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Ne pas rester sec sur un desséché…

Samedi, pas grand chose dans le bois d’à côté sinon ces petits carpophores jaunes sur un sol dégagé ouillé d’aiguilles de pin. 

On a bien une petite idée quand on se penche pour les identifier. Chapeaux jaunes, mamelonnés, plus sombres au centre.

Stipes droits dépourvus d’anneau. Seulement deux exemplaires rassemblés, comme en faisceau.. Retournés, les lames verdâtres apparaissent et là point de doute. Il s’agit bien d’Hypholoma fasciculare, l’Hypholome en touffes. Voilà une espèce identifiable facilement de visu mais, un peu plus loin lors de notre balade, sur un tronc où nous avons souvent observé des Collybies à pied en fuseau, nous remarquons un « individu » très desséché, une espèce d’exsiccata pourtant encore bien en jambe mais dont le chapeau est singulièrement flétri.

Dégagé de son substrat et retourné, ses lames vaguement rosâtres rappellent un genre qu’il convient de vérifier.

L’identification emprunte un peu, toutes proportions gardées, à la médecine légale. Nous n’irons pas jusqu’à la recherche de l’ADN quoique aujourd’hui c’est d’actualité mais nous pensons que les cystides observées au microscope recouperont comme un pressentiment. Il y a quelques années, grâce à Germaine Dubrana nous avions fait connaissance avec un microscope et observé des cystides cornées lors de notre première leçon. Sont-ce-elles?

Effectivement, nous retrouvons l’épaisseur de la paroi des cystides et leur extrémité en forme de cornes. Bingo, c’est bien Pluteus cervinus, le Plutée couleur de cerf. Comme un coup de jeune! et le plaisir de ne pas rester sec sur l’identification d’un champignon très … desséché.

Michel Pujol

« Cerfs » du Lac sur Bois … raméal fragmenté

En allant, ce 16 mars, au bord du Lac de Bordeaux sous la pinède nous souhaitions retrouver Sarcosphaera coronaria . Cette pézize, toxique certes mais joliment moirée de bleu violet, y avait été récoltée le 4 avril 2010 par notre ami Yves Mortureux. Nous l’avions revue notamment le 5 avril 2016 et le 19 avril de l’année dernière. A cette dernière date les exemplaires photographiés (voir lien précédent) n’étaient pas dans leur première jeunesse! Dès lors, réchauffement climatique aidant, pourquoi pas un 16 mars…

Las! pas de Pézize couronnée  au pied des nombreux pins plantés en ligne à Bordeaux Lac aux alentours de la Halte nautique. En revanche, un champignon qui traverse presque toutes les saisons: l’Amanite jonquille se dressait en peu d’exemplaires.

Amanite-jonquille.jpg

Subsistaient également dans la pinède des vestiges de vesses petits et gros modèles.

Vesse-petite.jpg

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Restait à examiner un massif paillé au B.R.F. (bois raméal fragmenté) où nous avions fait plusieurs fois quelques découvertes. Un biotope en quelque sorte serre à champignons lignivores. Quelques points jaunes s’apparentant à Gymnopilus penetrans ou G. picreus attiraient le regard et, bien plus volumineux, des troupes de Plutées s’épanouissaient au pied des arbustes de ce massif bien entretenu.

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Au retour le microscope tranchait l’espèce. Pluteus cervinus sans aucun doute avec ses lamprocystides à paroi mince et surtout à crochets.

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Cela avait été, il y a bien longtemps -merci Germaine Dubrana- notre première leçon de microscopie quand nous avions découvert, grossies mille fois, ces cystides du Plutée couleur de cerf. Cornues comme des bois naissant sur la tête du … cerf et ce 16 mars des Plutées couleur de cerf sur bois … raméal, ça ne vous … fragmente pas l’esprit?

Michel Pujol