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Petites pièces jaunes

Sec, très sec dans les bois girondins en particulier à Illats où, entre charmes, chênes et chataigners, dans des endroits plutôt aérés, nous avons le plaisir de rencontrer moultes espèces. Alors, hier un petit tour pour ne découvrir que feuilles sèches et sol idoine et puis, tout à coup, au milieu du désert mycologique, quatre points jaunes capturés au smartphone. 

Minuscules nos premières Girolles pruineuses et, au grattage, très séchées sur place. D’ailleurs, aujourd’hui, au lendemain de la collecte de ces petites pièces jaunes, nous les avons mises devant un objectif macro plus fidèle quant à leur portrait et posant avec une vraie pièce de deux euros. 

Sur fond noir , tapis de souris, la scène soulignait leur petitesse et les révélait encore plus sèches que la veille. Attendons qu’il pleuve pour retrouver bientôt sur leur station gradignanaise leurs sœurs jaunes enfarinées

Pour l’instant, notre dernière visite à l’entour date du 30 avril et s’est révélé moins prolixe que la précédente.  

En effet, outre Fomes fomentarius toujours bien accroché à son support, nous n’avons aperçu que cette Amanite moins jaune que les Girolles d’Illats mais quand même … citrine. Nous reviendrons sans nous presser.

Michel Pujol

Bande à part?

Hier, dans le bois d’à côté, nous allions vers le spot de Cantharellus pallens ayant vu sur le nombreuses pages Facebook dédiées que la Girolle pruineuse commençait à se montrer en Gironde. Las! pas de jaunette « saupoudrée de farine » mais, à proximité de notre station, se dressait fièrement (ci-dessus) ce Phallus impudicus à la tête vert foncé dévorée par les mouches qui en disséminent les spores. 

Tout près, un autre Phallus impudicus était moins convoité par les insectes zélés. Une seule mouche sur le chapeau clair ayant perdu non de sa superbe mais de son revêtement odorant. Allaient-ils être les deux seuls champignons faisant bande à part?

Que non bien sûr. A proximité, dans ce bois de feuillus, un jeune trapu (1) semblait être, décapuchonné, une sorte d’Amanite à lames blanches et à bulbe à peine rougissant (2). Tout à côté comme la tête d’une Russule (3) par trop mouchetés et nous retrouvions (4 et 5) les lames blanches et le pied bulbeux du jeune trapu. Proches d’Amanita rubescens? Mis de côté pour une prochaine étude microscopique. Donc pas de Girolle mais déjà deux espèces.

Leur présence constante ne saurait étonner. L’Amadouvier vu de dessus et un dessous ajouté, Fomes fomentarius traverse les saisons.

Egalement attaché aux arbres mais plutôt printanier ce polypore fait partie des espèces que nous trouvons en ces lieux parmi les premiers en début d’année. Vieille connaissance maintes fois photographiée Polyporus tuberaster s’identifie sans beaucoup d’efforts.

Tout comme les premiers de la bande qui, en définitive, n’étaient pas si seuls que ça.

Michel Pujol

Le printemps chante: Pézizes sous Cèdre

Nous les guettions sous les Séquoias du parc de Laurenzanne à Gradignan (33) où ils étaient notamment apparus le 13 mars 2017 et le 14 avril 2018 (cliquer sur les liens). C’est finalement au pied d’un Cèdre de l’Himalaya que nous les avons découverts ce 20 mars, veille du printemps. Toujours à Gradignan mais dans le parc de la Motte féodale qui surplombe l’Eau Bourde et qui présente de vastes espaces fréquentés par des cyclistes et des promeneurs.

Cette Pézize est appellée le plus souvent Geopora sumneriana ou Sepultaria sumneria. On retrouvera de nombreux synonymes notamment sur sa fiche de MycoDB. Ses appellations de Pézize des cèdres et Géopore des cèdres évoque combien ce champignon printanier est lié à ces arbres. Un habitat très courant mais il peut, plus rarement, cohabiter avec les Ifs et, nous l’avons vu précedemment, avec les Séquoias.

Il se présente, ouvert, en étoile à fleur de terre avec de petits poils brun foncé sur la face externe. Les pages dédiées à la mycologie sur Face Book « regorgent » de photos de Pézizes du cèdre témoignant de son apparition en ce moment.

M.P. 

Sur le Net:

SMNF

MycoDB

Wikipedia

Champyves

Novembre, décembre, janvier: les reines hivernales

Nous aimons à les retrouver ces Chanterelles. La saison mycologique 2021-2022 répète pour Craterellus lutescens les apparitions des années précédentes. Premières pousses vers novembre, prolifération en décembre, présence en janvier et jusqu’en février. Nous verrons, le mois prochain si ce rythme perdure en 2022.  

Le gel a, bien sûr, quelques incidences sur les carpophores et il est recommandé, si consommation, de vérifier qu’il n’y a pas eu congélation-décongélation-dégradation en site naturel ouvert aux contaminations.

Ceux découverts avant hier (ci-dessus captés au smartphone) ne semblaient pas endommagés. Le mois dernier, sur la même station, ils étaient plus « présentables » (ci-dessous avec un … bon appareil photo)

C’était peu après Noël et nos lutescens luisaient de jaune. 

Ce jour là, outre les Chanterelles nous avions rencontré d’autres espèces. 

Parmi lesquelles des Laccaires, des fausses girolles (Hygrophoropsis aurantiaca) et des Agaricus sp. Avant-hier, nous n’avons pas remarqué autant d’espèces dans l’environnement des Chanterelles qui, encore en janvier, sont sur un … plateau de croissance.

Michel Pujol   

Concomitamment

La concomitance de lieux et d’apparitions de pousses de l’Amanite tue mouches et du Cèpe de Bordeaux est loin d’être un secret. Il n’est que, par exemple, de taper sur un moteur de recherches « Muscaria et Edulis » pour que de nombreux liens conduisent vers cette constatation.

Ainsi, hier en Gironde, dans un bois de Gradignan, n’avons nous pas été surpris de rencontrer à proximité l’une de l’autre ces deux espèces. Certes en quantité différente puisque les Amanites tue mouches sortaient à foison

et que les cèpes étaient bien moins nombreux quoique certains indices laissaient à penser que quelques uns d’entre eux avaient été prélevés 

et que celui resté sur place semblait avoir été déjà « canifé » (ci-dessous).

Tout autour, quelques espèces notamment hivernales perduraient.

Entre autres l’Amanite citrine, le Lycoperdon perlé, la Collybie à larges feuilles …

Mais, tout proche des amanites rouges à points blancs, se dressait, non découvert jusqu’alors, un Cèpe de bordeaux

tout en majesté et qui le soir même nous régala alors que très près, dans le même biotope, une Coulemelle

était sur sa fin loin de notre … faim.

Michel Pujol

Par tous les saints, les revoilà!

Un temps de Toussaint? Pas tout à fait à la mode ancienne. Pas de réplique au papier carbone et il paraît qu’ils en causent en Ecosse alors que les champignons, comme toutes les espèces encore vivantes, doivent filer à l’anglaise mais certaines, à l’instar des Cyclamen, continuent à marquer l’automne en abondance dans nos bois. Seront-elles aussi nombreuses  que les années passées ces Craterellus lutescens? Dissimulées sous les aiguilles, nous avons revu avec grand plaisir les Chanterelles à pied jaune ce premier novembre en un endroit où elles se plaisaient, bien resserées à l’abri de fougères et d’arbustes près d’un chemin mais hors des regards semble-t-il.

Encore jeunettes, elles n’avaient pas encore connu leur crise de croissance et il fallait les dégager des brindilles environnantes pour une photo de groupe dans leur écrin de verdure.

Rappellons que, comme les Girolles, du genre Cantharellus, les Chanterelles, du genre Craterellus, portent plis sous chapeau

alors que les « fausses grirolles » Hygrophoropsis aurantiaca (en haut à gauche du montage ci-dessus) rencontrées le même jour arborent des lames. Ces dernières sont très larges chez Megacollybia platyphylla (en haut au centre), plus serrées chez Collybia dryophilla (en haut à droite), plus frèles chez les Mycènes et épaisses chez l’Amanite citrine (en bas). Autant d’espèces rencontrées en nombre ce premier novembre

de même que le Lactaire dit délicieux, Lactarius deliciosus

et le Plutée couleur de cerf, Pluteus cervinus, pité sur sa branche avec un jeune congénère qui semblerait lui faire la courte échelle.

Cette maigre récolte a été appréciée à midi après passage en cocotte en fonte avec huite d’olive, oignon, échalotte, ail et bien sûr sel et poivre.

Michel Pujol

Prem. à côté: 28 juin verdettes, 8 juillet cèpe d’été

Dans les espèces que l’on guette particulièrement en cette saison, les verdettes Russula virescens et le cèpe d’été Boletus aestivalis. Parce que, notamment, elles réjouissent les papilles mais aussi parce que elles sont identifiables au sein des cortèges de champignons qui pointent leurs chapeaux dans les mêmes biotopes au même moment. Nous aimons à les retrouver chaque année en particulier dans le bois d’à côté que nous ne fréquentons pas tous les jours mais souvent.

Lundi 28 juin

Ainsi c’est ce lundi 28 juin que nous avons vu (ci-dessus) notre première verdette de la saison. Vu son état, elle avait dû sortir quelques jours avant.

En revanche, celle-ci était plutôt jeunette

alors que cette autre était plus mature. Bref, nos premières Russula virescens étaient bien là à nos pieds à portée d’objectifs photo et, éventuellement, de poêle.

Lors de cette sortie nous retrouvions quelques Girolles pruineuses, Cantharellus pallens sur la même station qu’auparavant et même un autre endroit un peu plus loin.

Première rencontre de l’année avec la Collybie du chêne, Gymnopus dryophilus pourtant très courante habituellement parmi les feuilles en décomposition.

Autre espèce saprophyte la Collybie à larges feuilles, Megacollybia platyphylla présente, elle , depuis pas mal de temps

tout comme l’Amanite fauve, Amanita fulva

et l’Amanite à pied en étoile, Amanita asteropus.

Jeudi 8 juillet

Quelques jours plus tard, le 8 juillet, en mêmes lieux, nous retrouvions

minuscules cette fois, points jaunes au pied d’un arbre et une autre plus développée (à droite) la Girolle pruineuse, Cantharellus pallens.

Puis, en très grand nombre, sous charmes bien sûr, le Bolet des charmes, Leccinellum pseudoscabrum.

En grand nombre aussi la Collybie à larges feuilles, Megacollybya platyphylla et ses fils à la patte.

Bien représentée également la Russule vieux rose, Russula vesca reconnaissable ici sans qu’il soit besoin de la gratouiller avec un cristal de sulfate de fer.

En revanche, pour cette Russule isolée, une prise en main était utile pour gratter ses lames cassantes et sentir son odeur nette de coco. Pas d’ailleurs la seule à dégager cette odeur mais allure générale, couleur, odeur, fragilité nous conduisait à Russula fragilis.

Petit arrêt objectif pour capter ces rougeoiements ravissants de Amanita rubescens l’Amanite rougissante.

Et voilà qu’un autre Bolet apparaissait bien plus seulâbre ici que ceux des charmes et c’était le premier de la saison que nous rencontrions, le Bolet chatain, Gyroporus castaneus.

Premier de la saison dans ce bois d’à côté et lui aussi tout seul malgré des recherches tout autour: le Cèpe d’été Boletus aestivalis, affichant 189 grammes sur la balance une fois son pied sain bien nettoyé.

Pas de liséré blanc au bord du chapeau, le stipe bien réticulé: pas le Cèpe de bordeaux bien que de Gradignan donc de Bordeaux Métropole. Cèpe pas possible … mais si.

Michel Pujol

Sur la piste d’un Leccinum: en quête d’indices

Dans notre dernière chronique « Premiers bolets de bois verts pleins de charmes » nous évoquions un Leccinum photographié le 23 mai. Posté sur Facebook, notamment sur la page « Amateurs de champignons » cet article suscitait, de la part d’un administrateur la remarque suivante: « Merci pour le partage, mais un truc me titille les pupilles. L. pseudoscabrum avec les pores aussi jaunes? » et ce lecteur attentif ajoutait: « J’aurais été intéressé de voir une coupe. »  Aussi, quand le 6 juin nous retrouvions, sur le même spot gradignanais, au même endroit sous les charmes deux Leccinum de la même espèce issus, peut-être ?, du même mycélium, de retour à la maison toute proche, les deux individus n’échapperaient pas à la coupe!

Ainsi fut fait, l’Eyssartier&Roux (Le guide des champignons France et Europe Belin 2017) ouvert à la page 70. Suivant leur description du Bolet rude des charmes Leccinum pseudoscabrum syn. L. carpini, nous avons touché le chapeau du bolet fraichement récolté et constaté qu’il était bien « un peu gras au toucher » et de surcroît « typiquement cabossé ». Vu aussi qu’à la coupe (non réalisée le 23 mai) la chair était « blanchâtre, puis lentement violet noirâtre et enfin noirâtre ».

En revanche, ce qui avait sans doute fait réagir notre interlocuteur sur Facebook, nous ne recoupions pas tout à fait les tubes « gris puis gris brun » de la page70; la tendance était plutôt dans le jaune. Mais pourtant…

Alors, une clé pour ouvrir le genre Leccinum? Par exemple pour déterminer ceux du Périgord qui n’est pas bien loin de la Gironde. Une clé de l’Association mycologique du Périgord avec la signature d’Alain Coustillas: une référence. Ainsi nous lisions au chapitre 4 de la clé consacré au « chapeau brun plus ou moins foncé »:

o Chapeau mou, très cabossé (tesselé), brun terne, souvent petit – Pores crème 
jaunâtre, brunissants – Stipe grêle, fibreux, noircissant, à méchules grisâtres 
puis noirâtres, en lignes sur l’arête des côtes longitudinales – FeSO4 : vert 
sombre – Formol : rouge brique noircissant – Sous charmes, plus rarement 
noisetiers :
…………………………………………. Leccinum pseudoscabrum (Bolet rude des charmes)

Les « pores crème jaunâtre ». Voilà qui nous rassurait sur notre détermination maintenant « plein tubes ». Ajoutons que nous avions fait le test du « fer » (recommandé par Eyssartier&Roux notamment pour L.scabrum) avant de lire sur le site de l’A.M.P. que le Bolet des charmes se teintait de « vert sombre » au frottage avec FeSO4 et c’est bien ce que nous avions constaté avec notre cristal appliqué sur le stipe de notre présumé L. pseudoscabrum. 

Ne dit-on pas que de la discussion jaillit la lumière. En matière de mycologie certainement bien qu’il existe encore pas mal de zones sombres. C’est bien son charme.

Michel Pujol

8 mai la victoire? Oui(t) mai(s) premières R. vesca

Point de pousses hors lignicoles persistants dans le bois d’à côté. Nous guettions la libération des primordiums. Alors ce 8 mai allions nous crier victoire? Un peu de pluie avait apporté un zeste d’humidité vite absorbé. Cantharellus pallens a fait une apparition ces jours derniers en Médoc et à Gradignan? Notre station est toujours muette ce jour. L’année dernière il avait fallu attendre (lien précédent) le mois de juin.

Donc pas de Girolle mais nous rencontrons, en un seul exemplaire (ci-dessus, dessus, dessous, de profil) sur sa branche moussue à terre, une espèce lignicole habituelle en cette saison et souvent à l’avant garde de bien d’autres, elles saprophytes et mycorhiziques. Ce Polypore serait-il annonciateur… de Russules par exemple?

Mai(s) oui(t) en ce huit mai nous observons notre première (ci-dessus) Russula vesca. Pas de sulfate de fer dans le sac pour tester sa réaction mais son revêtement « jambon polyphosphaté » du chapeau, ses lames blanches, son lieu de pousse et … une longue complicité ne nous font pas douter. Il s’agit bien de la Russule vieux rose.

Pas très loin, nous en trouvons une seconde en à peu près bon état (ci-dessus)

puis une troisième très « fatiguée » (ci-dessus) et nous vous faisons grâce d’une quatrième vesca en fin de vie que notre objectif a épargné.

En revanche, il n’a pas pu résister au charme de ces Trametes versicolor, dans un bois au demeurant plein de charmes mais ce jour sans Leccinum carpini qui sortiront pus tard sans doute.

Un objectif macro pour saisir ces ravissants petits chapeaux en éventails et leur face inférieure tapissée de pores fins (cf. Eyssartier & Roux p. 1050). Ces Trametes s’offraien à notre vue depuis plusieurs semaines mais les Russules n’ont montré le bout de leur chapeau vieux rose que ce jour du 8 mai commémorant la victoire de 1945. Leur jour de gloire est presque arrivé.

Michel Pujol

Chanterelles: les deux font la paire

La mi-décembre et voilà revenu le temps des chanterelles. L’année dernière, nous en avions trouvé en février. Aussi en janvier. Même en novembre d’une autre année elles aparaissaient. Nous guettions leur présence dans le bois d’à côté et, hier vendredi, un petit tour vers les stations habituelles nous a fait constater qu’il s’en était cueilli. Les pieds coupés en témoignait mais, en cherchant bien, il en restait encore pour la photo et, peut-être, pour un peu de cuisine à la crème.

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Nous allions retrouver des chanterelles en tube, Craterellus tubaeformis, assez développées

Craterellus-lutescens-MP.jpg

et des chanterelles à pied jaune, Craterellus lutescens, plus « fluettes », sans doute plus récentes et en plus petit nombre. 

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On remarquera les différences les plus apparentes entre ces deux espèces comestibles: le stipe épais en tube et les plis bien affirmés chez C. tubaeformis (à gauche) alors que le pied est jaune et frèle chez C. lutescens et les plis sous le chapeau sont presque lisses (à droite). Une paire qui s’entend bien dans l’assiette et décembre, janvier, février, si les conditions sont favorables, devraient permettre de jouer la carte des Chanterelles et espérons que cela ne fera pas un pli!

Michel Pujol