recouvraient- l’espèce, la plus mortelle d’entre toutes, était déterminée (ci-dessous).

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En effet, en creusant autour du sujet (ci-dessus), on distinguait en trois temps le revêtement fibrilleux du chapeau, le reste d’une volve en sac à la base du stipe et des lames blanches. L’état dégradé de l’exemplaire ne permettait pas de voir l’anneau mais c’était bien sûr une Amanita phalloïdes.

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D’ailleurs, une autre de la même espèce (ci-dessus), cette fois-ci entière se dressait à proximité de l’autre. Il suffisait d’en dégager la base pour mettre en valeur la volve en sac pour cette photo où l’anneau apparaît distinctement.

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Une occasion, au retour, de la scruter au microscope pour la ficher (ci-dessus). La balade n’était pas terminée et nous comptions bien longer la rivière, l’échelle à poissons à l’ombre des Aulnes glutineux qui jalonnent l’Eau Bourde.

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Et, au pied de l’un deux, nous retrouvions, en quantité (ci-dessus), ce Paxille qui leur est inféodé.

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Outre son affinité avec l’Aulne glutineux, P. rubicundulus (ci-dessus) se différencie de P. involutus par sa marge qui n’est pas aussi enroulée et sa couleur plus … rubiconde. Restait à poursuivre le cheminement de l’autre côté via le pont communiquant avec l’ancienne zone de feu l’usine IBM avec l’arrière pensée d’y voir quelques Bolets de la stirpe des Cèpes.

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Faute de grives … Joli Lactaire (L. rugatus? ou aurantiofulvus, aurantiacus, atlanticus etc..) et Russules sèches (R. cyanoxantha?). Nous n’avions pas, notamment, de sulfate de fer dans le sac pour réduire le cercle des hypothèses ni l’envie d’en faire bien sûr, des sujets de consommation. S’il y avait eu quelques cèpes…

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Sur le retour, au bord du canal du Moulin de Rouillac, des taches blanches élevées. Des Macrolépiotes oui mais à ne pas confondre avec les Coulemelles.

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Il s’agissait de la Lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum) très présente en ce moment et, si l’on en croit la Mycoliste , au hit-parade actuel des désordres gastriques.

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Autre Lépiote toxique, croisée près des Paxilles, cette fois bien plus petite et à rejeter comme toutes les petites Lépiotes: Lepiota cristata.

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La Lépiote à crêtes est bien mignonette mais ne jugeons pas -pour les fréquenter dans l’assiette- les champignons à leur belle allure. Une seule règle: être sûr de l’espèce, de la comestibilité de cette espèce. Si oui, des conditions de préparation (cuisson etc.) et de la nécessité d’actualiser ses connaissances. Vérité d’hier n’est pas forcément celle d’aujourd’hui.

Nous reviendrons à Canéjan. Plût au Ciel qu’il pleuve.

                                                                                              Michel Pujol

 

 

 

 

Couleurs de juin: vert russule à jaune pruineux

 

Quelques photos, des légendes qui ne durent pas des siècles en ligne (s). Le plaisir de (re) découvrir une Nature généreuse et, parfois, avantageuse, en toute modestie madrée d’humilité. Le 11 juin nous espérions retrouver nos verdettes mais, alors, pas assez de soleil sans doute pour cette espèce réputée thermophile. Aussi, hier 18 juin, journée caniculaire s’il en est du moins en Gironde et donc plutôt en fin d’après-midi nous inspections certains endroits habituellement propices quand…

R.virescens-1-MP.jpg… deux boutons verdâtres, dont un en forme de casque de 2 cm de haut, émergeaient du sol feuillu. Dégagés délicatement:

R.virescens-2-MP.jpglames blanches, revêtement du chapeau moiré de vert, structure crayeuse, biotope habituel, nous retrouvions Russula virescens, « nos » premières de cette saison. Bien sûr nous avions vu notamment sur les pages dédiées de Facebook qu’il y avait déjà eu quelques récoltes de cette russule verdoyante notamment en Gironde.

L.-perlatum-1-MP.jpgNon loin de là, presque aussi minuscules que nos deux « boutons », ces vesses démarraient leur pousse. D’aiguillons en aiguillonsL.-perlatum-2-MP.jpgnous en rencontrions deux autres plus matures. Mignonnes à croquer? D’après « L’indispensable guide du cueilleur de champignons » de Guillaume Eyssartier et Pierre Roux (éditions Belin 2014) elles « sont comestibles, mais leur chair est molle et presque totalement insipide. Tout au plus leur consommation peut-elle être expérimentale, lors de périodes où aucun autre champignon ne pousse! » fin de citation. On verra plus loin que, ce jour-là une autre espèce laissait entrevoir une couleur jaune caractéristique et question sapidité ça ne fait pas un pli ou plutôt beaucoup de plis sous la lame du préparateur.A.-fulva-MP.jpgAvant d’entrer dans le jaune, regardons la couleur fauve de cet amanitopsis, donc sans anneau, mais chaussant une belle volve et arborant des stries en bord de chapeau. Bien en meilleur état que celle rencontrée le 2 juin victime de la sécheresse.G.-fusipes-MP.jpgUn peu de jaune avec ce lignicole reconnaissable, entre autres, à son pied en fuseau quelque soit … l’horaire. Un peu facile mais le rire est le propre de l’homme et souvent du mycologue et de la mycologue, auteur et auteure.C.-pallens-1-MP.jpgEnfin, caché un peu sous le feuillage puis offert à l’objectif ce basidiophore un peu sec mais pas tout à fait déséché etC.-pallens-2-MP.jpgen cherchant très près autour ces exemplaires plus « frais » etC.-pallens-3-MP.jpgune fois rassemblés en récolte tous plis dehorsC.-pallens-4-MP.jpgpuis alignés militairement en rang. La classe quoi!

Au programme ce soir, dégustation de girolles. Avec jaune d’œuf ou pas. On verra…

                                                                                                                                               M.P.

 

 

 

 

Timides pousses mais … une girolle

 

Chaud-chaud ce premier Week end de juin. Après trois semaines hors métropole non sans surveiller quelques pages dédiées aux champignons sur facebook , l’envie de visiter quelques stations et, en particulier une, très proche, où point  Cantharellus pallens . Certes, l’année dernière nous en avions trouvé à la mi-mai (lien précédent) mais pourquoi pas un 2 juin? Donc, ce dernier jour, sous le couvert de charmes, non loin de chênes, apparaissait un seul point jaune que nous allions photographier sous plusieurs angles (ci-dessus) pour en montrer les plis concolores sur la masse trapue accentuée par un trop plein de sécheresse.

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Pas vraiment recouverte de pruine mais d’un jaune moins éclatant que celui de Cantharellus cibarius

Parmi les russules « précoces » nous guettions les R. vesca avec, dans le panier, dans la poche de réactifs, un cristal de « fer » au cas où.

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Le vieux rose ne ressortait pas franchement sur ces exemplaires desséchés de bord de chemin mais le « fer » gratté sur leurs stipes accréditait l’hypothèse de Russula vesca  . Un peu plus tard, dans un autre bois plus humide,

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nous trouvions ces deux russules, plus fraîches donc plus vieux rose.

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Testé au cristal de sulfate de fer, le stipe (à gauche) s’ombrait de saumon.

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Et des bolets? Pas de cèpes ce 2 juin sur les stations de Boletus aestivalis et de B. aereus mais deux bolets des charmes, sous charmes, répondant, aujourd’hui au doux nom de Leccinellum pseudoscabrum. 

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Pour compléter ce petit inventaire sans Prévert, ci-dessus, Une Amanotopsis bien sûr sans anneau et au bord du chapeau strié: Amanita fulva ici victime du soleil lui ayant dérobé le velouté fauve de sa tête.

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Enfin, une belle espèce que nous rencontrons souvent en début de saison, en ces lieux, sur bois mort.

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D’admirer ses pores réguliers, Polyporus tuberaster ne nous lasse pas. Chapeau le polypore!

                                                                                                                    Michel Pujol

Précoce sur le B.R.F. nourricier: sur la piste des Agrocybes

Dans notre précédente chronique nous évoquions, à propos du Plutée couleur de cerf, le biotope particulièrement « productif » du Bois Raméal Fragmenté (B.R.F.). En bordure d’un parking du centre de Gradignan, en Gironde, nous avions vu justement depuis quelques jours, dans un massif abondamment garni de B.R.F, plusieurs troupes de champignons aux chapeaux brun-jaune tout craquelés. Ça ressemblait bien à des Agrocybes mais leur taille paraissait bien grande. La consultation de la littérature, des sites spécialisés d’Internet dont MycoDB et un peu de microscopie nous confortait quant au genre et précisait l’espèce qui porte bien son nom en ce 22 mars printanier: Agrocybe praecox  (Agrocybe précoce).

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Sous l’angle macro, lames échancrées beige et brunissant sur le tard, anneau membraneux fragile et (comme ci-dessus) déchiré restant accroché au chapeau, chair blanche à odeur de farine, saveur plutôt douce (pour le minuscule morceau de chapeau mâché et vite recraché), stipe régulier assez long et …

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… caractère souvent décrit pour cette espèce, de nombreux cordons mycéliens blancs qui restent bien accrochés à la base du stipe quand on le dégage du sol « jardinier » très meuble où il abondait, lié au B.R.F.

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Sous l’angle micro, nous avons notamment observé des cheilocystides et pleurocystides fusiformes ventrues et la mesure des spores ellipsoïdales lisses à paroi épaisse est en moyenne, pour notre récolte, de 9,4 x 5,9 µm.

Petite bibliographie: Bon (2004) p.262; Courtecuisse & Duhem (2011) n°1299; Eyssartier & Roux (2011) p.836; Breitenbach & Kränslin (1995) Tome 4 n° 368.

Michel Pujol 

Encore des chanterelles un 5 février

Précédemment , le 19 janvier, nous trouvions notamment, près de Bordeaux, à Gradignan, des chanterelles à pied jaune (Craterellus lutescens) ainsi qu’un géastre (Geastrum triplex), des amanites jonquilles (Amanita junquillea) et des crépidotes (Crepidotus variabilis). Ce 5 février, toujours près de Bordeaux, à Canéjan qui jouxte Gradignan, sous les pins -dont on distingue les aiguilles sur notre image- et protégées par des fougères, subsistaient d’autres chanterelles. Cette fois une espèce moins fluette que les lutescens, la chanterelle à tube (Craterellus tubaeformis). Un « bouquet » important sur une seule station. Loin autour pas d’autre « nid » sinon quelques rescapées de l’hiver en pousses très clairsemées d’un à deux individus par station. Des champignons toute l’année? Poser la question n’est-ce pas y répondre.

M.P.

Canéjan, chanterelles à tube, craterelles tubiformis