Natur’Jalles au rendez-vous d’octobre

Si, en matière de biodiversité et de conditions climatiques, les années se suivent et ne se ressemblent pas forcément, en revanche, pour ce qui est de la fidélité, le compagnonage Natur’Jalles et A la poursuite des champignons est toujours aussi agréable. La sortie mycologique de ce samedi 22 octobre en porte témoignage. « Très belle sortie avec des personnes intéressées et sympathiques! » dixit Martine Leblond présidente de la première association citée.

Leur histoire remonte au 10 octobre 2020 puis se poursuit le samedi 9 octobre et le samedi 13 novembre 2021. Donc ce samedi 22 octobre 2022 était l’occasion de continuer les recherches de champignons dans la forêt communale du Taillan-Médoc riche en biotopes propices, feuillus et résineux.

Un groupe de personnes intéressées et sympathiques prenait donc le départ des recherches .

Première rencontre, celle du Paxille à pied noir ( Tapinella atrotomentosa ) , ici en bouquet, que nous allions retrouver, notamment plus solitaire, à de nombreuses reprises. Les différentes russules étaient testées au « fer » et au « gaïac », les amanites (pas de phalloide observée) décrites de la base du pied à la tête, les bolets classés cèpes – suillus – xerocomus pour aller du genre à l’espèce. Parmi les bolets, quelques bais ( Imleria badia ) et beaucoup de chrysenterons ( Xerocomellus chrysenteron ). Une balade très interactive avec des questionnements, entre autres, sur la comestibilité ou pas des espèces rencontrées, la durée de la pousse d’un champignon et … l’influence de la lune. Bref une leçon de choses très agréable.

Outre quelques amanites (à droite) un premier petit cèpe ( Boletus edulis à gauche) était trouvé.

Et un autre, bien plus gros, ravissait son cueilleur et allait compléter le panier contenant au total cinq edulis.

Le groupe se rassemblait sur le chemin avec les récoltes diverses pour revenir vers le point de départ

où les tables étaient dressées pour installer et commenter les différentes espèces trouvées notamment une Astrée hygrométrique ( Astraeus hygrometricus ). On l’aura compris: en forme d’étoile. 

Une balade placée sous la bonne étoile en quelque sorte …

Michel Pujol

A chaque jour ses stipes …

Ces derniers jours, dans le bois d’à côté, l’humidité aidant, les espèces se diversifient. Timidement certes mais si la Collybie du chêne (ci-dessous fin septembre)

continue à prédominer dans les sous-bois aérés, 

ce 13 octobre nous avons retrouvé cette espèce avec un bouquet de Sparassis crépu (ci-dessus) sans doute abandonné par des promeneurs.

Autres stipes, bien accrochés aux branches, ceux du Polypore moucheté (ci-dessus) très présent sur notre parcours.

Espèce très présente également ce jour-là, en bordure herbeuse de chemin, l’Agaric jaunissant reconnaissable, jeune, à son chapeau en « pyramide tronquée ». Plus tard, le stipe s’allonge, bien épaissi voire bulbeux à la base et, surtout, le jaunissement au grattage et l’odeur iodoforme, d’encre. Des témoignages de personnes intoxiquées par cette espèce rapportent une odeur désagréable à la cuisson qui devrait alerter ceux qui pensent avoir affaire au Rosé des prés.

Celui-là dont le stipe se tord doucement sans casser et aux lames bien espacées est, en revanche comestible (cuit). Le Faux mousseron se dressait non loin de l’Agaric jaunissant sur le même biotope.

Deux jours après, le 15 octobre, nous rencontrions, pour la première fois cette année, ce champignon reconnaissable notamment à son odeur très forte de farine mouillée. Peut-être une bonne nouvelle quand on sair que le meunier est aussi appelé « la mère du cèpe » dont il partage les mêmes endroits. Nous avons bien regardé tout autour mais point de cèpe ce jour là.

Les lignicoles perdurent comme l’indique notre planche ci-dessus.

Les russules commencent timidement à apparaître.

Bien plus en nombre sont les Collybies à larges feuilles.

Quelques Plutées cf. couleur de cerf montrent leurs lames roses.

Qui suis-je vue de dessous avec ce stipe chiné et anneau glissant. La recherche des champignons serait-ce le pied (le stipe)? Pas que mais il faut marcher pour avancer et s’arrêter pour découvrir. Utiliser ses cinq sens et aussi sa mémoire.

Vous l’avez bien sûr reconnue cette Coulemelle au large chapeau qui, au Porge par exemple, avait éveillé les appétits.

La saison ne ferait-elle que commencer? Il reste bien d’autres stipes à reconnaître et à découvrir.

Michel Pujol

La rando des cèpes au Porge: jamais deux sans trois

Quand on aime on ne refuse pas… Après l’édition 2020 puis celle de 2021, notre association « A la poursuite des champignons » a été contactée par « Sports Loisirs Le Porge » pour animer ce dimanche 9 octobre sa traditionnelle rando des cèpes. Olivier Fitte était aux commandes pour guider le groupe, depuis le Pas du Bouc, à travers la forêt communale sur et autour de l’ancienne piste des résiniers et le long du canal.

Un groupe particulièrement important cette année (photo ci-dessus). Plusieurs dizaines de personnes de tous âges dont certaines revenaient participer à cette « rando des cèpes » qui se révéla ce dimanche … sans cèpe en raison du manque de pluie de ces derniers jours. Mais , le nombre de participants aidant, nous avons eu l’occasion de trouver quelques espèces liées à la variété de la végétation de ces lieux riches en résineux et feuillus avec des sous-bois abritant habituellement une fonge très diverse.

Olivier Fitte mit en exergue l’importance de cette diversité botanique et fongique et les liens de correspondances inter espèces, notamment souterrains, conduisant à l’équilibre de la Nature et à ses bienfaits pour l’espèce humaine laquelle a intérêt à  sauvegarder cet environnement voire l’améliorer.

Nous avons pu répondre aux interrogations nombreuses et pertinentes sur les espèces de champignons trouvées par les « randonneurs » et rappelé les conseils de sécurité concernant les consommations éventuelles. Notamment bien observer tous les caractères du champignon ramassé dans son entier pour éviter de se tromper dans les identifications.

Comme par exemple ces Coulemelles, récoltées dimanche. Leur pied (stipe) est recouvert de chinures, le chapeau mamelonné habillé de mèches. Leur aspect « baguette de tambour » (ci-dessus) n’a rien à voir avec le pied épais et plutôt brun sombre de Chrorophyllum brunneum (photo ci-dessous) mais ces deux espèces, l’une comestible et l’autre pas du tout, font l’objet de confusions facheuses en ce moment répertoriées en nombre par les centres anti-poison.. 

Outre les Coulemelles à divers stades d’évolution, les participants (notamment les plus jeunes)

ont découvert, entre autres, beaucoup de Collybies du chêne, quelques Marasmes, Mycènes (dont Mycena seynesii sur plusieurs pommes des pins) et beaucoup de lignicoles (dont la Langue de bœuf –Fistulina hepatica– et le Polypore de Forquignon -Polyporus tuberaster-) Ce dernier dans les mains des fillettes ci-dessus et photographié peu après dans un autre bois du Porge (ci dessous).

En espérant pouvoir être au départ l’année prochaine? Alors écrira-t-on: Jamais trois sans quatre…

Michel Pujol

Auprès de leur arbre: fin de cycle? Amen!

Ce dernier jeudi toujours aussi secot et ce depuis longtemps. Dans le bois d’à côté, point d’amanites, russules ou bolets mais moult cyclamens malgré le manque d’eau. Pas de champignons? Que si. Auprès de leurs arbres les parasites vivent heureux bien que secs. En fin de cycle. Amen. La messe est dite.

Quelques Ganodermes luisants ont perdu de leur brillance supérieure et se détachent de leur support en cassant comme branche morte. Une poudre ocre s’envole alentour.

Les Polypores soufrés, bien en chair auparavant, s’émiettent au moindre pincement. 

En revanche, cette Langue de bœuf garde un peu d’élasticité et se tranche sans casser.

Les Amadouviers sont prêts à faire long feu

tandis que ce Polypore du bouleau colonise un bout de tronc au bout du rouleau. Foi de boulot! Vivement la pluie. A cette heure il y a bien quelques nuages noirs dans le ciel de la Métropole de Bordeaux mais pas une seule goutte. Madame Météo annonce, sans précipitation, quelques averses à venir prochainement dans ce coin girondin… 

Michel Pujol

Chaud devant: la même et seule espèce pas très loin

Allez vous souffrir que je vous reparle du soufré? Hier, nous sommes repassé devant la station du sujet de notre dernière chronique en date du 3 août. Toujours cette ambiance caniculaire dans le bois d’à côté et, cette fois, pas la moindre Russule ni Amanite même à pied en étoile… Sur le tronc de la dernière trouvaille, le Polypore soufré était en poussières ultra sèches sans doute mêlées de spores. 

Pas très loin de là, au bord d’un creux qui réceptionne habituellement l’humidité, nous apercevions une tache jaunâtre qui s’étalait sur un substrat boisé sombre, paraissant comme carbonisé. Un peu beaucoup sec ce Laetiporus sulphureus (montage photo ci-dessus). Peu propice à une éventuelle consommation tant le Chicken of the woods manquait et d’épaisseur et d’élasticité.

Seule espèce rencontrée lors de notre balade d’hier après avoir vérifié plusieurs stations de champignons thermophiles. Le Polypore soufré serait-il celui qui nous reste quand tous les autres nous ont oublié?

M.P.

Sans souffrir de la canicule: le soufré

Souffrez que je vous raconte … En ces temps de canicule peu de présence carpophorique dans les bois alentour. Il y a bien eu le 10 juillet trois Amanites au pied en étoile

espèce décrite par Sabo, ça ne s’invente pas mais en se mouvant en tennis entre feuillus et résineux et , bien sûr, en dehors de quelques lignicoles desséchés sur leur support point de carpophores.

Il y a quelques jours toutefois nous avions aperçu sur un tronc de feuillu, depuis très longtemps couché, quelques ondulations naissantes plutôt jaune clair laissant penser à … mais pas ouvertes comme… Aussi nous nous étions dit qu’il faudrait revenir dans quelques temps pour voir l’évolution mais cette canicule persistante nous laissait très dubitatif quant à la progression de la pousse. Sur ce gros tronc mais un peu plus bas que l’endroit d’apparition nous avions déjà récolté ce que les anglo-saxons appellent chicken wood. Aussi, hier était-il temps de vérifier. Ce qui fut fait hier.

Et c’était bien le Polypore soufré Laetiporus sulphureus qui s’était épanoui et nous regrettions de ne pas avoir photographié les pousses naissantes en forme de petites ondulations. Le manque total de pluie n’avait pas freiné la progression. Un peu plus loin nous allions retrouver l’Amadouvier en même état depuis quelques mois et

Fomes fomentarius restait figé alors que le « Soufré » s’étalait tendrement dessus-dessous. 

D’ailleurs, comme nous avons eu l’occasion de le signaler (cliquer sur les liens en début de texte) ce ne sont que les parties très tendres de ce champignon (pincer entre le pouce et l’index) qui méritent de passer à la poêle. 

Cela a été apprécié en famille le soir même.

Reste que le Poulet des bois est aussi adapté au menu … végétarien.

Michel Pujol

Presque rien ne pousse … sauf

Ces derniers jours pas grand chose dans le bois d’à côté. Alors ce dimanche nous espérions, un mois après,  retrouver les espèces rencontrées le 2 juin mais point de Russula virescens ni de Bolets du charme. En revanche, fidèle à sa station, la Girolle pruineuse offrait son chapeau  jaune à notre regard. En triple exemplaire. 

Ses plis bien réguliers ne laissaient aucun doute sur son identification. 

En cherchant bien à l’entour nous ne trouvions qu’une maigrichonne Collybie à larges feuilles. 

En dégageant le stipe du sol on apercevait bien le rhizome caractéristique de l’espèce. 

A proximité des trois précédentes, une quatrième Cantharellus pallens au chapeau un peu plus pâle s’offrait à l’objectif pour la photo de groupe. 

M.P.

Jubilé: champignons=jubilation?

Ce 2 juin Sa Majesté Elizabeth 2 paraît, à la télévision, au balcon de Buckingham alors que commencent les cérémonies de son jubilé de platine. Jour exceptionnel. Et qu’en est-il de nos champignons dans le bois d’à côté? Et si, après des jours d’attente (on le verra plus loin) c’était … royal? Un petit tour d’après-midi.

Première escale à notre station de Girolles pruineuses pour y découvrir de maigres exemplaires mais elles sont là! Et si, la chaleur aidant, les Verdettes commençaient à paraître?

Mais que oui. En voilà une

puis deux autres que nous acompagnons de deux notes jaune pâle recueillies quelques instants avant à 300 mètres de là. Un cèpe ne serait-il pas bienvenu pour un peu … jubiler?

Et nous le trouvons en rebroussant chemin, à découvert, après les Russula virescens, à environ quarante mètres des précédentes Cantharellus pallens.

Ce Cèpe d’été n’est plus très frais mais bien debout même si les tubes de l’Eté déchantent quelque peu. Seul Boletus aestivalis de notre randonnée mais pas le seul Bolet.

En effet, toujours à proximité, dans ce bois où chênes et charmes rivalisent de verdeur, nous rencontrons deux Bolets des charmes à ajouter à notre tableau de ce jour royal.

Il faut dire que les jours précédents, plutôt secs, ne nous avaient pas, en ces lieux, gâté en diversité fongique.

Le 19 mai étaient apparues nos premières Girolles pruineuses, toujours sur la même station que plus haut et 

cette Russule solitaire et quelque peu vieillissante que nous avions du mal à identifier. En postant son image sur Facebook des pistes de recherche étaient apparues (merci à Richard Gonzalez, Guillaume Eyssartier et Pierre-Arthur Moreau) orientant vers la section Ingrateae et sous-section Pectinatineae.

Bord du chapeau strié, pied creux à la base, saveur douce, Fer rosâtre, Gaïac vert foncé étaient nos premières observations. A la suite du passage sur Facebook étaient ajoutées quelques remarques notamment une « marge cannelée et un pied irrégulier et boursouflé », « un voile au bord du chapeau et à la base du pied ». Il était demandé la couleur de la sporée et les caractéristiques des spores.

Voilà ce que nous observions. 

Un seul exemplaire limite bien sûr les hypothèses. Nous n’avions pas ressenti l’odeur de baudruche propre à R. praetervisa. En revanche le voile jaune décrit pour R. insignis nous interpellait ainsi que la description de R. recondita

Les jours suivants précédant « the first Jubilé day », en deux endroits différents du bois d’à côté nous avions rencontré ce lignicole au pied en fuseau si caractéristique de l’espèce et

post jubilé, il y a deux jours une Amanite très classique lors de nos promenades.

Certes, la pluie a repris aujourd’hui 8 mai laissant présager quelques récoltes futures mais nous garderons le souvenir d’un sentiment de jubilation bien que d’Outre Manche. God save the mushrooms!

Michel Pujol

Petites pièces jaunes

Sec, très sec dans les bois girondins en particulier à Illats où, entre charmes, chênes et chataigners, dans des endroits plutôt aérés, nous avons le plaisir de rencontrer moultes espèces. Alors, hier un petit tour pour ne découvrir que feuilles sèches et sol idoine et puis, tout à coup, au milieu du désert mycologique, quatre points jaunes capturés au smartphone. 

Minuscules nos premières Girolles pruineuses et, au grattage, très séchées sur place. D’ailleurs, aujourd’hui, au lendemain de la collecte de ces petites pièces jaunes, nous les avons mises devant un objectif macro plus fidèle quant à leur portrait et posant avec une vraie pièce de deux euros. 

Sur fond noir , tapis de souris, la scène soulignait leur petitesse et les révélait encore plus sèches que la veille. Attendons qu’il pleuve pour retrouver bientôt sur leur station gradignanaise leurs sœurs jaunes enfarinées

Pour l’instant, notre dernière visite à l’entour date du 30 avril et s’est révélé moins prolixe que la précédente.  

En effet, outre Fomes fomentarius toujours bien accroché à son support, nous n’avons aperçu que cette Amanite moins jaune que les Girolles d’Illats mais quand même … citrine. Nous reviendrons sans nous presser.

Michel Pujol

Bande à part?

Hier, dans le bois d’à côté, nous allions vers le spot de Cantharellus pallens ayant vu sur le nombreuses pages Facebook dédiées que la Girolle pruineuse commençait à se montrer en Gironde. Las! pas de jaunette « saupoudrée de farine » mais, à proximité de notre station, se dressait fièrement (ci-dessus) ce Phallus impudicus à la tête vert foncé dévorée par les mouches qui en disséminent les spores. 

Tout près, un autre Phallus impudicus était moins convoité par les insectes zélés. Une seule mouche sur le chapeau clair ayant perdu non de sa superbe mais de son revêtement odorant. Allaient-ils être les deux seuls champignons faisant bande à part?

Que non bien sûr. A proximité, dans ce bois de feuillus, un jeune trapu (1) semblait être, décapuchonné, une sorte d’Amanite à lames blanches et à bulbe à peine rougissant (2). Tout à côté comme la tête d’une Russule (3) par trop mouchetés et nous retrouvions (4 et 5) les lames blanches et le pied bulbeux du jeune trapu. Proches d’Amanita rubescens? Mis de côté pour une prochaine étude microscopique. Donc pas de Girolle mais déjà deux espèces.

Leur présence constante ne saurait étonner. L’Amadouvier vu de dessus et un dessous ajouté, Fomes fomentarius traverse les saisons.

Egalement attaché aux arbres mais plutôt printanier ce polypore fait partie des espèces que nous trouvons en ces lieux parmi les premiers en début d’année. Vieille connaissance maintes fois photographiée Polyporus tuberaster s’identifie sans beaucoup d’efforts.

Tout comme les premiers de la bande qui, en définitive, n’étaient pas si seuls que ça.

Michel Pujol

Gyromitres et S.L.A.

S.L.A. ? Sclérose latérale amyotrophique ou maladie de Charcot. Récemment, un article publié par Recherche & Santé # 169 1er trimestre 2022 souligne, études scientifiques à l’appui, le lien entre la consommation de Gyromitres, en particulier Gyromitra gigas et l’apparition de cette maladie.

Si des recherches sur Internet montrent que l’information n’est pas véritablement un scoop ( Chasseur français, France 3, Sud-Ouest, BFM, Ouest France, Journal des femmes, Pourquoi docteur et  ARSLA entre autres parutions) le sujet nous a paru intéressant à développer d’autant que s’approchent les pousses de Morilles à alvéoles et les confusions avec les « cérébrées » Gyromitres. 

D’ailleurs, dans les articles, parus à l’automne 2021, dont nous donnons les liens plus haut il est souvent question de « Fausses Morilles » pour parler de ces Gyromitres. On relèvera que les espèces incriminées en lien avec la S.L.A. sont Gyromitra gigas (en Savoie) et Gyromitra esculenta (en Finlande).

En 2009 une médecin généraliste alerte sur un cluster à Montchavin en Savoie près de La Plagne. Pour la troisième fois en peu de temps elle vient de diagnostiquer la maladie de Charcot. Une enquête épidémiologique est lancée qui révèle l’existence de 11 autres cas dans ce village et à Saint-Is entre 1991 et 2013. On ne note pas de lien de parenté donc pas de cause génétique de même qu’une étude (recherche de traces de toxines bactériennes ou de plomb dans l’eau, de gaz radon dans les habitations, de pollution de l’air ou de la terre par des pesticides ou des métaux lourds) écarte les causes environnementales. Il sera établi ensuite que tous, âgés de 39 à 75 ans, ont consommé Gyromitra gigas.

D’un cluster l’autre

La piste alimentaire avait été suggérée par un toxicologue américain Peter Spencer, de l’université de l’Oregon. Il avait eu vent de ces cas français de S.L.A. alors qu’il travaillait sur une plante locale de l’île de Guam, dans l’ouest du Pacifique, le cicas du Japon à l’origine aussi de la même maladie. Consommée traditionnellement la graine du cicas (appelé « petit rameau » aux Antilles) contient des toxines proches par leur mode d’action de celles contenues dans ce Gyromitre. En ce qui concerne le cicas  il s’agit d’une cyanobactérie (BMAA) alors que pour Gyromitra gigas, en Savoie, on a affaire à une neurotoxine : l’acétaldéhyde N-methyl-formylhydrazone. Un autre cluster avait été localisé en Finlande avec 227 cas de SLA identifiés entre 1919 et 1945. Là, il s’agissait de la consommation crue d’un autre type de morilles Gyromitra esculenta.La toxine incriminée est ici la gyromitrine (familles des nitrozamines) aux mécanisme toxiques similaires à ceux de l’hydrazine. Enfin, les scientifiques relèvent, aux U.S.A., dans le Middle-West, une prévalence plus élevée de S.L.A. La consommation Gyromitra gigas y serait traditionnellement importante.

Peut-on confondre Morille et Fausse morille ? Ci-dessus on remarquera l’allure toute en alvéoles de Morchella esculenta et l’aspect cérébriforme de Gyromitra gigas. Du point de vue de leur toxicité on relèvera que ni les morilles et encore moins les gyromitres ne peuvent être consommés crus.

On pourra lire avec attention sur le site de la Société Mycologique de France les caractéristiques du syndrome gyromitrien et y relever, qu’outre Gyromita gigas et Gyromitra esculenta, Gyromitra infula serait aussi responsable de ce syndrome. 

Il y est rappellé que concernant la méthylhydrazine: « Certains dérivés de cette molécule servent de carburant aux moteurs des fusées ! ». Il est à noter que certains (nous en connaissons mais n’en faisons pas partie …) avec moultes précautions ingèrent des gyromitres. La toxine serait en partie détruite par la cuisson et la dessiccation (procédé d’élimination de l’eau) du champignon. Ainsi le fait de faire bouillir intensément et de jeter l’eau de cuisson serait, entre autres, une des étapes à respecter.

Le principe de précaution commande tout simplement de ne pas consommer ces espèces interdites à la vente. On sait aussi qu’il y a encore des cas d’intoxications avec des morilles insuffisamment cuites ou bien cuites mais mangées en trop grande quantité. Alors, les champignons c’est bon, voire délicieux en étant sûr de ce que l’on mange en les ayant parfaitement identifiés, en respectant les rêgles de préparation, dont la cuisson et … en petite quantité.

Michel Pujol 

Novembre, décembre, janvier: les reines hivernales

Nous aimons à les retrouver ces Chanterelles. La saison mycologique 2021-2022 répète pour Craterellus lutescens les apparitions des années précédentes. Premières pousses vers novembre, prolifération en décembre, présence en janvier et jusqu’en février. Nous verrons, le mois prochain si ce rythme perdure en 2022.  

Le gel a, bien sûr, quelques incidences sur les carpophores et il est recommandé, si consommation, de vérifier qu’il n’y a pas eu congélation-décongélation-dégradation en site naturel ouvert aux contaminations.

Ceux découverts avant hier (ci-dessus captés au smartphone) ne semblaient pas endommagés. Le mois dernier, sur la même station, ils étaient plus « présentables » (ci-dessous avec un … bon appareil photo)

C’était peu après Noël et nos lutescens luisaient de jaune. 

Ce jour là, outre les Chanterelles nous avions rencontré d’autres espèces. 

Parmi lesquelles des Laccaires, des fausses girolles (Hygrophoropsis aurantiaca) et des Agaricus sp. Avant-hier, nous n’avons pas remarqué autant d’espèces dans l’environnement des Chanterelles qui, encore en janvier, sont sur un … plateau de croissance.

Michel Pujol   

Concomitamment

La concomitance de lieux et d’apparitions de pousses de l’Amanite tue mouches et du Cèpe de Bordeaux est loin d’être un secret. Il n’est que, par exemple, de taper sur un moteur de recherches « Muscaria et Edulis » pour que de nombreux liens conduisent vers cette constatation.

Ainsi, hier en Gironde, dans un bois de Gradignan, n’avons nous pas été surpris de rencontrer à proximité l’une de l’autre ces deux espèces. Certes en quantité différente puisque les Amanites tue mouches sortaient à foison

et que les cèpes étaient bien moins nombreux quoique certains indices laissaient à penser que quelques uns d’entre eux avaient été prélevés 

et que celui resté sur place semblait avoir été déjà « canifé » (ci-dessous).

Tout autour, quelques espèces notamment hivernales perduraient.

Entre autres l’Amanite citrine, le Lycoperdon perlé, la Collybie à larges feuilles …

Mais, tout proche des amanites rouges à points blancs, se dressait, non découvert jusqu’alors, un Cèpe de bordeaux

tout en majesté et qui le soir même nous régala alors que très près, dans le même biotope, une Coulemelle

était sur sa fin loin de notre … faim.

Michel Pujol

Avec Natur’Jalles, le temps de la recherche n’est pas perdu…

Il n’est que de chercher pour trouver que le temps n’est pas perdu. Des champignons bien sûr. Prestement et non proustement. Bis repetita ce samedi 13 novembre (édition précédente le samedi 9 octobre) avec Natur’Jalles. Dans les bois communaux du Taillan-Médoc comme la dernière fois. La veille,Martine Leblond, la dynamique présidente  de l’association Saint-Médardaise avait effectué des repérages

et photographié (ci-dessus) quelques espèces rencontrées.

Le lendemain, accompagné par « A la poursuite des champignons » le groupe d’inscrits à la sortie (en partie ci-dessous) était donc guidé par Martine vers les endroits propices aux pousses.

En mycologie, les mois se suivent et ne se ressemblent pas tout à fait. Ainsi, les Boletus edulis aperçus en octobre n’étaient plus visibles en même lieu. En revanche, Craterellus lutescens abondait sous les aiguilles des pins et

quelques paniers reçurent leur lot de Chanterelles à pied jaune pour une dégustation ultérieure.

De même que des enfants du groupe furent ravis de recueillir quelques jaunes Girolles prètes pour la poèle. A chaque espèce rencontrée et commentée les enfants questionnaient sur sa comestibilité ou pas. L’occasion de rappeler les consignes de sécurité sur la consommation de champignons.

L’occasion aussi de montrer, in situ, les critères de reconnaissance d’une Coulemelle (ci-dessus) bien qu’elle n’ait plus son anneau. Reconnaître à cent pour cent l’espèce réputée comestible et la récolter dans un endroit non pollué reste la première règle à respecter.

Ce qui n’empêche pas de trier par genres et poser sur une table le produit de la balade pour celles et ceux qui pouvaient rester encore un peu et commenter les trouvailles. Parmi ces dernières quelques Lycoperdon perlatum dont certains très matures permettant à l’enfant joueur (de dos) de les presser pour que s’envole un nuage de spores. Un peu de temps perdu? Un gain de plaisir.

Michel Pujol

Les lutescens sont de sortie

Elles commençaient, saintement , à poindre dans le bois d’à côté. Dimanche 7 novembre elles prêchaient pour leur paroisse Saint Pierre

cela en petit comité qui laissait présager une grande foule de fidèles. Dimanche aussi nous retrouvions de nombreuses Amanite citrine et toujours autant de Collybie du chêne.

Nous ne pouvions résister au plaisir de photographier l’Hypholome en touffe dans sa forme adulte (ci-dessus à gauche) et plus jeunette (ci-dessus à droite). Mais, mardi, en allant vers la station des Craterellus lutescens

nous constations qu’elles avaient véritablement pris leur envol (ci-dessus)

et qu’elles paradaient en rangs serrés.

Aussi convenait-il d’en faire la quète. Pièce par pièce mais sans sébille. Plutôt en leur tranchant leur long pied jaune délicatement au ciseau ne serait-ce que pour éviter un nettoyage par trop humidificateur ensuite. Un peu longuet ce type de cueillette mais, en même temps, du temps gagné d’autant qu’il n’était pas question de tout ramasser mais de trier sans perturber le biotope et d’en laisser pour plus tard et … pour les autres.

Toutes proprettes les Chanterelles remplissaient le plateau.

Cette vue de profil atteste de la masse fongique récoltée alors que vue du dessus elle semble toute plate. Les très anciens avaient dû observer leur Terre de très haut bien avant Erathostène et Galilée.

Michel Pujol

Par tous les saints, les revoilà!

Un temps de Toussaint? Pas tout à fait à la mode ancienne. Pas de réplique au papier carbone et il paraît qu’ils en causent en Ecosse alors que les champignons, comme toutes les espèces encore vivantes, doivent filer à l’anglaise mais certaines, à l’instar des Cyclamen, continuent à marquer l’automne en abondance dans nos bois. Seront-elles aussi nombreuses  que les années passées ces Craterellus lutescens? Dissimulées sous les aiguilles, nous avons revu avec grand plaisir les Chanterelles à pied jaune ce premier novembre en un endroit où elles se plaisaient, bien resserées à l’abri de fougères et d’arbustes près d’un chemin mais hors des regards semble-t-il.

Encore jeunettes, elles n’avaient pas encore connu leur crise de croissance et il fallait les dégager des brindilles environnantes pour une photo de groupe dans leur écrin de verdure.

Rappellons que, comme les Girolles, du genre Cantharellus, les Chanterelles, du genre Craterellus, portent plis sous chapeau

alors que les « fausses grirolles » Hygrophoropsis aurantiaca (en haut à gauche du montage ci-dessus) rencontrées le même jour arborent des lames. Ces dernières sont très larges chez Megacollybia platyphylla (en haut au centre), plus serrées chez Collybia dryophilla (en haut à droite), plus frèles chez les Mycènes et épaisses chez l’Amanite citrine (en bas). Autant d’espèces rencontrées en nombre ce premier novembre

de même que le Lactaire dit délicieux, Lactarius deliciosus

et le Plutée couleur de cerf, Pluteus cervinus, pité sur sa branche avec un jeune congénère qui semblerait lui faire la courte échelle.

Cette maigre récolte a été appréciée à midi après passage en cocotte en fonte avec huite d’olive, oignon, échalotte, ail et bien sûr sel et poivre.

Michel Pujol

Saveurs d’automne à Fontet: cinq jours de mycologie et biodiversité

L’association A la poursuite des champignons a été sollicitée par l’association des Anciens élèves de Fontet, commune girondine aux portes de La Réole, pour accompagner, du mercredi 13 octobre au dimanche 17 octobre « Saveurs d’automne, Mycologie, Biodiversité ».

Cinq jours au cours desquels nous avons eu beaucoup de plaisir à collaborer avec Anne Laborde, cheville ouvrière de l’organisation et du déroulement, les Anciens élèves, la municipalité et de nombreux bénévoles. La salle des fêtes de Fontet, ouverte au public du jeudi au dimanche, servait de cadre à des expositions, notamment mycologique, produits locaux, orchidées, accueil des élèves d’écoles élémentaires de Fontet et Mongauzy (jeudi et vendredi). Une conférence d’initiation à la bonne connaissance du monde des champignons se tenait le samedi après-midi.

Il fallait bien trouver quelques champignons pour les exposer. C’était le but de la sortie du mercredi matin dans différents lieux repérés et choisis autour de Fontet. Sous la conduite d’Anne Laborde, quelques participants dont Gérard Lemarcis, Daniel Pasquier et Michel Pujol (A la poursuite des champignons) devaient prélever quelques espèces. C’est ainsi qu l’on remarquait notamment en rang serré quelques Oronges, beaucoup de Paxilles enroulés (photo ci-dessus) et de Lactarius controversus.

En début d’après-midi, Jean-Christophe Blanchard (A la poursuite des champignons) nous rejoignait, non sans quelques autres espèces, pour peaufiner la détermination et rédiger les étiquettes de tous les champignons récoltés le mercredi et de « rescapés », encore en état, des sorties de Natur’Jalles et du Porge. Bref, avec quelques autres apportés par des visiteurs au cours de ces journées quelques 62 espèces dûment identifiées ont été présentées sur les tables.

Un coin réservé aux espèces parmi les plus toxiques était aussi habité par la figure inquiétante, et très remarquée, de la  » Grande Faucheuse ».

Jeudi et vendredi les élèves étaient organisés en petits groupes pour observer les champignons exposés, dessiner, lire la documentation très complète, les affiches, participer à des travaux pratiques. Nombre de questions pertinentes de leur part furent posées et beaucoup de réponses apportées. Comestibilité ou pas? qu’est-ce que c’est? où ça pousse? etc.

A noter Flavolaschia calocera, espèce d’origine exotique, dont quelques exemplaires trouvés et apportés par Jean-Christophe Blanchard suscitaient un grand intérêt chez les jeunes et aussi chez … les moins jeunes.

Samedi place aux aînés, quelquefois accompagnés d’enfants avec, l’après-midi, un public nombreux, très à l’écoute, pour assister à la conférence. Trois diaporamas consacrés à l’initiation à la mycologie, la toxicité, les confusions étaient projetés et commentés. Les questions rejoignaient celles des plus jeunes, les expériences en plus. Dimanche l’ouverture au public entrecoupée d’un vin d’honneur clôturait ces journées, remarquablement organisées, dédiées au monde des champignons et à la biodiversité.

M.P.

Espèces exposées

Russula cf torulosa/fuscorubra, R. odorata, R. praeterrisa; Lactarius controversus, L. deliciosus;

Amanita rubescens, A. phalloides, A. caesarea, A. citrina, A. cf. argenta/vaginata, A. excelsa var. spissa;

Entoloma sinuatum, E. cf.hebes; Gymnopilus spectabilis; Paxillus involutus, Tapinella atromentosa; Scleroderma citrinum, S. verrucosum, Lycoperdon perlatum; Mycena rosea, M. pelianthina, M. pura; Lepiota cristata; Inocybe tenebrosa, I. geophylla, I. geophylla var. violacea; Macrolepiota procera; Leucoagaricus cinerascens; Agaricus campestris, A. urinascens, A. xanthodermus; Cortinarius torvus; Hebeloma groupe fusisporum/sacchariolens, H. crustiliniforme;

Cantharellus cibarius, C. pallens, Hygrophoropsis aurantiaca;

Gyroporus castaneus, Neoboletus erythropus, Leccinum aurantiacum, Xerocomus subtomentosus, Boletus edulis, B. queletii, Lanmoa fragrans,

Pluteus cervinus, P. salicinus; Laccaria cf. laccata; Lacrymaria lacrymabunda;Megacollybia platyphylla;Gymnopus fusipes, G. erythropus; Infundibulicybe gibba; Fuscoporia torulosa;

Fomes fomentarius, Ganoderma lucidum, Fistulina hepatica, Favolaschia calocera, Pisolithus arrizus, Cyclocybe cylyndracea, Pholiota alnicola, Artomyces pyxidatus, Daedaleopsis confragosa, Trametes versicolor.

Retour Au pas du Bouc et sa rando mycologique

L’année dernière c’était fin septembre, le 28 septembre 2020 précisément. Cette année, Sports Loisirs Le Porge (SLLP) l’organisait le dimanche 10 octobre. Cette « Rando des cèpes » connaissait toujours autant de participants qui prenaient le départ du pas du Bouc une heure après les cyclistes.

Sébastien menait le groupe accompagné du représentant de « A la poursuite des champignons ». Un cheminement à travers la forêt communale sur et autour de l’ancienne piste des résiniers et le long du canal.

Quelques arrêts pour commenter les quelques espèces rencontrées, la flore, l’histoire et la géographie des lieux, échanger les expériences, répondre aux interrogations des promeneurs amateurs de champignons. Par exemple les nombreux slérodermes vulgaires témoins des biotopes plutôt « secs » cette fois. Les années se suivent et ne se ressemblent pas forcément. La dernière fois les bords immédiats du canal avaient été productifs. Ce 10 octobre ce sont surtout les terres de l’intérieur qui ont permis de rencontrer de nombreuses espèces: de la diversité dont quelques Cèpes de bordeaux.

Après les allocutions d’usage,

un apéritif était ensuite servi aux participants de la journée qui comportait d’autres activités que mycologiques, suivi d’un repas

à la fin duquel les champignons de la récolte du jour étaient disposés sur les tables et commentés avec les passionné(e)s qui n’avaient pas encore déserté les lieux pour ne pas rester sur leur faim de … mycologie.

Michel Pujol

Avec Natur’Jalles, le plaisir de se revoir en compagnie des champignons

Presque jour pour jour, un an après (c’était le samedi 9 octobre  cette année et le samedi 10 octobre 2020 l’année dernière), Natur’Jalles avait demandé à « A la poursuite des champignons » d’animer une sortie. En voici le récit que l’on peut lire sur la page Facebook de l’association présidée par la très dynamique Martine Leblond:

« Grands et petits, jeunes et moins jeunes, nous étions tous motivés ce samedi à la recherche des champignons !Quand Michel, notre guide intarissable, montre un spécimen, les petits sont au premier rang, quand il le goûte, chacun regarde circonspect et quand il parle latin, « Lactarius deliciosus », on s’incline devant son savoir, lui qui reste si modeste !Champignons comestibles ou toxiques, peut-on les mélanger? Doit-on couper le pied ou bien l’arracher? Que d’idées reçues confrontées avec la vérité !Tous les champignons sont admirés : le Lycoperdon perlé avec sa blancheur nacrée et sa rondeur de meringue et les champignons qui festonnent les vieux troncs de leurs collerettes! Enfin, sous leur manteau de feuilles , 3 cèpes se sont offerts à notre convoitise récompensant notre assiduité!Un pique-nique ensemble a clôturé ce moment de découverte et de partage où la bonne humeur n’a pas manqué ! Merci à tous !Et rappelons que les champignons doivent être consommés avec modération! »

Ces photos dont nous avons fait un montage accompagnaient le sympathique compte-rendu de la sortie sur Facebook

Versus Poursuite des champignons, ajoutons 

que le groupe de « randonneurs » était très motivé,

qu’il étudiait nos découvertes avec sourires et grande application,

les plus jeunes miraient Boletus edulis dessus-dessous,

« c’est bien ça le Cèpe de Bordeaux » semblait dire Martine,

le Cèpe de Bordeaux tenait la vedette, orné de son liseré blanc autour de son chapeau,

Lycoperdon perlatum brillait de toutes ses pierreries,

sur la table de détermination s’affichait une grande diversité,

mais la vedette du selfie c’était bien lui et y’a pas photo.

Michel Pujol

Prem. à côté: 28 juin verdettes, 8 juillet cèpe d’été

Dans les espèces que l’on guette particulièrement en cette saison, les verdettes Russula virescens et le cèpe d’été Boletus aestivalis. Parce que, notamment, elles réjouissent les papilles mais aussi parce que elles sont identifiables au sein des cortèges de champignons qui pointent leurs chapeaux dans les mêmes biotopes au même moment. Nous aimons à les retrouver chaque année en particulier dans le bois d’à côté que nous ne fréquentons pas tous les jours mais souvent.

Lundi 28 juin

Ainsi c’est ce lundi 28 juin que nous avons vu (ci-dessus) notre première verdette de la saison. Vu son état, elle avait dû sortir quelques jours avant.

En revanche, celle-ci était plutôt jeunette

alors que cette autre était plus mature. Bref, nos premières Russula virescens étaient bien là à nos pieds à portée d’objectifs photo et, éventuellement, de poêle.

Lors de cette sortie nous retrouvions quelques Girolles pruineuses, Cantharellus pallens sur la même station qu’auparavant et même un autre endroit un peu plus loin.

Première rencontre de l’année avec la Collybie du chêne, Gymnopus dryophilus pourtant très courante habituellement parmi les feuilles en décomposition.

Autre espèce saprophyte la Collybie à larges feuilles, Megacollybia platyphylla présente, elle , depuis pas mal de temps

tout comme l’Amanite fauve, Amanita fulva

et l’Amanite à pied en étoile, Amanita asteropus.

Jeudi 8 juillet

Quelques jours plus tard, le 8 juillet, en mêmes lieux, nous retrouvions

minuscules cette fois, points jaunes au pied d’un arbre et une autre plus développée (à droite) la Girolle pruineuse, Cantharellus pallens.

Puis, en très grand nombre, sous charmes bien sûr, le Bolet des charmes, Leccinellum pseudoscabrum.

En grand nombre aussi la Collybie à larges feuilles, Megacollybya platyphylla et ses fils à la patte.

Bien représentée également la Russule vieux rose, Russula vesca reconnaissable ici sans qu’il soit besoin de la gratouiller avec un cristal de sulfate de fer.

En revanche, pour cette Russule isolée, une prise en main était utile pour gratter ses lames cassantes et sentir son odeur nette de coco. Pas d’ailleurs la seule à dégager cette odeur mais allure générale, couleur, odeur, fragilité nous conduisait à Russula fragilis.

Petit arrêt objectif pour capter ces rougeoiements ravissants de Amanita rubescens l’Amanite rougissante.

Et voilà qu’un autre Bolet apparaissait bien plus seulâbre ici que ceux des charmes et c’était le premier de la saison que nous rencontrions, le Bolet chatain, Gyroporus castaneus.

Premier de la saison dans ce bois d’à côté et lui aussi tout seul malgré des recherches tout autour: le Cèpe d’été Boletus aestivalis, affichant 189 grammes sur la balance une fois son pied sain bien nettoyé.

Pas de liséré blanc au bord du chapeau, le stipe bien réticulé: pas le Cèpe de bordeaux bien que de Gradignan donc de Bordeaux Métropole. Cèpe pas possible … mais si.

Michel Pujol

Les premiers accordés: en blanc puis en jaune pâle

Ils arrivent les premiers, accordés par Dame Nature. Et, parfois, de telle manière qu’on les soupçonne de ne pas manquer d’esprit. Ainsi ce premier juin nous étions allé chez le coiffeur du centre bourg, et, dans un massif d’ornement, tout à côté du parking de notre voiture: un Coprin. Pas micacé comme nous en avions vu quelques jours auparavant au château de Malromé mais … CHEVELU! ça décoiffe grave les coïncidences. Le premier de la saison, le premier accordé un jour de tonte.

Le Coprin ne manquait pas de copains. D’autres poussaient autour et il suffisait de constituer la bande pour la photo de groupe de ces  amis de longue date.

Allions nous couper les chevelus en quatre comme suggéré par une de nos filles? En deux était suffisant pour en examiner les lames qui noircissent rapidement chez les âgés

alors que chez les jeunes elles restent blanches comme les spores qu’elles portent. Le monde à l’envers des cheveux humains en quelque sorte. Etait-ce un hasard que nous ayons trouvé ces premiers coprins d’abord …

… cinq jours avant nos premières Girolles sur un spot habituel  que nous inspections en vain depuis quelques temps alors que des récoltes étaient signalées en Médoc. Donc ce n’est que le 6 juin, qu’après le blanc de Coprinus comatus est survenu le jaune pâle pruineux de Cantharellus pallens.

Par très petits groupes de très petite taille les Girolles égayaient leur spot de prédilection. Les années précédentes elles avaient surgi en mai et juin. Quelles que soient leurs dates de sortie on peut relever leur fidélité tant que leur biotope n’est pas trop modifié.

Autre rencontre de saison ce jour là, Russula vesca

et leBolet des charmes à qui nous avons consacré nos deux dernières chroniques.

Sur notre liste du 6 juin plusieurs Megacollybia platyphylla

et un magnifique « buisson » d’Hypholoma fasciculare 

Mais la vedette du jour restera cette belle parmi les Girolles qui s’était longtemps fait porter pâle avant d’apparaître enfin.

Michel Pujol 

Sur la piste d’un Leccinum: en quête d’indices

Dans notre dernière chronique « Premiers bolets de bois verts pleins de charmes » nous évoquions un Leccinum photographié le 23 mai. Posté sur Facebook, notamment sur la page « Amateurs de champignons » cet article suscitait, de la part d’un administrateur la remarque suivante: « Merci pour le partage, mais un truc me titille les pupilles. L. pseudoscabrum avec les pores aussi jaunes? » et ce lecteur attentif ajoutait: « J’aurais été intéressé de voir une coupe. »  Aussi, quand le 6 juin nous retrouvions, sur le même spot gradignanais, au même endroit sous les charmes deux Leccinum de la même espèce issus, peut-être ?, du même mycélium, de retour à la maison toute proche, les deux individus n’échapperaient pas à la coupe!

Ainsi fut fait, l’Eyssartier&Roux (Le guide des champignons France et Europe Belin 2017) ouvert à la page 70. Suivant leur description du Bolet rude des charmes Leccinum pseudoscabrum syn. L. carpini, nous avons touché le chapeau du bolet fraichement récolté et constaté qu’il était bien « un peu gras au toucher » et de surcroît « typiquement cabossé ». Vu aussi qu’à la coupe (non réalisée le 23 mai) la chair était « blanchâtre, puis lentement violet noirâtre et enfin noirâtre ».

En revanche, ce qui avait sans doute fait réagir notre interlocuteur sur Facebook, nous ne recoupions pas tout à fait les tubes « gris puis gris brun » de la page70; la tendance était plutôt dans le jaune. Mais pourtant…

Alors, une clé pour ouvrir le genre Leccinum? Par exemple pour déterminer ceux du Périgord qui n’est pas bien loin de la Gironde. Une clé de l’Association mycologique du Périgord avec la signature d’Alain Coustillas: une référence. Ainsi nous lisions au chapitre 4 de la clé consacré au « chapeau brun plus ou moins foncé »:

o Chapeau mou, très cabossé (tesselé), brun terne, souvent petit – Pores crème 
jaunâtre, brunissants – Stipe grêle, fibreux, noircissant, à méchules grisâtres 
puis noirâtres, en lignes sur l’arête des côtes longitudinales – FeSO4 : vert 
sombre – Formol : rouge brique noircissant – Sous charmes, plus rarement 
noisetiers :
…………………………………………. Leccinum pseudoscabrum (Bolet rude des charmes)

Les « pores crème jaunâtre ». Voilà qui nous rassurait sur notre détermination maintenant « plein tubes ». Ajoutons que nous avions fait le test du « fer » (recommandé par Eyssartier&Roux notamment pour L.scabrum) avant de lire sur le site de l’A.M.P. que le Bolet des charmes se teintait de « vert sombre » au frottage avec FeSO4 et c’est bien ce que nous avions constaté avec notre cristal appliqué sur le stipe de notre présumé L. pseudoscabrum. 

Ne dit-on pas que de la discussion jaillit la lumière. En matière de mycologie certainement bien qu’il existe encore pas mal de zones sombres. C’est bien son charme.

Michel Pujol

Premiers bolets de bois verts pleins de charmes

L’Ascension allait-elle pousser les primordiums vers le haut dans le bois d’à côté? Faut pas pousser. Dix jours après, la Pentecôte posa -semble-t-il- ses langues de feu au pied des charmes. Alors parurent ces solides bolets bien liés à leurs Carpinus betulus  par leur mycélium et aussi par leur dénomination. De Boletus carpini notamment , ils optèrent, entre autres, pour Leccinum carpini et aujourd’hui, pour l’instant, ils répondent au doux nom de Leccinellum pseudoscabrum. Entendez par scabreux non une histoire tordue mais le côté rude, raboteux de cette espèce très reconnaissable.

La palette fongique s’est un peu élargie au fil du temps. Les Russula vesca, évoquées précédemment, poussaient en petit nombre le 19 mai

et de manière plus épanouie le Lundi de Pentecôte.

Sur leurs supports habituels Lycogala epidendrum commençait à poindre ses boules rouges et Polyporus tuberaster retrouvait ses vieilles branches.

Nous observions également combien Megacollybia platyphylla plonge ses cordons mycéliens dans l’humus feuillu.

Classique, pour ajouter à cette palette de Pentecôte, nous rencontrions l’Hypholome en touffes

mais revenons au sujet et à nos deux « vedettes » du titre sous leurs différents angles, à l’abri de leurs bois verts véritablement plein de charmes.

Michel Pujol

8 mai la victoire? Oui(t) mai(s) premières R. vesca

Point de pousses hors lignicoles persistants dans le bois d’à côté. Nous guettions la libération des primordiums. Alors ce 8 mai allions nous crier victoire? Un peu de pluie avait apporté un zeste d’humidité vite absorbé. Cantharellus pallens a fait une apparition ces jours derniers en Médoc et à Gradignan? Notre station est toujours muette ce jour. L’année dernière il avait fallu attendre (lien précédent) le mois de juin.

Donc pas de Girolle mais nous rencontrons, en un seul exemplaire (ci-dessus, dessus, dessous, de profil) sur sa branche moussue à terre, une espèce lignicole habituelle en cette saison et souvent à l’avant garde de bien d’autres, elles saprophytes et mycorhiziques. Ce Polypore serait-il annonciateur… de Russules par exemple?

Mai(s) oui(t) en ce huit mai nous observons notre première (ci-dessus) Russula vesca. Pas de sulfate de fer dans le sac pour tester sa réaction mais son revêtement « jambon polyphosphaté » du chapeau, ses lames blanches, son lieu de pousse et … une longue complicité ne nous font pas douter. Il s’agit bien de la Russule vieux rose.

Pas très loin, nous en trouvons une seconde en à peu près bon état (ci-dessus)

puis une troisième très « fatiguée » (ci-dessus) et nous vous faisons grâce d’une quatrième vesca en fin de vie que notre objectif a épargné.

En revanche, il n’a pas pu résister au charme de ces Trametes versicolor, dans un bois au demeurant plein de charmes mais ce jour sans Leccinum carpini qui sortiront pus tard sans doute.

Un objectif macro pour saisir ces ravissants petits chapeaux en éventails et leur face inférieure tapissée de pores fins (cf. Eyssartier & Roux p. 1050). Ces Trametes s’offraien à notre vue depuis plusieurs semaines mais les Russules n’ont montré le bout de leur chapeau vieux rose que ce jour du 8 mai commémorant la victoire de 1945. Leur jour de gloire est presque arrivé.

Michel Pujol

C’est pas sorcier? Non, plutôt sorcière

En allant voir si « nos » morilles avaient resurgi nous allions aller droit au cœur du sujet. Il est vrai que nous avions rencontré Morchella importuna le 8 avril 2018 et que nous n’étions, presque trois ans plus tard que le 18 mars. Et point de ces morilles « contrariantes » à leur station, ni en 2019, ni en 2020. Peut-être que dans quelques jours…

En revanche, près de là, en descendant vers l’Eau Bourde, en bord du chemin de la ripisylve, notre attention était attirée par une boule blanche. Comme un gros caillou. Plutôt mou le caillou qui , une fois déplacé, présentait à sa base des rhizomorphes enterrés et, pas loin du « caillou » cachés par les herbes, des choses rouges promptement dégagées pour être photographiées: des Cœurs de sorcière, Clathres rouge, Clathres en cage, Clathres grillagés, Clathrus ruber. Nous avions notamment rencontré cette espèce sur B.R.F et lui avions consacré une chronique détaillée.

On peut ajouter à cette chronique passée (cliquer sur le lien précédent) que l’appellation Cœur de sorcière viendrait, selon Wikipedia, du fait qu’au Moyen-âge, sorcières et sorciers brandissaient ce champignon pour jeter un sort. Les sorcières auraient-elles un cœur et pas les sorciers? Rodrigue doit connaître la réponse.

Diabolique? D’autres sources lui attribuent le joli nom de Lanterne du diable. Au stade de l’œuf tranché il aurait un goût de radis. Cela ne veut pas dire bien sûr qu’on peut le consommer sans crainte. D’ailleurs, mature, comme le Phallus impudique ou l’Anthurus d’Archer, son odeur nauséabonde attire les mouches qui en dispersent les spores. Bien sorcières ces mouches…

Michel Pujol

Auprès de leurs arbres ils vivent heureux

Quelques peupliers sur une place herbue d’un lotissement tranquille leur est propice. Nous les y avons revus à leurs différents stades de développement  avant-hier et goûtés hier soir, sautés à la poèle, pour les tout jeunes (ci-dessus à droite). Vous aurez reconnu ce classique de la mycophagie – à consommer avec modération – Cyclocybe cylindracea ex Agrocybe aegerita pour les mycologues et Pivoulade, Pholiote du peuplier pour mycophiles et mycophages. En cliquant sur les liens précédents vous retrouverez quelques indices déjà décrits dans nos blogs.

Ainsi leur apparence selon leur degré de maturité et leur statut de lignicoles, ici sur peuplier mais pas que. Nous les avions rencontrés -entre autres – sur robinier avec l’ami Yves Mortureux sur son site fétiche du Haillan.

Plus vieux, notamment par … temps sec, ils se craquellent et dégagent alors, selon les anciens, une odeur de vieux tonneau.

Mais c’est plus jeunes, plus foncés qu’ils se prêtent, de préférence sans leurs stipes, à la dégustation et c’est ainsi, cuits, que nous les avons apprécié dans l’assiette. Et …

… vous en reprendrez bien un peu!

Michel Pujol

Ne pas rester sec sur un desséché…

Samedi, pas grand chose dans le bois d’à côté sinon ces petits carpophores jaunes sur un sol dégagé ouillé d’aiguilles de pin. 

On a bien une petite idée quand on se penche pour les identifier. Chapeaux jaunes, mamelonnés, plus sombres au centre.

Stipes droits dépourvus d’anneau. Seulement deux exemplaires rassemblés, comme en faisceau.. Retournés, les lames verdâtres apparaissent et là point de doute. Il s’agit bien d’Hypholoma fasciculare, l’Hypholome en touffes. Voilà une espèce identifiable facilement de visu mais, un peu plus loin lors de notre balade, sur un tronc où nous avons souvent observé des Collybies à pied en fuseau, nous remarquons un « individu » très desséché, une espèce d’exsiccata pourtant encore bien en jambe mais dont le chapeau est singulièrement flétri.

Dégagé de son substrat et retourné, ses lames vaguement rosâtres rappellent un genre qu’il convient de vérifier.

L’identification emprunte un peu, toutes proportions gardées, à la médecine légale. Nous n’irons pas jusqu’à la recherche de l’ADN quoique aujourd’hui c’est d’actualité mais nous pensons que les cystides observées au microscope recouperont comme un pressentiment. Il y a quelques années, grâce à Germaine Dubrana nous avions fait connaissance avec un microscope et observé des cystides cornées lors de notre première leçon. Sont-ce-elles?

Effectivement, nous retrouvons l’épaisseur de la paroi des cystides et leur extrémité en forme de cornes. Bingo, c’est bien Pluteus cervinus, le Plutée couleur de cerf. Comme un coup de jeune! et le plaisir de ne pas rester sec sur l’identification d’un champignon très … desséché.

Michel Pujol

Mix de myxos

Mercredi après-midi, dans le bois d’à coté, « nos » Chanterelles n’habitaient plus leur station. En revanche, sur un tronc à terre, jaillissait un myxomycète rappellant une gerbe de filaments noirs comme autant de vers fins en faisceau.Voisinaient , sur le même support, cet insecte à « mille pattes » (ci-dessus à droite) et un mycète (ci-dessous).

Il s’offrait au regard comme de dures feuilles zonées dont le dessous (en haut à droite) présentait des pores très serrées donnant (sans loupe) l’impression d’une surface presque plate. Trametes versicolor, le mycète  et  Stemonitis axifera, le myxomycète partageaient le même substrat feuillu et moussu en ce 3 mars.

Le myxo était loin d’être un inconnu de nos objectifs du passé. Ainsi (ci-dessous), nous l’avions rencontré en Gironde notamment le 26 juin 2010.

Il était alors bien moins mature que le noir précédent, assez marron. Stemonitis axifera  commun sur bois mort et écorces apparaît plutôt en été et automne selon Mycodb et la couleur du plasmode est d’abord blanc avant de se dresser sur des stipes noirs. Cette évolution de formes et de couleurs présente un des attraits de l’étude des myxomycètes. Nous avions eu l’occasion, par exemple en mai 2012 (montage ci-dessous) de photographier, le même jour, différentes formes de l’évolution de Tubifera ferruginosa.

La plus visible et spectaculaire est peut-être la forme boutonnante orangée (ci-dessous).

Et nous avions saisi un spectacle intéressant de partage de substrat très … animalier. (ci-dessous)

Si les myxos peuvent orner une assiette ( entre autres Tubifera ferruginosa, Fuligo septica et Lycogala epidendrum)

il convient de ne les manger que … des yeux.

Michel Pujol

Stop au spot

Si, comme l’indique le dicton « vigneron à la Saint Valentin doit avoir serpette en main », ce dimanche 14 février notre petite paire de ciseaux a fait office, sain, de serpette à Chanterelles. Nous avions envie d’aller faire un tour sur un spot où, le 8 février, perduraient quelques Craterellus tubaeformis et …

… ce jour béni de la fête des amoureux elles étaient bien là, émergeant peut-être d’une nouvelle pousse, un peu penchées sur leur stipe en tube mais bien vivantes et encore … consommables ces amours de Chanterelles. 

Michel Pujol

Chanterelles: toujours là ce mois de février

Ce lundi après-midi un peu pluvieux, plus vieux d’un an qu’en février 2020  . Nous avions alors trouvé quelques « rescapées ». Et si aujourd’hui, dans le bois d’à côté …

Là où le 18 décembre dernier nous avions rencontré la paire C. lutescens et C. tubaeformis ne restait plus que la dernière espèce citée, la Chanterelle à tube. Plus épaisse que la frêle lutescens donc plus résistante face aux conditions climatiques quelque peu chaotiques de ces derniers jours. C’était donc d’abord la découverte d’une petite station (ci-dessus) plutôt bien abritée, près d’un tronc, sous d’épaisses broussailles.

Puis, tout près de là, le regard « dronait » quelques chapeaux rassemblés.

Un beau bouquet de Chanterelles à tube survivait sur stipes tordus-inclinés mais tenant bon leurs chapeaux dentelés.

Très peu, isolées, affichaient un zeste de jeunesse.

De l’autre côté du chemin, dans un endroit prolixe en novembre-décembre, il ne restait (ci-dessus) sur le sol tapissé d’aiguilles, au milieu de fougères foulées que ces quelques individus fripés.

Un 8 février, les chanterelles, tubes de l’hiver, enchantent et résistent encore.

Michel Pujol

Truffes masquées à Prayssas (47)

« Prayssas village de caractère ». La commune Lot-et-Garonnaise annonce la couleur quand vous y arrivez. Et pourquoi Prayssas? Parce que tous les dimanches matins, de mi-décembre à début mars (suivant la production) a lieu, sous la halle de la mairie, le rituel de la truffe noire et, dimanche dernier, nous y étions.

L’association des trufficulteurs du département, organisatrice, y était, chapeautée et, forcément le nez masqué mais les quelques Tuber melanosporum qui étaient proposées au public avaient été canifées, scrutées et vraisemblablement reniflées à distance par les « truffes » aiguisées des spécialistes sélectionneurs. Truffes masquées en quelque sorte.

Ce dimanche, un seul stand présentait une faible récolte de truffes du plateau du Tournon d’Agenais placée en catégorie 2 à 800 € le kilo.

A l’ouverture de 10 heures, après la distribution de tickets, les organisateurs soulignaient leurs regrets de ne pouvoir présenter que ces quelques truffes (ci-dessus) notamment à un groupe important de Rochelais qui avaient fait le déplacement. La priorité dépendait, c’est la rêgle, du numéro du ticket.Il faut dire que c’était un dimanche « presque sans » alors que les précédents avaient été plus prolixes. Dimanche 17 janvier on comptait pas moins de deux kilos de diamant noir. Le 10 janvier c’étaient 3 kilos répartis en 690 grammes dans la catégorie « extra », 980 grammes en 1re catégorie, 1,3 kg en 2e catégorie. Le 3 janvier on notait également 3 kilos présentés.

En 2015, dans les colonnes de « Sud Ouest », notre excellent confrère Michel Monteil relevait qu' »Avec 600 ha de truffières, le département du Lot-et-Garonne rejoignait la Dordogne pour défier la concurrence de l’Espagne et de l’Italie. » Il ajoutait que « La trufficulture est devenue une production à part entière en Lot-et-Garonne. Il y a une trentaine d’années, des particuliers ont planté des arbres mycorhizés à titre de loisir ou de diversification.Aujourd’hui, les plateaux calcaires du nord du département, de Prayssas et du Néracaiscomptent 600 hectares de truffières et autant de producteurs. » Six ans se sont écoulés depuis et la truffe semble avoir pris racines par mycorhizes dans le 47. Nous reviendrons à Prayssas avec Roland et Yvette et peut-être y retrouverons-nous l’amie Marie-Thérèse, mycologue avertie s’il en est.

Michel Pujol

Et s’il n’en reste qu’une c’est bien celle-là

Certes, elle n’a pas été décrite par Victor Hugo qui, pourtant, a dessiné  un champignon. Ce n’était pas une Russule. Cela ressemblait plutôt à un Bolet. Parodier le célèbre poète aussi dessinateur, drôle d’idée mais le « S’il n’en reste qu’un je serai celui-là » nous vient à l’esprit quand nous retrouvons, en plein hiver, la Russule noircissante.

Elle était encore là hier dimanche dans le bois d’à côté, en grand nombre. Elle n’avait alors plus l’aspect du neuf observé quand nous l’avions recontrée, en novembre et décembre, non loin des ses « cousines » Russula cyanoxantha et Russula vesca. De Russule vieux rose hier point ni de charbonnière. En revanche le gris du chapeau jeune de Russula nigricans s’était mué en charbon très noir quand, pourtant âgée, elle ne veut pas disparaître et garder lames noires sans rendre tout à fait l’âme.

Craterellus-MP.jpg

Persistaient encore hier quelques chanterelles là où nous en avions trouvé le 18 décembre.  dernier.

Craterellus-boîte-MP.jpg

De quoi remplir une boîte pour dégustation non sans avoir vérifié qu’elles n’avaient pas subi une congélation-décongélation-détérioration sur place avec les épisodes récents de froidure.

Russula-nigricans-montage.jpg

Russula nigricans , trônait en plusieurs endroits du bois. La veuve noire avait perdu ses cousines russules et perdurait sous une forme étrange, repeinte et momifiée. Car comme il est indiqué notamment sur le site ChampYves , une « caractéristique très particulière de Russula nigricans est de se dessécher sans pourrir, de devenir totalement noire » , « et finalement » -est-t-il ajouté- « d’héberger un champignon parasite : Nyctalis agaricoides syn : Nyctalis asterophora « . Nous n’avons pas rencontré de champignon parasite hier sur les « cadavres » désséchés de russules noircissantes mais nous reviendrons plus tard les observer encore.

Russula-nigricans-MP.jpg

Quand on déterre un exemplaire (photo ci-dessus) on constate que ce champignon s’est desséché en entier. Au toucher il parait comme sec-spongieux toujours solide malgré pluies et froid. Comme l’observent plusieurs auteurs les lames sont « très espacées, horizontales, épaisses ». Un champignon de légende des siècles durant? Poète, dessinateur, nous aurions bien aimé un Hugo aussi mycologue.

Michel Pujol

Petite bibliographie:

Bon Champignons de France et d’Europe occidentale (2004) p.55; Courtecuisse & Duhem Guide des champignons de France et d’Europe (2011) n°1345; Eyssartier & Roux Le guide des champignons France et Europe (2017) p.170

MycoDb, ChampYves, MycoCharentes.

Chanterelles: les deux font la paire

La mi-décembre et voilà revenu le temps des chanterelles. L’année dernière, nous en avions trouvé en février. Aussi en janvier. Même en novembre d’une autre année elles aparaissaient. Nous guettions leur présence dans le bois d’à côté et, hier vendredi, un petit tour vers les stations habituelles nous a fait constater qu’il s’en était cueilli. Les pieds coupés en témoignait mais, en cherchant bien, il en restait encore pour la photo et, peut-être, pour un peu de cuisine à la crème.

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Nous allions retrouver des chanterelles en tube, Craterellus tubaeformis, assez développées

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et des chanterelles à pied jaune, Craterellus lutescens, plus « fluettes », sans doute plus récentes et en plus petit nombre. 

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On remarquera les différences les plus apparentes entre ces deux espèces comestibles: le stipe épais en tube et les plis bien affirmés chez C. tubaeformis (à gauche) alors que le pied est jaune et frèle chez C. lutescens et les plis sous le chapeau sont presque lisses (à droite). Une paire qui s’entend bien dans l’assiette et décembre, janvier, février, si les conditions sont favorables, devraient permettre de jouer la carte des Chanterelles et espérons que cela ne fera pas un pli!

Michel Pujol

DEUX ESPÈCES EXOTIQUES D’ORIGINE TROPICALE PRÉSENTES EN GIRONDE À L’ÉTAT NATUREL: FAVOLASCHIA calocera et FLAVIPORUS brownii

L’espèce Favolaschia calocera R.Heim (1966),Agaricales, Mycenaceae, a été découverte pour la première fois en France dans le Béarn en 2015 par Robert Cazenave (AMB). Peu de temps après, la même année Jacques Beck-Ceccaldi (CEMA) découvrait ce champignon à Lormont en Gironde. Nouvelle découverte girondine du CEMA lors d’une sortie au Bouscat. La Société Linnéenne de Bordeaux à également signalé ce taxon. Donc ce Fungi est déjà bien présent en Gironde puisque j’ai pu observer ce taxon dans trois stations sur trois communes : Virelade (2019), Saint-Léon et Espiet (2020).

Jean-Christophe Blanchard, Favolaschia calocera, Flaviporus brownii, Robinia pseudoacacias, Alnus glutinosa

Dans les deux premières communes citées chaque station est pérenne avec au moins 34 emplacements sur des branches à terre de Robinia pseudoacacias. Cet arbre étant le principal hôte de cette espèce. (Elle peut être trouvée sur Quercus, cas du Bouscat). Une seule présence à Espiet, sur cette station, toujours sur R. pseudoacacias, à surveiller les prochaines saisons pour en voir éventuellement la progression.

Jean-Christophe Blanchard, Favolaschia calocera, Flaviporus brownii, Robinia pseudoacacias, Alnus glutinosa

Originaire de l’hémisphère sud à large répartition, de Madagascar à la Nouvelle Zélande, cette espèce tropicale semble bien s’acclimater à nos sous-bois, sans doute grâce ou plutôt à cause du réchauffement climatique.

Jean-Christophe Blanchard, Favolaschia calocera, Flaviporus brownii, Robinia pseudoacacias, Alnus glutinosa

L’espèce Flaviporus brownii Humboldt, Donk (1960) (= Junghuhnia brownii), Polyporales, Steccherinaceae, est beaucoup plus rare puisque signalé que deux ou trois fois à ma connaissance sur le territoire national. J’ai eu le plaisir de découvrir ce taxon en milieu humide (aulnaie), donc sur Alnus glutinosa à terre en phase de début de décomposition dans deux stations en Entre-deux-Mers dans le canton de Branne. Connaissant cette espèce depuis 2015, j’ai pu constater son « épanouissement »en milieu favorable avec une quinzaine d’emplacements dans la première station. La découverte cette année d’une seconde station ne comporte que trois emplacements toujours dans les mêmes conditions de biotope. Bernard Rivoire, spécialiste des Polyporales, a été intéressé par cette espèce rare, aussi j’ai pu lui envoyer deux exsiccata.

Jean-Christophe Blanchard, Favolaschia calocera, Flaviporus brownii, Robinia pseudoacacias, Alnus glutinosa

Originaire de l’hémisphère sud occupant une large répartition, Venezuela, Bornéo etc. Apparemment cette espèce tropicale, pour les mêmes raisons que l’autre espèce citée plus haut,  tend à vouloir s’échapper des serres où elle a été observée sur des bois exotiques et s’acclimater à notre biotope.

 Il faudra à l’avenir surveiller ces deux espèces originaires d’autres continents afin qu’elles ne puissent pas porter préjudice à nos espèces fongiques indigènes. Par expérience, observé dans les divers règnes du vivant nous savons qu’elles peuvent être envahissantes et ainsi appauvrir la biodiversité fongique dans ce cas.

Jean-Christophe Blanchard  

Panthère n’est pas Fauve

Les Amanites ne sont pas bêtes nous disions-nous en cette veille de reconfinement. Pourquoi le seraient-elles quand leur règne n’est ni végétal, ni animal. Tout simplement fongique. Aussi, chez les champignons, la Panthère aux squames d’un blanc pur, pitée sur un bulbe et portant anneau n’est pas Fauve, pitée sur une volve et dépourvue d’anneau. Question de couleurs. Le dessus du chapeau d’Amanita fulva  (ci-dessus à droite) évoque la couleur du pelage du lion, rois des fauves, tandis que celui d’Amanita pantherina  est tacheté comme chez la panthère mais pas exactement de mêmes couleurs. Bon, les goûts et les couleurs ça ne se discute pas dit-on; alors pourquoi irions-nous chercher la petite bête..surtout chez les fauves quand on n’est pas dompteur. Ajoutons que toutes deux sont du genre Amanita (voile général menbraneux ou floconneux -environ 80 espèces- dixit R. Courtecuisse) mais la présence ou non d’anneau induit les sous-genres et sections.

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A.fulva (Amanite fauve) est du sous-genre Amanitopsis (anneau absent, marge piléique striée) et de section Amanitopsis (voile général membraneux non friable.Volve en sac et chapeau normalement nu).

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A. pantherina (Amanite panthère) est du sous-genre Amanita (anneau présent) et de section Amanita (voile général floconneux. Chapeau strié, portant des flocons. Spores non amyloïdes).

Ces réflexions autour des Amanites car le genre était très représenté lors de notre balade girondine d’avant reconfinement.

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Outre fauves et panthères, étaient présentes de nombreuses Amanita phalloides (section Phalloideae) actuellement à l’origine de nombreuses intoxications.

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Egalement de nombreuses Amanita rubescens du sous-genre Lepidella (marge piléique non striée. Spores amyloïdes) et de section Validae (voile général subnul à la base du stipe. Flocons vélaires piléiques abondants). Ces Amanites rougissantes présentaient beaucoup de nuances de brun.

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Beaucoup de nuances de jaune chez les Amanita citrina de la section Mappae (volve hemisphérique). Amanites citrines ponctuant les sous-bois girondins en grand nombre.

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Petit arrêt photo devant le spectacle de Gymnopilus spectabilis

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que nous avions admiré quelques jours avant à Illats.

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Côté panier quelques Bolets orangés proches de chênes. Une étude (non faite) du stipe nous aurait orienté vers l’espèce.

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En revanche, ici, le réseau blanc en haut du stipe sous le chapeau ne laissait planer aucun doute sur l’espèce: un Cèpe de bordeaux. Quoi de plus naturel à quelques « encablures » de la Métropole. Maintenant il faut se satisfaire d’une heure dans un rayon d’un kilomètre. Trop loin de Bordeaux mais pas forcément de Boletus edulis et d’autres espèces fréquentables et, ou photographiables.

Michel Pujol

Coulemelles et Chlorophyllum brunneum

Sur la Mycoliste apparaissent, ces huit derniers jours, 7 cas d’intoxication avec Chlorophyllum brunneum . Sur les photos postées sur ce forum par les Centres anti poison à l’intention des mycologues pour identification on observe notamment des paniers, avant consommation, où sont mélangées Coulemelles (Macrolepiota procera et M. fuliginosa) et la Lépiote vénéneuse (Chlorophyllum brunneum). Une confusion d’autant plus fréquente qu’on observe, en ce moment, beaucoup de pousses de ces deux espèces ayant un air de famille.

La grande « famille » des lépiotes fourmille, dans les petites tailles en particulier, d’espèces très nocives comme par exemple Lepiota brunneolilacea, L.brunneoincarnata, L. subincarnata; L. severiana et L. lilaceaCes dernières étant référencées mortelles ce qui n’est pas le cas, du moins jusqu’à présent, de Chlorophyllum brunneum laquelle espèce, consommée vers 18h, a provoqué diarrhées et vomissements incoercibles dès 20h (cas évoqué sur la Mycoliste le 24 octobre).

Concernant les intoxications récentes, sans doute proportionnelles aux nombreuses cueillettes de champignons sauvages actuelles, l’Anses a rappellé le 23 octobre, dans un communiqué, les indispensables conseils de base en soulignant que: « Depuis le 1er juillet 2020, les centres antipoison (CAP) ont enregistré 732 cas d’intoxication dont 5 cas de gravité forte pouvant menacer le pronostic vital. Ces deux dernières semaines, les CAP notent une forte accélération du nombre d’intoxications. »

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Revenons aux « grandes » lépiotes. Tout récemment, le 25 octobre, apparaissait dans le jardin, au pied du mur, dans un endroit riche en terreau, un chapeau ressemblant à ceux observés une année précédente.

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A l’examen, squames du chapeau, anneau, bulbe déporté, stipe plutôt blanc et safran au grattage à la base… nous orientait vers Chlorophyllum brunneumRestait à faire une sporée pour recouper: « Spores :10-12 x 7-9 µm, ovoïdes, à pore germinatif large et tronqué » figurant dans la description de l’espèce par Eyssartier&Roux (Le guide des champignons France et Europe p.318 Editions Belin 2017).

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Nous retrouvions peu ou prou (ci-dessus), concernant les spores, les caractères rencontrés lors d’une récolte effectuée l’année dernière (ci-dessous) de la même espèce dans un lieu différent. 

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Quid de la confusion de C. brunneum avec la Coulemelle? Vu de loin et idées reçues, la taille écarte les plus toxiques (voir plus haut) mais on scrutera les chinures du pied

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bien apparentes ci-dessus, lors d’une récente balade en Sud Gironde, chinures caractéristiques de la Coulemelle. Les squames-mèches du chapeau sont circulaires chez Macrolepiota procera . L’anneau double est plus épais

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que celui de la Lépiote des jardins Chlorophyllum brunneum qui, comme on l’a vu plus haut, se colore fortement à la coupe et au grattage du pied. Et, pour éviter les coups de bambou à l’estomac sachez bien reconnaître les Coulemelles! Le pied dans l’assiette mais sans le pied, indigeste.

Michel Pujol

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Un p’tit tour et puis ça va

Hier samedi. Il fait beau. Les oiseaux chantent et si dans le bois d’à côté ça enchante? Alors, un petit tour de fin d’après midi … à la poursuite des champignons. Pas de fil à la patte comme ces innombrables Megacollybia platyphylla

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qui décorent grandement le sous-bois en se dressant sur leurs épais tapis de feuilles nourriciers.

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Très décorative cette Tremelle mésentérique qui prend de la hauteur toute de jaune vêtue.

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Tout comme les Collybies, citées plus haut, les Amanites rougissantes « fleurissaient » en grand nombre. En revanche, nous allions trouver un seul exemplaire de cette espèce

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surnommée « la mère du cèpe ». Ce Clitopile petite prune, qui partage le même biotope que les rois des bolets, fleurait bon la farine fraîche et le léger rosissement de ses lames ne laissait planer aucun doute sur son identification. Donc la « mère ». Et ses « fils » donc? Il convenait donc de scruter quelques endroits « où » mais beaucoup de promeneurs ce jour-là dans le bois d’à côté parmi lesquels pas mal de chercheurs.

Tiens, là, dans le lierre, une tache marron et un pied blanc comme si c’était un bolet…

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En s’approchant, les pores présumées s’avéraient lames.

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Jugement tranchant et sans appel. Ce beau marron était une russule. A prélever pour identification ultérieure.

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Le lendemain, juste avant d’écrire ces lignes, un test au sulfate ferreux: coloration verte fonçant vers un gris vert, nous orientait vers Russula pseudomelliolens . Pas très loin de cette russule, sous la chênaie-charmée, charmante par ailleurs, deux bolets soudés l’un à l’autre.

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Ils noircirent intensément longtemps après la coupe et les « mèches » du pied nous les firent identifier avec un autre « pseudo », Leccinellum pseudoscabrum . Et puis dans un autre endroit d’habitude « cépé », sans doute déjà visité donc prelevé nous n’allions pas rencontrer de Cèpe mais d’autres Bolets rude … renversés et parfois étêtés. Les ressources du petit bois d’à côté allaient se révéler intéressantes sur le bord d’un petit chemin visiblement peu mycologiquement fouillé.

Quelques chênes, un sous-bois plus épais, des châtaigners et des fougères, un œil attentif et…

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… un chapeau marron, des pores blanches dessous. Serait-ce lui?

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Le marron foncé s’atténuant vers le bord du chapeau jusqu’à constituer un liseré blanc à l’extrémité, un réseau blanc très net en haut du stipe (photo de gauche), un pied creusé par une limace (à droite). C’était bien Boletus edulis , la limace n’étant pas bien sûr un critère pour reconnaître les comestibles. Gastéropodes et champignons participent parfois des fausses bonnes idées . Mais les limaces qui cravatent un Cèpe de bordeaux doivent y trouver du plaisir.

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A moins de trois mêtres, toujours sous chênes, un autre chapeau marron quelque peu malmené par l’âge. Vraisemblablement Neoboletus erythropus au stipe ponctué de rouge. Et quand on trouve un Cèpe de bordeaux on regarde attentivement les alentours.

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Sous les chênes, on écarte délicatement les végétaux qui masquent des regards deux jolis Boletus edulis l’un massif, l’autre élancé qui rejoindront le premier, au pied limacé, pour la photo de groupe. Utrillo aurait-il fait un tableau du trio, lui qui peignit trois moulins qui battaient de l’aile sur une île. Un petit tour aux champignons c’est aussi prendre l’air avec un peu de … zèle et , après, ça va plutôt bien.

Michel Pujol

« Tous aux champignons! » avec Natur’Jalles

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Natur’Jalles , qui conviait samedi 10 octobre une quinzaine de personnes à une sortie intitulée « Tous aux champignons! », avait demandé à l’association girondine « A la poursuite des champignons » d’animer cette découverte du monde fongique. C’est dans la forêt communale du Taillan-Médoc, dans des lieux repérés dans la semaine avec la Présidente Martine Leblond, que nous allions à la rencontre des espèces présentes du moins celles visibles par tous les participants.

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Outre les déterminations, en expliquant l’importance des biotopes, les mycorhisations, saprophytismes, parasitismes etc., il s’agissait bien sûr de répondre aux questions parmi lesquelles: « Où les trouve-t-on?, Ils poussent en combien de temps? Celui-ci est-il comestible? ».

Sur le terrain il est facile d’argumenter avec les espèces rencontrées. De dire, par exemple, qu’un Agaric pintade (A. moelleri en haut à gauche) dont le pied et l’anneau jaunissent ne doit pas être pris pour un Agaric champêtre; qu’un petit bolet (P. parasiticus à droite du premier) vit toujours sur un scléroderme (S. citrinum); que le Coprin pie jeune (C. picacea à côté) va devenir d’un beau noir taché de blanc en « vieillissant »; qu’un cristal de sulfate de fer frotté sur le pied de la russule charbonnière (R. cyanoxantha en haut à droite), comestible, ne va pas le faire varier de couleur; qu’enfin il convient de bien cuire l’amanite rougissante (A. rubescens à droite au centre), au moins à 70°, espèce toxique crue ou mal cuite.

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Et de s’émerveiller! Devant ce petit marasme qui en rappelle un autre que lui (Marasmius rotula) n’a pas cette « dentelle » transparente entre lames qui confère à Marasmiellus candidus une grande beauté.

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N’est-il pas joli également ce jeune clavaire en chandelier (Artomyces pyxidatus) émergeant de la mousse avec ses têtes creuses ornées de pyxides.

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Et notre sympathique promeneur-chercheur n’a-t-il pas trouvé la bonne étoile en découvrant ce géastre (Astraeus hygrométricus) qui se plie aux intempéries et s’étiole à la sécheresse.

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Cette impressionnante touffe d’armillaires (Armillaria solidipes ex A. ostoyae) attirait tous les regards. Nous avions évoqué quelque peu avant cette trouvaille le mycélium le plus grand du monde et la complexité de la nomenclature en mycologie. En Orégon, un individu de cette espèce couvre la surface de 8,9 km² ce qui en fait le plus grand organisme vivant. Concernant les arcanes des appellations valides signalons qu’en 2008 une publication révélait que Armillaria ostoyae décrit par Henri Romagnesi en 1970 l’avait déjà  été en 1900 sous le nom d’ Armillaria solidipes par Charles Horton Peck. Donc il conviendra de le nommer A. solidipes.

Bien d’autres espèces étaient rencontrées et commentées et prélevées en échantillons lors de la balade forestière puis le groupe gagnait l’espace de l’ancienne gare de Saint Médard en Jalles pour le pique-nique et constituer une mini-exposition.

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« A la poursuite des champignons » avait apporté quelques « fruits » prélevés les jours précédents à Talence et Gradignan pour éventuellement compléter la diversité de la récolte du jour. Ainsi cèpes d’été (B. aestivalis) , polypores souffrés (P. sulphureus) , langues de bœuf (F. hepatica) , pholiotes du peuplier (C. cylindracea) pour illustrer les comestibles et d’autres à écarter des poêles tels notamment des cortinaires et des agarics jaunissants (A. xanthodermus).

Il y avait aussi des cortinaires trouvés sur place ainsi qu’un magnifique paxille à pied noir            (T. atromentosa), une girolle (C. pallens) et une « fausse girolle » (H. aurantiaca) permettant de comparer plis et lames pour faire la différence, de petits bolets (X. chrysenteron) montrant leur rouge sous la cuticule et bien d’autres espèces passées en revue par un public attentif très motivé et intéressé. Les ouvrages de référence placés à proximité étaient d’ailleurs très consultés.

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Ne restait qu’à fixer le souvenir de cette bien agréable journée sans pluie, menée avec entrain jusqu’en gare par Martine et Thierry, par la photo de groupe, derrière nos champignons, non sans détermination.

Michel Pujol 

Rando myco au Porge

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Sports Loisirs Le Porge (SLLP) organisait dimanche la Rando des cèpes . Si le titre évoquait les champignons il y avait aussi au programme cyclisme, canoë, kayac, paddle, tir à l’arc, parcours d’orientation et échasses. Le tout agrémenté d’un repas en plein air marqué du sceau de la convivialité comme toutes les activités de la journée autour de la base nautique du pas du Bouc, dans la forêt communale du Porge. Pour la partie balade myco les bénévoles de SLLP avaient demandé à « A la poursuite des champignons »  de servir de guide.

Une bonne cinquantaine de participants, dont certains après une randonnée cycliste de 15 km, prenaient le départ, à pied bien sûr, de la « rando des cèpes ». Un cheminement à travers la forêt communale sur et autour de l’ancienne piste des résiniers et le long du canal. Quelques arrêts pour commenter les quelques espèces rencontrées, la flore, l’histoire et la géographie des lieux, échanger les expériences, répondre aux interrogations des promeneurs amateurs de champignons.

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Poches et paniers s’emplissaient de carpophores pour la plupart touchés par la sécheresse des jours précédents. C’était le cas en particulier de Géastres hygrométriques exsiccatéisés en milieu de chemin. Mais de nombreuses Amanites fauve et citrine se dressaient fièrement. Quelques exemplaires divers rejoignaient le panier pour présentation ultérieure.

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Quelques lignicoles aussi tels un Phaeolus schweinitzii bordure bien jaune et dessus bien « sécot » marronas, un Ganoderme plat pour y écrire au dos; des Mycènes de de Seynes juchés sur leurs cônes de pin; des Bolets chatains dont la grosseur évoquait la forme plus toxique de Gyroporus ammophilus plus en accord avec le biotope que Gyroporus castaneus; des Paxilles à pied noir, Neolentinus lepideus, Sparassis crispa etc.

Il convenait ensuite, avant de s’attabler pour déjeuner, d’étaler quelques unes des trouvailles sur une table.

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Parmi ces « trouvailles », une vieille connaissance que nous avions prise pour un Scléroderme vulgaire quelque peu embourbé et qui, au toucher, semblait tacher les doigts. Un coup de couteau pour trancher dans le vif et … découvrir ces alignements de « graines » bien spécifiques de l’espèce pionnière de ces lieux ensablés. Nous avions bien, dans notre main teintée, le Pisolythe du teinturier autrement dit Pisolithus arhizus

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L’occasion d’expliquer combien des champignons peuvent permettre de contribuer à commencer à « peupler » les biotopes fussent-ils que de sable. Et de cèpes? point! mais « aller aux cèpes » n’est-ce pas tout simplement aller aux champignons et des champignons nous en avons bien trouvé.

Michel Pujol

n.b. difficile l’après-midi, étant pas trop loin des alentours boisés de la plage du Gressier de résister à l’appel de la forêt littorale du Porge, de vérifier les stations à cèpes, girolles, bolets bai, chanterelles antérieurement prospectées. Las, vu des endroits encore plus secs, aiguilleux aérés sans les espèces seulement rêvées. En revanche, trouvés encore, comme plus à l’intérieur le matin, beaucoup d’Amanites fauve et citrine, quelques Pisolithes du teinturier et de « vrais » Sclérodermes vulgaires, Tricholomopsis decora, Sparasis crispa etc. (photos ci-dessous)

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D. tabescens sans coup de … tabac

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Ces derniers jours, autour de Bordeaux, il y a bien eu un peu de pluie mais pas de grosse tempête, de coup de tabac bien arrosé. Sans blague, la météo semble indiquer quelques précipitations à venir les jours prochains. Alors, quelques pousses à espérer? On verra bien.

Nous avons eu l’occasion , notamment en juillet de cette année et en septembre de l’année dernière, d’évoquer une espèce lignicole, Desarmillaria tabescens que nous rencontrons quand un peu d’humidité survient en période de sécheresse et qui perdure avant de s’étioler sous les coups de chauffe estivaux. Ainsi le 9 septembre nous retrouvions l’Armillaire sans anneau, à Gradignan, en Gironde, dans son bois -sur son bois- habituel.

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11 jours plus tard, c’est à dire ce matin du 20 septembre, les touffes fournies, plutôt tabac blond (ci-dessus en haut) avaient viré au tabac gris, sec, un tantinet moisi (ci-dessus en bas).

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En gros plan (ci-dessus) on observe la différence dans le détail.

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Malgré et aussi à cause de la canicule, il y a une dizaine de jours, nous avions vu (ci-dessus), outre les Armillaires, les Amadouviers toujours présents, quelques polypores du bouleau et aussi des bolets désséchés, en piètre état, ces derniers semblant être pour l’un B. aestivalis et pour les autres proches de X. chrysenteron.

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Point de bolets rencontrés ce 20 septembre. Fomes fomentarius et Fomitopsis betulina paradaient, bien sûr encore et puis … l’Armillaire sans anneau autrefois Armillaria socialis et aujourd’hui Desarmillaria tabescens répondait présent en bonne forme (ci-dessus à gauche) et, un peu plus loin, le tronc sans doute plus exposé au soleil commençait, pour quelques uns des carpophores du groupe, à dépérir. Sans blague.

Michel Pujol

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Dans le rétro: Lépiotes jaunes dans la pelouse corse et en pot de fleurs

Ces derniers jours nous avons vu apparaître sur des pages Facebook dédiées aux champignons des petites Lépiotes jaunes. Une (des) espèce (s) décrite (s) comme apparaissant fugacement dans les pots de fleurs et les serres. Décorative en quelque sorte. Son jaune est du plus bel effet et son aspect pelucheux donne à cette mini Lépiote une robe de défilé de mode emplumé à voir à … la loupe.

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C’est en septembre 2010, en Corse, que nous avions fait connaissance (ci-dessus). Elle y  fréquentait une pelouse de bord de mer bien entretenue et embuées de rosée le matin et, de surcroît arrosée de temps en temps. Ici sans pot de fleurs et pas sous serre mais, sans doute, faut-il compter avec un apport de terre assez riche, peut-être la présence d’un mycélium résiduel à moins que des spores portées par les nuages aient ajouté leur grain de beauté à l’île du même nom.

Donc, nous sommes sur la côte orientale, juste au dessus d’Aleria, à Marine de Bravone, à cent mètres de la mer, rue Jean-Marie Pacelli, dans une pelouse. Quelques inocybes difficiles à identifier sans l’aide du microscope laissé sur le Continent et … un champignon qui, lui, n’offre pas, au premier abord, de grosse difficulté de détermination.

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Cette petite lépiote, jaune de la tête au pied semblait en effet être le Leucoprinus flos-sulfuris décrit dans « le Courtecuisse » ou Leucocoprinus birnbaumii=luteus évoqué dans « le Breitenbach ». Leucocoprinus birnbaumii-luteus.jpg

Là, il venait dans une pelouse bien entretenue en un seul exemplaire pas très bien photographié en l’absence de l’objectif macro … lui aussi laissé sur le Continent. Les jours suivants allaient démontrer la présence d’une station assez productive puisqu’ils étaient trois chapeaux alignés le lendemain.Leucocoprinus birnbaumii-trois.JPG

Le surlendemain (une feuille les avait protégés ) ces chapeaux s’étalaient.Leucocoprinus birnbaumii-trois bis.JPG

Le jour suivant, une autre Lépiote jaune perçait l’épaisse pelouse.Leucocoprinus birnbaumii=luteus=flos-sulfuris.jpg

Le jour suivant, la pelouse était rasée de près, de bon matin, par les agents d’entretien.

L. straminellus

Lors de la publication à l’époque sur le blog Myco 33, Pascal Michel, dans un commentaire, attirait notre attention sur une certaine ressemblance macroscopique de notre récolte corse avec Leucocoprinus straminellus. En effet, les illustrations de Leucocoprinus straminellus (Bagl.) Narducci & Caroti = Leucocoprinus denudatus (Rabenh.) Singer consultables notamment sur les sites d’ Yves Deneyer et de  Jean-Louis  Cheype confortent cette hypothèse; le caractère le plus marquant sur les photos étant les marges striées sur la moitié inférieure des chapeaux, la position des squames moins concentriques et l’aspect plus pelucheux, poudré et délicat de ces dernières.

D’autre part, dans une étude de quelques Lepiotaceae dont L. straminellus , Abdelkarim EL-ASSFOURI, Amina OUAZZANI TOUHAMI, Rachid BENKIRANE et Allal DOUIRA, évoquent l’aspect poudré et le collarium jaune pâle que l’on distingue sur les photos in situ de notre récolte corse.

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2011: dans un pot de fleurs

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Enfin, il était dit que l’hôte des pots de fleurs allait se rappeler à nous. L’année suivante, en 2011, notre confrère et ami Nicolas César la découvrait et la photographiait un 24 juillet dans un pot, au pied d’une plante, à Saint-Vincent-de-Paul (33). Une troupe de six Leucocoprinus à différents stades de développement qui rapellaient L. flos-sulfuris ou L. birnbaumii=luteus ou L. staminellus.

leucocoprinus flos-sulfuris, leucocoprinus birnbaumii, leucocoprinus luteus, Nicolas César, Gironde, Lépiote des pots de fleurs

Michel Pujol

Bibliographie:

Courtecuisse & Duhem n°706 et 707 (édition 2011); Bon p.288 (édition 2004); Eyssartier & Roux p.322 (édition 2017); MycoDb

 

 

 

Et s’il n’en reste qu’un …

Ce dimanche 26 juillet, avec une sécheresse qui sévit depuis plusieurs jours, pas la moindre russule dans le bois d’à côté ni d’autre espèce d’été « habituelle ». Rien si, peu de temps avant de quitter le chemin, ce n’est …

… une vieille connaissance évoquée en octobre 2018 à travers une récolte du 30 juillet 2016. Nous avions titré alors (cliquez sur le lien précédent) « Un lentin de la sécheresse ». A propos de Neolentinus lepideus , les auteurs soulignent souvent son caractère héliophile. Sur le site Champyves , par exemple, on peut lire: « Ce lentin apparaît du mois de juin et jusqu’au mois d’octobre. Peu fréquent en certaines places, il apparaît plus facilement les années de sécheresse et se complaît dans des endroits bien éclairés. »

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Il était sur tronc de pin très vieux qui avait perdu son écorce depuis bien longtemps et se décomposait au pourtour. Nous avions, peu après, un peu retourné le chapeau (ci-dessus) sans casser le stipe très coriace.

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Tel qu’il se présentait (ci-dessus) on ne voyait que le sommet qui évoquait un peu, de loin bien sûr, celui de l’Agaric auguste. Des squames brunâtres concentriques retroussées plus denses au centre du chapeau crème à bord enroulé.

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Sur le stipe, on retrouve des squames encore plus larges et plus retroussées. Les lames sont larges , serrées et denticulées. L’odeur est plutôt agréable mais on ne saurait affirmer, pour notre exemplaire des notes de cannelle ou anisées. Ce Lentin écailleux est d’une densité remarquable si bien qu’en le tapant sur la table il donne l’impression de manier un tampon lourd et épais. Un dur qui n’est pas à cuire mais qui résiste, lui, aux assauts du soleil. Ce dimanche, dans le bois d’à côté, il n’en restait qu’un!

Michel Pujol

Bibliographie:

Bon p. 122, Courtecuisse n° 140, Essartier&Roux  p.566 (4ème édition)

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Divers d’été

Il nous aurait plu qu’il plût davantage mais bon, c’est l’été et des champignons il y en a toute l’année (clin d’œil à l’ami Paul Pirot). Retour sur deux journées à quelques pas du logis, les 4 et 7 juillet.

mix-russula.jpg

Le 4 juillet, les pousses étaient bien moins éparpillées que lors de la sortie précédente . Point de cèpe d’été mais quelques russules, verdettes et vesca, dont le « vieux rose » se déclinait du pâle au plus foncé.

mix-rubescens.jpg

Point d’Amanite au pied étoilé non plus et nous retrouvions une autre Amanite, rougissante et un peu sèche, ainsi que Gymnopus fusipes très sec sur son tronc perché et l’habituel Polyporus tuberaster qui perdure sans trop d’eau.

Hymenopellis-radicata-frais.jpg

La rencontre suivante allait être intéressante car source de recherches. Ce champignon au chapeau mamelonné strié nous rappelait l’allure de l’espèce que nous avions connue sous le nom d’Oudemansiella radicata, aujourd’hui Hymenopellis radicata. Une fois le stipe dégagé (et sans doute coupé un peu trop tôt) notre idée première semblait se confirmer. Le stipe était en effet très radicant mais orné de chinures rappelant celles de la Coulemelle et ces chinures nous intriguaient.

Hymenopellis-radicata-micro.jpg

La sporée étudiée le lendemain et la micro autour allaient dans le sens des descriptions de cette espèce dans la littérature.

Hymenopellis-radicata-détai.jpg

Macroscopiquement (sauf chinures) cela semblait « coller » également. Restait à échanger pour vérifier en postant ces éléments sur une page Facebook dédiée à la mycologie scientifique Gilles Wieskircher confirmait l’identification et Michel Michelet émettait l’hypothèse de la sécheresse pour les chinures sur le stipe.

Russula-virescens-MP.jpg

Le 7 juillet, très thermophiles comme chacun sait, les verdettes étaient sorties en plus grand nombre que trois jours avant.

Lignicoles-du-7.jpg

Nous retrouvions un autre Polyporus tuberaster et, sur le tronc d’un gros chêne cassé mais encore debout nous observions, là depuis très longtemps, les Amadouvier et, au pied, trois Ganodermes aplanis bien secs.

Desarmillaria-tabescens-M.P.jpg

Ornant également le pied du tronc mais en plus grand nombre (photo en tête de l’article) et plus en « fraîcheur », des Armillaires comme ceux, du même site, que nous avions décrits l’année dernière et dont nous soulignions le changement de nom au fil du temps: Armillaria socialis aujourd’hui Desarmillaria tabescens. Plût au ciel qu’il pleuve pour être moins « sec » en espèces.

Michel Pujol