Ne pas rester sec sur un desséché…

Samedi, pas grand chose dans le bois d’à côté sinon ces petits carpophores jaunes sur un sol dégagé ouillé d’aiguilles de pin. 

On a bien une petite idée quand on se penche pour les identifier. Chapeaux jaunes, mamelonnés, plus sombres au centre.

Stipes droits dépourvus d’anneau. Seulement deux exemplaires rassemblés, comme en faisceau.. Retournés, les lames verdâtres apparaissent et là point de doute. Il s’agit bien d’Hypholoma fasciculare, l’Hypholome en touffes. Voilà une espèce identifiable facilement de visu mais, un peu plus loin lors de notre balade, sur un tronc où nous avons souvent observé des Collybies à pied en fuseau, nous remarquons un « individu » très desséché, une espèce d’exsiccata pourtant encore bien en jambe mais dont le chapeau est singulièrement flétri.

Dégagé de son substrat et retourné, ses lames vaguement rosâtres rappellent un genre qu’il convient de vérifier.

L’identification emprunte un peu, toutes proportions gardées, à la médecine légale. Nous n’irons pas jusqu’à la recherche de l’ADN quoique aujourd’hui c’est d’actualité mais nous pensons que les cystides observées au microscope recouperont comme un pressentiment. Il y a quelques années, grâce à Germaine Dubrana nous avions fait connaissance avec un microscope et observé des cystides cornées lors de notre première leçon. Sont-ce-elles?

Effectivement, nous retrouvons l’épaisseur de la paroi des cystides et leur extrémité en forme de cornes. Bingo, c’est bien Pluteus cervinus, le Plutée couleur de cerf. Comme un coup de jeune! et le plaisir de ne pas rester sec sur l’identification d’un champignon très … desséché.

Michel Pujol

Mix de myxos

Mercredi après-midi, dans le bois d’à coté, « nos » Chanterelles n’habitaient plus leur station. En revanche, sur un tronc à terre, jaillissait un myxomycète rappellant une gerbe de filaments noirs comme autant de vers fins en faisceau.Voisinaient , sur le même support, cet insecte à « mille pattes » (ci-dessus à droite) et un mycète (ci-dessous).

Il s’offrait au regard comme de dures feuilles zonées dont le dessous (en haut à droite) présentait des pores très serrées donnant (sans loupe) l’impression d’une surface presque plate. Trametes versicolor, le mycète  et  Stemonitis axifera, le myxomycète partageaient le même substrat feuillu et moussu en ce 3 mars.

Le myxo était loin d’être un inconnu de nos objectifs du passé. Ainsi (ci-dessous), nous l’avions rencontré en Gironde notamment le 26 juin 2010.

Il était alors bien moins mature que le noir précédent, assez marron. Stemonitis axifera  commun sur bois mort et écorces apparaît plutôt en été et automne selon Mycodb et la couleur du plasmode est d’abord blanc avant de se dresser sur des stipes noirs. Cette évolution de formes et de couleurs présente un des attraits de l’étude des myxomycètes. Nous avions eu l’occasion, par exemple en mai 2012 (montage ci-dessous) de photographier, le même jour, différentes formes de l’évolution de Tubifera ferruginosa.

La plus visible et spectaculaire est peut-être la forme boutonnante orangée (ci-dessous).

Et nous avions saisi un spectacle intéressant de partage de substrat très … animalier. (ci-dessous)

Si les myxos peuvent orner une assiette ( entre autres Tubifera ferruginosa, Fuligo septica et Lycogala epidendrum)

il convient de ne les manger que … des yeux.

Michel Pujol

Stop au spot

Si, comme l’indique le dicton « vigneron à la Saint Valentin doit avoir serpette en main », ce dimanche 14 février notre petite paire de ciseaux a fait office, sain, de serpette à Chanterelles. Nous avions envie d’aller faire un tour sur un spot où, le 8 février, perduraient quelques Craterellus tubaeformis et …

… ce jour béni de la fête des amoureux elles étaient bien là, émergeant peut-être d’une nouvelle pousse, un peu penchées sur leur stipe en tube mais bien vivantes et encore … consommables ces amours de Chanterelles. 

Michel Pujol

Chanterelles: toujours là ce mois de février

Ce lundi après-midi un peu pluvieux, plus vieux d’un an qu’en février 2020  . Nous avions alors trouvé quelques « rescapées ». Et si aujourd’hui, dans le bois d’à côté …

Là où le 18 décembre dernier nous avions rencontré la paire C. lutescens et C. tubaeformis ne restait plus que la dernière espèce citée, la Chanterelle à tube. Plus épaisse que la frêle lutescens donc plus résistante face aux conditions climatiques quelque peu chaotiques de ces derniers jours. C’était donc d’abord la découverte d’une petite station (ci-dessus) plutôt bien abritée, près d’un tronc, sous d’épaisses broussailles.

Puis, tout près de là, le regard « dronait » quelques chapeaux rassemblés.

Un beau bouquet de Chanterelles à tube survivait sur stipes tordus-inclinés mais tenant bon leurs chapeaux dentelés.

Très peu, isolées, affichaient un zeste de jeunesse.

De l’autre côté du chemin, dans un endroit prolixe en novembre-décembre, il ne restait (ci-dessus) sur le sol tapissé d’aiguilles, au milieu de fougères foulées que ces quelques individus fripés.

Un 8 février, les chanterelles, tubes de l’hiver, enchantent et résistent encore.

Michel Pujol

Truffes masquées à Prayssas (47)

« Prayssas village de caractère ». La commune Lot-et-Garonnaise annonce la couleur quand vous y arrivez. Et pourquoi Prayssas? Parce que tous les dimanches matins, de mi-décembre à début mars (suivant la production) a lieu, sous la halle de la mairie, le rituel de la truffe noire et, dimanche dernier, nous y étions.

L’association des trufficulteurs du département, organisatrice, y était, chapeautée et, forcément le nez masqué mais les quelques Tuber melanosporum qui étaient proposées au public avaient été canifées, scrutées et vraisemblablement reniflées à distance par les « truffes » aiguisées des spécialistes sélectionneurs. Truffes masquées en quelque sorte.

Ce dimanche, un seul stand présentait une faible récolte de truffes du plateau du Tournon d’Agenais placée en catégorie 2 à 800 € le kilo.

A l’ouverture de 10 heures, après la distribution de tickets, les organisateurs soulignaient leurs regrets de ne pouvoir présenter que ces quelques truffes (ci-dessus) notamment à un groupe important de Rochelais qui avaient fait le déplacement. La priorité dépendait, c’est la rêgle, du numéro du ticket.Il faut dire que c’était un dimanche « presque sans » alors que les précédents avaient été plus prolixes. Dimanche 17 janvier on comptait pas moins de deux kilos de diamant noir. Le 10 janvier c’étaient 3 kilos répartis en 690 grammes dans la catégorie « extra », 980 grammes en 1re catégorie, 1,3 kg en 2e catégorie. Le 3 janvier on notait également 3 kilos présentés.

En 2015, dans les colonnes de « Sud Ouest », notre excellent confrère Michel Monteil relevait qu' »Avec 600 ha de truffières, le département du Lot-et-Garonne rejoignait la Dordogne pour défier la concurrence de l’Espagne et de l’Italie. » Il ajoutait que « La trufficulture est devenue une production à part entière en Lot-et-Garonne. Il y a une trentaine d’années, des particuliers ont planté des arbres mycorhizés à titre de loisir ou de diversification.Aujourd’hui, les plateaux calcaires du nord du département, de Prayssas et du Néracaiscomptent 600 hectares de truffières et autant de producteurs. » Six ans se sont écoulés depuis et la truffe semble avoir pris racines par mycorhizes dans le 47. Nous reviendrons à Prayssas avec Roland et Yvette et peut-être y retrouverons-nous l’amie Marie-Thérèse, mycologue avertie s’il en est.

Michel Pujol

Et s’il n’en reste qu’une c’est bien celle-là

Certes, elle n’a pas été décrite par Victor Hugo qui, pourtant, a dessiné  un champignon. Ce n’était pas une Russule. Cela ressemblait plutôt à un Bolet. Parodier le célèbre poète aussi dessinateur, drôle d’idée mais le « S’il n’en reste qu’un je serai celui-là » nous vient à l’esprit quand nous retrouvons, en plein hiver, la Russule noircissante.

Elle était encore là hier dimanche dans le bois d’à côté, en grand nombre. Elle n’avait alors plus l’aspect du neuf observé quand nous l’avions recontrée, en novembre et décembre, non loin des ses « cousines » Russula cyanoxantha et Russula vesca. De Russule vieux rose hier point ni de charbonnière. En revanche le gris du chapeau jeune de Russula nigricans s’était mué en charbon très noir quand, pourtant âgée, elle ne veut pas disparaître et garder lames noires sans rendre tout à fait l’âme.

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Persistaient encore hier quelques chanterelles là où nous en avions trouvé le 18 décembre.  dernier.

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De quoi remplir une boîte pour dégustation non sans avoir vérifié qu’elles n’avaient pas subi une congélation-décongélation-détérioration sur place avec les épisodes récents de froidure.

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Russula nigricans , trônait en plusieurs endroits du bois. La veuve noire avait perdu ses cousines russules et perdurait sous une forme étrange, repeinte et momifiée. Car comme il est indiqué notamment sur le site ChampYves , une « caractéristique très particulière de Russula nigricans est de se dessécher sans pourrir, de devenir totalement noire » , « et finalement » -est-t-il ajouté- « d’héberger un champignon parasite : Nyctalis agaricoides syn : Nyctalis asterophora « . Nous n’avons pas rencontré de champignon parasite hier sur les « cadavres » désséchés de russules noircissantes mais nous reviendrons plus tard les observer encore.

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Quand on déterre un exemplaire (photo ci-dessus) on constate que ce champignon s’est desséché en entier. Au toucher il parait comme sec-spongieux toujours solide malgré pluies et froid. Comme l’observent plusieurs auteurs les lames sont « très espacées, horizontales, épaisses ». Un champignon de légende des siècles durant? Poète, dessinateur, nous aurions bien aimé un Hugo aussi mycologue.

Michel Pujol

Petite bibliographie:

Bon Champignons de France et d’Europe occidentale (2004) p.55; Courtecuisse & Duhem Guide des champignons de France et d’Europe (2011) n°1345; Eyssartier & Roux Le guide des champignons France et Europe (2017) p.170

MycoDb, ChampYves, MycoCharentes.

Chanterelles: les deux font la paire

La mi-décembre et voilà revenu le temps des chanterelles. L’année dernière, nous en avions trouvé en février. Aussi en janvier. Même en novembre d’une autre année elles aparaissaient. Nous guettions leur présence dans le bois d’à côté et, hier vendredi, un petit tour vers les stations habituelles nous a fait constater qu’il s’en était cueilli. Les pieds coupés en témoignait mais, en cherchant bien, il en restait encore pour la photo et, peut-être, pour un peu de cuisine à la crème.

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Nous allions retrouver des chanterelles en tube, Craterellus tubaeformis, assez développées

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et des chanterelles à pied jaune, Craterellus lutescens, plus « fluettes », sans doute plus récentes et en plus petit nombre. 

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On remarquera les différences les plus apparentes entre ces deux espèces comestibles: le stipe épais en tube et les plis bien affirmés chez C. tubaeformis (à gauche) alors que le pied est jaune et frèle chez C. lutescens et les plis sous le chapeau sont presque lisses (à droite). Une paire qui s’entend bien dans l’assiette et décembre, janvier, février, si les conditions sont favorables, devraient permettre de jouer la carte des Chanterelles et espérons que cela ne fera pas un pli!

Michel Pujol

DEUX ESPÈCES EXOTIQUES D’ORIGINE TROPICALE PRÉSENTES EN GIRONDE À L’ÉTAT NATUREL: FAVOLASCHIA calocera et FLAVIPORUS brownii

L’espèce Favolaschia calocera R.Heim (1966),Agaricales, Mycenaceae, a été découverte pour la première fois en France dans le Béarn en 2015 par Robert Cazenave (AMB). Peu de temps après, la même année Jacques Beck-Ceccaldi (CEMA) découvrait ce champignon à Lormont en Gironde. Nouvelle découverte girondine du CEMA lors d’une sortie au Bouscat. La Société Linnéenne de Bordeaux à également signalé ce taxon. Donc ce Fungi est déjà bien présent en Gironde puisque j’ai pu observer ce taxon dans trois stations sur trois communes : Virelade (2019), Saint-Léon et Espiet (2020).

Jean-Christophe Blanchard, Favolaschia calocera, Flaviporus brownii, Robinia pseudoacacias, Alnus glutinosa

Dans les deux premières communes citées chaque station est pérenne avec au moins 34 emplacements sur des branches à terre de Robinia pseudoacacias. Cet arbre étant le principal hôte de cette espèce. (Elle peut être trouvée sur Quercus, cas du Bouscat). Une seule présence à Espiet, sur cette station, toujours sur R. pseudoacacias, à surveiller les prochaines saisons pour en voir éventuellement la progression.

Jean-Christophe Blanchard, Favolaschia calocera, Flaviporus brownii, Robinia pseudoacacias, Alnus glutinosa

Originaire de l’hémisphère sud à large répartition, de Madagascar à la Nouvelle Zélande, cette espèce tropicale semble bien s’acclimater à nos sous-bois, sans doute grâce ou plutôt à cause du réchauffement climatique.

Jean-Christophe Blanchard, Favolaschia calocera, Flaviporus brownii, Robinia pseudoacacias, Alnus glutinosa

L’espèce Flaviporus brownii Humboldt, Donk (1960) (= Junghuhnia brownii), Polyporales, Steccherinaceae, est beaucoup plus rare puisque signalé que deux ou trois fois à ma connaissance sur le territoire national. J’ai eu le plaisir de découvrir ce taxon en milieu humide (aulnaie), donc sur Alnus glutinosa à terre en phase de début de décomposition dans deux stations en Entre-deux-Mers dans le canton de Branne. Connaissant cette espèce depuis 2015, j’ai pu constater son « épanouissement »en milieu favorable avec une quinzaine d’emplacements dans la première station. La découverte cette année d’une seconde station ne comporte que trois emplacements toujours dans les mêmes conditions de biotope. Bernard Rivoire, spécialiste des Polyporales, a été intéressé par cette espèce rare, aussi j’ai pu lui envoyer deux exsiccata.

Jean-Christophe Blanchard, Favolaschia calocera, Flaviporus brownii, Robinia pseudoacacias, Alnus glutinosa

Originaire de l’hémisphère sud occupant une large répartition, Venezuela, Bornéo etc. Apparemment cette espèce tropicale, pour les mêmes raisons que l’autre espèce citée plus haut,  tend à vouloir s’échapper des serres où elle a été observée sur des bois exotiques et s’acclimater à notre biotope.

 Il faudra à l’avenir surveiller ces deux espèces originaires d’autres continents afin qu’elles ne puissent pas porter préjudice à nos espèces fongiques indigènes. Par expérience, observé dans les divers règnes du vivant nous savons qu’elles peuvent être envahissantes et ainsi appauvrir la biodiversité fongique dans ce cas.

Jean-Christophe Blanchard  

Panthère n’est pas Fauve

Les Amanites ne sont pas bêtes nous disions-nous en cette veille de reconfinement. Pourquoi le seraient-elles quand leur règne n’est ni végétal, ni animal. Tout simplement fongique. Aussi, chez les champignons, la Panthère aux squames d’un blanc pur, pitée sur un bulbe et portant anneau n’est pas Fauve, pitée sur une volve et dépourvue d’anneau. Question de couleurs. Le dessus du chapeau d’Amanita fulva  (ci-dessus à droite) évoque la couleur du pelage du lion, rois des fauves, tandis que celui d’Amanita pantherina  est tacheté comme chez la panthère mais pas exactement de mêmes couleurs. Bon, les goûts et les couleurs ça ne se discute pas dit-on; alors pourquoi irions-nous chercher la petite bête..surtout chez les fauves quand on n’est pas dompteur. Ajoutons que toutes deux sont du genre Amanita (voile général menbraneux ou floconneux -environ 80 espèces- dixit R. Courtecuisse) mais la présence ou non d’anneau induit les sous-genres et sections.

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A.fulva (Amanite fauve) est du sous-genre Amanitopsis (anneau absent, marge piléique striée) et de section Amanitopsis (voile général membraneux non friable.Volve en sac et chapeau normalement nu).

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A. pantherina (Amanite panthère) est du sous-genre Amanita (anneau présent) et de section Amanita (voile général floconneux. Chapeau strié, portant des flocons. Spores non amyloïdes).

Ces réflexions autour des Amanites car le genre était très représenté lors de notre balade girondine d’avant reconfinement.

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Outre fauves et panthères, étaient présentes de nombreuses Amanita phalloides (section Phalloideae) actuellement à l’origine de nombreuses intoxications.

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Egalement de nombreuses Amanita rubescens du sous-genre Lepidella (marge piléique non striée. Spores amyloïdes) et de section Validae (voile général subnul à la base du stipe. Flocons vélaires piléiques abondants). Ces Amanites rougissantes présentaient beaucoup de nuances de brun.

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Beaucoup de nuances de jaune chez les Amanita citrina de la section Mappae (volve hemisphérique). Amanites citrines ponctuant les sous-bois girondins en grand nombre.

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Petit arrêt photo devant le spectacle de Gymnopilus spectabilis

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que nous avions admiré quelques jours avant à Illats.

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Côté panier quelques Bolets orangés proches de chênes. Une étude (non faite) du stipe nous aurait orienté vers l’espèce.

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En revanche, ici, le réseau blanc en haut du stipe sous le chapeau ne laissait planer aucun doute sur l’espèce: un Cèpe de bordeaux. Quoi de plus naturel à quelques « encablures » de la Métropole. Maintenant il faut se satisfaire d’une heure dans un rayon d’un kilomètre. Trop loin de Bordeaux mais pas forcément de Boletus edulis et d’autres espèces fréquentables et, ou photographiables.

Michel Pujol

Coulemelles et Chlorophyllum brunneum

Sur la Mycoliste apparaissent, ces huit derniers jours, 7 cas d’intoxication avec Chlorophyllum brunneum . Sur les photos postées sur ce forum par les Centres anti poison à l’intention des mycologues pour identification on observe notamment des paniers, avant consommation, où sont mélangées Coulemelles (Macrolepiota procera et M. fuliginosa) et la Lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum). Une confusion d’autant plus fréquente qu’on observe, en ce moment, beaucoup de pousses de ces deux espèces ayant un air de famille.

La grande « famille » des lépiotes fourmille, dans les petites tailles en particulier, d’espèces très nocives comme par exemple Lepiota brunneolilacea, L.brunneoincarnata, L. subincarnata; L. severiana et L. lilaceaCes dernières étant référencées mortelles ce qui n’est pas le cas, du moins jusqu’à présent, de Chlorophyllum brunneum laquelle espèce, consommée vers 18h, a provoqué diarrhées et vomissements incoercibles dès 20h (cas évoqué sur la Mycoliste le 24 octobre).

Concernant les intoxications récentes, sans doute proportionnelles aux nombreuses cueillettes de champignons sauvages actuelles, l’Anses a rappellé le 23 octobre, dans un communiqué, les indispensables conseils de base en soulignant que: « Depuis le 1er juillet 2020, les centres antipoison (CAP) ont enregistré 732 cas d’intoxication dont 5 cas de gravité forte pouvant menacer le pronostic vital. Ces deux dernières semaines, les CAP notent une forte accélération du nombre d’intoxications. »

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Revenons aux « grandes » lépiotes. Tout récemment, le 25 octobre, apparaissait dans le jardin, au pied du mur, dans un endroit riche en terreau, un chapeau ressemblant à ceux observés une année précédente.

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A l’examen, squames du chapeau, anneau, bulbe déporté, stipe plutôt blanc et safran au grattage à la base… nous orientait vers Chlorophyllum brunneumRestait à faire une sporée pour recouper: « Spores :10-12 x 7-9 µm, ovoïdes, à pore germinatif large et tronqué » figurant dans la description de l’espèce par Eyssartier&Roux (Le guide des champignons France et Europe p.318 Editions Belin 2017).

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Nous retrouvions peu ou prou (ci-dessus), concernant les spores, les caractères rencontrés lors d’une récolte effectuée l’année dernière (ci-dessous) de la même espèce dans un lieu différent. 

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Quid de la confusion de C. brunneum avec la Coulemelle? Vu de loin et idées reçues, la taille écarte les plus toxiques (voir plus haut) mais on scrutera les chinures du pied

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bien apparentes ci-dessus, lors d’une récente balade en Sud Gironde, chinures caractéristiques de la Coulemelle. Les squames-mèches du chapeau sont circulaires chez Macrolepiota procera . L’anneau double est plus épais

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que celui de la Lépiote des jardins Chlorophyllum brunneum qui, comme on l’a vu plus haut, se colore fortement à la coupe et au grattage du pied. Et, pour éviter les coups de bambou à l’estomac sachez bien reconnaître les Coulemelles! Le pied dans l’assiette mais sans le pied, indigeste.

Michel Pujol

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Un p’tit tour et puis ça va

Hier samedi. Il fait beau. Les oiseaux chantent et si dans le bois d’à côté ça enchante? Alors, un petit tour de fin d’après midi … à la poursuite des champignons. Pas de fil à la patte comme ces innombrables Megacollybia platyphylla

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qui décorent grandement le sous-bois en se dressant sur leurs épais tapis de feuilles nourriciers.

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Très décorative cette Tremelle mésentérique qui prend de la hauteur toute de jaune vêtue.

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Tout comme les Collybies, citées plus haut, les Amanites rougissantes « fleurissaient » en grand nombre. En revanche, nous allions trouver un seul exemplaire de cette espèce

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surnommée « la mère du cèpe ». Ce Clitopile petite prune, qui partage le même biotope que les rois des bolets, fleurait bon la farine fraîche et le léger rosissement de ses lames ne laissait planer aucun doute sur son identification. Donc la « mère ». Et ses « fils » donc? Il convenait donc de scruter quelques endroits « où » mais beaucoup de promeneurs ce jour-là dans le bois d’à côté parmi lesquels pas mal de chercheurs.

Tiens, là, dans le lierre, une tache marron et un pied blanc comme si c’était un bolet…

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En s’approchant, les pores présumées s’avéraient lames.

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Jugement tranchant et sans appel. Ce beau marron était une russule. A prélever pour identification ultérieure.

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Le lendemain, juste avant d’écrire ces lignes, un test au sulfate ferreux: coloration verte fonçant vers un gris vert, nous orientait vers Russula pseudomelliolens . Pas très loin de cette russule, sous la chênaie-charmée, charmante par ailleurs, deux bolets soudés l’un à l’autre.

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Ils noircirent intensément longtemps après la coupe et les « mèches » du pied nous les firent identifier avec un autre « pseudo », Leccinellum pseudoscabrum . Et puis dans un autre endroit d’habitude « cépé », sans doute déjà visité donc prelevé nous n’allions pas rencontrer de Cèpe mais d’autres Bolets rude … renversés et parfois étêtés. Les ressources du petit bois d’à côté allaient se révéler intéressantes sur le bord d’un petit chemin visiblement peu mycologiquement fouillé.

Quelques chênes, un sous-bois plus épais, des châtaigners et des fougères, un œil attentif et…

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… un chapeau marron, des pores blanches dessous. Serait-ce lui?

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Le marron foncé s’atténuant vers le bord du chapeau jusqu’à constituer un liseré blanc à l’extrémité, un réseau blanc très net en haut du stipe (photo de gauche), un pied creusé par une limace (à droite). C’était bien Boletus edulis , la limace n’étant pas bien sûr un critère pour reconnaître les comestibles. Gastéropodes et champignons participent parfois des fausses bonnes idées . Mais les limaces qui cravatent un Cèpe de bordeaux doivent y trouver du plaisir.

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A moins de trois mêtres, toujours sous chênes, un autre chapeau marron quelque peu malmené par l’âge. Vraisemblablement Neoboletus erythropus au stipe ponctué de rouge. Et quand on trouve un Cèpe de bordeaux on regarde attentivement les alentours.

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Sous les chênes, on écarte délicatement les végétaux qui masquent des regards deux jolis Boletus edulis l’un massif, l’autre élancé qui rejoindront le premier, au pied limacé, pour la photo de groupe. Utrillo aurait-il fait un tableau du trio, lui qui peignit trois moulins qui battaient de l’aile sur une île. Un petit tour aux champignons c’est aussi prendre l’air avec un peu de … zèle et , après, ça va plutôt bien.

Michel Pujol

« Tous aux champignons! » avec Natur’Jalles

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Natur’Jalles , qui conviait samedi 10 octobre une quinzaine de personnes à une sortie intitulée « Tous aux champignons! », avait demandé à l’association girondine « A la poursuite des champignons » d’animer cette découverte du monde fongique. C’est dans la forêt communale du Taillan-Médoc, dans des lieux repérés dans la semaine avec la Présidente Martine Leblond, que nous allions à la rencontre des espèces présentes du moins celles visibles par tous les participants.

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Outre les déterminations, en expliquant l’importance des biotopes, les mycorhisations, saprophytismes, parasitismes etc., il s’agissait bien sûr de répondre aux questions parmi lesquelles: « Où les trouve-t-on?, Ils poussent en combien de temps? Celui-ci est-il comestible? ».

Sur le terrain il est facile d’argumenter avec les espèces rencontrées. De dire, par exemple, qu’un Agaric pintade (A. moelleri en haut à gauche) dont le pied et l’anneau jaunissent ne doit pas être pris pour un Agaric champêtre; qu’un petit bolet (P. parasiticus à droite du premier) vit toujours sur un scléroderme (S. citrinum); que le Coprin pie jeune (C. picacea à côté) va devenir d’un beau noir taché de blanc en « vieillissant »; qu’un cristal de sulfate de fer frotté sur le pied de la russule charbonnière (R. cyanoxantha en haut à droite), comestible, ne va pas le faire varier de couleur; qu’enfin il convient de bien cuire l’amanite rougissante (A. rubescens à droite au centre), au moins à 70°, espèce toxique crue ou mal cuite.

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Et de s’émerveiller! Devant ce petit marasme qui en rappelle un autre que lui (Marasmius rotula) n’a pas cette « dentelle » transparente entre lames qui confère à Marasmiellus candidus une grande beauté.

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N’est-il pas joli également ce jeune clavaire en chandelier (Artomyces pyxidatus) émergeant de la mousse avec ses têtes creuses ornées de pyxides.

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Et notre sympathique promeneur-chercheur n’a-t-il pas trouvé la bonne étoile en découvrant ce géastre (Astraeus hygrométricus) qui se plie aux intempéries et s’étiole à la sécheresse.

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Cette impressionnante touffe d’armillaires (Armillaria solidipes ex A. ostoyae) attirait tous les regards. Nous avions évoqué quelque peu avant cette trouvaille le mycélium le plus grand du monde et la complexité de la nomenclature en mycologie. En Orégon, un individu de cette espèce couvre la surface de 8,9 km² ce qui en fait le plus grand organisme vivant. Concernant les arcanes des appellations valides signalons qu’en 2008 une publication révélait que Armillaria ostoyae décrit par Henri Romagnesi en 1970 l’avait déjà  été en 1900 sous le nom d’ Armillaria solidipes par Charles Horton Peck. Donc il conviendra de le nommer A. solidipes.

Bien d’autres espèces étaient rencontrées et commentées et prélevées en échantillons lors de la balade forestière puis le groupe gagnait l’espace de l’ancienne gare de Saint Médard en Jalles pour le pique-nique et constituer une mini-exposition.

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« A la poursuite des champignons » avait apporté quelques « fruits » prélevés les jours précédents à Talence et Gradignan pour éventuellement compléter la diversité de la récolte du jour. Ainsi cèpes d’été (B. aestivalis) , polypores souffrés (P. sulphureus) , langues de bœuf (F. hepatica) , pholiotes du peuplier (C. cylindracea) pour illustrer les comestibles et d’autres à écarter des poêles tels notamment des cortinaires et des agarics jaunissants (A. xanthodermus).

Il y avait aussi des cortinaires trouvés sur place ainsi qu’un magnifique paxille à pied noir            (T. atromentosa), une girolle (C. pallens) et une « fausse girolle » (H. aurantiaca) permettant de comparer plis et lames pour faire la différence, de petits bolets (X. chrysenteron) montrant leur rouge sous la cuticule et bien d’autres espèces passées en revue par un public attentif très motivé et intéressé. Les ouvrages de référence placés à proximité étaient d’ailleurs très consultés.

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Ne restait qu’à fixer le souvenir de cette bien agréable journée sans pluie, menée avec entrain jusqu’en gare par Martine et Thierry, par la photo de groupe, derrière nos champignons, non sans détermination.

Michel Pujol 

Rando myco au Porge

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Sports Loisirs Le Porge (SLLP) organisait dimanche la Rando des cèpes . Si le titre évoquait les champignons il y avait aussi au programme cyclisme, canoë, kayac, paddle, tir à l’arc, parcours d’orientation et échasses. Le tout agrémenté d’un repas en plein air marqué du sceau de la convivialité comme toutes les activités de la journée autour de la base nautique du pas du Bouc, dans la forêt communale du Porge. Pour la partie balade myco les bénévoles de SLLP avaient demandé à « A la poursuite des champignons »  de servir de guide.

Une bonne cinquantaine de participants, dont certains après une randonnée cycliste de 15 km, prenaient le départ, à pied bien sûr, de la « rando des cèpes ». Un cheminement à travers la forêt communale sur et autour de l’ancienne piste des résiniers et le long du canal. Quelques arrêts pour commenter les quelques espèces rencontrées, la flore, l’histoire et la géographie des lieux, échanger les expériences, répondre aux interrogations des promeneurs amateurs de champignons.

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Poches et paniers s’emplissaient de carpophores pour la plupart touchés par la sécheresse des jours précédents. C’était le cas en particulier de Géastres hygrométriques exsiccatéisés en milieu de chemin. Mais de nombreuses Amanites fauve et citrine se dressaient fièrement. Quelques exemplaires divers rejoignaient le panier pour présentation ultérieure.

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Quelques lignicoles aussi tels un Phaeolus schweinitzii bordure bien jaune et dessus bien « sécot » marronas, un Ganoderme plat pour y écrire au dos; des Mycènes de de Seynes juchés sur leurs cônes de pin; des Bolets chatains dont la grosseur évoquait la forme plus toxique de Gyroporus ammophilus plus en accord avec le biotope que Gyroporus castaneus; des Paxilles à pied noir, Neolentinus lepideus, Sparassis crispa etc.

Il convenait ensuite, avant de s’attabler pour déjeuner, d’étaler quelques unes des trouvailles sur une table.

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Parmi ces « trouvailles », une vieille connaissance que nous avions prise pour un Scléroderme vulgaire quelque peu embourbé et qui, au toucher, semblait tacher les doigts. Un coup de couteau pour trancher dans le vif et … découvrir ces alignements de « graines » bien spécifiques de l’espèce pionnière de ces lieux ensablés. Nous avions bien, dans notre main teintée, le Pisolythe du teinturier autrement dit Pisolithus arhizus

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L’occasion d’expliquer combien des champignons peuvent permettre de contribuer à commencer à « peupler » les biotopes fussent-ils que de sable. Et de cèpes? point! mais « aller aux cèpes » n’est-ce pas tout simplement aller aux champignons et des champignons nous en avons bien trouvé.

Michel Pujol

n.b. difficile l’après-midi, étant pas trop loin des alentours boisés de la plage du Gressier de résister à l’appel de la forêt littorale du Porge, de vérifier les stations à cèpes, girolles, bolets bai, chanterelles antérieurement prospectées. Las, vu des endroits encore plus secs, aiguilleux aérés sans les espèces seulement rêvées. En revanche, trouvés encore, comme plus à l’intérieur le matin, beaucoup d’Amanites fauve et citrine, quelques Pisolithes du teinturier et de « vrais » Sclérodermes vulgaires, Tricholomopsis decora, Sparasis crispa etc. (photos ci-dessous)

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D. tabescens sans coup de … tabac

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Ces derniers jours, autour de Bordeaux, il y a bien eu un peu de pluie mais pas de grosse tempête, de coup de tabac bien arrosé. Sans blague, la météo semble indiquer quelques précipitations à venir les jours prochains. Alors, quelques pousses à espérer? On verra bien.

Nous avons eu l’occasion , notamment en juillet de cette année et en septembre de l’année dernière, d’évoquer une espèce lignicole, Desarmillaria tabescens que nous rencontrons quand un peu d’humidité survient en période de sécheresse et qui perdure avant de s’étioler sous les coups de chauffe estivaux. Ainsi le 9 septembre nous retrouvions l’Armillaire sans anneau, à Gradignan, en Gironde, dans son bois -sur son bois- habituel.

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11 jours plus tard, c’est à dire ce matin du 20 septembre, les touffes fournies, plutôt tabac blond (ci-dessus en haut) avaient viré au tabac gris, sec, un tantinet moisi (ci-dessus en bas).

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En gros plan (ci-dessus) on observe la différence dans le détail.

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Malgré et aussi à cause de la canicule, il y a une dizaine de jours, nous avions vu (ci-dessus), outre les Armillaires, les Amadouviers toujours présents, quelques polypores du bouleau et aussi des bolets désséchés, en piètre état, ces derniers semblant être pour l’un B. aestivalis et pour les autres proches de X. chrysenteron.

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Point de bolets rencontrés ce 20 septembre. Fomes fomentarius et Fomitopsis betulina paradaient, bien sûr encore et puis … l’Armillaire sans anneau autrefois Armillaria socialis et aujourd’hui Desarmillaria tabescens répondait présent en bonne forme (ci-dessus à gauche) et, un peu plus loin, le tronc sans doute plus exposé au soleil commençait, pour quelques uns des carpophores du groupe, à dépérir. Sans blague.

Michel Pujol

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Dans le rétro: Lépiotes jaunes dans la pelouse corse et en pot de fleurs

Ces derniers jours nous avons vu apparaître sur des pages Facebook dédiées aux champignons des petites Lépiotes jaunes. Une (des) espèce (s) décrite (s) comme apparaissant fugacement dans les pots de fleurs et les serres. Décorative en quelque sorte. Son jaune est du plus bel effet et son aspect pelucheux donne à cette mini Lépiote une robe de défilé de mode emplumé à voir à … la loupe.

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C’est en septembre 2010, en Corse, que nous avions fait connaissance (ci-dessus). Elle y  fréquentait une pelouse de bord de mer bien entretenue et embuées de rosée le matin et, de surcroît arrosée de temps en temps. Ici sans pot de fleurs et pas sous serre mais, sans doute, faut-il compter avec un apport de terre assez riche, peut-être la présence d’un mycélium résiduel à moins que des spores portées par les nuages aient ajouté leur grain de beauté à l’île du même nom.

Donc, nous sommes sur la côte orientale, juste au dessus d’Aleria, à Marine de Bravone, à cent mètres de la mer, rue Jean-Marie Pacelli, dans une pelouse. Quelques inocybes difficiles à identifier sans l’aide du microscope laissé sur le Continent et … un champignon qui, lui, n’offre pas, au premier abord, de grosse difficulté de détermination.

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Cette petite lépiote, jaune de la tête au pied semblait en effet être le Leucoprinus flos-sulfuris décrit dans « le Courtecuisse » ou Leucocoprinus birnbaumii=luteus évoqué dans « le Breitenbach ». Leucocoprinus birnbaumii-luteus.jpg

Là, il venait dans une pelouse bien entretenue en un seul exemplaire pas très bien photographié en l’absence de l’objectif macro … lui aussi laissé sur le Continent. Les jours suivants allaient démontrer la présence d’une station assez productive puisqu’ils étaient trois chapeaux alignés le lendemain.Leucocoprinus birnbaumii-trois.JPG

Le surlendemain (une feuille les avait protégés ) ces chapeaux s’étalaient.Leucocoprinus birnbaumii-trois bis.JPG

Le jour suivant, une autre Lépiote jaune perçait l’épaisse pelouse.Leucocoprinus birnbaumii=luteus=flos-sulfuris.jpg

Le jour suivant, la pelouse était rasée de près, de bon matin, par les agents d’entretien.

L. straminellus

Lors de la publication à l’époque sur le blog Myco 33, Pascal Michel, dans un commentaire, attirait notre attention sur une certaine ressemblance macroscopique de notre récolte corse avec Leucocoprinus straminellus. En effet, les illustrations de Leucocoprinus straminellus (Bagl.) Narducci & Caroti = Leucocoprinus denudatus (Rabenh.) Singer consultables notamment sur les sites d’ Yves Deneyer et de  Jean-Louis  Cheype confortent cette hypothèse; le caractère le plus marquant sur les photos étant les marges striées sur la moitié inférieure des chapeaux, la position des squames moins concentriques et l’aspect plus pelucheux, poudré et délicat de ces dernières.

D’autre part, dans une étude de quelques Lepiotaceae dont L. straminellus , Abdelkarim EL-ASSFOURI, Amina OUAZZANI TOUHAMI, Rachid BENKIRANE et Allal DOUIRA, évoquent l’aspect poudré et le collarium jaune pâle que l’on distingue sur les photos in situ de notre récolte corse.

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2011: dans un pot de fleurs

Lépiote-jaune-N.C..jpg

Enfin, il était dit que l’hôte des pots de fleurs allait se rappeler à nous. L’année suivante, en 2011, notre confrère et ami Nicolas César la découvrait et la photographiait un 24 juillet dans un pot, au pied d’une plante, à Saint-Vincent-de-Paul (33). Une troupe de six Leucocoprinus à différents stades de développement qui rapellaient L. flos-sulfuris ou L. birnbaumii=luteus ou L. staminellus.

leucocoprinus flos-sulfuris, leucocoprinus birnbaumii, leucocoprinus luteus, Nicolas César, Gironde, Lépiote des pots de fleurs

Michel Pujol

Bibliographie:

Courtecuisse & Duhem n°706 et 707 (édition 2011); Bon p.288 (édition 2004); Eyssartier & Roux p.322 (édition 2017); MycoDb

 

 

 

Et s’il n’en reste qu’un …

Ce dimanche 26 juillet, avec une sécheresse qui sévit depuis plusieurs jours, pas la moindre russule dans le bois d’à côté ni d’autre espèce d’été « habituelle ». Rien si, peu de temps avant de quitter le chemin, ce n’est …

… une vieille connaissance évoquée en octobre 2018 à travers une récolte du 30 juillet 2016. Nous avions titré alors (cliquez sur le lien précédent) « Un lentin de la sécheresse ». A propos de Neolentinus lepideus , les auteurs soulignent souvent son caractère héliophile. Sur le site Champyves , par exemple, on peut lire: « Ce lentin apparaît du mois de juin et jusqu’au mois d’octobre. Peu fréquent en certaines places, il apparaît plus facilement les années de sécheresse et se complaît dans des endroits bien éclairés. »

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Il était sur tronc de pin très vieux qui avait perdu son écorce depuis bien longtemps et se décomposait au pourtour. Nous avions, peu après, un peu retourné le chapeau (ci-dessus) sans casser le stipe très coriace.

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Tel qu’il se présentait (ci-dessus) on ne voyait que le sommet qui évoquait un peu, de loin bien sûr, celui de l’Agaric auguste. Des squames brunâtres concentriques retroussées plus denses au centre du chapeau crème à bord enroulé.

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Sur le stipe, on retrouve des squames encore plus larges et plus retroussées. Les lames sont larges , serrées et denticulées. L’odeur est plutôt agréable mais on ne saurait affirmer, pour notre exemplaire des notes de cannelle ou anisées. Ce Lentin écailleux est d’une densité remarquable si bien qu’en le tapant sur la table il donne l’impression de manier un tampon lourd et épais. Un dur qui n’est pas à cuire mais qui résiste, lui, aux assauts du soleil. Ce dimanche, dans le bois d’à côté, il n’en restait qu’un!

Michel Pujol

Bibliographie:

Bon p. 122, Courtecuisse n° 140, Essartier&Roux  p.566 (4ème édition)

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MycoDb

mycocharentes

Divers d’été

Il nous aurait plu qu’il plût davantage mais bon, c’est l’été et des champignons il y en a toute l’année (clin d’œil à l’ami Paul Pirot). Retour sur deux journées à quelques pas du logis, les 4 et 7 juillet.

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Le 4 juillet, les pousses étaient bien moins éparpillées que lors de la sortie précédente . Point de cèpe d’été mais quelques russules, verdettes et vesca, dont le « vieux rose » se déclinait du pâle au plus foncé.

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Point d’Amanite au pied étoilé non plus et nous retrouvions une autre Amanite, rougissante et un peu sèche, ainsi que Gymnopus fusipes très sec sur son tronc perché et l’habituel Polyporus tuberaster qui perdure sans trop d’eau.

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La rencontre suivante allait être intéressante car source de recherches. Ce champignon au chapeau mamelonné strié nous rappelait l’allure de l’espèce que nous avions connue sous le nom d’Oudemansiella radicata, aujourd’hui Hymenopellis radicata. Une fois le stipe dégagé (et sans doute coupé un peu trop tôt) notre idée première semblait se confirmer. Le stipe était en effet très radicant mais orné de chinures rappelant celles de la Coulemelle et ces chinures nous intriguaient.

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La sporée étudiée le lendemain et la micro autour allaient dans le sens des descriptions de cette espèce dans la littérature.

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Macroscopiquement (sauf chinures) cela semblait « coller » également. Restait à échanger pour vérifier en postant ces éléments sur une page Facebook dédiée à la mycologie scientifique Gilles Wieskircher confirmait l’identification et Michel Michelet émettait l’hypothèse de la sécheresse pour les chinures sur le stipe.

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Le 7 juillet, très thermophiles comme chacun sait, les verdettes étaient sorties en plus grand nombre que trois jours avant.

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Nous retrouvions un autre Polyporus tuberaster et, sur le tronc d’un gros chêne cassé mais encore debout nous observions, là depuis très longtemps, les Amadouvier et, au pied, trois Ganodermes aplanis bien secs.

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Ornant également le pied du tronc mais en plus grand nombre (photo en tête de l’article) et plus en « fraîcheur », des Armillaires comme ceux, du même site, que nous avions décrits l’année dernière et dont nous soulignions le changement de nom au fil du temps: Armillaria socialis aujourd’hui Desarmillaria tabescens. Plût au ciel qu’il pleuve pour être moins « sec » en espèces.

Michel Pujol

 

 

 

En voiture: jamais 203

 

A pied, à cheval et en … En nous baladant à pied samedi dans le bois d’à côté, à cheval avec la Rocade du grand Bordeaux, la veille d’un scrutin plutôt vert, nous allions prendre nos marques pour n’en garder qu’une à l’esprit, celle d’un lion ancien toujours sur les routes d’aujourd’hui.

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Première étape au pied d’un charme où le 2 juin déjà nous avions rencontré l’espèce et, ce 27 juin, seulement deux Cantharellus pallens (ci-dessus) perduraient.

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De très petite taille « nos » Girolles pruineuses rephotographiées en disposant à côté d’elles deux Russules vieux-rose de format habituel. D’ailleurs Russula vesca figurait en grand nombre à proximité.

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Et, non loin de là, dans une clairière peuplée de chênes et de charmes où le 15 juin nous avions trouvé un de ses congénères: un Cèpe d’été d’un âge avancé certes mais une fois « retaillé » encore consommable. Et d’1!

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Quelques pas de plus, entre feuilles de lierre, un autre Boletus aestivalis. Et de 2!

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Dégagé de sa parure verte, il avait jeune allure. Le pied, entièrement réticulé était un peu rongé sur un côté mais, lors d’une découpe ultérieure, il s’avéra très sain.

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Et, très peu plus loin, entre lierre et fragon, sous charmes et chênes, le troisième Boletus aestivalis de la balade, celui-ci moins fringant certes mais encore consommable. Et de 3! C’est là où nous venait à l’esprit le dicton « jamais deux sans trois » et la marque au lion avec son ancien modèle, la 203 apparue en 1948, déclinée en plusieurs versions à Sochaux et seul modèle de la firme commercialisé jusqu’en 1954 Wiki dixit. Remarquons la 102, cyclomoteur du même constructeur lancé en 1967 et la 304 , une 7CV de 1969 à 1980. Citons aussi la 405 et la 607. Un chiffre, un zéro, le suivant du premier (jamais 3 sans 4, jamais 4 sans 5…) Quoi de commun, me direz-vous entre modèles de voiture et les Cèpes? Le champignon bien sûr avec une petite nuance: en mycologie ne pas confondre vitesse avec précipitation ne serait-ce que pour éviter quelques accidents de consommation.

                                                                         Michel Pujol

Vus aussi notamment lors de la balade de samedi Russula virescens, Gymnopus fusipes, Megacollybia platyphylla, Amanita fulva, Amanita asteropus.

cantharellus pallens,russula vesca,boletus aestivalis,amanita fulva,amanita asteropus,gymnopus fusipes,megacollybia platyphilla,russula virescens

 

Le premier accordé!

Certains, nous pas, croient en la Lune. Dimanche soir Le Président a parlé et le lendemain après-midi, sur le bord du chemin: LE PREMIER. Le premier de cordée? Le premier accordé! Nous guettions en vain son apparition dans le bois d’à côté et ce lundi 15 juin, plutôt petit mais bien identifiable (nous le pensions mais voir plus loin) il s’offre à nos yeux.B.-aestivalis-MP-1

 

Le liseré blanchâtre à la marge du chapeau caractérise notamment Boletus edulis, le Cèpe de Bordeaux. Pousser aussi à une douzaine de kilomètres à vol d’oiseau de sa ville d’appellation rien que de très normal, parole de natif bordelais. Mais en partageant cet article sur Facebook nous recevions de « Fab Champi » cette remarque: « le liseré blanc n’est pas forcément caractéristique de Boletus edulis , certains Boletus aestivalis (reticulatus) l’ont aussi (ainsi que certains pinophilus et même aereus).
ici nous sommes en présence de Boletus aestivalis , et sur votre site la photo du « plus agé » aussi. » Dont acte. Les lecteurs de l’ancienne version verront que les photos des Cèpes présumé de Bordeaux ont muté en Cèpes d’été. Merci « Fab champi ».

L’avantage du Net c’est de pouvoir corriger sa copie après parution contrairement à la presse écrite d’avant que nous avons bien connue.

Et ce lendemain de paroles présidentielles apparaissait, peu loin du Cèpe, la première accordée de la saison que nous guettion aussi depuis au moins la mi-mai.

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Enfin une Verdette, Russula virescens, Palomet dans le Midi. Dans un endroit aéré où perce le soleil à l’orée des arbres, chênes et charmes.

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La seule de son espèce trouvée cette saison mais un début riche d’espoirs et de dégustations. Et puis, à portée de main en bordure de chemin, un peu cachés, comme cinq doigts jaunes poignés au sol…

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… ces Girolles pruineuses plus en l’état que les trois trouvées le 2 juin dans une autre station. Restait à rendre visite, pas très loin, à cette dernière station habituelle au cas où. Que nenni, pas de Cantharellus pallens chez icelle. Source tarie? Mais en revanche en même lieu deux Russules apparemment charbonnière

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bonnes pour le panier, en attente de poêle et, pas loin de là

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un autre Cèpe, bien plus épanoui que le premier, au pied rongé. Sans remord, il rejoignait le panier en compagnie de l’autre Aestivalis, des Russules et des Girolles.

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Ce Plutée, Pluteus leoninus,  toujours magnifique s’ajoutait au tableau de chasse seulement photographique.

Deux jours auparavant, le 13 juin, toujours dans le bois d’à côté, nous n’avions fait que trois rencontres mycologiques.

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Deux espèces d’Amanites. L’Amanite fauve d’abord en macro sur place puis étude micro à la maison.

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De même pour l’Amanite au pied en étoile.

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Une espèce lignicole, sur tronc de chêne à terre. Gymnopus fusipes très anciennement Collybia fusipes. Même procédure macro-micro.

A deux jours de distance, en matière de pousses intéressantes, c’était un peu … « le jour et la nuit ». Alors, deux jours de Lune? C’est bien peu mais un Discours Présidentiel qui nous demande d’appuyer un peu plus sur le champignon avec toutefois de la modération ça interroge, ne croyez-vous pas …

                                                                           Michel Pujol

 

 

 

 

Vint le jaune en juin 20

 

Nous guettions en vain, en mai, ce jaune pruineux sur une station habituellement propice. N’étaient-elles pas apparues ici en mai 2018, le 19  et le 26 mais juin s’avérait plus fertile en pousses. Par exemple, nous avions aussi rencontré sur ce site Cantharellus pallens le 11 juin 2012, le 27 juin 2016, le 11 juin 2018 et toujours en juin l’année dernière, les 2, 18 et 22 . Donc ce mardi 2 juin 2020 nous inspections le sous-bois de charmes peuplé de davantage de fragon qu’auparavant et … trois petites taches jaunes nous interpellaient quelque peu dissimulées par de fines tiges bien vertes.

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Une fois dégagées pour mieux les photographier ces trois Girolles ne dépassaient pas la taille de deux tiers de notre auriculaire mais mettre enfin le doigt sur cette espèce nous rassurait de la pérennité de « notre » station gradignanaise.

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Juste avant d’y arriver, à trente mètres de là, nous nous étions arrêté pour admirer une jeune Amanite fauve et, peu après les girolles,

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nous observions cette Russule sans avoir besoin de la marquer au « Fer » pour l’identifier.

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En revanche il était utile de dégager les stipes de ces deux amanites pour que le « pied en étoile » précise l’espèce. L’aspect « sec » et brunissant des minuscules Girolles pruineuses témoignent de la période de sécheresse d’alors mais, depuis, il tombe des gouttes et la météo en prévoit d’autres ce week-end. Bonnes découvertes amis-cologues!

                                                                         M.P.

CLIC-CLAC/BLOG/??/CLIQUE/OK

 

Prendre une photo (CLIC-CLAC). La mettre en ligne (BLOG). Quelle est l’espèce? (??). Déjà vue, un lien (CLIQUE). C’est bien ça (OK). Alors, prête, prêt à jouer! Cinq espèces à la une à déterminer. La 1, la 2, la 3, la 4 et la 5, rencontrées en Gironde les 15 et 17 mai, espèces déjà décrites dans notre blog « A la poursuite des champignons ».

Nous vous convions à les reconnaître. Les initiales de l’espèce sont une première piste et, dans le texte les accompagnant, nous donnons au moins un lien sur lequel cliquer pour corréler l’identification. Tenté (ée) ? . Fastoche? Alors, si vous le voulez, jouez!

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Numéro 1. Qui est A.f.? Ce chapeau dont les bords sont striés n’oriente-t-il pas vers le groupe d’un genre particulier?

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Cette silhouette élancée, l’absence d’anneau, les lames et, au bas du stipe, cette volve … Vous trouverez son nom ici sans sa photo ou alors nom et photo ici ou encore ici et sa fiche détaillée ici

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Numéro 2. Qui est R. v. ? La chair non fibreuse, le marquage au « fer »…

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… la couleur « jambon polyphosphaté » du chapeau, les lames, l’absence d’anneau et cet aspect d’un jeune exemplaire lui aussi marqué au « fer ». Ce 15 mai, cette espèce était bien représentée. Son nom? C’était un 10 mai d’une autre année: ici et en juin avec une autre espèce également comestible appartenant au même genre: ici. Sa fiche détaillée ici

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Numéro 3. Qui est M. p. ?  Une des premières espèces printanières sans doute. Très saprophyte, aimant les tapis de feuilles en décomposition. Un chapeau gris fibrillé …

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… et puis ce détail qui aide à l’identification, une fois le stipe dégagé du sol: les longs et épais cordons mycéliens. Le fil à la patte ici . Sa fiche détaillée ici

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Numéro 4. Qui est C. g. ? Vu très récemment si vous suivez cette chronique. D’ailleurs, ces exemplaires ont été trouvés sur la même station que quelques jours auparavant, dans le parc de l’Ermitage à Gradignan (33). L’aspect trapu, la marge enroulée, les lames serrées … les vrais ici et ici . Sa fiche détaillée ici

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Numéro 5, le dernier. Qui est C. c. ? Comestible comme C. g. le précédent mais plutôt sapide à l’état jeune quand ses lames sont moins foncées et qu’il n’a pas encore cette odeur de « vieux tonneau ». Ici il commence à vieillir, le chapeau se craquelle, les lames brunissent. Nous l’avions trouvé plus en nombre et en bouquet les jours précédents au pied de Salix caprea (Saule marsault) ici . Une espèce intéressante parmi les lignicoles ici . Sa fiche détaillée ici

En souhaitant que vous nous aurez suivi cinq sur cinq, à bientôt pour de nouvelles aventures.

                                                                              Michel Pujol

 

Cyclocybe, Agrocybe, Pholiota etc. bref Souchette de chez nous

 

Beaucoup de champignons changent de nom au fil des ans. La nomenclature n’est pas confinée-figée et s’il est une espèce qui en témoigne c’est bien celle-là. En lisant sa fiche sur l’excellent site MycoDB on voit que la Pholiote du peuplier = Pivoulade s’appelait Agaricus pudicus Bulliard en 1793 et trente sept appellations plus tard, en 2014 son nom définitif (?) est Cyclocybe cylindracea (de Candolle) Vizzini & Angelini. Nous l’avions connu -et consommé- sous le nom d’Agrocybe aegerita (V. Briganti) Fayod. Ainsi était-il appelé chez Marchand (édition 1974) en précisant comme auteurs (Brig.) Sing. et Pholiota cylindracea (de Candolle ex Fr.) en synonyme. Egalement A. aegerita chez Bon (édition 2004); A. cylindracea (DC ex Fr.) Maire chez Phillips (reprise édition 1981); idem chez Courtecuisse & Duhem (édition 2011) avec A. aegerita et Pholiota aegerita en synonymes. Enfin notons qu’Eyssartier & Roux (édition 2011) le nomment Agrocybe Cylindrica puis actualisent en Cyclocybe cylindracea (édition 2017). Toutes proportions gardées, la mise à jour relève presque de l’actualité sur les chaînes dites en continu …

C’est sans doute le lot des espèces courantes maintes fois étudiées, réétudiées génétiquement, comparées, recomparées, mises à jour. Donc ce mercredi 13 mai, à quelques pas du domicile, le long d’une clôture avec sans doute quelque racine d’ancien saule ou peuplier ou autre s’incrustant sous le trottoir herbu nous avons rencontré un beau bouquet de ce que nous pensions être des Pholiotes dites du peuplier. La sporée déposée ce jeudi matin et la microscopie (ci-dessous)

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levait le doute si doute existait. Dimension des spores, formes basides et cystides conformes à la littérature pour cette espèce. Macroscopiquement aussi (ci-dessous)

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couleur de la chair, revêtement du chapeau, anneau, couleur, forme et insertion des lames tout correspondait. Nous avions consacré une chronique aux espèces « cueillies sur l’arbre » dont Cyclocybe cylindracea , chronique publiée précédemment dans le Cercle des idées du journal Sud Ouest . Nous y précisions sans doute que ce que nous appelons Souchette dans notre région est gustativement intéressante une fois bien déterminée. Le pied est généralement trop dur donc nous n’avons préparé et fait sauter que les chapeaux (en en gardant la moitié d’un pour la sporée et la micro) et, hier soir, apprécié la mise en bouche … avec modération.

Michel Pujol 

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Et rond et ronds jolis Mousserons

 

Si nous avons un peu triché sur cette photo recomposée de carpophores (réels) disposés en rond très rapproché dans notre jardin fraîchement tondu c’est pour évoquer -foi de sorcier- la pousse circulaire de cette espèce. Les Mousserons surgissent en bordure du mycélium qui progresse comme le flux de l’eau actionné par le jet d’un caillou en bord d’un étang calme. Certes le cercle ne sera jamais parfait car, sous terre, quelques obstacles retracent le dessin du rond de sorcière.

Calocybe gambosa, Mousseron, Tricholome de la Saint-Georges

Au parc de l’Hermitage à Gradignan 33170, lieu de la récolte, l’herbe était bien haute, loin du chemin, cachant un peu à la vue des rares promeneurs quelques carpophores beiges au pied épais et court, à la marge enroulée et aux lames serrées. Leur odeur était bien celle dite « de farine ». Une forte suspicion donc de rencontrer le Tricholome de la Saint-Georges = le « vrai » Mousseron = Calocybe gambosa.

Nous n’étions pas le 23 avril évoqué dans une précédente chronique . La Saint Georges avait été quelque peu occultée par l’actualité virale. Sans doute la pousse avait-elle commencée avant le 7 mai, jour de découverte et le lendemain, veille de notre mise en ligne, nous fêtions les Désiré. Un signe? Force est de constater, vu les nombreuses consultations en ce moment sur notre blog de  l’article cité plus haut, que le champignon à la belle tête (étymologie grecque de Calocybe) est grandement … désiré par les cueilleurs printaniers!

Avions nous affaire au vrai Mousseron?

Les champignons prélevés nous paraissaient plus trapus qu’habituellement mais l’espèce « peut varier considérablement de formes et de couleurs », d’après Breitenbach et il y avait bien cette odeur que nous avions en mémoire.

Calocybe gambosa, Mousseron, Tricholome de la Saint-Georges

La microscopie allait nous conforter dans la détermination. La sporée était bien blanchâtre. Les spores elliptiques, lisses et hyalines dans l’eau (ci-dessus dans le rouge congo). Leur dimension (en moyenne 5,5 X 3,5 µm) conforme à la littérature (5-7 X 3-4 µm par exemple chez Eyssartier&Roux). Les basides étroitement clavées (comme précisé chez Breitenbach).

calocybe gambosa,mousseron,tricholome de la saint-georges

Macrocospiquement ou, dit plus simplement, à l’œil nu, nous observions une chair d’un blanc immuable, un chapeau charnu aux bords enroulés et au revêtement beige légèrement taché de roux, des lames serrées, « arrondies au pied ou émarginées-uncinées » (cf. Marchand). Bref, autant de caractères conduisant à une identification fiable.

Et, dire qu’après-demain 11 mai on pourra se mettre au vert, mais en Gironde on y est déjà sur la carte, et aller en forêt, peut-être masqués, démasquer les espèces.

Michel Pujol

calocybe gambosa,mousseron,tricholome de la saint-georges

Bibliographie: Breitenbach&Kränzlin vol. 3 n° 144; Eyssartier&Roux (Belin 2017) p.552; Marchand t.1 p.108 n°45; Courtecuisse&Duhem (2011) n°482; Bon (2004) p.166

Internet: MycoDB Alapoursuitedeschampignons mycocharentes

 

 

Enquête: Exidie glanduleuse et… méfions nous de toutes les propagules parasites!

 

Dans une précédente chronique nous hésitions, en fin d’article, à déterminer une espèce, découverte sur tronc de chêne à terre, se présentant sous la forme d’une masse noire plutôt gélatineuse, une fois réhydratée ou par temps humide. La microscopie n’était pas facile à effectuer avec un échantillon que nous avions du mal à aplatir et qui « fuitait » entre la lame et le couvre-lame. Surtout, ce qui apparaissait sous l’objectif, spores supposées, hyphes etc. ne correspondait pas à ce que nous lisions dans la littérature correspondant à la microscopie d’une espèce macroscopiquement ressemblante. Une conversation, très récente, avec Jacques Guinberteau, suivie d’échanges avec notre ami mycologue, allait nous guider vers la solution. Merci Jacques.

Retour sur images

Nous découvrions donc le 7 avril 2020, dans notre rayon de 1 km de confinement, sur tronc de chêne à terre, sortant de son écorce, cette masse noire gélatineuse-sèche faisant vaguement penser à Exidia glandulosa.

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Une fois « décortiquée », la base paraissait marron foncée un peu transparente.

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Réhydratée, la masse était bien gélatineuse, cérébriforme en surface, et gagnait en transparence.

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La microscopie (ci-dessous) effectuée début avril nous faisait (écrivions-nous alors) « apparemment exclure l’hypothèse du basidio Exidia glandulosa. »

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« Elle nous orienterait » (poursuivions-nous dans notre ancien article) « vers les ascos, peut-être vers Cheirospora Botryospora mais vraiment sans certitude aucune. C’est là pour nous l’intérêt de la mycologie. Mener l’enquête, échanger, et apprendre encore. Humilité. » concluions-nous.

Images suivantes

C’était avant notre discussion avec Jacques Guinberteau mais, encore avant, nous étions revenu prélever quelques autres échantillons à l’aspect bien plus gélatineux car le temps avait tourné à l’humide.

Exidia-Glan-MP1.jpg

La microscopie effectuée sur cette récolte du 22 avril laissait apparaître, après quelques balayages, de rares spores en forme de « saucisse » dites allantoïdes et des hyphes bouclées.

exidia-micro-MP2.jpg

Nous avions vu et lu dans le tome 2 de Breitenbach numéro 21 la micro de Exidia glandulosa (extrait d’image dans montage ci-dessous) mais la recherche de basides semblait infructueuse avec notre récolte. Tout au plus quelques formes rondes-ovales esquissaient peut-être des basides.

exidia-micro-MP3.jpg

Et puis à l’occasion d’un coup de fil pour prendre des nouvelles réciproques en ces temps de confinement nous évoquons, le 27 avril, avec Jacques Guinberteau, notre enquête et lui envoyons, à sa demande amicale les quelques éléments à ce stade de nos recherches. C’est alors que Jacques G. nous orientera vers Exidia glandulosa sp. Nous échangerons encore et, dans un de ses mails Jacques G. écrira: « Faut se méfier de toutes les propagules parasites (spores, etc.) que ces champignons collants ou gélatineux peuvent emprisonner! ».

Propagules

Vous savez bien sûr, chère lectrice et cher lecteur, fans de biologie, de botanique et de mycologie, ce que le terme propagules recouvre. Nous, avons appris sur Wiki que  » Une propagule (du latin propagulum) est une structure de dissémination (propagation) et de reproduction. Cette définition, au sens large inclut aussi bien des structures végétatives que sexuées. Il existe de nombreuses définitions plus restrictives …
…Des propagules peuvent être émises par de nombreux êtres vivants (animaux, végétaux, bactéries, champignons, sous de nombreuses formes comme les spores, kystes … ) et être transportées passivement par le vent, l’eau ou activement par d’autres animaux, éventuellement sur de longues distances avec par exemple les oiseaux migrateurs… »

En bref, notre première micro nous avait fait voir des bouquets de spores qui n’appartenaient pas à notre champignon et des apparences d’asques ce qui est un comble, n’est-ce pas, pour un basidio. On dira que ça collait pas ou plutôt que ça collait trop! et, après avoir évoqué les propagules, Jacques G. écrivait: « Oui Michel, là ça colle nettement mieux! avec ce type de spores allantoïdes. »

Très peu de temps après nous nous remettions à l’ouvrage pour écraser entre deux lames un fragment d’hyménophore et feinter avec le couvre-lame pour rattraper l’infime morceau qui s’échappait dans son bain de Melzer et , là, les spores allantoïdes apparaissaient en masse. Leur dimension (voir ci-dessous) s’approchait de celle donnée par Breitenbach pour l’espèce (12-14×4,5-5µm) et Phillips (10-16X4,5µm). Chez les nombreux auteurs consultés au cours de nos recherches (voir bibliographie plus bas) nous avons retrouvé le terme cérébriforme pour décrire l’aspect macroscopique de l’hyménophore de cette espèce.

Spores-Exidia-glandulosa.jpg

En outre nous avons pensé apercevoir une baside, pas très distinctement certes, mais rappelant le croquis (avant-dernière image) de la description chez Breitenbach.

Baside-Exidia-glandulosa-MP.jpg

De même, la spore de gauche (microscopie ci-dessous) rappelle une partie du croquis de la littérature Suisse.

Spores-Exidia-MP.jpg

Donc au terme de notre enquête, avec l’aide de Jacques Guinberteau pour indiquer la bonne piste en se méfiant des propagules, nous sommes donc bien en présence de l’Exidie glanduleuse et ça colle!

Michel Pujol

exidie glanduleuse,exidia glanulata

Bibliographie: Breitenbach&Kränzlin Tome 2 n°21; Courtecuisse&Duhem n°52 (édition 2011); Eyssartier&Roux page 1040 (édition 2011), page1072 (édition 2017); Borgarino&Hurtado page 64 (édition 2006); Bon page 324 (édition 2004); Phillips page 262 (France loisirs).

Notamment sur Internet: MycoDB , A.M.B. ; Myco Charentes

 

Ce 7 avril et… dans le rétro de mai 2015

 

Serait-on, réchauffement climatique aidant, passé de mai en avril en cinq ans? La sagesse populaire dirait « les années passent et ne se ressemblent pas ». Aussi prenons garde aux conclusions hâtives. Toutefois, quelques espèces rencontrées ce 7 avril 2020, dans le bois d’à côté, en courte balade n’excédant pas une heure, dans un rayon d’un kilomètre, justificatif en poche en ce temps de confinement, nous interroge. Parmi les espèces, la première Russula vesca, première de l’année pour nous, un polypore, quelques fleurettes et un « truc » noir.

Petit regard en arrière. C’était le 6 mai 2015 sur le même site. Certes les espèces y étaient plus nombreuses:

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Une Amanite au pied rougissant.

bolets-des-charmes.jpg

De vieux Bolets des charmes.

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Un premier Cèpe d’été (B. aestivalis) dont le stipe fourmillait de vers.

Inocybe-cookei-MP7.2015.jpg

Un Inocybe se révélant être, après micro, Inocybe cookei.

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Mais aussi

C’est là ou ce coup de rétro interroge. Le 6 mai 2015, tout comme le 7 avril 2020, nous rencontrions des Russula vesca contrôlées au « Fer ».

Russula-vesca-7.2015.jpg

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Ci-dessus notre R. Vesca solitaire et quasi flétrie du 7 avril 2020, elle aussi confirmée au « Fer » au retour de la balade.

Autre rencontre du même type le 6 mai 2015, un petit Polypore (Polyporus tuberaster ou P. forquignonii)

Polyporus-forquignonii-7.20.jpg

Polyporus-tuberaster-MP.jpg

Et la même espèce, ce 7 avril 2020, dans les mêmes parages, sur du bois à terre, à portée de limace.

Certes, ce même jour point de Boletus aestivalis ni d’Inocybe cookei ni même de L. carpini. En revanche nous avons rencontré, sur tronc de chêne à terre, sortant de son écorce, cette masse noire gélatineuse-sèche faisant vaguement penser à Exidia glandulosa.

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Une fois « décortiqué », la base paraissait marron foncée un peu transparente.

Inconnu-3-MP.jpg

Réhydratée, la masse est bien gélatineuse et gagne en transparence.

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La microscopie nous fait apparemment exclure l’hypothèse du basidio Exidia glandulosa.

Asco-inconnu.jpg

Elle nous orienterait vers les ascos, peut-être vers Cheirospora Botryospora mais vraiment sans certitude aucune. C’est là pour nous l’intérêt de la mycologie. Mener l’enquête, échanger, et apprendre encore. Humilité.

                                                                             Michel Pujol

N.D.L.R. on trouvera la solution dans l’article suivant 

 

Mémoire de Truffes:4_ T. comme Trufficulteurs

 

Le premier volet de cette série évoquait notre rencontre avec T. melanosporum chez Guy Joui début 2008 à Monflanquin. Le second s’attachait aux « cousines » Truffe d’été (T. aestivum) et Truffe de Bourgogne (T. uncinatum) en faisant un crochet par Chatin. Le troisième avait trait, avec des amis mycologues, aux goûts des Tuber. Aujourd’hui nous faisons part d’expériences, de ressentis de la part de trufficulteurs rencontrés ces dernières années qui, sur les marchés, qui, sur le terrain. Ils content leurs découvertes hypogées, leurs stations de cultures de ces champignons qui enchantent les papilles et, parfois, suscitent les convoitises.

Mycorhizes-truffes-MP.jpg

Comment piocher les « secrets » de ces champignons souterrains (hypogés)? En fréquentant, par exemple, les marchés-expositions. C’était en janvier 2015, à Mably, au cœur de Bordeaux. Le stand d’Agri-Truffe y présentait (ci-dessus) des mycorhizes (voir -dans la colonne de droite de notre site- deux vidéos 2DB et 4DB avec Damien Berlureau d’Agri-Truffe). Des trufficulteurs notamment Périgourdins, Lot-et-Garonnais et Girondins y proposaient leurs récoltes.

Fine, la mouche

    Nous nous posions des tas de questions. Bien sûr, Tuber melanosporum ne nous était pas inconnue côtés macro-microscopie-arômes mais allez savoir, sous terre, que nous cachait-elle qui n’échappait pas à ses plus proches observateurs de surcroît intéressés au sain et bon déroulement de sa croissance: les trufficulteurs.

Prenez, par exemple la mouche ou plutôt les mouches du genre Suillia, « mouches rabassières », qui compte plusieurs espèces dont S. gigantea dont le vol lourd se repère avant qu’elle n’aille pondre afin que ses larves se développent au sein du champignon hypogé. Nous nous demandions, peut-être trop naïvement, si l’insecte creusait un peu ou beaucoup la terre pour arriver tous près de la melano nourricière. En fait, nous expliquaient alors ces spécialistes, Suilla sp.se pose au sol, à la perpendiculaire de la tubérale qu’elle sait mature (d’où son rôle déterminant pour le cavage). Elle pond alors ses œufs pic au-dessus. Les larves, minuscules, qui éclosent, vont jouer les spéléologues pour atteindre la truffe s’en nourrir et y grossir. Fine cette mouche rabassière.

Les sortes d’arbres? les terrains? Selon les témoignages recueillis, le chêne vert était en progression dans les essences plantées. Il pousse plus vite que le traditionnel chêne pubescent mais demande davantage d’entretien. Il faut veiller en effet à ce que « la Truffe respire » soulignait un Lot-et-Garonnais de Pujols (ci-dessous au centre). Entendez par là que bien que sous terre elle n’aime pas qu’on lui fasse de l’ombre alors on retaille les houppiers des chênes verts assurait Sébastien Chinouilh (photo plus bas) de Clermont de Beauregard en Dordogne. C’est davantage de travail et ce n’était pas un hasard de rencontrer beaucoup de viticulteurs-trufficulteurs car le suivi des deux récoltes raisin-truffe demande autant de soins et de temps.

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Notre ami de Pujols qui avait devant lui une photo de garçon exhibant une Tuber melanosporum de plus de 800 g s’accordait avec Lucien Perrier (à droite photo ci-dessus), dont nous connaissions la longue pratique et la grande expérience, pour relever qu’en début de production, donc « issus » d’arbres jeunes, les ascophores sont plus gros mais qu’ensuite, les arbres vieillissant, les truffes sont certes plus petites mais plus parfumées.
Et le ph? Le Fronsacais Patrick Dorneau (photos plus loin) estimait que sans mésestimer cet aspect beaucoup d’autres facteurs entraient en jeu. D’ailleurs, disait-il, sa voisine sur le stand qui était à La Brède y produisait des truffes bien que son terrain ne soit pas idéal du seul point de vue du ph.

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Nous avions entendu aussi que le froid rigoureux à la veille du cavage, c’est à dire de l’extraction, n’était pas très souhaitable mais ce qu’allait nous dire Sébastien Chinouilh, de Clermont de Beauregard, qui extrayait de son tas une melano pour le démontrer (photo ci-dessus avec gros plan sur sa Truffe du Périgord) nous interpellait. En effet, Sébastien avait remarqué que le péridium est plus « fin » quand une de ses truffes est venue dans un sol « blanc travaillé » aux particules plus légères alors que l’enveloppe externe est plus épaisse quand les diamants noirs sont issus de l’argile épaisse à gros morceaux. Une certaine humanité de la Truffe en quelque sorte qui a la peau dure quand il faut résister et qui se la joue en douceur dans un cocon agréable.

En Fronsadais

    Rien de tel que le terrain pour poursuivre notre quête aux infos hypogées. Nous allions retrouver le mois d’après, sur ses terres propices en Fronsadais, le Girondin Patrick Dorneau accompagné d’Alain Roux, président d’alors des trufficulteurs girondins, et d’Eros,un adorable jack russell.

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Nous sommes alors en février 2015. Tout près des vignes,  Les arbres mycorhizés sont plantés, depuis un peu moins de dix ans; en majorité des chênes verts et quelques chênes pédonculés et noisetiers. Des plants certifiés qui proviennent pour la plupart de pépinières de la région et font l’objet de l’attention vigilante de l’Union régionale des trufficulteurs. Patrick Dorneau, le maître des lieux, avec passion communicative, en a façonné tous les endroits, planté, buté, taillé les arbres et prévu jusqu’aux fourmis… « Aucune règle de production est établie » fait-il remarquer mais le viticulteur fronsacais a pioché lors de ses déplacements et de ses rencontres avec les plus éminents spécialistes du Diamant noir quelques recettes facilitatrices. Ainsi en-est-il, entre autres, des fourmis qui aèrent le sol et de la lavande qui les attirent. Il en a planté quelques bouquets au cœur de sa truffière. Un véritable travail de fourmi? Tout à fait tant ce soin et ce temps apporté à la truffière s’apparente au travail de la vigne et à l’élevage du vin avec une différence olfactive essentielle. Lors du cavage l’intensité du parfum de la Truffe récoltée a l’odeur sublime de la récompense de tous les efforts du trufficulteur. Il faudra attendre plus longtemps, presser le raisin, le vinifier, l’élever avant que le viticulteur ne découvre le vin abouti. Quoiqu’il en soit, du vin ou de la truffe on a bien sa petite idée de ses grands espoirs avant.

Arbres-MP.jpg

Il y a par exemple le brûlé au pied des arbres, la marque que le mycélium se développe, se nourrit en absorbant des nutriments du sol qui s’éclaircit alors (ci-dessus). Quand le doute s’installe pour un arbre qui ne « brûle » pas, il faut alors en planter un autre à côté.
La taille des plants pour apporter de la lumière mais en tenant compte de l’orientation, de la pousse végétale supposée etc. est complexe et instinctive d’expérience. Il faut tenir compte aussi de sa taille (hauteur) personnelle pour continuer à rabattre en se tenant debout nous explique Patrick Dorneau (ci-dessus à droite).
Selon le Président Roux (ci-dessus à gauche avec Eros) on comptait alors une soixantaine de trufficulteurs en Gironde notamment en Entre-deux-Mers, Fronsadais et Sud Gironde. Certains étaient à la recherche de terrains où exercer leur passion. Il était bien difficile d’évaluer le poids des truffes produites dans le département sinon que 2013 n’avait pas été une bonne année et sur le marché de Saint Emilion 13 kilos avaient été écoulés à fin janvier 2015.

Coupe-truffière-MP.jpg

Les strates du « nid », de la truffière, qui apparaissent en contrebas de la plantation de 70 ares de Patrick Dorneau parlent d’évidence: une couche de terre meuble sous laquelle affleure une roche calcaire drainante. Le PH est de 8,5. Tout autour, les vignes s’y plaisent depuis longtemps. Ce montage photo des lieux illustre les facteurs facilitant les pousses mais n’allez pas croire pour autant que c’est comme … une lettre à la poste. Les fructifications des mycorhizes sont des courriers au long cours qu’il faut aller chercher, quand elles existent, en poste restante.

Bien difficile de trouver sur le Net des détails sur la production actualisée des truffes en France. Le marché aux truffes de Lalbenque est réputé le plus important du Sud Ouest voici (en cliquant sur le lien) le détail des apports pour la saison 2019/2020 . Du 3/12/2019 au 10/3/2020 les apports auront, d’après ce tableau, totalisé 685 kg sur ce marché au gros et au détail du Lot. De quoi « toucher le gros lot » entre 600€ et 1000€ les mille grammes.

                                                                             Michel Pujol 

Rétro 2014: Bordeaux ascos rive gauche/rive droite

Par respect de confinement nous n’y retournons pas mais… à la même période, fin mars 2014, nous faisions un petit tour printanier dans l’agglomération bordelaise pour y retrouver de vieilles connaissances.

Nous plongions vendredi 28 mars 2014, à Bordeaux-Lac, dans la pinède.

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Les Pézizes couronnées, quelque peu écrasées par endroit, offraient leur coupes d’un bleu profond bien enterrées entre mousses et aiguilles. La pousse semblait dater de quelques jours pour les plus anciennes tachetées de gris. Bien identifiées par notre ami Yves Mortureux qui retrouvait cette espèce dans une station habituelle qui recelait une vingtaine d’exemplaires en ce début de millésime 2014. Les promeneurs que nous rencontrons alors sont intrigués. Des champignons en ce moment? ça se mange? Nous avions beau leur dire que ceux-ci étaient toxiques, ils regardaient dubitatifs le fond du panier où quelques-unes avaient été gardées pour étude.

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Outre les Sarcosphaera coronaria (= S.crassa) nous reverrons au bord du Lac de Bordeaux quelques Tricholomes proches de terreum et des Helvelles blanc et noir (leucomelaena) en remarquant que leur présence s’était déportée par rapport à l’année précédente. Il court, il court le mycélium…

De l’autre côté de la Garonne, en face à Lormont « nos helvelles » nous avaient paru bien paresseuses en cette année 2014 quand nous étions allés, peu avant, regarder au pied de la carrière à l’ombre des peupliers noirs. Ni Helvella fusca ni Helvella monachella. Il manquait alors peut-être un zeste de chaleur et un filet d’eau.

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Le dimanche 30 mars 2014 elles avaient timidement réélu domicile entre carrière et ligne de chemin de fer, sous les Populus nigra pour les fusca. Seulement deux exemplaires (ci-dessus) présents ce 30 mars là.

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Davantage de « Religieuses », les cinq ci-dessus, près des deux autres mais plus éloignées des peupliers, sur la terre nue.

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Helvella monachella (= H. spadicea) est coiffée de noir alors que H. fusca, comme son nom l’indique l’est de brun mais outre leur différence de taille (en moyenne) le stipe (pied) de la première est lisse alors que celui de la seconde est lacuneux. Aucun intérêt gastronomique, toxiques à l’état cru comme beaucoup d’ascos, comestibilité incertaine voire « risquée » une fois cuites et en tout cas, surtout pour la seconde, à préserver car assez rare.

                                                                            Michel Pujol

 

Mémoire de Truffes:3_ G. comme Goût

Le premier volet de cette série évoquait notre rencontre avec T. melanosporum chez Guy Joui début 2008 à Monflanquin. Le second s’attachait aux « cousines » Truffe d’été (T. aestivum) et Truffe de Bourgogne (T. uncinatum) en faisant un crochet par Chatin. Aujourd’hui nous faisons part de ressentis, au fil de nos rencontres, en matière de goût avec certaines espèces de truffes.

Pour l’avoir expérimenté récemment entre amis initiateurs puis en famille (à plusieurs reprises) deux belles Tuber melanosporum, issues du marché de Prayssas taillées en tout petits morceaux et mélangées à du beurre demi-sel suffisent pour la confection, sur des tranches de pain ficelle, de très goûteux et très nombreux toasts à l’apéritif.

Prayssas-MP.jpg

Le goût de la Truffe du Périgord entre dans les narines quand vous les conservez au réfrigérateur enveloppées dans du papier absorbant et que vous ouvrez la porte… PARFUM!

Darius.jpg

Nous avions eu le plaisir de rencontrer il y a quelques années en Charente-Maritime Pascal Chautrand et Darius son Lagotto romagnolo (photo ci-dessus) ainsi que Guy Dupuy.

A propos des odeurs et saveurs des autres truffes que le « diamant noir », Pascal, spécialiste des champignons hypogés parle d’expérience:

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 » Les mésentériques qu’on peut trouver pratiquement toute l’année, n’ont pas du tout ni le même parfum ni le même goût selon l’époque et les lieux de récolte. De bitumeuses, elles peuvent aussi avoir un parfum très agréable rappelant la truffe d’été. Les brumale, elles, n’arrivent à maturité que l’hiver et supportent mieux que toutes les autres une cuisson longue. Les Tuber aestivum sont parmi toutes les truffes celles qui supportent le moins la cuisson, mais un brie ou des pâtes chaudes truffés à l’aestivum, c’est un délice. Par contre elles sont trop souvent ramassées avant leur complète maturité ce qui nuit énormément à leur qualité gustative, la meilleure période de cueillette ne commençant qu’à partir de la fin juin (on les nomme parfois truffes de la St Jean). Néanmoins, c’est vrai que dans certains biotopes, j’ai récolté des aestivum qui bien que mûres à point, n’avaient pas un parfum très agréable. Ce genre de désagrément m’est également arrivé avec des Cantharellus cibarius trouvées sous junipérus et qui avaient une odeur et un goût de terre très prononcés. Le substrat est peut être responsable mais sûrement aussi les conditions de développement des champignons qu’ils soient épigés ou hypogés. »

Dupuy.jpg

Guy Dupuy (ci-dessus lors d’une sortie dans les années 2010 avec les pharmaciens sur l’île d’Oléron), par ailleurs, remarque que :

aes.inc.MP.jpg

« aestivum = incinatum (avec quelques réserves dont on a parlé et certainement des appréciations différentes suivant les « terroirs » et époques) et le commerce de la « truffe de Bourgogne » ne repose pas sur rien… mesentericum est également cultivée… donc appréciée par certains (personnellement j’ai trouvé excellent dans une quiche lorraine…ajoute-t-il) quant à la brumale elle est certes plus appréciée cuite mais il est exagéré de dire qu’elle ne peut être consommée que cuite. »

                                                                               Michel Pujol

Agarics de prés, de près

Agaricus-arvensis-s.l.-MP

Bien avant le confinement, le 6 mars précisément, nous voulions vérifier si les Morchella importuna que nous avions aperçues début avril 2018 refaisaient « surface ». Justement, sur des pages Facebook dédiées figuraient quelques pousses de morilles. Alors pourquoi pas sur cette station de Gradignan d’il y a deux ans? Las! là point de ces jolis ascomycètes sinon des basidiomycètes bleus comme leurs pieds (photo ci-dessous).

Lepista-morilles-MP.jpg

Pas de morilles donc mais si, d’aventure, les pézizes dites du cèdre pointaient auprès de leurs séquoias dans un parc voisin?

Laurenzane-MP.jpg

Le joli parc de la mairie de Gradignan avec ses rosettes d’orchis pas encore fleuris et ses champignons. Pieds des cèdres et séquoias scrutés: point encore de Geopora sumneriana mais d’autres espèces. La même que précédemment (Lepista cf. nuda ci-dessus au centre), ce Xerocomellus à l’allure de chrysenteron aux pores de plus en plus larges avec la vétusté et ses nuances rougeâtres sur la cuticule et plus affirmées sur le stipe (ci-dessus à gauche) et quelques inocybes (à droite). Et puis…

Agaricus-arvensis-mat-MP.jpg

… des Agarics quasi en troupe dans le pré, proches de résineux. Des jeunes (photos de tête) et un plus mature (ci-dessus). Restait à déterminer l’espèce: pas très jaune au grattage de la base du pied ni à la coupe, son anneau descendant et l’aspect « roue dentée » sous la bague fermée.

La vieille habitude de « recouper nos informations » nous amenait le samedi de la semaine suivante, le 14 mars, de nouveau sur les lieux. Au « point morilles présumé »: point de morilles ni de Lépiste, en revanche, le parc de Laurenzane, toujours sans Geopora sumneriana,

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

outre (ci-dessus) Lépistes et Inocybes (pas de bolet), abondait de « nos » Agarics (ci-dessous).

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

Quid des Lépistes? Un peu de micro nous amenait vers Lepista cf. nuda.

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

Et nos Agarics rémanents?

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

Une « roue dentée » bien apparente sur les exemplaires pas encore ouverts.

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

Un anneau descendant sur un pied glabre à base un peu arrondie et jaunissant un peu au grattage sur cet exemplaire mature.

Facebook et ses pages dédiées à la mycologie allait être bien utile pour notre identification. En effet quelques photos postées sur la page « Mycologie scientifique et champignons de France » (lien précédent Facebook) allaient susciter une première expertise de Guillaume Eyssartier: « Très difficile, voire impossible, sans microscope. C’est un Arvenses en revanche, pas un Xanthodermatei. »

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

Après avoir pris connaissance par le canal Facebook de notre étude micro, Guillaume Eyssartier nous répondait très rapidement: « Avec cette taille de spores et ce pied plutôt glabre avec la base plutôt arrondie, on reste sur Agaricus arvensis (sensu lato sachant que indistinctus et gemellatus ne peuvent pas être distingués). Nous avons bien sûr remercié Guillaume de son aide précieuse. D’ailleurs, dans son Guide de champignons France et Europe (Eyssartier&Roux) on peut lire: « L’Agaric des jachères fait partie d’un groupe d’agarics assez délicats à identifier et qui est encore à l’étude ».

Donc notre Agaricus qui pousse dans un pré, étudié de près, est un Agaricus arvensis au sens large (s.l. sensu lato). On ne louera jamais assez l’écoute, la bienveillance et la solidarité de la communauté mycologique.

                                                                                                        Michel Pujol

gradignan,agaricus arvensis,parc de laurenzane

Petite bibliographie:

-Eyssartier&Roux (Belin 2017) page 288

-Courtecuisse&Duhem (Delachaux et Nieslet 2011) n°746

-Bon (Flammarion 2004) pages 278 et 279

-Marchand Tome 2 n° 106

– mycodb

Images sur le Net Agaricus indistinctus 1 A. indistinctus 2 A. indistinctus 3

Agaricus gemellatus

 

 

 

 

Les « rescapées » de février

 

Elles semblent avoir la vie dure ces Chanterelles plutôt girondes! A la mi-janvier puis autour de Noël nous avions signalé ces champignons de saison. Retour à Martillac ce 4 février pour en retrouver d’autres bien plantées dans le sol sous les pins et quelques chênes mais l’entonnoir qui leur sert de chapeau paraissait quelque peu troué par endroits. Qu’importe, elles ne manquaient pas de fierté et ça ne faisait pas un pli, plusieurs…

                                                                      M.P.

Craterellus-cf-lutescens-MP.jpg

Brrr. Il fait froid et s’il n’en reste qu’un…

 

Ce 18 janvier, autour de Bordeaux, quelques périodes de gel après « nos chanterelles qui enchantent autour de Noël » , le temps n’est plus à la récolte. Il n’en reste que quelques unes à dévorer … des yeux seulement. Cueillette microscopique par rapport à celle que nous avions faite en même lieu le jour de la Saint Sylvestre. Justement, nous nous contenterons, le lendemain, de ne les observer qu’au microscope (voir plus loin).

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En effet, ces champignons de solide texture semblent résister à la froidure mais on observe que leur chair n’est plus aussi saine que dans leur jeunesse après gel. Les plis sont moins nets et quelques taches et points noirs sous le chapeau laissent suspecter quelques risques quant à leur consommation éventuelle. Les pousses fraîches sont rares. Autant tout écarter. Nous ne sommes pas sur la côte océane où le climat est plus tempéré et où Craterellus lutescens peut avoir encore de beaux jours devant elle.

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Côté microscopie (planche ci-dessus), nos mesures des spores ovoïdes sont proches de ce que l’on peut lire chez Essartier&Roux: 8,5-12,5 x 6,5-8,5 µm (4ème édition p.614); 9,3-11,9×6,5-8,4 pour notre récolte. Comme l’indique Pierre Roux (Mille et un champignons p.1117) nous avons aussi observé des basides à (2) 4 spores.

Autre espèce de basidiomycètes résistante au froid encore présente ce 18 janvier, le Bolet des bouviers.

S.bovinus-dessus-dessous.jpg

Ceux-ci semblaient, de loin, « tenir le coup » mais, en les soulevant, nous avons constaté leur état de tubes déliquescents.

S.bovinus-côte-côte.jpg

En revanche, à côté d’un autre Suillus bovinus, au chapeau très mou imprimé par la végétation, se tenait un exemplaire au pied encore dur recouvert, à la base, de mycélium épais tout blanc et dont les tubes étaient encore un peu durs.

                                                                                                          Michel Pujol

Ces Chanterelles qui enchantent autour de Noël

 

Saviez-vous que Lanza del Vasto surnommait son épouse Chanterelle? Née Simone Gébelin en 1908 d’une célèbre famille musicienne elle avait une voix très pure. Elle l’accompagnera dans le monde entier pour chanter avec lui. La chanterelle, la corde la plus aigüe d’un instrument … à cordes comme par exemple celle, entre six d’une guitare, source des sons les plus hauts de sa gamme. Et puis allons faire un tour chez les Grecs qui ne manquent pas de mycologues: Kantharos la coupe à boire, trait commun du groupe des Cantharellaceae dont l’hymenium est porteur de plis et non de lames. Ecartons le sous-groupe des Cantharellus dont C. cibarius, la Girolle souvent nommée chanterelle et arrivons, dans le sous-groupe des Craterellus, à nos « Chanterelles qui enchantent autour de Noël ». Plus précisément Craterellus lutescens (la Chanterelle jaune) et Craterellus tubaeformis (la Chanterelle en tube).

C.-tubaeformis-Martillac.jpg

On retrouvera notamment une précédente chronique consacrée aux girolles pour écarter la confusion avec les Chanterelles s.s.

S’agissant de la période des pousses de C. lutescens et C. tubaeformis , cette année comme les précédentes, elles sont apparues, en nombre, fin novembre et courant décembre et nous nous attendons, comme d’habitude à quelques présences en janvier. En somme, largement autour de Noël.

craterellus  tubaeformis, craterellus lutescens, chanterelle en tube, chanterelle jaune

Fin novembre les Chanterelles jaune « fleurissaient » par exemple dans la pinède littorale du Porge (33) et début décembre

craterellus  tubaeformis, craterellus lutescens, chanterelle en tube, chanterelle jaune

nous les rencontrions à Saint Genès de Castillon d’où l’on pouvait apercevoir, au loin, la Tour de Michel de Montaigne en terre périgourdine.

craterellus  tubaeformis, craterellus lutescens, chanterelle en tube, chanterelle jaune

C’est à Martillac (33), récemment, que poussaient, côte à côte, Chanterelles en tube et Chanterelles jaune. On remarquera combien les plis chez la première espèce sont affirmés et, au contraire, subnuls chez C. lutescens.

craterellus  tubaeformis, craterellus lutescens, chanterelle en tube, chanterelle jaune

Pour les récolter, armez vous de patience et d’une (petite) paire de ciseaux. Coupez vers le milieu du pied pour les avoir proprettes et, éventuellement, après nettoyage (qui sera plus rapide) passage au micro-ondes pour en réduire le volume. Egouttez bien sûr. Et cuisinez de suite en partie pour dégustation. Eventuellement, après refroidissement, congelez le reste en prévision , par exemple du menu de Noël. Bonnes fêtes à toutes et à tous.

                                                                                                Michel Pujol

A la rencontre de la diversité fongique

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Ce dimanche 17 novembre l’association « A la poursuite des champignons » conviait ses adhérents et contacts récents à une sortie à Canéjan, en Gironde. L’occasion pour les animateurs de partager quelques connaissances et beaucoup de leur passion mycologique avec les participantes et participants à cette balade matinale. Si, la veille, la pluie était tombée drue, là les nuages cachaient quelque peu les rayons dominicaux mais l’eau imbibait le sol et surtout… les champignons. Les chapeaux des Agarics pintades matures (Agaricus moelleri), par exemple, semblaient tracés de rose tant ils étaient imbus et il fallait beaucoup de précaution pour éviter que le pied d’une Russule présumée fragilis (l’odeur de coco ne semblait pas au rendez-vous) ne se casse un peu trop vite. Bref, mouillé de chez mouillé mais une grande diversité d’espèces (liste en fin de texte) eu égard aux biotopes traversés à pas comptés en l’espace de deux heures.

Canéjan-2-JCB.jpg

La visite commençait par la clairière près du Centre Simone Signoret où, à proximité de pins, des Suillus, entre autres espèces, luisaient en nombre. Le groupe descendait ensuite vers le Moulin de Rouillac pour inspecter le bord du canal habité habituellement par une station d’ Amanites phalloïde (pas de pousse ce jour-là contrairement à quelques semaines précédentes). Le pont sur l’Eau Bourde était franchi et, sur la droite, on cheminait sur une partie du parcours des Graves  décrit dans une précédente chronique (cliquer sur le lien).

Canéjan-3-MP.jpg

Les biotopes divers qui bordent l’Eau Bourde permettaient de présenter au groupe quelques ascomycètes telles l’Helvelle crépue, l’Oreille-de-lièvre et la Pézize orangée et bien sûr bon nombre de basidiomycètes de tous genres Agarics, Amanites, Russules, Lactaires, Bolets, Lépiotes, Coprins, Psathyrelles, Tricholomes, Mycènes, Hébélomes, Cortinaires, Inocybes, vesses etc. sans omettre quelques Aphyllophorales.

Canéjan-4-JCB.jpg

L’accent était mis notamment sur les risques de confusion, fréquents en cette période entre, par exemple, la Coulemelle et Chlorophyllum brunneum. La présence de Coprins chevelus et de Coprins noir d’encre tombait à pic pour décrire l’effet antabuse de la deuxième espèce.

Liste des espèces rencontrées

BOLETUS aereus 1ex
BOLETUS edulis 2ex
SUILLUS granulatus une station de quelques ex.

Suillus-MP.jpg

HORTIBOLETUS rubellus 2ex
XEROCOMUS sp +
AMANITA citrina++
AMANITA fulva 1ex
AMANITA muscaria ++
AMANITA pantherina +
AMANITA rubescens ++
AGARICUS moelleri ++ à maturité

Agaricus-moelleri-MP.jpg

AGARICUS impudicus/variegans 1ex
MACROLEPIOTA procera 4 beaux exemplaires
MACROLEPIOTA cf. konradii 1ex à maturité
LEPIOTA cristata 2ex
LEPIOTA ignivolvata 1ex
LEPIOTA subincarnata (= L.josserandii) 4ex
COPRINUS comatus 3ex
COPRINOPSIS atramentaria 2ex
COPRINOPSIS picacea +
COPRINELLUS cf. micaceus ++
PARASOLA cf. plicatilis ++ à maturité
PSATHYRELLA conopilus 3ex
PSATHYRELLA cf. multipedata 2 belles touffes
TRICHOLOMA album +
TRICHOLOMA sulphureum ++
TRICHOLOMA terreum +

TRICHOLOMA scalpturatum +

Tricholoma-MP.jpg

TRICHOLOMA ustaloides 1 ex (cuticule amère)
PARALEPISTA flaccida ++++
MYCENA galopus 3ex (lait blanc lorsque l’on coupe le stipe)
MYCENA pura+
MYCENA rosea+
MARASMIUS oreades un demi-rond de « sorcière ».
LACCARIA amethystina +
LACCARIA cf. affinis +
HEBELOMA sinapizans ++
HEBELOMA sp ++
INOCYBE bongardii 1ex
INOCYBE geophylla var.lilacina++
INOCYBE sp+
CORTINARIUS infractus 2ex
CORTINARIUS cf. cedretorum 1ex
HYPHOLOMA fasciculare ++++ présence en de nombreux secteurs

Hypholoma-fasciculare-MP.jpg

CREPIDOTUS cf. luteolus ++ exemplaires sur brindilles.
RUSSULA vesca +
RUSSULA cf. fragilis +
LACTARIUS necator 3ex
LACTARIUS quietus ++

LACTARIUS lacunarum +

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LACTARIUS subdulcis ++
VASCELLUM pratense +
CALVATIA excipuliformis 2ex

Calvatia-excipuliformis-MP.jpg

SCLERODERMA cf. bovista 2ex à maturité
FISTULINA hepatica 1ex à maturité
STEREUM hirsutum ++
TRAMETES versicolor +++
BJERKANDERA adusta ++
XANTHOPORIA radiata ++ lignicole sur Alnus
GANODERMA applanatum + vieux exemplaires.
FOMES fomentarius ++
PHAEOLUS schweinitzii 1ex à maturité
RAMARIA stricta 3ex.
PHALLUS impudicus 1ex

Phallus-impudicus-MP.jpg

CLATHRUS archerii +++ plusieurs ex. à maturité et non développés.

Clathrus-archeri-MP.jpg

TREMELLA mesenterica 1ex
ALEURIA aurantia 1ex
OTIDEA cf. onotica ++
HELVELLA crispa ++++

Helvella-crispa-MP.jpg

PAXILLUS cf. olivellus +++
++++ Très abondant
+++ Abondant
++ Peu abondant
+ Rare
70 ESPECES

NDLR. photos d’illustration d’espèces réalisées deux jours après, sur le même parcours. Cliquer sur les images pour les agrandir.

                                                                      Jean-Christophe Blanchard

                                                                               et Michel Pujol

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Lune? Quelques croyances et fausses vérités

Lune-champignons.jpg

La lune et son influence sur la pousse des cèpes? Une simple croyance qui n’a jamais été prouvée scientifiquement 

 Leurs pousses dépendraient des phases lunaires, leur comestibilité serait avérée par les limaces ainsi que par leur couleur et leur odeur. Il faudrait les cueillir en leur coupant le pied pour qu’ils resurgissent mieux… Les champignons, depuis des lunes, génèrent convoitises et fausses vérités. Pas bien grave sauf que certaines espèces sont mortelles.

 Ecartons d’emblée l’idée, entendue dans mon enfance, qu’ils s’arrêtent de pousser quand on les regarde et tirons au clair l’incidence, hors marées, du plus proche satellite de notre Terre.

En septembre 2012 « le Mag » avait consacré un dossier au Cèpe au cours duquel notre ami Jacques Guinberteau, mycologue de renommée internationale, interrogé par Olivier Plagnol sur « l’influence de la Lune sur la pousse des cèpes : légende ou réalité ? » répondait : « C’est une simple croyance qui n’a jamais été prouvée scientifiquement. Aucune étude n’a montré le moindre lien entre les phases lunaires et la fructification. ».

Autour du 14 juillet 2017 le marché aux cèpes de Mussidan ouvrait trois jours pour écouler une récolte abondante en Dordogne. Dans l’édition périgourdine de « Sud- Ouest », sous la signature d’Hervé Chassain, était relaté cet évènement. Daniel Lacombe le président d’alors de la Société mycologique du Périgord y déclarait qu’il était tombé près de 100 millimètres de pluie fin juin et qu’une poussée 15 jours plus tard, surtout avec la chaleur, était normale. La période faisait aussi sourire le scientifique, puisque la Lune n’était pas montante comme le veut la croyance locale : « Ce qui compte, c’est la chaleur et l’humidité, insistait-il. Les champignons ont aussi besoin d’un contraste thermique. »

« Fructification »

Et c’est bien là qu’il faut rappeler, en usant par exemple de la métaphore du pommier, que ce que l’on appelle champignon est un appareil reproducteur, un fruit, porteur de « graines », de spores, produit par le mycélium, « l’arbre », enterré. Quand les conditions (masse mycélienne, hygrométrie, saison, rupture thermique etc.) sont réunies, le « pommier » mycélium donne naissance à la « pomme », le champignon et ce dernier va épandre ses « graines », les spores, lesquelles vont germer, induire des mycéliums primaires de charge positive ou négative qui, se réunissant donneront un mycélium secondaire susceptible de faire éclore d’autres « pommes », les champignons. D’une espèce à l’autre les modes de reproduction et conditions « d’éclosion » sont variables et la Lune, en l’état actuel de nos connaissances, n’apparaît pas comme l’élément déterminant déclencheur de la « fructification ». On parle bien sûr ici de champignon et non de plante ou de cheveu.

Cueillir en entier

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Reprenons notre pommier (le mycélium) et sa pomme (le champignon). Détacher la pomme en entier n’abîme pas le pommier mais largement ébrancher l’arbre peut lui nuire. Alors prélevons dans son entier le champignon (en le déterrant délicatement si besoin) et examinons-le consciencieusement. Déterminons-le. Les volves ou bulbes enterrés des Amanites, par exemple, apparaîtront (ci-dessus à gauche) et des confusions facilitées par les pieds coupés près du chapeau pourront être évitées.

Cela n’empêche pas -contrairement à une idée reçue- la survenue d’autres pousses sauf si on laboure le terrain notamment à coup de râteau. Les stations saccagées de Chanterelles (Craterellus lutescens) ont, entre autres espèces, du mal à « refleurir » alors que le mycélium du Bolet bai (Imleria badia = Xerocomus badius) fracturé par des engins d’entretien des forêts fructifie en abondance pour se reproduire et survivre.

Le règne des champignons, ni végétal, ni animal, est complexe et requiert une extrême prudence de la part des mycophages : reconnaître avec certitude avant de mettre dans l’assiette, cuire et consommer avec grande modération. Consulter la littérature la plus récente. Demander l’aide de personnes compétentes. Ne pas se fier à une simple photo. Sur Internet, aller sur des sites sérieux et recouper ses informations. Dans le doute, on écarte.

Limace

limace.jpg

La limace n’appartient pas au genre humain. Elle va moins vite quoique… et son alimentation en matière de champignons (ci-dessus un Lactaire très piquant et une Amanite phalloïde mortelle pour l’Homme) démontre qu’elle ne partage pas avec nous les mêmes enzymes, qui facilitent l’assimilation et la digestion. Donc la limace n’est surtout pas un indicateur de comestibilité. Bien sûr elle ne reculera pas devant un Cèpe mais évitera les Girolles à la consistance trop dure pour elle et ingurgitera sans dommage des champignons très toxiques voire mortels pour l’Homme.

Couleur

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Il bleuit donc il est mauvais entend-on dire à propos de Bolets. La chair du Bolet Satan (ci-dessus à gauche) bleuit très faiblement alors qu’il est toxique. Celle, jaune, du Bolet à pied rouge (ci-dessus à droite) bleuit franchement à la coupe et il est … comestible. En revanche, la présence de tubes rouges sous le chapeau doit inciter cueilleuses et cueilleurs à identifier précisément l’espèce rencontrée sous peine de confusions fâcheuses.

Bolets-chair-blanche.jpg

Chair blanche immuable et bolet : n’est-ce pas un Cèpe ? Pas forcément. Le Bolet de fiel (ci-dessus à gauche) quand il est jeune et qu’il n’a pas encore de rosissement sur les tubes pourrait être pris, par exemple, pour un Cèpe d’été (en haut à droite). Si vous le mélangez avec de vrais cèpes il rendra le plat immangeable. Une des fausses vérités dure à avaler…

Odeur et goût

Odeur.jpgIl sent bon et il a bon goût. Alors il est bon ! Le Meunier et la Truffe (ci-dessus) sans doute mais l’Amanite phalloïde n’a pas de mauvaise odeur et n’aurait pas mauvais goût (inutile de tester…). Le goût et l’odeur sont des critères de reconnaissance bien utiles, entre autres, pour Lactaires et Russules. L’odeur farineuse commune au toxique Entolome livide (Entoloma sinuatum = Entoloma lividum) et à l’excellent comestible Tricholome de la Saint-Georges (Calocybe gambosa, « vrai mousseron ») est à l’origine, en cette période d’octobre, de nombreuses intoxications et cela bien que le bon ne pousse qu’au printemps (à la Saint-Georges) et le toxique à l’automne.

Prudence

Cette revue de détail des « fausses vérités » ne prétend pas être exhaustive. Les champignons sont ancrés dans nos cultures locales. Les « on dit » remontent à quelques lustres et méritent donc d’être éclairés à la lumière des connaissances récentes démontrées scientifiquement. Internet est un merveilleux outil. Tapez « cèpe et lune » sur un moteur de recherches et vous obtenez 204000 résultats !

Le mieux est de vérifier par soi-même. Aller tous les jours à la poursuite des champignons permet de se faire une idée, dans les endroits autorisés en ne perdant pas de vue que le propriétaire des lieux privés est seul propriétaire d’une récolte éventuelle et que dans des endroits publics il est toléré -sauf indication contraire- une récolte de 5 litres pas personne. Et, comble du bonheur, on n’a jamais fini d’apprendre et de vérifier ce bon mot d’Alphonse Allais « Les champignons poussent dans les endroits humides. C’est pourquoi ils ont la forme d’un parapluie. ». Mais prudence, attention aux pépins des intoxications. Le 20 octobre l’Anses relève que « depuis début octobre, 87 cas d’intoxication liés à la consommation de champignons, dont 3 cas graves, ont été signalés aux centres antipoison et de toxicovigilance. »

Michel Pujol

 Articles du même auteur publiés dans le Cercle des idées de « Sud Ouest »:

Quelques croyances et fausses vérités

Tout ce qu’il faut savoir avant d’aller chercher des cèpes et en trouver

Pour tout savoir sur les Girolles…

Cueillis sur l’arbre

Délicieuses chanterelles

Comestibles dont Coprin chevelu et … toxiques

 

Rencontres d’octobre

L’appareil photo, voire le smartphone, sont autant de carnets de notes lors de quêtes mycologiques autour de chez soi. Quelques pas déterminés dans les endroits déjà fréquentés ne conduisent pas forcément à des déterminations certaines de certaines espèces. Un peu de littérature mâtinée d’Internet, quelques souvenirs et expériences et l’approche devient plus précise. Sans aller vite mais en appuyant, doucement, sur le champignon pour en extraire, in-situ, une couleur, une odeur, une courte saveur vite recrachée; un coup de micro si besoin au retour. Bref tout le plaisir de la quête-enquête dans La Nature.

Presque trois semaines d’octobre autour et dans l’agglomération bordelaise, à petits pas sans noter la foule de Collybies dits du chêne, d’Armillaires, d’Aphyllophorales etc. mais quelques arrêts images à Haut-lévêque, Thouars, Le Burck, Laurenzanne, Cayac et même en bordure d’une voie de Pessac dédiée au créateur de la Tour parisienne et de la Passerelle bordelaise, le bien nommé et renommé Gustave Eiffel.

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Cheminement dans des espaces publics en commençant le 2 octobre par le parc de l’hôpital Haut-lévêque à Pessac. Pas grand chose sous les couverts. En revanche, une prairie bien ouverte à la lumière recélait, en peu d’espace, quelques espèces. Une limace (au centre ci-dessus) s’intéressait à ce groupe de bolets dont elle avait grignoté le bord de l’un d’eux.

Hortiboletus-rubellus-MP1.jpg

Une friandise que ce Bolet framboise pour notre gastéropode sans coquille. Rappelons au passage que ce n’est pas parce qu’un escargot consomme un champignon qu’il est comestible pour le genre humain. Combattons les fake news avec la plus grande énergie!

Agaricus-campestris-MP2.jpg    La limace, ce n’était pas le cas, aurait pu grignoter ces Rosés des prés (photo smartphone) qui étaient à proximité et qui sont tout à fait comestibles pour le genre humain.

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On en discerne mieux les caractéristiques sur la photo ci-dessus. En particulier la couleur des lames, la marge enroulée du chapeau, la forme du stipe et l’anneau très apprimé. Nous verrons plus loin qu’en matière d’Agaric la détermination, c’est à dire la reconnaissance de l’espèce, est de rigueur.

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Autre espèce présente, en quantité, dans le même environnement aussi bien jeune que mature (à gauche) cette Vesse et …

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… les très fréquents faux mousserons que nous avons rencontré en ce mois d’octobre en bien de lieux autres que Haut-lévêque, dans des endroits souvent rudéralisés.

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Et puis, près d’un tout petit B. edulis un petit « blanc » qui sentait bon et très fort la farine fraîche : le « meunier » Clitopile petite prune (Clitopilus prunulus). Sa proximité avec les cèpes (ils partagent le même biotope) le fait nommer souvent Mère du cèpe. Vous le trouvez et … vous cherchez autour! Bien vérifier l’odeur et, à maturité, le rosissement des lames (sporée rose) sous peine d’avoir affaire à des clitocybes blancs très toxiques.

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Un peu plus tard, le 6 octobre à Mérignac en bordure du Peugue dans le parc du Burck nous trouvions cette espèce qui, bien que comestible, peut faire l’objet de confusions notamment avec des amanites blanches mortelles. Leucoagaricus leucothites certes ne comporte pas de volve et la base du pied est « en massue ».

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Deux jours après, dans le parc de la mairie de Gradignan, toujours en milieu ouvert, notre regard était attiré par une troupe disposée en arc de cercle. Rosés des prés?

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Que non! De près, anneau ample et non apprimé comme vu plus haut pour le vrai Rosé des prés et jaunissant au grattage: Agaricus xanthodermus à l’origine, ces derniers jours, d’intoxications désagréables pour des cueilleurs un peu trop rapides en détermination.

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Sur les bords de l’Eau Bourde, entre Cayac et Montgaillard nous rencontrions le 10 octobre un autre Agaric toxique reconnaissable, entre autre, à ses cordons mycéliens à la base du pied. Il est toujours utile d’examiner un champignon en son entier donc de le dégager du sol amplement. Un plantoir par exemple aide à mettre au jour une volve, des rhizomorphes etc.

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Sur ce montage, nos trois espèces d’Agarics rencontrées en ce début d’octobre. Seule celle de droite est comestible.

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Le 12 octobre, retour à Laurenzanne pour y découvrir entre autres bolets (notamment S. granulatus) celui de Quélet reconnaissable à son pied betterave encore plus visible à la coupe.

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Le 15 octobre entre piste cyclable et clôture d’entreprises dans une zone industrialo-artisanale, avenue Gustave Eiffel à Pessac, un petit cèpe se dressait et un peu plus loin quelques bolets voisinaient, derrière le fossé, leurs charmes favoris.

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Nous terminerons cette balade automnale par le Bois de Thouars à Talence avec d’abord cette espèce toxique confondue avec la Coulemelle. On note encore de nombreux cas d’intoxications dernièrement avec Chrorophyllum brunneum qui n’a pas le pied chiné comme Macrolepiota procera. De plus, les lames de la Lépiote des jardins se teintent de brun rouge ainsi que sa chair.

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Revenons à nos limaces qui… Celle-ci avait bien entamé son festin de lactaire. Nous l’avons délogée pour goûter (et vite recracher) un tout petit morceau de son repas: très piquant.

Lactarius-zonarius-MP.jpg

Une façon de préciser la détermination de Lactarius zonarius à la saveur de la chair et du lait très piquante.

Fistulina-hepatica-MP.jpg

Quelques pas plus tard le piquant avait quitté notre langue quand nous avons admiré, au pied de leur chêne, ces Langues de bœuf, muet d’admiration.

                                                                                                                     Michel Pujol

 

 

 

 

 

Tirer la (les) langue (s) de soif!

 

CHAUD hier 18 septembre. Tout comme aujourd’hui. Pas de pluie depuis plusieurs jours. SOIF à tirer la langue. Un bœuf sur la langue? Plutôt langue de bœuf! P’tit tour dans le bois d’à côté. Précédemment nous avions évoqué la non résistance ou la résistance de lignicoles (Desarmillaria tabescens et Fomes fomentarius) à la chaleur. Hier donc nous n’avons rencontré que trois autres espèces (ci-dessus). G.l. traduisez Ganoderma lucidum, le Ganoderme luisant; L.s. Laetiporus sulphureus, le Polypore soufré et F.h., Fistulina hepatica, la Langue de bœuf. Tous tiraient la langue sur des chênes où, apparemment, ils vivaient … heureux.

Fistulina-hepatica-1MP.jpg

Sans guitare, il nous était difficile d’entonner « Auprès de mon arbre » ou bien « L’Auvergnat » mais l’appareil photo, tiré du sac, saisissait (ci-dessus) les notes rouge (surtout au toucher) de Fistulina hepatica attachée à son chêne puis désenclavée par son pied et présentant le contraste du revêtement sanguin du chapeau et des pores jaunes du dessous.

Fistulina-hepatica-2MP.jpg

Non loin, toujours sur chêne, cette Langue de bœuf à étages commençant à gagner en maturité entre sève du support et sécheresse extérieure. Du rouge sombre comme sang coagulé …

Fistulina-hepatica-3MP.jpg

…  et puis, à proximité, cet exemplaire, sur « la fin », au pied d’un arbre rongé avec sciure apparente (en bas à droite). Nous verrons plus loin qu’il est possible, quand elle est encore jeune, de tirer profit de la Langue de bœuf.

Laetiporus-sulphureus-MP.jpg

Tout comme il eût été possible d’accommoder ce Polypore soufré selon la recette que nous avions donnée l’an passé. Mais en l’espèce, hier, ce bouquet de langues jaunes était d’un sec dur non compatible avec l’assiette. On ne retrouvait aucune élasticité au toucher des extrémités. De véritables exsiccata.

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Ces deux Ganodermes luisant étaient, ensemble, sur un autre chêne (toutes les espèces décrites dans cette chronique se trouvaient dans un rayon de 70 mètres environ) . Nous en avons détaché un pour en montrer le stipe noir très dur et les pores blanchâtres. Faites une recherche  sur Internet en tapant Ganoderma lucidum et vous découvrirez -mais ne le savez-vous pas déjà?- que le Reishi (chez les Japonais) ou Lingzhi (en Chine) « connu depuis des millénaires » est une star de ventes de gélules fabriquées à partir de ce champignon séché. Parfois on lit qu’il « est rare » -d’où cher sans doute- alors qu’on le trouve assez fréquemment dans nos régions. Certaines images de vente de ce produit « miracle » témoigne d’élevage sur bûches de chêne enterrées.

Peu de mentions dans la littérature mycologique sur les « bienfaits » supposés ou avérés de cette espèce. On trouve, par exemple, la mention « non comestible » chez Phillips, Borgarino&Hurtado, Marchand; « intérêt décoratif » chez Bon; un logo correspondant à « sans intérêt ou indigeste » chez Eyssartier&Roux. Le Guide écologique des champignons Région Périgord Quercy précise lui, à la page 294, que « Si le Ganoderme luisant est beaucoup trop coriace pour être comestible, il est toutefois cultivé en Chine et utilisé dans la pharmacopée traditionnelle. Des études récentes démontrent qu’il contient en effet des molécules actives pour soigner certaines affections. »

Parmi les données scientifiques concernant Ganadorma lucidum et d’autres champignons pharmacologiquement intéressants il est possible de consulter cette note de bonne source.

Cela dit nous n’essaierons pas de réduire en poudre notre récolte pour un usage de bien être ultérieur sinon l’utiliser éventuellement pour une recherche microscopique. En revanche il nous intéressait de regoûter la Langue de bœuf. Nous en avions fait l’expérience il y a longtemps et cela ne nous avait pas trop séduit. Donc à midi …

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… après avoir relu la veille quelques conseils de préparation culinaire de cette espèce, nous avons, dans sa partie la plus tendre, pelé la cuticule de Fistilina hepatica, tranché de petites escalopes très fines dans la chair du bas du chapeau. Sautées tranquillement à la poêle dans de l’huile d’olive, salées, poivrées, additionnées d’ail en poudre. Un peu de persil du jardin et dégustation sur le champ dans une petite assiette. C’était pas mal du tout. Pas de cheveu sur la langue et … il y avait à boire. Même pas soif.

                                                                                                      Michel Pujol

 

Non je n’ai pas changé et Nom j’ai changé

 

Nous l’avions remarqué  il y a quatre ans, en septembre à Gradignan en Gironde, luxuriant sur un tronc de feuillu envahi de lierre, à l’entrée d’un bois. Il s’appelait alors Armillaria socialis (syn. Armillaria tabescens). Nous l’avons retrouvé cette année en août dans le même bois, à quelques pas, puis en septembre. Cette dernière fois au même endroit, sur son tronc toujours orné de lierre. Et … il avait changé de nom. L’armillaire sans anneau  doit aujourd’hui porter le nom valide de Desarmillaria tabescens.

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Désarmant!

Quand Christian Rouzeau, un ancien de la Linnéenne de Bordeaux – de qui nous avons beaucoup appris en mycologie- pestait contre les changements de noms de champignons et continuait à les appeler à l’ancienne, cela nous laissait songeur. Aujourd’hui, ayant atteint peu ou prou son âge d’alors, nous le comprenons mieux.

La nomenclature restera certes toujours une difficulté mais, quelque soient les avancées scientifiques, la fluctuation de la dénomination des espèces est déconcertante. De là à penser que les noms de mycologues accolés aux nouvelles dénominations en est une clé? Ce serait regarder par le petit trou de la serrure et, jusqu’à présent nous n’avons jamais vu un carpophore (ce terme a repris du service) émerger d’une serrure…

Alors, en plagiant le bon Julio Iglesias, donnons -s’il en était besoin- la clé du titre de cette chronique. Non je n’ai pas changé (toujours l’Armillaire sans anneau) et nom j’ai changé (feu Armillaria socialis renait en Desarmillaria tabescens). C’est certainement faire beaucoup de cas d’un détail?

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Cela dit, la micro n’a pas changé. Nous avons laissé sur notre planche le nom à la date de l’étude.
En revanche, nous avons observé, au-delà du nom, non pas sur quatre ans, mais sur une quinzaine de jours la faible résistance à la chaleur de cette espèce lignicole.

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Ci-dessus, en haut, des bouquets d’Armillaires encore bien portants et, en bas, les mêmes « destroyed » seulement deux semaines après. Un manque d’eau flagrant pendant cette période.

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Toutes les espèces ne sont pas logées à la même enseigne. Prenez l’Amadouvier par exemple, une espèce présente et photographiée dans le même bois de Gradignan non loin des Armillaires pré-cités . Hors que son nom n’a pas changé « depuis Fries », cette espèce amadouée par feu l’Homme préhistorique à qui il a montré sa flamme, Fomes fomentarius donc n’a pas (ci-dessus) changé d’aspect en deux semaines. Il lui faut bien davantage.

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Quatre longues années par exemple (ci-dessus, même endroit) pour passer, sur le même arbre, du beau blanc au bien brun. Non, nom, celui -ci n’a pas trop changé!

                                                                                                         Michel Pujol

Au gré des pas à Canéjan en bord d’Eau Bourde

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Cette fin août, aux abords de Bordeaux, la sécheresse n’en finissait pas de tarir les pousses et si … en bord d’Eau … Bourde il y avait quelques frémissements? Revenir en terre connue , se garer près de la Salle Simone Signoret à Canéjan et descendre vers le moulin de Rouillac et puis poursuivre le long de la rivière vers les anciens terrains de feu IBM.

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Près du parking de départ, sous la pinède, de vieilles connaissances, en troupe serrée avec quelques carpophores desséchés. Il en restait quelques présentables (ci-dessus) pour montrer leur chair jaune, leurs pores serrés, leur stipe comme pointillés et le revêtement du chapeau plutôt « glissant » quand il fait humide. De vrais Suillus qui concentrent les terpènes du Pin en haut du béret donc qui font « aller » dans une mise en selle rapide. Comme un remède de cheval pour mines constipées.

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Non loin de là, plutôt sous feuillus cette fois, un autre laxatif quand il est pris, par erreur bien sûr, pour un Rosé des prés. L’Agaric pintade (ci-dessus) tout comme son « cousin » l’Agaric jaunissant (Agaricus xanthodermus) se plait dans les biotopes rudéralisés, anthropisés et, sur ce lieu canéjanais, très agréable pour se balader, la présence humaine est fréquente.

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Côté micro, l’espèce Agaricus moelleri apparaissait bien comme étant celle de notre récolte. A part deux exemplaires très desséchés de Xerocomus chrysenteron nous ne trouvions pas d’autres champignons et nous quittions le haut du parcours pour aller vers l’Eau Bourde inspecter le long du canal de dérivation du Moulin de Rouillac où, régulièrement, nous rencontrons quelques Amanites phalloïdes. Las, pas une seule. En revanche, plus tard …

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… après avoir franchi le pont du canal de dérivation puis celui de l’Eau Bourde, au pied d’un talus ce Bolet (ci-dessus) se détachant du tapis de lierre.

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Dégagé du sol, il présentait des tubes orangé se tachant à la pression, un stipe non réticulé dont la base laissait présager l’espèce (ci-dessus à gauche). Restait à trancher la question (ci-dessus à droite). La couleur betterave du pied du pied plaidait bien en faveur du Bolet de Quélet.

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Restait notamment à jeter un œil dans une dépression, logiquement plus humide, prolixe certaines fois en Lactaires dits délicieux. Là point de lactaires mais (ci-dessus) ces Amanites à bulbe étoilé très ubiquistes. Tout près d’elles, une tache verte (ci-dessous).

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Une Russule? Que non! De fil en aiguille (s) -beaucoup la recouvraient- l’espèce, la plus mortelle d’entre toutes, était déterminée (ci-dessous).

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En effet, en creusant autour du sujet (ci-dessus), on distinguait en trois temps le revêtement fibrilleux du chapeau, le reste d’une volve en sac à la base du stipe et des lames blanches. L’état dégradé de l’exemplaire ne permettait pas de voir l’anneau mais c’était bien sûr une Amanita phalloïdes.

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D’ailleurs, une autre de la même espèce (ci-dessus), cette fois-ci entière se dressait à proximité de l’autre. Il suffisait d’en dégager la base pour mettre en valeur la volve en sac pour cette photo où l’anneau apparaît distinctement.

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Une occasion, au retour, de la scruter au microscope pour la ficher (ci-dessus). La balade n’était pas terminée et nous comptions bien longer la rivière, l’échelle à poissons à l’ombre des Aulnes glutineux qui jalonnent l’Eau Bourde.

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Et, au pied de l’un deux, nous retrouvions, en quantité (ci-dessus), ce Paxille qui leur est inféodé.

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Outre son affinité avec l’Aulne glutineux, P. rubicundulus (ci-dessus) se différencie de P. involutus par sa marge qui n’est pas aussi enroulée et sa couleur plus … rubiconde. Restait à poursuivre le cheminement de l’autre côté via le pont communiquant avec l’ancienne zone de feu l’usine IBM avec l’arrière pensée d’y voir quelques Bolets de la stirpe des Cèpes.

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Faute de grives … Joli Lactaire (L. rugatus? ou aurantiofulvus, aurantiacus, atlanticus etc..) et Russules sèches (R. cyanoxantha?). Nous n’avions pas, notamment, de sulfate de fer dans le sac pour réduire le cercle des hypothèses ni l’envie d’en faire bien sûr, des sujets de consommation. S’il y avait eu quelques cèpes…

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Sur le retour, au bord du canal du Moulin de Rouillac, des taches blanches élevées. Des Macrolépiotes oui mais à ne pas confondre avec les Coulemelles.

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Il s’agissait de la Lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum) très présente en ce moment et, si l’on en croit la Mycoliste , au hit-parade actuel des désordres gastriques.

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Autre Lépiote toxique, croisée près des Paxilles, cette fois bien plus petite et à rejeter comme toutes les petites Lépiotes: Lepiota cristata.

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La Lépiote à crêtes est bien mignonette mais ne jugeons pas -pour les fréquenter dans l’assiette- les champignons à leur belle allure. Une seule règle: être sûr de l’espèce, de la comestibilité de cette espèce. Si oui, des conditions de préparation (cuisson etc.) et de la nécessité d’actualiser ses connaissances. Vérité d’hier n’est pas forcément celle d’aujourd’hui.

Nous reviendrons à Canéjan. Plût au Ciel qu’il pleuve.

                                                                                              Michel Pujol

 

 

 

 

Mémoire de Truffes: 2_ E. comme Espèces

Le premier volet de cette série évoquait notre rencontre avec T. melanosporum chez Guy Joui début 2008 à Monflanquin. Suite de ce focus sur plusieurs espèces du genre Tuber, objets de découvertes et aussi d’expositions. Aujourd’hui quelques notes sur la Truffe d’été et la Truffe de Bourgogne.

L’exposition de Mably à Bordeaux se tient en début d’année (annulée en 2019). En 2015 notamment, elle offrait aux regards du public (éventuellement à leur porte-monnaie) la Truffe du Périgord bien sûr mais aussi  présentait d’autres espèces hypogées de la même famille (notre photo-montage de tête d’article).

Tuber uncinatum/Tuber aestivum

ou, un crochet par Chatin

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L’espèce Tuber uncinatum , la Truffe de Bourgogne a été « créée » par Adolphe Chatin en 1887. Uncinatum fait référence aux bords des spores où le réseau d’alvéoles présente un aspect recourbé comme crochu. Chatin démarquait, décrochait en quelque sorte T. uncinatum de Tuber aestivum, la Truffe d’été, Truffe de la Saint Jean décrite par Vittadini en 1831. Pour faire court, deux espèces donc en 1887 qui ne faisaient qu’une en 1831. Petit épisode de l’histoire de la nomenclature qui, d’une manière générale, en mycologie, ne cesse d’évoluer.

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Ci-dessus, une partie de la planche VII de « LA TRUFFE d’Adolphe CHATIN », ouvrage datant de 1892 réédité en 1984 aux Editions Slatkine. Il s’agit de Tuber uncinatum Ch. légendée ainsi: 1a Tubercule entier (de petite taille); 1b Coupe du même; 1c Verrues, grossies 3 fois; 1d, Tchèque, grossie 475 fois; 1e Une spore isolée, au même grossissement.

Dans sa description de T. uncinatum, Chatin écrit notamment : »Truffe grise de la Bourgogne et de la Champagne, l’une des Truffes dites musquées et Caïettes dans le Midi et le Centre de la France…  Assez semblable au Tuber mesentericum et ayant comme lui des spores à la fois réticulées – alvéolées et pourvues de papilles, le Tuber uncinatum s’en distingue nettement par ses papilles recourbées en crochet, caractère que j’ai voulu rappeler en lui donnant le nom spécifique d’uncinatum (de uncinus, crochet). »

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Ci-dessus, extraite du même ouvrage, une partie de la planche IX consacrée à Tuber aestivum Vitt. légendée ainsi: 1a Tubercule entier; 1b Coupe du même, 1c Une verrue, grossie deux fois, vue de champ; 1d, une verrue, vue d’en haut, montrant bien ses stries transversales; 1e Un sporange contenant 7 spores, vu à 475 diamètres; 1f Une spore, grossie 475 fois.

Comme pour bien démarquer la Truffe de Bourgogne de la Truffe d’été, Chatin écrit notamment à propos de cette dernière: « spores elliptiques, irrégulièrement alvéolées, de couleur bistre plus ou moins foncée; – papilles des spores nulle ou très courtes … Aliment autrefois assez recherché en Italie et dans le Midi de la France, quoique peu sapide et d’un faible arome se rapprochant de la levure de bière » fin de citations.

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Lors de l’exposition de Mably point de T. aestivum … en janvier! Nous avions photographié en avril 2007 cette récolte confiée par notre ami Gérald Fourcade qui avait trouvé chez lui, à fleur de terre, ces Truffes d’été sous un noisetier.

Des années durant les spécialistes se sont posé la question: s’agit-il ou pas du même taxon, par exemple plus ou moins mature selon la saison ?

Quand on les différencie, on remarque que la Truffe de Bourgogne se récolte légalement entre le 15 septembre et le 15 janvier alors que la Truffe d’été ou Truffe de la Saint Jean (24 juin) est mature bien plus tôt. On évoque le créneau d’avril-mai à fin août, exceptionnellement fin septembre selon ce dossier  bien documenté à propos de Tuber aestivum et de son intérêt culinaire. Pour ce qui est des dernières connaissances scientifiques à propos de T. aestivum versus T. uncinatum on lira avec le plus grand intérêt l’article récent de François Le Tacon  consultable sur le site de Jean-Louis Cheype.

Dans une prochaine chronique, nous poursuivrons ce tour d’horizon de quelques espèces de Truffes, sujet à creuser s’il en est.

Michel Pujol

 

Pieds chauds, de l’éventail à l’étoile

 

Mercredi 10 juillet, 17h 57, 32° à l’ombre. Pas l’ombre d’un champignon. De quoi rester les pieds en éventail en se faisant un peu d’air, façon flamenco, con abanico, sous chênes et charmes immobiles ou dans les prés inondés … de soleil . Et puis, de station en station éloignées , enfin : un éventail de quelques pieds d’amanites quelque peu desséchées. Un chapeau qui avait gardé ses squames et, en grattant délicatement la base des stipes, la reconnaissance de Amanita asteropus  . Seule espèce observée ce 10 juillet en deux endroits proches. Juin 2018 (cliquer sur le lien précédent), juillet 2019 toujours une grande chaleur et l’apparition de l’Amanite au pied en étoile, la star du chaud show.

Amanita-asteropus-2-MP.jpg                                                                                                                                     M.P.

Chaud/show que reste-t-il quand …

 

Caniculi-canicula! peut-on se jouer de la chaleur quand on est champignon? Plutôt déchanter quand opéra le chaud. Ce jour 3 juillet les feuilles sèches crissaient sous nos pas mais, espèce thermophile s’il en est, quelques russules verdoyantes résistaient encore.

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L’une, retournée, avait séduit quelques insectes qui y avaient fait leur trou.

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Un bolet des charmes faisait bonne figure bien que creusé sous son chapeau.

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D’autres, plus jeunes et bosselés semblaient à leur aise sans grande concurrence fongique.

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Leur pied avait chaussé sans dommage cette terre sèche de sous-bois.

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Enfin, cette R. virescens présentait dessous-dessous tous les avantages d’un état appétissant.

La liste des reçus en cette période de chaleurs est bien mince. Il faudra repousser les examens … de sous-bois.

                                                                                                                                   M.P.

 

 

 

Faites de la musique et … verdissent les russules!

 

La veille au soir la musique avait été célébrée dans un parc de la ville et le lendemain, non dans ce parc piétiné mais dans un autre , plus tranquille, nous allions voir si les russules verdoyantes aperçues en deux exemplaires minuscules le 18 juin étaient maintenant entrées dans … la danse.Leccinellum-pseudoscabrum-MP.jpgSur le trajet vers la station des R. virescens arrêt photos, au pied de charmes, devant ces deux  L. carpini (aujourd’hui Leccinellum pseudoscabrum). Appétissants pour les yeux dessus, dessous (un coup de lasso magnétique pour le montage) et comestibles si pas … cèpe.Boletus-aestivalis-Amanita fulva MP.jpgUn cèpe? un seul lors de la balade au chapeau grignoté par les hôtes de ce bois qui en avaient aussi grandement creusé le pied. Notre premier B. aestivalis de la saison (un deuxième trouvé ce jour 24 juin plus … entier). Plusieurs Amanites fauve avaient aussi poussé en nombre d’endroits.Megacollybia-platyphylla-1-MP.jpgDe même que les Collybies à larges feuillets jouant à cache-cache avec le lierreMegacollybia-platyphylla-2-MP.jpgou plus à découvert.Cantharellus-pallens-MP.jpgCôté comestibles, nous retrouvions, au même endroit que la fois dernière mais en moins grand nombre, des girolles pruineuses.Russula-silvestris-MP.jpgJuchée sur une grosse souche moussue, cette petite Russule rouge aux lames blanches pas très serrées nous invitait à son identification. Sur place, bien évidemment, première approche, la goûter à peine et .. recracher très vite car ne manquant pas de piquant, d’âcreté et la conserver dans le panier pour, au retour, consulter bouquins et Internet. Dans le « Courtecuisse » (1) , dans les espèces du sous-genre Russula, sous-section Emeticineae  le numéro 1369 nous a paru être la bonne pioche. Outre la saveur « très âcre » déjà observée, le revêtement du chapeau « très séparable », l’odeur « de coco », le biotope (« feuillus ») etc. tout concordait avec Russula silvestris. Sur la fiche de Patrice Tanchaud consultée sur le site de Mycocharentes, la mention « souvent parmi les mousses » et les photos in situ renforçait notre conviction.Russula-violeipes-MP.jpgAutre Russule objet de recherches, celle ci-dessus, à pied lavé de violet, figurant dans le « Courtecuisse », page 420, section Heterophyllae, sous-section Amoenineae au numéro 1418. Nous l’avions,  marquée au « Fer » (FeSO4) et observé la coloration orange en réaction sur le stipe. Enfin, dans la même page 420 de l’ouvrage de référence (1) prend place au numéro 1415 toujours section Heterophyllae mais sous-section Virescentineae notre vedette de tête, pardon notre … verdette, « latinée » Russula virescens.Russula-virescens-1-MP.jpgCelle-ci, hors station habituelle tenait encore debout et menaçait ruines.Russula-virescens-station-MP.jpgUn peu plus loin, sur la même station, où nous avions rencontré deux minuscules verdettes quatre jours avant, des virescens bien matures s’offraient à notre regard comme dansant au gré du vent.Russula-virescens-2-MP.jpgCette fois-ci de bonne taille

Russula-virescens-récolte-MP.jpgpour une récolte dégustée éventuellement … en musique.

M.P.

1_ Régis Courtecuisse, Bernard Duhem, Guide des champignons de France et d’Europe (Delachaux & Niestlé 2011)

Couleurs de juin: vert russule à jaune pruineux

 

Quelques photos, des légendes qui ne durent pas des siècles en ligne (s). Le plaisir de (re) découvrir une Nature généreuse et, parfois, avantageuse, en toute modestie madrée d’humilité. Le 11 juin nous espérions retrouver nos verdettes mais, alors, pas assez de soleil sans doute pour cette espèce réputée thermophile. Aussi, hier 18 juin, journée caniculaire s’il en est du moins en Gironde et donc plutôt en fin d’après-midi nous inspections certains endroits habituellement propices quand…

R.virescens-1-MP.jpg… deux boutons verdâtres, dont un en forme de casque de 2 cm de haut, émergeaient du sol feuillu. Dégagés délicatement:

R.virescens-2-MP.jpglames blanches, revêtement du chapeau moiré de vert, structure crayeuse, biotope habituel, nous retrouvions Russula virescens, « nos » premières de cette saison. Bien sûr nous avions vu notamment sur les pages dédiées de Facebook qu’il y avait déjà eu quelques récoltes de cette russule verdoyante notamment en Gironde.

L.-perlatum-1-MP.jpgNon loin de là, presque aussi minuscules que nos deux « boutons », ces vesses démarraient leur pousse. D’aiguillons en aiguillonsL.-perlatum-2-MP.jpgnous en rencontrions deux autres plus matures. Mignonnes à croquer? D’après « L’indispensable guide du cueilleur de champignons » de Guillaume Eyssartier et Pierre Roux (éditions Belin 2014) elles « sont comestibles, mais leur chair est molle et presque totalement insipide. Tout au plus leur consommation peut-elle être expérimentale, lors de périodes où aucun autre champignon ne pousse! » fin de citation. On verra plus loin que, ce jour-là une autre espèce laissait entrevoir une couleur jaune caractéristique et question sapidité ça ne fait pas un pli ou plutôt beaucoup de plis sous la lame du préparateur.A.-fulva-MP.jpgAvant d’entrer dans le jaune, regardons la couleur fauve de cet amanitopsis, donc sans anneau, mais chaussant une belle volve et arborant des stries en bord de chapeau. Bien en meilleur état que celle rencontrée le 2 juin victime de la sécheresse.G.-fusipes-MP.jpgUn peu de jaune avec ce lignicole reconnaissable, entre autres, à son pied en fuseau quelque soit … l’horaire. Un peu facile mais le rire est le propre de l’homme et souvent du mycologue et de la mycologue, auteur et auteure.C.-pallens-1-MP.jpgEnfin, caché un peu sous le feuillage puis offert à l’objectif ce basidiophore un peu sec mais pas tout à fait déséché etC.-pallens-2-MP.jpgen cherchant très près autour ces exemplaires plus « frais » etC.-pallens-3-MP.jpgune fois rassemblés en récolte tous plis dehorsC.-pallens-4-MP.jpgpuis alignés militairement en rang. La classe quoi!

Au programme ce soir, dégustation de girolles. Avec jaune d’œuf ou pas. On verra…

                                                                                                                                               M.P.