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A la rencontre de la diversité fongique

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Ce dimanche 17 novembre l’association « A la poursuite des champignons » conviait ses adhérents et contacts récents à une sortie à Canéjan, en Gironde. L’occasion pour les animateurs de partager quelques connaissances et beaucoup de leur passion mycologique avec les participantes et participants à cette balade matinale. Si, la veille, la pluie était tombée drue, là les nuages cachaient quelque peu les rayons dominicaux mais l’eau imbibait le sol et surtout… les champignons. Les chapeaux des Agarics pintades matures (Agaricus moelleri), par exemple, semblaient tracés de rose tant ils étaient imbus et il fallait beaucoup de précaution pour éviter que le pied d’une Russule présumée fragilis (l’odeur de coco ne semblait pas au rendez-vous) ne se casse un peu trop vite. Bref, mouillé de chez mouillé mais une grande diversité d’espèces (liste en fin de texte) eu égard aux biotopes traversés à pas comptés en l’espace de deux heures.

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La visite commençait par la clairière près du Centre Simone Signoret où, à proximité de pins, des Suillus, entre autres espèces, luisaient en nombre. Le groupe descendait ensuite vers le Moulin de Rouillac pour inspecter le bord du canal habité habituellement par une station d’ Amanites phalloïde (pas de pousse ce jour-là contrairement à quelques semaines précédentes). Le pont sur l’Eau Bourde était franchi et, sur la droite, on cheminait sur une partie du parcours des Graves  décrit dans une précédente chronique (cliquer sur le lien).

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Les biotopes divers qui bordent l’Eau Bourde permettaient de présenter au groupe quelques ascomycètes telles l’Helvelle crépue, l’Oreille-de-lièvre et la Pézize orangée et bien sûr bon nombre de basidiomycètes de tous genres Agarics, Amanites, Russules, Lactaires, Bolets, Lépiotes, Coprins, Psathyrelles, Tricholomes, Mycènes, Hébélomes, Cortinaires, Inocybes, vesses etc. sans omettre quelques Aphyllophorales.

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L’accent était mis notamment sur les risques de confusion, fréquents en cette période entre, par exemple, la Coulemelle et Chlorophyllum brunneum. La présence de Coprins chevelus et de Coprins noir d’encre tombait à pic pour décrire l’effet antabuse de la deuxième espèce.

Liste des espèces rencontrées

BOLETUS aereus 1ex
BOLETUS edulis 2ex
SUILLUS granulatus une station de quelques ex.

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HORTIBOLETUS rubellus 2ex
XEROCOMUS sp +
AMANITA citrina++
AMANITA fulva 1ex
AMANITA muscaria ++
AMANITA pantherina +
AMANITA rubescens ++
AGARICUS moelleri ++ à maturité

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AGARICUS impudicus/variegans 1ex
MACROLEPIOTA procera 4 beaux exemplaires
MACROLEPIOTA cf. konradii 1ex à maturité
LEPIOTA cristata 2ex
LEPIOTA ignivolvata 1ex
LEPIOTA subincarnata (= L.josserandii) 4ex
COPRINUS comatus 3ex
COPRINOPSIS atramentaria 2ex
COPRINOPSIS picacea +
COPRINELLUS cf. micaceus ++
PARASOLA cf. plicatilis ++ à maturité
PSATHYRELLA conopilus 3ex
PSATHYRELLA cf. multipedata 2 belles touffes
TRICHOLOMA album +
TRICHOLOMA sulphureum ++
TRICHOLOMA terreum +

TRICHOLOMA scalpturatum +

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TRICHOLOMA ustaloides 1 ex (cuticule amère)
PARALEPISTA flaccida ++++
MYCENA galopus 3ex (lait blanc lorsque l’on coupe le stipe)
MYCENA pura+
MYCENA rosea+
MARASMIUS oreades un demi-rond de « sorcière ».
LACCARIA amethystina +
LACCARIA cf. affinis +
HEBELOMA sinapizans ++
HEBELOMA sp ++
INOCYBE bongardii 1ex
INOCYBE geophylla var.lilacina++
INOCYBE sp+
CORTINARIUS infractus 2ex
CORTINARIUS cf. cedretorum 1ex
HYPHOLOMA fasciculare ++++ présence en de nombreux secteurs

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CREPIDOTUS cf. luteolus ++ exemplaires sur brindilles.
RUSSULA vesca +
RUSSULA cf. fragilis +
LACTARIUS necator 3ex
LACTARIUS quietus ++

LACTARIUS lacunarum +

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LACTARIUS subdulcis ++
VASCELLUM pratense +
CALVATIA excipuliformis 2ex

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SCLERODERMA cf. bovista 2ex à maturité
FISTULINA hepatica 1ex à maturité
STEREUM hirsutum ++
TRAMETES versicolor +++
BJERKANDERA adusta ++
XANTHOPORIA radiata ++ lignicole sur Alnus
GANODERMA applanatum + vieux exemplaires.
FOMES fomentarius ++
PHAEOLUS schweinitzii 1ex à maturité
RAMARIA stricta 3ex.
PHALLUS impudicus 1ex

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CLATHRUS archerii +++ plusieurs ex. à maturité et non développés.

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TREMELLA mesenterica 1ex
ALEURIA aurantia 1ex
OTIDEA cf. onotica ++
HELVELLA crispa ++++

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PAXILLUS cf. olivellus +++
++++ Très abondant
+++ Abondant
++ Peu abondant
+ Rare
70 ESPECES

NDLR. photos d’illustration d’espèces réalisées deux jours après, sur le même parcours. Cliquer sur les images pour les agrandir.

                                                                      Jean-Christophe Blanchard

                                                                               et Michel Pujol

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Le Coprin chevelu, un blanc qui décoiffe les papilles

La finesse de la mise en bouche.

 Ce champignon blanc qui se dresse le plus souvent en troupes dans les prés, les bordures, les chemins, les chaumes, peut-être dans votre jardin, mérite bien mieux qu’un regard en biais, voire, ce que je condamne en toutes circonstances à l’encontre de toutes les espèces : un méchant coup de pied.

Il n’y a pas que le cèpe et la girolle, il y a aussi, entre autres, le coprin chevelu (1) (Coprinus comatus). Pas besoin de savoir couper les basidiophores en quatre pour le reconnaître. Quand on s’est pris la tête, autrefois, avec les cachets d’aspirine, on retrouve cette forme de tube tout blanc recouvert d’écailles un tantinet brunâtres qui s’effilochent en mèches blanches imbriquées.

A croquer jeune
Spores noires et tablier blanc

Les auteurs parlent de chapeau ovoïde ou oblong, puis d’allure de cloche quand il commence à noircir. Son aspect chevelu prédomine indiscutablement dans sa reconnaissance. L’avoir sur la langue ferait-il zozoter de plaisir ?

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Blanc, rose, noir, vers la déliquescence reproductrice

Fin et savoureux, il se consomme jeune, cru ou légèrement cuit. Très jeune car le drôle grandit vite en déliquescence. Du blanc immaculé, il passe au rose, puis au noir, et coule en encre de chine. Ses spores sont alors mûres et susceptibles de créer un nouveau mycélium. 


 Sournois, il présente bien, tout droit sur son pied élancé, presque tout blanc, mais, au bas du chapeau, des traces noiraudes présagent le début de la fin à l’intérieur.
Trop tard pour les mycophages. Il leur faudra se contenter de ne ramasser que les exemplaires clairs dessus et dedans, donc lames blanches, et les préparer très vite. On aura compris que ce coprin est un comestible très fin, savoureux quand il est jeune, mais qu’il ne voyage pas très longtemps.
                                                                                                                                                           
1_ reprise d’un article du même auteur paru dans le numéro 2 d’Aqui! en octobre 2004 et consultable  sur le site Internet Aqui.fr

Redoutable confusion avec

le Coprin noir d’encre

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On entend souvent dire « pas d’alcool avec le coprin ». En fait nous n’avons jamais connu d’effet désagréable en arrosant en bouche avec modération nos coprins chevelus (accommodés comme on le verra plus bas) avec vins ou apéritifs divers. Ce n’est pas le cas avec son « cousin » le Coprin noir d’encre (Coprinopsis atramentaria) . Ce dernier (photo ci-dessus) pousse le plus souvent en touffes sur des déchets végétaux, résidus de bois etc., est plus ovoïde puis conico-convexe. Accidentellement consommé avec de l’alcool il est responsable de l’effet antabuse . Comme on le lira en suivant le lien précédent c’est particulièrement désagréable d’autant que pendant 72 heures cet effet perdure en consommant de l’alcool sans Coprin noir d’encre associé. Donc à ne pas confondre!

COPAINS ET COPRINS

Pour de vrais amis…
Vous avez quelques coprins (les vrais chevelus) encore jeunes, aux lames blanches, ramassés le jour même et conservés non tassés au réfrigérateur.

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Brossez délicatement les têtes des chevelus.

Pas de poux mais un peu de sable à écarter.

  • Coupez en deux dans le sens de la hauteur.
  • Jetez les pieds et ne gardez que les demi-chapeaux.
  • Un peu de fleur de sel et de beurre à votre goût dans le creux des demi-chapeaux.
  • Passez 10 à 15 secondes à four chaud, plus selon quantité.
  • Au micro-ondes, c’est pas mal non plus.
  • Très surprenant à l’apéro 


Michel Pujol